La faute aux enseignants

« Madame vous qui êtes les enseignants d’ECM ne faites plus votre travail »c’est par  avec cette phrase accusatrice  et bien agressive que ma voisine m’a accueilli ce matin.

Et pourtant c’est une douce vieille dame, enseignante à la retraite, parlant correctement français et s’occupant maintenant de suivre ses petits-enfants.

Ne devrais-je même ne pas être offensée de part mon statut d’LMPologue ( spécialiste de LMP législation scolaire et morale professionnelle)? Non je ne le suis pas car en fait je partage largement  l’avis de Tanti. Mais je lui tendis une oreille attentive,  les explications ne peuvent que suivre.

Elle poursuivit de plus belle : «  les enseignants de maintenant se contentent de faire recopier les leçons de morale aux enfants sans leur expliquer leurs signification ni même leur portée Titty (c’est mon petit) ; ma petite-fille aicha a appris sa première leçon de morale hier soir, écoute-là et tu verras que je ne mens pas ! »

La fillette classe de 6ème année(CM2) se met à réciter mécaniquement une leçon ayant pour thème les armoiries de la république du Mali, l’hymne national, la devise, la signification des couleurs du drapeau « …le vert représente la verdure, le jaune  la richesse minière et le rouge signifie le sang des martyres et la défense de la patrie » sa grand-mère l’arrêta à ce niveau pour m’interpeller :

–          C’est cette signification que  vous n’expliquez  plus bien aux enfants, en plus le sens du sang est perdu depuis le 26 mars quand les enfants sont sortis avec seulement des lance-pierres contre l’armée de Moussa(Traoré) pour se battre pour réclamer la liberté et leurs mères sont sorties mains nues pour défendre leurs enfants. Maintenant même les enfants ne veulent pas se battre pour la nation.  Maintenant les militaires sont prêts à fuir dès qu’ils entendent parler des rebelles parce que leurs instituteurs ne leur ont pas mis le cœur pour se battre. « ko mali yè kélun yè wa a tè kila »dit la devise mais quel est le constat ? le mali est partagé en deux ou même trois maintenant chaque politicien voulant sa part en plus de celle des barbus.

Le plus étonnant est mon silence, toute personne me connaissant aurait trouvé cela très bizarre, mais je ne voulais pas perdre une seule bride de ce coup de gueule de ma voisine, mon cerveau était encore un peu enroué par le sommeil.

 

petite esquisse

Vue de l’extérieur le Mali est un pays politiquement bouillonnant (pourquoi bouillon de culture me vient-il en tête ?). Une chose est sûre c’est un pays qui a de sérieux problèmes. En effet, qu’est ce qui laissait présager en peu de temps ce pays qui forma d’abord une fédération avec le Sénégal  avant d’être un pays prometteur  pour se retrouverait dans cette situation  inédite? Prise entre deux feux(techniquement).

Le premier attisé par des barbus (l’article indéfini scie le mieux à ces gens venus de tous les horizons et qui sont de plusieurs nationalités) qui occupent le nord (livrés clé-en-mains par les indépendantistes touaregs) et font tout pour faire fuir la population et y rester : destruction de mausolée et de monument dans la ville de Tombouctou, application de la charia avec des amputations de membres pour les voleurs , port obligatoire du voile pour les femmes qu’ils voudraient voir disparaitre même de la circulation. Le policier du nom de Adama chargé de faire respecter la loi vestimentaire aux femmes n’a –t-il pas un malin plaisir à poursuivre les femmes avec son fouet en peau de chamelle (haha…) une chose est sure il leur faudra bien faire quelque chose de ou pour cette population du nord du Mali qu’ils tiennent par les armes, qui les maudissent à la fin de toutes les phrases qu’ils prononcent( une tante disait qu’il était tant que Dieu nous montre qu’il n’est pas de leur côté en leur faisant venir un malheur ).

Le second feu ? Il devait être la force qui sauverait le Mali, protègerait la population, qui réclamait plus d’armes et de moyens pour mater cette rébellion qui menace le pays mais hélas, elle se cantonne au sud et fait tout aussi pour y rester.

Entre les deux, il y a la population qui avait applaudit le départ de ATT pour lequel disait être prête à mourir, qui allait passer à l’idolâtrie du nouveau chef avant de se ressaisir, perdue, ne sachant plus qui écouter ni quoi croire tellement dépassée par le nombre d’évènements qui se sont passé à Bamako en si peu de temps ? Mais si heureuse d’entendre le discours de François Hollande en sa faveur, dépitée par certains qui profitent pour s’entretuer pour des futilités.

 

La prochaine fois je me contenterai juste de vous traduire des interviews avec des personnes originaires de Tombouctou déplacée à Bamako répondant à une seule question : que pensez-vous de ces gens qui occupent votre ville ? Je vous promets de n’omettre que les propos grossiers.

Quand les islamistes s’attaquent aux femmes à Tombouctou

Les islamistes se retournent contre les femmes maintenant
Depuis l’occupation de Tombouctou, les « islamistes » qui occupent la ville s’étaient jusque-là contentés de s’en prendre aux habitudes des habitants en général : destruction des lieux de ventes et tout ce qu’il y a comme stock d’alcool, de cigarettes. Profanation et destruction des mausolées et autres lieux religieux qui ne cadrent pas avec l’islam radical qu’ils prônent, ainsi ils ont mis sur pieds des brigades qui ont méticuleusement détruit tout ce qu’il y a comme indication sur les tombes de tous les cimetières.
Maintenant l’heure est aux femmes : ils sont passés dans toutes les mosquées de Tombouctou pour dire aux marabouts d’avertir les femmes de la ville des décisions qu’ils ont prises les concernant.
Les habits que les femmes de Tombouctou portent ne respectent pas l’islam et ils ne sont pas islamiques, elles doivent désormais obligatoirement porter le voile appelé TOUNGOU à Tombouctou sinon elles feront le frais de la police islamique qui n’hésitera pas à les arrêter et à les faire fouetter.
Mais ce n’est pas tout ! Interdiction aussi est faite aux femmes de sortir la nuit après 23h.
La curiosité de cette ordonnance réside dans le choix de l’habit qui est désormais imposé : le voile.
Il est vendu sur les marchés de Tombouctou par les arabes de la ville et c’est leur habit traditionnel en fait. Mais les femmes noires préfèrent encore leur tissus teintés WAX.
Depuis l’occupation de la ville les femmes se contentaient d’ajouter un grand voile à cet habillement cela ne plait plus aux nouveau pouvoir qui trouvent que ces dernière étaient plutôt des jupes et trop occidentaux.
La conclusion à en tirer est qu’il s’agit peut être juste d’une campagne de marketing forcée pour faire repartir les affaires de leurs confrères arabes qui ont beaucoup perdu depuis le 31 mars. Les marchandises qu’ils amènent ne s’achètent pas faute de clientèle. La ville est pratiquement évidée de sa population et ceux qui restent ne peuvent acheter des voiles (première marchandise de ces derniers) alors qu’il faut se nourrir coûte que coûte !!!
Le lieux où les femmes se rendent tous les jours à Tombouctou est le marché , notamment celui de YOBOUTAO. Avant les tomboctiennes s’y retrouvaient pour se faire admirer se maquillant outrageusement et s’y retrouvant toutes à 10h créant des bousculades et laissant un marché presque vide à 11h.
le marché est devenu le lieux de chasse aux femmes de la police islamique qui n’hésite pas à poursuivre les femmes qui ne sont pas assez bien habillées à leur gout pour les fouetter et les poursuivre jusque dans les maisons.

Souvenir souvenir: 31 mars à Tombouctou

Djingarey Ber

 

Cette date est presque fatidique pour les habitants de la ville des 333 saints (on se demanderait à quel saint se vouer entre tous!). L’inquiétude avait commencé à envahir les cœurs dès que l’on apprit la prise la ville sœur de GAO.

Ils sont si proches, que faire? Fuir? Rester? Se cacher?

Mais une chose est certaine en ce samedi: les militaires ont une information qu’ils n’ont pas fait passer aux civiles ( et pour quelle raison!). Elle apporte une réponse qui sonne comme un verdict : il faut fuir  (à l’anglaise !),  avant que ces sanguinaires, qui n’ont pas hésité à décapiter des soldats maliens, n’arrivent sur les lieux. Et tous les moyens sont bons pour s’en aller, détaler  ventre à terre sans prêter attention aux biens qu’on a mis tant de temps à acculer et oubliant cette population que nous devons protéger. Pas un seul véhicule n’est resté au marché de YOBOUBER (grand-marché de Tombouctou) où on trouve les voitures en partance pour DOUENTZA et MOPTI. Ceux qui sont à la sortie ont-ils vu  partir les voitures des officiels de la ville à toute allure ? Oui, certainement ! Mais les vieilles femmes qui se lèvent tôt pour le préparer les fours pour le pain traditionnel ont été fort étonnées et quand elles ont entendu des tirs à l’armement lourd ( le savent-elles ?) elles ont compris, tous les habitants de Tombouctou ont compris :

LES REBELLES SONT A LA PORTE DE LA VILLE SAINTE