S’il y avait un prof de français parmi les salafistes à Tombouctou ferraient-ils autant de fautes d’orthographe?

Mais surtout ne leur dites pas que j’en suis un!

En effet, ce titre m’est venu dès l’entrée de la ville de 333 saints en lisant leur première plaque. En arrivant au niveau du stade municipal où une plaque nouvellement peinte (j’ai eu envie d’écrire peinturé comme aurait dit beaucoup de maliens) je me suis demandé ce qu’ils projettent d’y inscrire dans les deux langues (arabe et français) comme je ne me rappelle plus si elle y était le 31 mars.

Le sentiment que ces gens ont un message à faire passer  ainsi qu’une preuve à fournir (qu’ils sont les maitres de la ville et écrivent ce qu’ils veulent où ils veulent héhé!) quand j’ai atteint le Lycée Mahamane Alassane Haidara de Tombouctou. Deux grandes plaques qui étaient destinées à a publicité  une première toute noire, juste à coté de la porte d’entrée  donne une citation de l’imam Malek que je n’ai pu lire (car serré entre trois voisins) et une plus grande blanche et lisible (j’en ai une photo d’ailleurs que je ne tarderai à publier) « la ville de Tombouctou est fondée sur l’islam et elle ne sera jugée que par la législation islamique (charia) »

Vous me diriez mais où se trouvent la ou les fautes ? Et bien dans le fond car comment (et d’ailleurs pourquoi? en tant que qui? ou quoi ?) ces « gens » peuvent-ils juger toute une ville ? Je trouve cela complètement déjanté   et vous ?

Une centaine de mètres plus loin se dresse le bâtiment de la BMS qui est était d’abord la police islamique avant d’être promu en «  Centre de recommandation du convenable et d’interdiction des interdits »  là encore problème de fond. Dès qu’on voit cela on se demande ce que cela veut dire. Eh ben, c’est en fait la police et la justice des mœurs dirais-je si on me demande : ceux qui y sont chargés d

cour de justice aussi des salafistes
quel changement radical de statut pour ce bâtiment …

’arrêter, de juger et d’exécuter la sanction des contrevenants à la, non à leur  législation islamique (car je suis convaincue que ce qu’ils prônent est différent de mon islam que je connais !). Ce sont eux  qui arrêtent les filles qui parlent aux hommes qui ne sont pas leurs frères, qui ne portent pas un voile assez intégral, qui arrêtent les fumeurs, mais aussi se promènent arment en bandoulière le regard niais et toujours à deux (ont-ils peurs seul ?).

Et la justice islamique ? Elle résidait à l’hôtel la maison  qui arbore à son entrée le mot « justuce islamic » en gros et gras (la voilà la vrai faute !)

 

 

Tabaski à Tombouctou, avec les salafistes c’est different!

L’aid el Kébir est une fête musulmane qui remonte un peu loin et a pour but de perpétuer l’acte posé par Abraham en voulant sacrifier son unique garçon pour Dieu (heureusement qu’un bélier a été envoyé par le seigneur pour le remplacer !). C’est une occasion de communion entre les fervents pratiquants de l’islam qui n’ont aucune compassion pour les animaux et n’hésitent pas à les égorger et à partager la viande avec les voisins et les parents.

De retour de la grande prière,  les adultes s’occupent  des moutons  les enfants portent leurs nouveaux habits et cherchent des sous dans les familles et  les rues sont fortement animées.

Mais ça c’est en temps normal  aujourd’hui « l’occupation » de la vieille ville par les salafistes a changé les données.

Ils règnent en maitres et ont apporté de nombreux changements aux habitudes.Cette fois-ci le tableau est complètement différent, pas une seule personne dans les rues je me demande si tous les hommes vont participer à la grande prière.si pourtant : ils attendent l’heure dans les maisons au lieu de sortir dans les rues. Un instant et quatre pick-up remplis de salafistes vêtus de kaki (leur uniforme) se dirigent vers Abaradjou (il y a là-bas la mosquée des arabes qui sont aussi wahhabites) alors que les habitants se dirigent vers farrou ber (direction opposé).


Les femmes ne peuvent sortir que flanquées d’un voile intégral et pas neuf en plus ! Ni voyant, ni coloré no parfumé (le voile !)

Bien que fortement islamique avec un patrimoine certain dans le domaine : les mosquées, les manuscrits anciens, les us et coutumes ; Tombouctou était une ville très démocratique (ce n’est plus le cas maintenant hein !) pour qui ne la connait pas et cela sur plusieurs plans.
Les femmes disposaient d’une grande liberté et étaient fortement impliquées dans le secteur économique : les salafistes n’ont pas apprécié cela et leur révolution religieuse qui accompagne l’occupation militaire s’est attelé à  faire retourner ces femmes je ne sais où (peut être au même niveau que la femme qui n’a même pas le droit de découvrir son visage ? suivez mon regard !).

Dans ce cadre ils ont crée un endroit que les tomboctiens appelle « la prison des femmes »  qui est en fait facile à imaginer : il s’agit de la petite pièce que la BMS avait réservé au distributeur de billet  (très facile d’estimer la surface). Le bâtiment entier  qui accueillait la police islamique a été récemment transformé en (tenez-vous bien !) « Centre de recommandation du convenable et d’interdiction du blâmable ». Ce centre a à sa tête l’homme le plus célèbre ( et le plus maudit , on le maudit chaque fois qu’on prononce son nom) de Tombouctou en ces deux derniers  mois HAMAD MOSSA,  un natif de la ville , touareg qui habitait le quartier Abaradjou, dépeint comme un misogyne, un  « wahabiya » et fortement raciste qui  a construit une mosquée à ATT bougou (dans laquelle prie des ânes selon un vieux car personne n’y va (je n’ai pas pu m’empêcher de penser à faire le lien avec sardine !)). Les enfants de hamabangou (un quartier de Tombouctou) ont même une chanson à son égérie qu’ils quand ils le voient revenir à son centre sans butin (il s’agit de femme arrêtée) : « Hamad Mossa na dou tchirkaré  Hamad mossa n’a pas eu de petit déjeuner ».

Je ne vous cache pas que j’ai détalé comme un rat lorsque je les ai vu pousser deux filles dans cette salle obscur hier soir en les poussant avec la crosse de leurs armes (un blogueur est –il un journaliste d’investigation ? je me le demande et il ne faut pas tenter le diable qui s’est réincarné dans ce Hossam Assad ; non Hamad Mossa, que dis-je !)

Ainsi la mission de cette nouvelle star est d’oppresser les femmes.

Ils n’ont ainsi pas hésité à arrêter celles qui ont osé sortir la veille du tabaski pour chercher en dernière heures des habits pour leur enfants et ne les ont laissé partir qu’à une heure tardive avec l’intervention des hommes de leur familles qu’ils ont mis en garde de ne pas laisser « des femmes sortir seule la nuit »  (veille de fête ou pas pourrait-je ajouter).

 Quelle joie quand mon père m’appris qu’ils ont encore une fois boycotté « les islamiques » à son retour de la prière.

Je ne sais pas ce que les gens pensent au sud (à partir de Konna) du Mali en traitant les ressortissants des régions du nord de NORDISTES ni quelle connotation ce terme prends mais une chose est sure ce ne sont pas DES REBELLES !!!

Ils attendront le Mali jusqu’au bout… et veulent rester des MALIENS ET RIEN D’AUTRE.

 

Les amis je suis à Tombouctou

SUR LE BAC VERS TOMBOUCTOU

Vendredi 19 octobre 2012 je quitte Bamako ; direction Tombouctou ma demande de permission d’absence résolument déposé à l’hégire. Je vais à Tombouctou pour quelles raisons ?

J’ai longtemps hésité avant d’amener finalement mon appareil photo, mais finalement il se retrouva bien au fond de mon sac à main, prendre des photos est presque convulsif chez moi.

Des pannes ont ponctué un voyage avec un seul contrôle d’identité à Sévaré  et une fouille des bagages à sa sortie en territoire libre (je ne veux pas écrire malien car tout le territoire est malien). Le premier poste de contrôle en zone occupé est  à Douentza où l’identité nigérienne du Djihadiste qui est venu nous scruter nous m’a pas échappé. De l’ethnie peulh, il s’est adressé à nous en djerma.

–          Vous  venez d’où ?

–          Sévaré

–          Vous partez où ?

–          Tombouctou

Pendant notre petite pause-déjeuner au restaurant, nous posions des questions des petites questions pour avoir des nouvelles. Qu’ont fait les islamistes ? Est ce vrai que le MUJAO est très dure avec la population ? Que s’est-il passé dernièrement ?

–          Ils sont très durs entre eux. Dit le vendeur de viande grillé

–          Comment ça ? qu’ont-ils fait ?

–          Le vendredi dernier ils ont chicoté un d’entre eux qui était même un chef qui est tombée sur la femme du gardien du château (cela veux dire violer en sonrai mais je vous précise juste que ces propos sont à  prendre avec des grandes pincettes car la capacité des gens à arrondir les angles  a été agrandis par la situation !)

–           Et ils l’ont seulement chicoté ?

–          Oui il a été  aussi démis de ses fonctions. Il a fait un bon temps à déambuler entre nous ici avant de partir.

–          Ils sont nombreux maintenant ?

–          Oui un renfort de vingt voitures est venu de Gao

–            Et l’école ?

–          Ils ont parlé d’ouvrir les medersas mais nous ne voyons rien et d’ailleurs personne n’ira étudier dans ces conditions même les anciennes medersas ont formé.

A la sortie de la ville le contrôle a été également fait par un peulh, mais celui-ci ne parle pas une autre langue  et le chauffer lui disait d’une voix dépité.

-Hey personne ne parle peulh ici !

Sans nous faire descendre il a soulevé le tapis qui recouvre le tableau de bord, a pris en main le lecteur mp3 que le chauffeur y avait caché, l’a regardé sous toutes les coutures sans comprendre de quoi il s’agissait et sans oser demander pour ensuite le remettre en place et de nous laisser continuer.

 

Il nous a laissé partir sans aucune forme de procès alors que les autres du poste  ne daignait même pas nous regarder, un d’entre eux avait un téléphone thuraya qu’il dressait vers le ciel par des gestes brusques certainement à la recherche de réseau (alors que c’est un téléphone satellitaire !, je me demande où ils sont partis chercher ces combattants quand nous les avons dépassé nous avons tellement ri de la situation).

La dernière escale avant Tombouctou est Bambara Maoudé, une petite bourgade qui dispose quand même du réseau téléphonique. Là aucune présence d’islamistes. Le restaurateur a même un lecteur DVD qui diffuse un film de Noliwood  sur un petit écran.

Au fleuve, 95 km plus loin nous avons attendons longtemps le bac pour traverser et entrer à Tombouctou dans les tantes des  pêcheurs qui y fond du petit commerce. La petite insulte d’une mère envers son enfant me fit faire un constat qui me rassura en fait : la population ne va pas adhérer à aucune des idées  des occupants, qu’elles soient séparatistes  (MNLA) ou islamiste (ANESARDINE).

–          Regarde-moi sa corpulence, il est maigre ont dirait le jumeau d’un « islamique » ! (c’est ainsi qu’on les appelle ici).

La traversé a été longue mais quelle joie d’arriver au bout de deux jours à l’entrée de ma ville natale (entrée que je ne reconnais pas aussi !).  Un poste de contrôle fait de barre fer qui coupe la route et rend le passage étroit. A gauche est rangée un long char de couleur verte qui à du appartenir à l’armée malienne  de par l’immatriculation (j’ai bien envie de prendre une photo mais la mésaventure de Konna  avec les militaires maliens qui voyaient un espion en moi en voyant mon appareil photo m’en dissuada).

La grande plaque qui dorénavant faisait la publicité pour une banque de la place est couverte d’écriteaux en gros : bienvenue à l’entrée  la porte d’application de la (charia) Tombouctou (la parenthèse pour charia n’est pas de moi hein !).

En ce qui concerne la vie de Tombouctou, les changements, les abus faits  aux femmes ainsi que les petites histoires drôles qui concernent les barbus je vous donne rendez-vous dans d’autres posts.

 

ANSARDINE s’en prend aux chiens de Tombouctou: où sont les amis des animaux? (déjà que la tabaski est proche)

ANSARDINE à TombouctouLes journaux, les radios, les sites internet relayent à coup de titres tapageurs les sévices que les occupants des trois régions du nord font subir aux populations (moi y compris !) , sur les mausolées profanés, et (héhé !) pourtant il y a du drôle à raconter.

Je ne parlerais que du cas de Tombouctou car ayant assisté aux premiers jours de l’occupation (d’autres diront que j’ai fuit, cela n’engage que moi) par le MNLA (haine est là me plait-je à dire) et ANSARDINE (âne-sardine drôle d’animal nourri à la charia). Est-ce parce qu’ils n’avaient pas de stratégie mûrement réfléchie avant leur raid militaire qu’ils étaient bizarres (je me répète mais c’est nécessaire) ?

Ils ont déjà interdit la cigarette, ils ont  cherché tous les bars et autres maquis pour en détruire les cargaisons d’alcool,  faisant sauter les bouteilles par des tirs dans le tas…  Là j’ai recueilli l’histoire d’un tenancier de bar du quartier Abaradjou  D… qui, quand il vit les moudjahidines s’arrêter devant son bar-restaurant, se vit pousser des ailes et sautant par-dessus un mur pour se retrouver dans la cour de sa belle-mère, oubliant complètement qu’il était torse nu et exhibant son gros ventre. Sa voisine qui me relata les faits se roulait en boule de rire surtout lorsqu’elle imitait le monsieur usant de gestes (la main devant la bouche) pour dire aux habitants de la maison de se taire. Deux jours après il était à Bamako. Son retour dépend certainement du départ de ces Djihadistes !

Quand ils se sont bien installés, après les pillages des services de l’Etat, l’enlèvement de toutes les voitures de l’Etat (vers quelle destination ?), ils ont quitté le camp (pour des raisons qu’ils n’avouent pas) parce que trouvant très louche (la main du saint Mahamane Tambatamba les auraient effrayés!) la mort naturelle de plusieurs combattants, mitraillés le monument d’Alfarouk (en représailles ?!!) ANSARDINE s’est installé et a chassé les rats du MNLA (qui arnaquaient la population noire surtout car avoir la peau blanche est une bénédiction sans tomber dans du racisme primaire je l’espère, c’est triste mais ce n’est que la vérité !). Tous les déplacés du nord au sud vous dirons que les rebelles ne fouillent que les autres (eux sonrai, peulh, bozos), les insultant et se fiant à leur flair pour détecter les militaires qu’ils appellent bambara (oui, alors qu’il y a un tas d’intégrés touaregs (ça y ait le mot est prononcé) qui sont même de pères Bambaras et militaires. Ils n’hésitent pas à faire descendre même les personnes âgées des camions tout en sachant que tout mouvement leur est difficile.

Cela me rappelle l’histoire de cette vieille dame de l’ethnie sonrai (majoritaire à Tombouctou et d’ailleurs au nord du Mali entier) qui me fit beaucoup rire en me racontant son périple (que je vous traduis du sonrai).

–          A Léré, ces maudits nous ont trouvé en train de manger dans une sorte de restaurant

–          Comment ça ? ce n’est pas un vrai ?

–          La femme a préparé le riz au gras le plus rapide de toute ma vie de cuisinière : elle a allumé le feu, elle a mis beaucoup d’eau, elle a mis du sel, un morceau de viande. Ça a bouillant un instant et elle a lavé du riz qui doit dater de l’année où je suis allé au Niger et  pas plus de  vingt minute et ils servaient les passagers  !

–          Vraiment tu as raison, dis-je, et les rebelles ?

–          Ils sont passés devant notre voiture deux fois sans rien nous dire

–          Ils sont ensuite revenus pour entrer dans la seule boutique  en face de nous. Il y avait un d’entre eux qui me regardait chiquer mon tabac un instant. Un gringalet-là

–          Ahan

–          Il s’est dirigé vers moi et m’a tendu un billet de 5000 F CFA

–          Tu l’as pris

–        oui mais je l’ai donné à mes petites-filles qui n’ont pas arrêté de dire que c’était un ancien amant, il pourrait être mon petit-fils même en réalité !

–          Peut-être que tu lui rappelle sa mère en chiquant le tabac !

–          Ces chiens ont-ils des mères pour nous faire ça ? je ne crois pas!

–          Alors qu’ils ont dépouillé d’autres de leur argent, ma tante tu as de la chance

–          Mais il y avait un imbécile qui ressemble à un amaldème (ce terme veut dire retardé mental au Mali) qui voulait me faire descendre de force quand  on était au bac de koriomé.

–          Il m’a dit « hey je n’ai pas dit à toutes les personnes de descendre ? (personne se dit boro en sonrai) » je lui ai répondu que je ne suis pas une personne mais un bargon (qui veut dire barrique en français), les gens ont tellement rit.

–          Tu es descendue?

–         Bien sûr que non il n’avait qu’à monter me faire descendre, Que Dieu les maudisse tous! rajoute-t-elle.

Et malgré toute la douleur qu’ils ressentent, les ressortissants de Tombouctou ne peuvent s’empêcher de rire quand ils se racontent ces anecdotes (teintés de mensonges selon le talent des narrateurs  pour se donner de l’importance peut être).

Ce qui nous a fait rire aujourd’hui  en famille ? Les rebelles s’en prennent aux chiens qu’ils repèrent à leurs aboiements et qu’ils canardent (pour s’entrainer en attendant les combats contre les troupes de la CEDEAO ? je me demande bien !). En tout cas ils affirment que c’est parce que le chien est un animal que l’islam n’apprécie pas il empêche aux bons esprits de rentrer dans la ville, soutiennent-ils !

–          mais ce sont eux les mauvais esprits qui empêchent aux bons de rester chez eux depuis qu’ils sont là. Que Dieu les maudisse ! ( encore une fois) en tout cas nous ne  leur pardonnerons jamais de nous avoir dispersés de cette manière !

 

Tout le monde ne peut pas conduire à Bamako, le savez-vous ?

Vous venez d’arriver à Bamako ? Il y a certaines choses qui vous étonnerons…à commencer par la circulation

Tout le monde est pressé dans cette ville. Tu pourrais poser la question où vas-tu « i bé ta mi ? » (En bamanankan) à quelques motocyclistes, la réponse  sera « tché né pressélindon, né bi ta tchila » traduction «  je suis pressé j’ai une commission à faire » et il s’empressera de partir à vive allure sans demander son reste et sans casque ! Mais si vous  le suiviez; vous allez le voir s’arrêter brusquement dans un endroit où plusieurs jeunes sont assis à faire passer le temps en buvant du thé vert toute la journée qu’on appelle  au Mali « le  grin ».

Autre constat dans la circulation à Bamako ? au croisement de deux routes ou aux ronds-points il y a des feuilles d’arbres et des décoctions qui ont déjà été bouillis ainsi que par des coquilles d’œuf écrasé , si vous avez de la chance vous pouvez  même y voir un canari rempli de toutes sortes de victuailles pour « les esprits » en guise d’offrandes.  Quand on dit que le Mali est un pays musulman à plus de 92,5(selon les statistiques de muslimspopulations) ; allez chercher où se situe le pourcentage de ces gens qui préfèrent écraser des œufs sur la chaussée au lieu d’en faire une bonne omelette. Ici presque tout le monde croit en « ces choses mystiques ».  Aujourd’hui j’essayais de convaincre mes  élèves qu’il n’était pas possible d’être enceinte pendant des années, ce que la tradition montrait comme une mystification  ou un sort jeté  par une coépouse malveillante n’était au fait que le fruit d’une maladie, certainement un fibrome ou un kyste. Rien n’y a été fait ! Au contraire ils me regardent comme si j’étais un drôle d’animal dont l’esprit a été corrompu par l’éducation des blancs « madame kono bi sé ka guingué « madame on peut ‘’clouer’’ le ventre ! » me répondent-ils.  «  Si vous ne me donnez pas cette réponse, c’est que vous n’êtes pas maliens ! »  Leurs répondis-je. Le malien est foncièrement traditionaliste, je sais de quoi je parle j’en suis une !

 Le plus bizarre des remarques dans la circulation de la capitale malienne ? Quand vous êtes derrière quelqu’un, prêtez attention à son bras au lieu de regarder les feux de son véhicule. Quand un motocycliste vire, c’est son bras gauche qui l’indique, c’est une voiture qui vire à droite ? C’est le bras du passager, pire c’est une SOTRAMA ? C’est le bras de l’apprenti qui l’indique. Celui qui n’y prête pas attention à toutes les chances de se faire serrer et de faire un bon plongeon dans une fosse (elles sont dans la majorité des cas ouvertes). D’ailleurs à Bamako tout le monde sait qu’on ne se met jamais à droite d’une SOTRAMA et d’un taxi, à la vue du bras levé d’un client ils s’arrêtent.

Dernière remarque ? Il y a des policiers partout, à tous les axes, angles, carrefours, tout le temps,  tôt le matin ou tard le soir. Ils ont toujours mailles à repartir avec les taxis, les (infernaux) SOTRAMA et autres voitures personnelles. Ils amendent beaucoup, prennent des sous (ou de billets !) qui partent-ils où ?dans les caisses de l’état  dans leurs poches? Mais quand même  ils sont d’une importance capitale car s’ils n’étaient pas là on se demande ce qui se passerait : le malien n’est pas un exemple en matière de respect de la loi et du code de la route. Les SOTRAMA ne respecteront  jamais le nombre de passagers règlementaire, les taximen ne payeront pas les taxes comme il faudrait, déjà peu de personnes portent le casque quand ils sont sur une moto (même les policiers sensés le faire respecter), encore moins mettent la ceinture pour conduire leur voiture, ce n’est pas ici qu’on parlerait de siège pour enfant…

Et ici on klaxonne même la nuit sinon quelqu’un est toujours prêt à vous rentrer dedans soi-disant qu’il fait nuit et qu’il ne vous a pas vu.

Le Mali est un pays particulier !

A Tombouctou, les femmes se déshabillent pour protester contre les islamistes

L’histoire serait rocambolesque, presque drôle si ce n’était sous un décor bien triste: Depuis le 31 mars 2012, la ville de Tombouctou est sous le joug des islamistes qui ont pris la place de l’Etat après le « repli stratégique » des militaires maliens. Les premières victimes de cette occupation sont les femmes, qui jusque-là libres sont obligées de se voiler encore plus (car le voile elles le portent à cause du vent et du sable).

La police islamique d’ANESARDINE n’hésite pas à fouetter des femmes en plein rue ou à  les poursuivre dans les ruelles de la vieille ville, entrant jusque dans les vestibules… Aujourd’hui les femmes ont décidé de révolter en se déshabillant d’abord  et en marchant vers la police islamique.

Ce n’est pas la centaine de femmes qui ont marché vers l’ancien bâtiment de la BMS qui se s’est déshabillée, mais seulement trois vieilles femmes qui ont exprimé leur ras-le-bol : il s’agit des vieilles femmes touaregs qui vendent leur poisson au marché de Yoboutao, qui comme toute poissonnière respectable ne lésinent pas sur les insultes (je ne vais jamais seule acheter le poisson à cause de leur habitude à blaguer et à insulter facilement et sans raison).

Comme à leur accoutumé maintenant, une patrouille de la police islamique composée de deux hommes faisait sa ronde quotidienne au marché, à la chasse aux femmes mal-habillées.  Ayant dépassé la partie des vendeuses de légumes, kalachnikovs aux les épaules, ils se sont dirigées vers trois vieilles femmes vendeuses de poissons, bien couvertes. Ils leur ont dit qu’elles n’étaient pas habillées comme le voulait la charia. Les femmes entrèrent dans une colère noire et enlevèrent tout ce qu’elles avaient comme vêtements en leur criant qu’elles en avaient marre d’eux et de leur charia !

Surpris? Abasourdis? Dépassés? Paniqués? Je ne sais quel verbe utiliser mais je sais quand même qu’ils sont resté ébahis une bonne dizaine de minutes à voir ces vieilles femmes nues qui entraînèrent toutes les femmes avec elles pour une marche de protestation vers les locaux de la police qui ne sont pas loin du marché, avant de tirer en l’air pour alerter la base qui encercla rapidement le marché.

Elles furent dispersées par des coups de feux en l’air, pendant que quatre ont été arrêtées (pour connaitre la raison de leur colère, prétend ANSARDINE). Comme elles refusèrent de parler sous cette contrainte contre laquelle elles protestent, elles furent libérées et c’est une autre du nom de Tina, habitante de Bellafarandi (un quartier de Tombouctou) qui expliqua tout le ressenti des femmes qui ne veulent plus voir ces étrangers les déranger pour cette histoire de charia.  « Nous étions musulmanes avant que leurs mères n’accouchent de ces m… que nous ne connaissons même pas, même leur chef Mohamed Moussa n’est qu’un coureur de jupons ! »

A la tombée de la nuit , la ville des 333 saints est plongée dans le noir(délestage oblige) mais le cœur apaisé, enfin une réaction, peut-être de l’espoir ?

Bamako ou Tombouctou?

J’avais un sujet bien choisi pour ce billet  et je me voyais déjà en train d’écrire le titre : aucun motocycliste ne porte  un casque au mali  en me demandant comment j’allais imprimer la centaine de photos que j’ai prise dans la journée du 1er octobre sensée être la date buttoir d’application obligatoire de l’ordonnance n’eut  été la levée de la mesure mais quand je lis cette nouvelle : http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Nord_du_Mali_un_homme_accuse_de_meurtre_execute_a_Tombouctou_61021020122042.asp?

Les choses se corsent. Il faut faire quelque chose pour ces personnes qui sont coincés à Tombouctou avec ces quasi-fous ! Des questions se bousculent à ma tête mais une seule domine et je me propose de poser la question : Est-ce que la charia peut permettre une telle ignominie ? les prochains thèmes sont tous trouvés alors…