lettre ouverte d’une malienne au captaine Sanogo

les lettres sont un peu à la mode sur Mondoblog. Il y ‘en a de tout genre et les destinataires renseignent sur l’objectif: de celui d’une grande sœur à  son petit frère à celui adressé à la compagnie des eaux du Cameroun en passant par la mienne que j’avais adressé à mon président sans oublier celle envoyée à Mohamed Morsi (j’ai adoré).

Celle-ci est  la deuxième que je publierais sur mon blog, j’aurai aimé (et osé aussi) en être l’auteur, mais malheureusement non.  Je n’en ai au point accouché, mais je ressens tous les mots utilisés par cette consœur dans toutes les fibres de mon corps. Oh! est-elle doué d’un pouvoir surnaturel?

Qu’elle exprime mes sentiments, mes ressentiments, ma pensée, ma crainte aussi, mon espoir en l’armée malienne!!! et elle me toucha encore plus car venant d’une femme comme moi, quand les hommes se taisent et acquissent craignant pour leurs vies, les nouvelles femmes ( pas des dragons en pagnes), CITOYENNES SURTOUT!

Que de commentaires: Un peu osée mais surtout courageuse madame !tu mérite honneur, respects et considérations.no comment!t as tt dis. Mention spéciale

Trêve de discussion la voilà

 
Bamako, 19 Décembre 2012

Attention :
Capitaine Amadou Haya Sanogo

Mon Capitaine,

Pour qui sonne le glas ?

Au-delà d’une trop facile mise en cause, l’exercice du pouvoir peut être dangereux…
L’armée ne fait pas la nation à elle toute seule, mais elle y participe grandement, ou plus exactement et malheureusement devrait y participer, et même être aux avant-postes. Mais on ne peut que constater, que c’est exactement le contraire aujourd’hui !

Je ne veux point choquer quelques bonnes consciences ni tarir nos bons et vaillants militaires tombés sous le champ d’honneur.

Mais force est de constater que notre pays, le Mali a été délibérément affaibli par sa propre armée, notamment par le putsch du 22 Mars 2012, début de la fracture entre la nation Malienne et son armée, des arrestations arbitraires, des bastonnades, des enlèvements, des promotions et des mutations fantaisistes résultante d’une trop grande ambition de nos militaires et soldats devenus des hommes d’affaires plus préoccupés par leurs petits intérêts personnels.

Mon Capitaine,

Un moindre mal est toujours un mal. Le mal est déjà d’avoir laissé se développer les idéologies de haine et de discrimination. Ne vous croyez pas seul, sachez que des gens comme moi sont tristes à chaque décès d’un de vos frères d’arme.

L’attachement à une simple fonction ne doit pas conduire à l’idolâtrie. C’est ma conviction, vous vous en rendrez compte bien assez tôt.

Pour des raisons de stratégie et de fierté nationale l’Armée Malienne ne peut reculer et devrait donc s’accrocher à défendre tout objectif sous le feu des bandits armés.

Pour la nation tout entière, le Mali doit être le symbole du courage et de l’abnégation.

Cette guerre est notre guerre,
Celle de la liberté contre l’asservissement,
Celle du droit contre la négation de tout droit,

Notre devoir est de montrer à nos soldats que leur engagement individuel dans ce métier ô combien difficile est toujours héroïque mérite un plus grand respect, un soutien inconditionnel et tous nos encouragements, car ils sont notre sang, et il est très simplement sacré.

Mon Capitaine,

Il faut revenir à une certaine humilité par un plus grand brassage et donner à nos soldats les moyens de se battre dans des conditions acceptables.

Seulement je suis, vous êtes, nous sommes, non seulement des contribuables, et j’apprécierai de savoir ce qui est fait de ma contribution financière aux armées, mais également des citoyens et nous avons donc le droit, et le devoir j’insiste, de commenter l’action de notre armée !

Par votre immense prétention d’avoir la Vérité,
Où sont les officiers supérieurs qui se doivent de combattre sur le terrain à la tête de leurs unités? Ils n’existent déjà plus depuis longtemps!…

Par votre immense prétention d’avoir la Vérité,
Faites en sorte que nos militaires ne deviennent pas des groupuscules dangereux responsables des agissements préjudiciables à la population du Mali et au moral Malien.

Mon Capitaine,
Pourquoi devrions-nous sacrifier notre honneur, notre réputation à la face des autres nations, sur des présupposés défaitistes ?

Entre les vérités et les réalités, j’ai fait mon choix !

Cordialement
Madiara Kone

Bamako reste stoïque

Qui règne sur la ville des trois caïmans?
Qui règne sur la ville des trois caïmans?

Bien de choses se sont passés depuis la publication de mon dernier billet. Sur le plan personnel je ne vous dirais pas tout (car je ne suis pas le sujet principal du blog !).
Sur le plan politique que de remous au Mali

Pouvais –je savoir que quand j’écrivais mon billet sur le report inopiné des concertations nationales, le GANG de KATI était en train d’enlever le premier ministre (qui est d’ailleurs décrié) et de lui faire rédiger une très belle lettre de démission (je ne savais pas que le verbe démissionner était pronominal dis-je pour plaisanter je ne peux m’en empêcher !).

 

Mais la capitale du Mali est toujours calme et matinale.

Les mêmes gens empressés se lèvent très tôt pour envahir le centre-ville allant au marché ou au bureau. Il faut gagner de l’argent pour manger, faire manger les enfants, payer le passé (prix des tickets de sotrama), payer l’école, préparer les fêtes de fin d’année, entretenir madame, le rail-da (gare centre-ville) toujours aussi bondé par des usagers et des voleurs à la tire qui sont impitoyables, les marchands ambulants. Les voitures vertes qui continuent à desservir la capitale. Le taux d’alphabétisation est très bas au Mali et il explique certaines réactions de la population ou même l’absence de réaction d’autrefois.

Les gens de Kati ont arrêté le Monsieur de la NASA Cheick Modibo DIARRA (CMD car les malien aiment appeler les hommes politiques comme les sociétés,  par des sigles: ATT, IBK,DSK( aie, ce n’est pas un malien!) )qu’on n’a pu adopter malgré Tous ses efforts et ses multiples discours en Bamanankan) ? La communauté internationale condamne la manière dont l’ex-junte (oui parait-il) l’a fait partir ? Mais qu’est-ce qu’ils nous veulent ? Nous n’allons pas laisser ce monsieur continuer à s’accaparer du pouvoir alors qu’il ne fait pas ce que nous voulions. Aucun malien ne veut dialoguer avec les rebelles, lui(CMD) le veut ? Qu’il ne le fasse mais pas à notre nom, pense beaucoup. Haya ( SANOGO chef de l’ex-junte)et ses hommes ont raison ! N’a-t-il pas dit qu’il ne savait pas à qui est ce qu’il allait rendre sa démission ? Qui l’a reçu ? (et à quelle heure !).

L'un s'en va, l'autre reste, le sourire aux lèvres? pour l'instant!
L’un s’en va, l’autre reste, le sourire aux lèvres? pour l’instant!

La nomination de DIANGO SISSOKO en lieu et place de CMD, à peine 24h après un départ (recommandé) a été accueilli avec un certain calme, bien sûr c’est un ancien de ATT, mais bon il est bien, pensent d’aucuns, d’autres saluent en lui un homme calme et sage qui peut prendre la situation chaotique du Mali avec calme « lui aidera notre armée à combattre ces(…) qui occupent une partie de notre pays. Modibo DIARRA croit qu’on peut diriger un pays comme une petite voiture dans la lune …» dit un collègue enseignant.
Que pensent les Maliens de Dioncounda TRAORE le président de la transition ?

Ceux que j’ai rencontré l’acceptent comme président maintenant et le fait que CMD ait été évincé de son poste parce qu’il ne le respectait pas semble plausible pour les maliens qui ne savent plus à quel saint se vouer. Saint SANOGO ? On avait cru voir un saint en ATT et voilà où nous en sommes !

J’ai aussi voyagé vers le sud (cette fois-ci) et mon constat est …

Je ne sais même pas quel adjectif choisir… les habitants du nord(le MNLA et consorts, car je ne veux pas dire les Touaregs, sans amalgame les amis ! si nous (moi et toutes les populations noires des régions du Mali qui sont occupées présentement) ne l’évitions pas la fracture entre les différentes ethnies du septentrionale malien risque d’avoir les mêmes problèmes que le Rwanda !). Ils ne cessent de ressasser la chanson du peuple victime, occupant historique d’un territoire dont il a été dépouillé par la colonisation et qui aurait été rattaché à un état qu’il ne cesse de dénoncer (en oubliant une réalité : ce peuple n’est qu’une minorité nomade !).
Le bavardage a failli me faire oublier mon constat : le sud du Mali est aussi, sinon plus, mal loti que le nord. Je me suis rendue à Diéma, un cercle de la région de Kayes situé à seulement 276 Km de Kayes bitumée via Lakamané et 360 Km de Kayes via Nioro, 350 Km de Bamako via Kolokani, 105 Km de Nioro du Sahel et 200 Km de Kita. Il couvre une superficie de 12 440 Km2 . Je vous assure que les cercles de la région de Tombouctou (en tout cas celle que je connais) sont beaucoup mieux (Dire, Goundam, Niafounké) car, elles sont électrifiées et ont l’eau courante.
Tel n’est pas le cas de Diéma. On m’avait dit, il y a longtemps, que la région de Kayes était beaucoup plus délaissée que celles du nord, je n’y ai point cru, je ne suis pas encore partie à Kayes, mais visiter cette ville pour la comparer à ma ville natale (Tombouctou, ALBILISOUDAN, mais j’aime cette ville !) est un défi !
Je ne pousserai pas l’audace jusqu’à réclamer les frais de transport à MONDOBLOG mais Inchallah, il me faudra continuer mon trajet vers le Sénégal et découvrir la capital du rail.

un autre report des « journées de concertations nationales » quelle joie!!!

Au Mali les choses ne se passent jamais normalement.  Depuis plusieurs semaines les grandes artères de la capitale Bamako sont envahies par de grandes affiches qui annoncent les journées nationales de concertation pour une transition apaisée.  Elles sont partout avec des images évocateurs  qui ne devraient émouvoir tout bon malien avec usage du vert jaune rouge à outrance, mais je vous avoue qu’elles dépitent plus d’un !

Au premier report  des  «Journées nationales de concertations», qui devaient t regrouper à partir du 25 novembre 2012, les « forces vives de la nation malienne » (je me demande de qui il s’agit exactement, même les représentants de la CEDEAO utilisent ce terme) pour établir une feuille de route de la transition et créer de nouveaux organes pour faire face à la crise dans ce pays, le gouvernement s’y pris par un communiqué officiel. «Les Journées nationales de concertations sont reportées au 10, 11, et 12 décembre», car plusieurs regroupements de partis politiques et associations du Mali, ont récemment annoncé leur décision de boycotter cette rencontre souhaitée par les partenaires étrangers du Mali.
Mais en fait pourquoi et comment participer à quelque chose d’aussi flou ?

Apprenons à appeler le chat par son nom, nous maliens !

Presidente de la CAFOIl s’agit plus précisément d’une conférence nationale qui devrait regrouper tous les maliens de tous bords, mais si on ne veut pas que certains y participent, on agit de sorte à amener ces dernier à y renoncer, de leur propre chef !

Mais comment organiser une telle conférence tout en laissant l’assemblée nationale continuer à siéger ? Qui y participe ? Quelles sont ses pouvoirs ? Et qui est ce qu’elle arrange ? Car au Mali il faut chercher l’intérêt partout, ici on ne fait rien pour rien !

Pour son annulation, c’est encore un communiqué du gouvernement qui  nous a été annoncé par le Ibrahima Diombélé (présentateur du journal) à 20h, mais du groupe qui se présenta à nous, pas un ministre à l’horizon : des hommes et des femmes certains assis autour d’une table, d’autres debout, je reconnu Mme Oumou Touré (présidente de la CAFO, coordination des associations et ONG féminines du Mali), ainsi que certains membres du réseau des communicateurs traditionnels du Mali.  Ainsi, la société civile demande au gouvernement le report (pas l’annulation) des concertations nationales afin d’avoir un climat apaisé (ce ne sont pas leurs termes, c’est le résumé de ce que je retenus).  Je ne fus pas surprise, mes frères non plus (nous regardions la télé ensemble).

Une heure après je me connecte pour voir mon flux sur Facebook, pressée non seulement de voir si Messi a vaincu le record de Gerd Muller, si Aphtal a publié un autre de ces billets dont il a le secret, mais aussi de tweeter les dernières nouvelles que j’ai eu de ma ville natale tout en écoutant RFI (bien sûr, c’est bizarre mais j’écoute beaucoup RFI, parfois en regardant même la télé ), qui a pu remporter les élections au Ghana (oh que j’aime ce pays) et peut être échanger des nouvelles avec les amis connectés par messagerie instantanée.

Au Mali (je ne sais pas s’il faut dire les hommes politiques, ou les médias) utilisent des termes bateaux qui ont  la qualité de provoquer la colère des citoyens (mais comme eux aussi ne disent mots !) et cela est lisible sur Facebook qui offre une belle visibilité sur tous les sujets qui concernent le Mali. Il faut juste être dans le bon groupe et fermer les yeux sur les publications nombrilistes de quelques gamins qui crient même en écrivant.

Les posts  qui décorent ma page Facebook  un thème unique le report de ces fameuses  journées de concertations.  Ils sont édifiants  et sans censure de ma part j’ai seulement omis les commentaires ayant certains  propos qui ferraient mal aux oreilles fragiles !

« Tant mieux si les fameuses concertations tant voulues par la seule classe politique malienne sont reportées voir même annulées car a mon avis elles ne sont pas dutout nécessaires pour le moment car notre priorité doit être la libération des régions du nord et l’instauration de l’autorité de l’état et l’intégrité du territoire. Moins de bla bla bla. Le peuple est fatigué. Nous devons nous mettre au travail maintenant!! Et vite aller aux élections pour avoir des autorités légitimes et reprendre notre place au concert des états démocratiques. On oublie même que le temps imparti a la transition est presque terminé alors que rien n’a été accompli pour l’instant dans la mission. » Dit ASSOUMANE MAIGA.  Et les commentaires ont plu.  (je les donnerais sans donner les noms des auteurs, de toute manière c’est sur Facebook et ce sont des amis (me semble-t-il !)) :

– bien résumé la situation

– ils vont s’enrichires avant la fin de crise ils ne veulent plus entendre parler d’un intervention militaire que se soit le mali ou ailleur le mali restera longtmp plonges dan 7situation car nous ls jnes ns n avs Pas le choix! c st pourquoi ? ceux doivent etre le soutien a la resolution face a 7 crise ont trahis leurs propres languages. que la paix du segnorita soit avc le pauvre mali! mdr !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

– Exactement!

Un autre ami postait « Les concertations reportées encore, faute de participants »   et la discussion est lancée :

– Super bien

– Pas sûr que ce soit par faute de participants, mais peut être que leur tenue n’arrange pas tout le monde?

– super super bien

– loool

– Sa devient de la comédie en fin de compte

– Bonne nouvelle, ces concertations ne sont pas nécessaires pour le moment la priorité doit être la libération des régions du nord et l’instauration de l’autorité de l’état et l’intégrité du territoire. Moins de bla bla bla. Le peuple est fatigué. Nous devons nous mettre au travail!! Et vite aller aux élections pour avoir des autorités légitimes. On oublie même que le temps imparti a la transition est presque terminé alors que rien n’a été accompli pour l’instant dans la mission.

– Il n’y aura jamais de libération du Nord car il n’y a pas de chef suprême des armées! On nous fait tourner en rond, mais la vérité est que les institutions maliennes ne sont pas crédibles! Il n’existe aucun texte fondamental, en réalité « il n’y a aucune loi au Mali ».La constitution de 92 est caduque, l’accord cadre à été devoyé!

– mais sur quel critère choisit-on les participants?

– ils n’ont ka laisser sa apres la liberation pour reconcilier tous les fils du Mali, sa ne sert a rien now !

– Ils feront lieux d’annuler ces concertations à coz de la crise de cnfiance

– Il faut un cadre pour que les maliens se retrouvent pour dialoguer,je ne sais pas si je peux appeler concertation?Aussi longtemps qu on ne se retrouve pas entre maliens pour parler,aussi longtemps certains problèmes resterons sans solutions.

– C’est bien fait pour ce coup d’Etat civil qui était en gestation

– Il est temps que chacun prenne ses responsabilités

– Tant que nous continuerons à nous entredéchirer, nous ne trouverons pas la solution à cette crise qui fait l’affaire de ceux qui ont pillé les biens de l’Etat et qui sont entrain de profiter de cette situation désastreuse. Qu’Allah protégé le Mali. Amen

 

 

L’humour aide en classe

L'habit fait-il le moine ?

Je ne veux pas faire une somme des blagues que j’utilise en classe pour détendre l’atmosphère et empêcher aux élèves de dormir pendant les cours de midi à quatorze heure, mais il y en a que je répète souvent car leur effet est toujours le même sur les élèves. En plus, ces plaisanteries me permettent de quitter l’habit un peu dépassé de l’enseignante stricte et sévère qui cherche à apeurer  ses élèves pour mettre une distance sinon un fossé entre eux.

En fait, quelle que soit la situation, j’adore faire des allusions quand je parle, et comme c’est aussi mon métier je ne me fais pas prier.  J’utilise aussi des proverbes  le long de mes explications  (pour garder mon âme africaine car l’école m’a francisé, dis-je toujours).  Et j’aime déformer certaines expressions. «  A la vie, la mort » dit-on ? Moi je dis toujours « A la vie, pas à la mort ».

Je suis une enseignante moderne (j’espère , en tout cas!) qui aime beaucoup discuter avec ses élèves, et mon humour  y va de son mot.  Psychopédagogue, je suis chargée de cours de français et de LMP (Législation scolaire et Morale professionnelle), la déontologie du métier d’enseignant. Mes plus belles blagues passent en LMP car la caricature  est parfois nécessaire pour animer,  donc  je recommande à mes élèves à apprendre à se tirer à quatre épingles. Une expression qui a le mérite d’attirer leur attention

Quand certains disent : « Quoi ? », je me lance :

« Pensez-vous que vous me prendriez au sérieux  si j’étais habillé comme Rihanna, tôt le matin (les cours commencent à 7h45) et marchant comme un lézard au soleil  en me tortillant entre les rangées ? Si j’avais la tête de Tracy Chapman (c’est l’une de mes artistes préférées) et que je portais le pantalon qui a été cousu avec le tissu qui servirait pour  faire trois grands boubous ? »

Donc je vous en prie, prenez-vous au sérieux. Habillez-vous correctement. Les filles, je ne vous demande pas de porter le voile intégrale, mais d’éviter le style de Madonna (mes élèves ne connaissent pas Madonna car sortantes d’écoles franco-arabes, c’est l’occasion pour se distraire un peu  et je laisse les garçons leur dire de qui il s’agit !) Ma blague infaillible se résume en une phrase : depuis l’avènement de la rébellion  et la frayeur que  les atrocités faits aux soldats maliens à Aguel Hoc a provoqué, ma menace en classe envers ceux qui me contrarient se résume en une phrase que j’aime prononcer en bambara « Né bi kan tigè dè », ou si c’est pour toute la classe « Né bè aw kan tigè kélun kélun » avec un sourire à l’appui,  traduction : « Je vais te décapiter » ou « Je vais vous décapiter un par un ». Ils en rient une bonne minute et on reprend tranquillement le cours de la leçon .

Je plaisante également en classe sur une phrase, non la phrase fétiche que les maliens aimaient (ce n’est plus le cas aujourd’hui) dire pour clamer leur amour pour ATT (celui-là même qui a été chassé du pouvoir par un coup d’ état  le 22  mars, et que la rue malienne accuse d’avoir vendu le pays à son insu) : « ATT en bè sa i nofè » (ATT nous mourons pour toi !) Je ne dis pas je mourais « pour vous » mais « après vous », en remplaçant le n de nofè par un K, cela  donne kofè qui veut dire après.

La classe dit : « Hé madame » et je réponds : « Mais pour que je meurs pour vous il faut que vous mouriez d’abord, donc « aw bè sa » (vous mourrez) et je vous suis ensuite « né bé sa aw kofè » ».

En français, le premier chapitre porte sur l’étude du nom. C’est ma leçon préférée et je sais que même les élèves apprécient beaucoup ce cours. Surtout quand nous étudions le genre du nom.  Je commence  par  donner  la règle principale pour obtenir le féminin des noms. Ensuite on en arrive aux cas particuliers : à ce niveau, je me contente de donner la règle pour former le féminin en se basant sur la terminaison du nom au masculin et je leur dit de donner des exemples qui vont avec la règle.  Un élève-maître m’a donné un exemple que je n’ai pu oublier : un mari au féminin ? une Marie.

Quand le nom est terminé par an, en, et on, on double la dernière consonne et on ajoute e. Il n’y pas eu que des exemples drôles, mais quand même j’ai eu à écrire au tableau : un an féminin une année. Quand j’en arrivai aux noms terminés par eau au masculin – qui faisaient leurs féminins en elle – le premier exemple que j’ai eu c’est un chapeau/une chapelle.

Après le Paris-dakar, le festival au desert s’exile…

EssakaneLutter pour le développement des régions du nord au Mali ?

C’est le slogan de certains. On peut non seulement émettre des doutes mais aussi  repousser cette affirmation d’un revers de la main car il serait facilement possible de démontrer le contraire. La rébellion  n’a fait que mettre l’économie balbutiante des régions (qui seraient leur berceau historique) à l’eau.  L’exemple, non la preuve c’est le secteur du tourisme (quel touriste irait dans ces région se faire enlever et vivre le martyr pendant des  mois  et enrichir ces bandits de grands chemin si nous oublions les conséquences sur  sa santé physique et mentale de la détention ?) et de l’artisanat local dans lequel excelle  justement les touaregs ?

Au titre des victimes dès la rébellion, je pourrais également citer le rallye Paris –Dakar qui a été obligé de quitter le contient africaine  pour survivre et quittant les sables fins de l’Aïr et du Sahara pour se retrouver  en Amérique Latine.

Le Dakar était une fête …

La petite histoire parle d’une mésaventure de Thierry Sabine qui se perd à moto lors du rallye Abidjan-Nice dans le désert de Libye en 1977 qui conçoit et réalise un course qui prend son départ de l’Europe qui traverse le désert qui l’a éblouit par sa beauté. Son crédo était « Un défi pour ceux qui partent. Du rêve pour ceux qui restent. ». La première course  prend son départ au Trocadéro le 26 Décembre 1978. Une course médiatisé et célèbre qui a le renom d’être des plus difficile mais si attirante, passant par des villes mythiques et historiques,  et un environnement envoutant qui fait oublier la modernité de l’occident « Le désert, la nuit, c’est toujours impressionnant. Tu n’entends rien, le vide absolu » dit Stéphane Peter Hansel (détenteur de  de neuf victoires au Dakar. Après six victoires à moto, il domine avec la même maîtrise l’épreuve sur quatre roues). Le tracé original explore plusieurs pays l’Algérie, la Libye, Mali, Niger, Burkina Faso, Espagne, Mauritanie, Maroc, Egypte, Sénégal, Tchad, Cote d’Ivoire, Guinée, Cameroun, Gabon, Namibie, Sierra Léone, Tunisie en 30 éditions sur le contient.  C’est en 2009 que le Dakar quitte le vieux continent après l’annulation de l’édition de 2008.

 Mais tellement de victimes…

Le succès du Rallye fut grand mais le nombre des victimes est impressionnant parmi les victimes , des enfants fauchés dans leur villages, des spectateurs mais aussi des participants , en 1986, le créateur de la course Thierry sabine y décède  en compagne du chanteur  français Daniel Balavoine, dans un accident d’hélicoptère.

Certains ont décrié l’impact négatif du Dakar sur l’environnement, les victimes de certains pays se sont même réunies en association, mais  « ce mal n’est -il pas nécessaire ? »

Après le Dakar, c’est le tour du festival au désert  d’ESSAKANE de s’ exiler

Si depuis 2009 le Dakar s’est réfugié sur un autre continent c’est le du festival d’Essakane de prendre la poudre d’escampette. Ce festival je peux le définir comme un produit purement touareg si je voulais rentrer dans leur (celui des mauvaises langues et des « ethnocentristes ») jeux . De la ville (Esssakane, pas très grande ni très habitée , mais il y a les dunes de sable à perte de vue, cela suffit à la magie!) dans laquelle elle est organisée aux organisateurs, sans y ajouter les festivaliers qui viennent de part le monde. Pour Moi, Essakane est un évènement culturel qui réunit des artistes dans le cadre féerique des dunes de sables aux environs de Tombouctou, juste !

La dernière édition s’est tenu à Tombouctou, elle a été fortement médiatisé et même politisée avec la présence du Premier ministre de l’époque  Mme Sidibé Mariam Kaïdama  accompagné d’autres ministres et surveillés comme du lait sur le feux par des hommes de sécurité musclés au regards masqués par des verres fumés.

Je me souviens y être partie sans grand entrain et j’étais loin de m’imaginer que les menaces de cette rébellion pourraient un jour me bouter hors de ma ville natale (je ne suis pas la poliomyélite que je sache quand même !). Des souvenirs je sais y avoir vu Bono (avec mes propres yeux, je ne l’ai pas reconnu car ne le connaissant pas) mais sincèrement je ne sais pas qui sais musicalement (mais il parait que c’est un grand chez les blancs).

Essakane 2013 est déjà en route, on peut, s’y inscrire sur le site officiel http://www.festival-au-desert.org. Il a été transformé en des caravanes entre l’Algérie, la Mauritanie le Burkina Faso et le Niger en passant par le Mali car il  va épouser le festival sur le Niger selon le chronogramme. Comme les populations, les Directions régionales, les fonctionnaires, les élèves, le festival au désert aussi erre… et préfère s’ « exiler »

Festival au desert

 Il y a-t-il du politique (je ne veux pas dire du rebelle) là aussi ?

En tout cas « attendre n’est pas un poids…!