Lettre ouverte d’une malienne à François Hollande

Soldats français devant l’aéroport de Tombouctou, le 28 janvier 2013.REUTERS/Arnaud Roine/ECPAD/Handout
Soldats français devant l’aéroport de Tombouctou, le 28 janvier 2013.
REUTERS/Arnaud Roine/ECPAD/Handout

 

Mes amis mondoblogueurs, notamment Serge et celui que j’appelle Kaïno, Aphtal , vont se poser des questions sur cette manie que j’ai d’écrire des lettres et surtout à mes adresser à des présidents (sauf celle adressé à Sanogo , mais bon ! celle là n’était pas de moi et que ne ferrai Sanogo pour ce titre !) Hannah ma grande amie, ne sera pas surprise et d’ailleurs, elle me comprend toujours.
D’ailleurs, je suis sure que beaucoup de maliens ont envie de chanter, clamer, slamer –j’ai envie d’écrire poétiser – pour dire écrire un poème pour François Hollande, d’ailleurs mon petit frère l’a fait !- quand ils ne donnent pas son nom à leur enfant ! Je répondrai simplement qu’il n’y a jamais deux sans trois… et la troisième (lettre) vient à point nommée : elle est adressé au nouveau héros des maliens, François Hollande.

Il y a un proverbe sonrai qui dit : « si le pied ne part pas, ma main ne viendra pas… donc me voici en pleine opération de dissection des cœurs –même si je ne suis pas chirurgienne – de maliens pour cette même France que nous – les maliens- détestions il y a si peu.

Monsieur le président

Je vous écris cette lettre en ayant comme aimerais le faire chaque malien pour vous dire merci.

Merci d’avoir prêté oreille non seulement à l’appel du président de mon pays Dioncounda Traoré.
L’intervention de l’armée française aussitôt qu’elle a appris l’envahissement de la ville de Konna par les troupes des terroristes qui osent prendre le pseudonyme de Djihadistes nous a atteint en plein cœur –si je veux parler le français de Bamako- pas comme un coup d’épée asséné par un traître.

Plus aucun malien ne voit plus en la France l’ancien colon qui n’a pas hésité à détruire Kadhafi et à donner des armes aux Touaregs belliqueux pour qu’ils viennent s’en prendre à l’intégrité territoriale même du Mali. Ces derniers n’ont pas hésité à s’allier à des groupes armés qui désirent aussi garder le contrôle du désert pour que prospère leurs trafics. D’ailleurs plus d’un malien a prié pour que vous gagniez les élections qui vous opposait à Sarkozy que nous voyons ici comme le diable en complet trois pièce.

Je ne saurai dire tous les noms d’oiseaux pour qualifier les français, mais plutôt ceux que seuls les griots de mon pays savent trouver pour designer ceux qui ont su rentrer dans l’histoire à travers leur actes de bravoure.

Je ne sais pas si vous le saviez, mais désormais vous êtes un héros pour les maliens, autant que l’est Soundiata Keita- le créateur de l’empire du Mali, Kankan Moussa qui donna une renommée internationale au Mali encore Sonny Aliber le prince songhaï.

Ressortissante de la région de Tombouctou, je ne peux exprimer ce que sentis le 31 avril 2012 quand les terroristes (je ne peux pas utiliser un autre mot) sont entrés à Tombouctou après plus de deux heures de tirs inutiles qui devaient juste mener notre peur à son paroxysme. Et personne pour nous défendre ! De rage ?de l’impuissance ?de la peur ?mais de la détermination aussi : la vie continue.

Les habitants des régions occupées du Mali en ont vu de toutes les couleurs et de tout genre avec ces sauvages qui n’hésitent pas à fouetter -pour mauvais port de voile, pour avoir écouté la musique, regardé une femme de trop ou lui avoir seulement adressé la parole-à emprisonner, à ôter des vies au nom d’une charia que nous ne reconnaissons plus car de confession musulmane. Certains ont pris le chemin de l’exil vers le sud ou d’autres pays voisins, mais chacun garde en lui l’espoir de voir cette situation se dénouer.

Si c’est vous qui mettez fin à toutes les souffrances de ce peuple dispersé, monsieur le président, je vous assure que vous allez surpasser Chirac en popularité à Tombouctou, si une dune porte son nom, vous risquez d’avoir en plus des bénédictions un monument à la place de celle de la flamme de la paix. C’est le plus grand monument de la ville des trois cent trente-trois saints.

Les raisons pour lesquels, vous, votre pays a volé à notre secours ne me préoccupent pas, l’essentiel est la pérennisation de l’existence de mon pays. Bien sûr, au fond je suis un peu honteuse, je ne sais pas si c’est le cas pour mes autres compatriotes, comme ce petit oiseau qui voulut prendre son envol, ne réussit point et revint quémander une ration avec sa maman, mais c’est la vie !il faut du temps au temps

Et la vie continue… elle doit continuer.

Monsieur le président, je vous souhaite longue vie.

Que la lance des ennemis ne vous atteint point.

Que la clémence du Seigneur te soit réservée, à toi et à toute ta famille

Que Dieu de protège de toutes les maladies –c’est la première ennemi de l’homme dit-on en Afrique-

Que Dieu vous préserve encore… et encore.

Ça bouge à Bamako

Forces vives ou virevoltantes (Crédit photo : Faty)
Forces vives ou virevoltantes (Crédit photo : Faty)

Ça bouge à Bamako… et de quelle manière !

Dès sept heures du matin, mercredi 9 janvier, lorsque j’enfourchais ma Djakarta, je me doutais que quelque chose se tramait : il y avait un embouteillage monstre et traverser la ville m’a pris plus de temps que d’habitude. Cette fois-ci, je décidais de ne pas emprunter la voie passant devant l’hôtel de l’amitié, préférant celle du boulevard – ou c’est une avenue ? je ne sais plus – en passant devant l’Ensup, l’Ecole normale supérieure de Bamako.

Vers 7h20, une grande sono jouait une chanson en bambara ayant pour thème le Mali.  Devant le monument de l’Indépendance et piétinant les pauvres fleurs et autres arbustes décoratifs, des  jeunes hommes arborant aux cous des  bouts de tissus verts et jaunes patientaient. Comme il me faut avancer et continuer de rouler, je n’eu pas le temps de penser au sens de ces couleurs. « Encore des empêcheurs d’avancer », pensais-je en secouant la tête.  J’ai tranquillement continué mon chemin jusqu’à mon institut à Missira.

Je suis entrée en classe comme d’habitude, faisant recopier à mes élèves la partie restante de la leçon de grammaire sur l’article que je leur avais déjà expliqué. Nous en étions encore à ce recopiage, quand un premier coup de feu retentit !  Je ne peux le confondre avec le bruit que fait une pneu qui éclate comme on en entend à longueur de journée (notre école est au flan du marché  de Médine et le bruit nous entoure). Ni moi, ni mes élèves n’eurent de doutes – car nous connaissons le son émis par les armes depuis le 30 mars – et  j’eus à peine le temps de plaisanter : « Ayewa , Mujao est entré à Bamako« , quand le second retentit et là direction la porte. « S’il y a danger, il ne faut pas courir de risque inopiné », pense surement chacun !

A peine dehors, nous entendîmes et virent les enfants des deux écoles qui nous entourent sortir effrayés de leur classes et de leurs cours comme des diables de leurs boîtes, complètement paniqués, sous les coups de sifflets des jeunes gens qui sont de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). J’ai même envie de les appeler des badauds car ils en ont l’air, les regards hagards et les voix rauques, les lèvres sèches et blanchies par le vent frais du matin certainement…

– Les enfants qu’est-ce qu’il y a ? »

Grèvou kelaou dedo ! (Ce sont les grèveurs !), répond un enfant en achetant un sachet d’eau avec le gardien.

En fait, les enfants appellent « grêveurs » les membres du comité directeur de l’AEEM qui ont l’habitude de venir les faire sortir de classe pour les obliger à participer aux marches. Ils en ont une sainte peur. Quand ils envahissent les écoles primaires, les enfants ont pour ordre – de leurs parents et des enseignants – de chercher à rentrer rapidement à la maison, car ce sont des bandits qui pourront leur faire du mal.

Voyant un élève venir de la porte avec un regard  bizarre, je lui demande ce qui se passe et d’où viennent les coups de feu.

« Ce sont deux hommes qui étaient dans deux 4×4 qui tiraient en l’air en passant, madame, il faut partir rapidement à la maison, le pays est mauvais aujourd’hui », m’explique-t-il en bambara.

J’avais peur c’est vrai, mais il me fallait tirer cette affaire au clair. Je restais sur place, devant les classe, à  demander aux élèves ce qui se passait, tout en voyant le secrétaire général du comité AEEM de mon établissement avoir une discussion houleuse avec les envahisseurs (c’est le mot qui leur va le mieux je crois).

A un mètre de moi, un élève de première année, voulut protester en disant en bambara : « Nous ne pouvons pas sortir comme ça, vous allez d’abord nous dire ce qu’il y a ! » Il se retrouva balayé d’un coup de pied et mordit la poussière rouge.  C’est allé vite, mais je compris que c’étaient les « badauds » de l’AEEM qui, énervés par ses propos, ont fini par lui donner une leçon dont ils ont le secret : la violence !

Ils se dirigèrent en direction de l’école, suivi des  élèves et de certains enfants curieux en se criant dessus. « Vous êtes membres de l’AEEM et quand l’AEEM dit de sortir, vous sortez, pas besoin de papier ou autre chose ! »  Comprenant qu’il faisait prendre des risques inutiles à ses camarades, le Général – c’est ainsi qu’ils appellent le secrétaire général entre eux – donna un grand coup de sifflet qui soulagea chacun. Ces gens sont capables de nous lapider en direct.

Les  voyant réunir les élèves pour leur parler, je confiais mon appareil photo à un élève pour qu’il me filme scène, curieuse d’entendre les raisons de tels agissements.

– Ils disent qu’ils mettent les élèves dans la rue pour faire comprendre la position de l’AEEM , qui ne va plus être  victime des hommes politiques. Ils veulent faire pression sur le pouvoir, et que les années scolaires vont finir par être blanches. Ils disent qu’ils veulent dire cela sur la place de l’Indépendance où se tient la manifestation des gens du COPAM, de IBK 2012 et de leurs acolytes qui demandent la démission du président de la république et exigent la tenue des concertations nationales dès demain, m’expliqua-t-on en guise de résumé

Héhé , mais l’AEEM  a grandi. Telle fut ma réponse.

Comme j’ai appris qu’il y avait une manifestation la place de l’Indépendance, je décidais de m’y rendre , mais comme le pays est chaud, je demandais à un autre élève de conduire ma moto (il est dans le même quartier que moi et n’est pas casse-cou). « Quelques photos  ne feraient pas de mal à mon article », pensais-je en cours de route.

A la descente de l’échangeur de Darsalam, la route était barrée par la police anti-émeute qui nous obligea à emprunter un sens interdit, mais nous descendîmes de la moto pour nous diriger vers le grand monument qui domine la place. C’était noir de monde, et en s’approchant, on se rendit compte que c’était noir d’enfants. De nombreux collégiens et lycéens étaient là, et quelle confusion ! D’un côté, certains debout sur des estrades lançaient les slogans de l’association des élèves et étudiants du Mali, comme un dialogue : « A bas le népotisme ! »,  » A bas la corruption ! », « A bas les ennemis de l’école malienne ! »… Je pris quelques photos.

De l’autre coté, ceux que j’avais dépassé ce matin continuaient à jouer de la musique, ponctuée par les déclarations d’un DJ fortement engagé : « Nous demandons les journées de concertations nationales pour permettre au Mali de sortir de la confusion politique ».

Pendant que certains dansent, d’autres se pourchassent, continuant à jouer. Au beau milieu de cette agitation, je croise trois filles tenant une banderole. Après l’avoir lu, je  leur demande de me laisser prendre une photo. « Pas de problème Madame ». Je chassais au passage un garçon qui voulait prendre la pose.

La présence policière était impressionnante : la place était encerclée et les agents impassibles. La venue d’autres policiers concorda avec ma décision de quitter les lieux (on ne sait jamais, jamais !) Tout peut arriver dans la vie, chante Ladji Kolossi (un chanteur reggae malien décédé, très philosophe même si on ne le prenait pas au sérieux). Et comme moi, certains enfants eurent peur et une dizaine se précipita vers une rue à côté. Nous nous fîmes haler par un homme arborant un bout de tissu bicolore que j’avais remarqué le matin.

« Il ne faut pas partir, ils ne vont pas vous faire du mal, vous êtes des idiots ou quoi ? »

Comme il était proche de moi, je ne prêtais pas attention au doux nom qu’il avait utilisé pour nous désigner, à l’affut de renseignement :

 – Monsieur, c’est l’AEEM qui a organisé cette manifestation ?

– Non, pas seulement l’AEEM, il y a ici toutes les forces vives de la nation malienne.

– Pourquoi êtes-vous là ?

– Nous voulons réclamer l’organisation des journées de concertations nationales et aussi encourager l’armée malienne pour la défense de la souveraineté de notre pays.

– Et la démission du président ?

Il ne répondit par et parti vers deux garçons dressés comme des armoires à glace, musculature oblige : « Il faut les empêcher de partir. »

Une heure plus tard j’étais chez moi, assise en face de mon ordi, pressée de publier ce billet.

En bonus les photos qui parlent.

http://www.vuvox.com/presentations/064629fcf6.swf

Fin du repli stratégique

En-avant crie nos cœurs
Enfin, debout!

«  Fatim, on dirait que les choses sérieuses vont commencer »

Ce sont, ces propos venant d’un collègue ressortissant de Tombouctou comme moi et partageant les mêmes sentiments que moi, qui m’ont mis la puce à l’oreille.  Comment ?

«  Il semble que nos gens (il  veut parler des militaires)  ont enfin décidé de relever le défi que les salafistes leur ont lancé depuis avril. » me réplique –t-il.

Les salafistes fatigués d’attendre l’armée dans le désert a décidé de venir les titiller jusque dans leur dernier  bastion (c’est un terme qu’affectionnent les militaires), plus précisément vers de Konna  (à 77 Km de Mopti) qui serait la frontière du Mali avec les zones occupées.

L’alerte de cette offensive a été donnée dans la semaine dernière par la remise de leur plate-forme politique à Ouagadougou (chez Blaise Compaoré pour parler terre à terre) avec pour point culminant l’exigence de l’application de la Charia sur l’ensemble du territoire malien et son inscription dans la constitution comme loi suprême.  Le Vendredi 4 l’animateur Kader Khalil de la radio Bouctou de Tombouctou lit un communiqué des alliées d’aqmi (Al-Qaïda au Maghreb Islamique) qui soutiennent qu’Anesardine constate après avoir vu le médiateur de la CEDEAO , le président du Burkina Faso, que le Mali ne veut pas discuter, non négocier avec eux et comme c’est la « guerre que le  veut il l’aura, d’ailleurs , ils vont attaquer et mener leur mission à terme : islamiser tout Mali(je croirais entendre les premiers explorateurs en Afrique).

 

C’est ainsi que dès le samedi 5 janvier plus de 60 véhicules ont traversé au Bac de Tombouctou vers Bambara Maoudé (une bourgade situé à mi-chemin entre les villes de Douentza occupée par  MUJAO et Tombouctou) pour y baser un QG de conquête  du le sud.

La journée du dimanche (plus tous les autres jours d’occupation) leur a certainement servi à élaborer les stratégies militaires et le lundi c’est l’ouverture des hostilités : nouvelle que m’appris mon collègue à travers les termes qui  débutent mon billet.

J’eus un grand baume au cœur en apprenant cela et la première chose qui m’est venue en tête est « c’est bien ; nous verrons si les militaires oseront filer à l’anglaise maintenant qu’ils sont attaqués ».

Cela fait  Neuf mois que nos villes (c’est ainsi que nous le ressentons) Tombouctou et Gao en tout cas (qui sont des villes dont la majorité des habitants sont des songhaïs) et  malgré tous les arguments que nous pouvons développer contre le régionalisme et ethnocentrisme, nous ne pouvions que penser à un abandon de la part du pouvoir malien qui ne fait rien (dans les faits)  pour nous tirer des mains de ces faux envoyés de Dieu.  Les sentiments et le déchirement (il y a de l’humiliation dans d’autres cas, surtout après les cérémonies de fouettées publiques) empêchent de voir la réalité.

« Sincèrement, je me demande si j’arriverai un jour à pardonner cet abandon »  pensais-je avant (je le dit même parfois lorsque je me laisse emporter  par la rage.

Mais toute cette rage a disparue, envolée quand j’appris qu’enfin  il y a des combats   « ce n’est pas seulement son affront que l’armée doit laver, c’est celui du Mali entier qui a été touché dans sa fierté. Il est difficile pour un malien de prendre cet air suffisant dont il a coutume face aux autres de la sous-région  pour parler de son passé si riche de guerriers, de rois au nom connu au-delà des océans, chanté par les griottes pour leur descendants qui  aiment se pavaner habillés de Bazin (dits) riches teintés avec art et fortement amidonnés.

« Je veux la guerre pour avoir la paix, pour pouvoir voir ma maman tous les jours, dire bonjour à mon père, lui donner ses lunettes quand il s’apprête à sortir, discuter avec lui après le journal télévisé de l’ORTM (office de radio Télévisé du Mali) plaisanter avec lui et partir de la maison à dix minutes de la rentrée des classes et être à l’heure ».

Ce sont des trains de vies (sans oublier les vies mêmes) sont victimes de cette occupation.

« Je veux Tombouctou, comme il était le 30 mars, armée malienne rendez-la moi, c’est votre mission ! ».

Ces propos viennent de mon cœur, de mon âme, de mon esprit, de mes entrailles, de chaque cellule de mon corps.

De Bamako, il est difficile d’avoir des informations crédibles sur ce qui se passe à la frontière qui fractionne le Mali en deux : quand RFI annonce que les rebelles serait à 15km de Konna, les sources maliennes (proches de militaires, pas de l’armée, nuance !) disent que l’armée aurait fait des prisonniers et aurait brulé plusieurs voitures des rebelles qu’ils sont en train de poursuivre vers Douentza.

Un communiqué est l’armée est venu mettre fin au rumeur concernant les pertes subies par l’armée

Communiqué du ministre de la Défense sur la situation au Nord

Le ministre de la défense et des anciens combattants informe l’opinion nationale et internationale que dans l’après midi du lundi 07 janvier 2013, des terroristes et islamistes armés d’Al Qaïda au Maghreb islamique, d’Ansar Eddine et du MUJAO ont tenté un mouvement de force sur les positions avancées des forces armées et de sécurité maliennes aux alentours de la localité de Konna dans le cercle de Douentza.
Les forces armées et de sécurité maliennes ont repoussé cette tentative d’attaque. Contrairement à certaines allégations diffusées, tous les effectifs des forces armées et de sécurité sont au grand complet sur la ligne de front et n’ont subi aucun dommage. A ce jour nos forces tiennent fermement leurs positions.

Le ministre de la défense et des anciens combattants salue le comportement patriotique de nos soldats et les exhorte à poursuivre la mission.

Le ministre appelle les populations à garder leur calme tout en les invitant de continuer à apporter leur soutien indéfectible aux forces armées et de sécurité du Mali.

Plutôt la mort que la honte.

Bamako, le 08 janvier 2013

Pour le ministre et par ordre

Le Conseiller à la communication

Lieutenant-colonel Diarran Koné

Mon avis ? «  Quand un chat fait chavirer une pirogue, ce n’est certainement pas à cause de son poids »  dit un proverbe songhaï, alors attendons un peu et nous en auront cœur net, les choses ne pourront que se dénouer !

 

Top 7 des femmes de 2012

Ce billet, je l’ai un peu peaufiné, usant de la recherche Google pour chercher les  renseignements sur les femmes que j’ai choisi de vous présenter. Il s’agit du top 7 des femmes qui  ont marqué l’année 2012, et de quelle manière !

Angela Merkel: Queen of Europe par dullhunk via Flickr, CC
Angela Merkel: Queen of Europe par dullhunk via Flickr, CC
  • Top 1 :  Angela Merckel

Quelle maitresse dans l’art du maniement du pouvoir ! Chancelière de l’Allemagne depuis 2005 et personnage le plus aimé des Allemands, elle est partie pour se faire réélire par son peuple (et moi et l’Europe et le monde !). Car Angela est une dame de fer qui tient toute l’Europe d’une poigne ferme, empêchant à la Grèce de quitter la zone euro, obligeant la France à respecter les accords et à adopter une politique d’austérité pour que le bateau nommé Europe continue à flotter malgré les difficultés. Cette année et pour la sixième fois, elle a été élu « femme la plus puissante du monde » par le magazine américaine Forbes.

  •  Top 2 : Michelle Obama

Je lui aurai volontiers donné la première place si mes critères étaient subjectifs car il faut le savoir, si j’admire Barack Obama, mais sa femme,  elle, je l’adore. Angela Merkel est cependant d’un autre calibre, il faut le reconnaitre. Michelle déborde de luminosité et la première place lui reviendrait de droit après le lourd travail qu’elle a abattu pour faire réélire son mari (si facilement) pour son deuxième mandat. Il ne faut pas oublier toute la machine électorale monstrueuse – je ne veux pas dire vilaine, l’adjectif est relatif à l’ampleur du mouvement comprenez-moi – que Obama avait mis en place, mais je pense que ses déclarations lors de sa victoire sont une référence.

Ce ne sont pas seulement les États-Unis, mais le monde entier qui est amoureux de cette femme. Et en plus de son élégance, cette ancienne avocate d’affaire a aussi un autre atout de taille : deux jolies filles, une qualité qu’on apprécie en Afrique. « Telle  mère, telle fille »

  • Top 3 : Valérie Trierweiler

Une première dame des plus particulière, journaliste de formation, qui  tient son rang  et ne s’est gênée pour assener un grand coup – que je qualifierais même de royal – à  celle qui apparait comme sa « rivale », la mère des quatre enfants du président français, Ségolène Royal, par un tweet célèbre… En sapant sa campagne pendant les municipales, elle a contribué à la défaite de Ségolène Royale…

Valérie Trierweiler n’a pas froid aux yeux et elle a été, à mon avis, une des femmes de l’année au même titre que son compagnon, dont elle a su se démarquer en faisant tout pour ne pas être une première dame « normale »…  Elle a défrayé les chroniques  et fait la une des hebdos  français tout au long de l’année 2012, et dernièrement on a évoqué sa présence à un futur mariage gay. Peut-être que beaucoup de femmes africaines ne la reconnaitront pas mais personnellement, la seule première dame que je reconnaisse à la télé est la femme de  Blaise Compaoré  par sa coiffure si particulière. Elle aurait eu une place dans ce classement si cela concernait les coiffures particulières de premières dames. Ce n’est pas le sujet du jour  alors pardon Tanti Chantal Compaoré !

  • Top 4 : Rihanna

Je ne suis pas un grand fan du genre musical de cette jeune chanteuse née à la Barbade (j’allais dire les Bermudes) dotée d’une grande beauté en plus de son élégance. Si nous y ajoutons son talent, sa voix, son succès, on comprend  sa place au pied de ce podium. (Je ne parle pas de ses talents d’actrice car je n’ai regardé aucun de ses films et je crois que les critiques ne lui sont pas favorables).

Je me plains chaque fois des Chinois qui ont vulgarisé le téléphone portable, qui apparait désormais pour certains Africains (moi compris, je ne veux pas dire malien) comme un poste radio accommodable : avec ces téléphones si peu chers, non seulement tu écoutes de la musique tout le temps, mais également ta FM préférée partout.

C’est ainsi qu’un étranger à Bamako verrait les femmes partir au marché avec des oreillettes : c’est pour écouter leur baaroni (petite discussion en bamanankan du théâtre radiophonique en réalité). Il croiserait aussi des petits adolescents qui adorent écouter leur vomi de rap – qu’ils appellent clash – puant d’insultes. Ceux qui écoutent Rihanna en passant sont ainsi très nombreux (surtout ces copieurs de rappeurs américains qui ont une démarche bizarre à cause des pantalons qui sont au ras des fesses, garçons et filles s’il vous plait !). Une petite recherche sur la jolie dame pour voir la réalité : c’est la star du showbiz par excellence et elle se débrouille bien pour faire parler d’elle.  Elle a une belle voix et sa musique est loin d’être mauvaise (tant pis pour moi si je lui préfère Michael Kiwanuka et sa belle chanson Home Again  dont je ne me lasse pas)

  • Top 5 : Elisabeth II

La reine d’Angleterre mérite un grand applaudissement. Pas parce qu’elle est dans ce top, mais parce qu’elle risque d’être dans tous les tops et sera certainement parmi les femmes du siècle. Elle a vu tout passer et elle garde un flegme et une aisance indéfinissable, et quelle beauté aussi !

Certains vont se demander si la beauté n’est pas un critère d’adhésion à mon classement, mais il faut reconnaitre le charisme exceptionnel de cette grande dame qui a fêté son 60ème anniversaire de règne en 2012. Oh que j’aime cette dame et que j’ai aimé les cérémonies autour de cette commémoration qui a eu lieu en 2012….

  • Top 6 : Audrey Pulvar

 Je ne sais pas si les Africaines la connaissent beaucoup, en tout cas-moi si ! Je regardais cérémonieusement et spécialement  l’émission On n’est pas couché  de Laurent Ruquier (qui a l’humour un peu caustique à mon avis) pour son franc-parler et son militantisme irréductible. Selon moi, elle ne fait pas ses 40 ans et c’est ce n’est pas ce qu’on appellerait un bout de femme (comme la reine d’Angleterre) car sa grande de taille est à la hauteur de son caractère.

Audrey Pulvar est une femme admirable et elle s’est bien débrouillée en 2012 :  remerciée par Ruquier – et remplacé par un homme que je ne connais pas car je ne regarde plus l’émission – elle a pris la direction de l’hebdomadaire culturel les Inrockuptibles (d’où le changement de sa coiffure plus rock-and-roll) dont elle n’a pas hésité à démissionner d’ailleurs. Elle a également rompu avec son compagnon Arnaud de Montebourg (ministre du gouvernement Hollande hein !) via un SMS envoyé à l’Agence France Presse, tout cela dans la seule et même année : 2012. Donc sa place dans ce classement lui sied à merveille. Il y a peu de femmes capables de telles prouesses non ? En plus vous avez vu ses lunettes ?

  • Top 7 : Diam’s

QUI ? Oui Diam’s ! Elle occupe la dernière place mais je tenais à ce qu’elle y figure tant mon admiration est grande pour cette jeune femme qui avait su s’imposer dans un domaine purement masculin (le rap) avec une hargne et un talent inégalable (à mon avis hein ! cela n’engage que moi).

Elle avait une telle manière de broyer les mots pour rendre son message limpide  (en tout cas à ceux qui voudront bien l’écouter). Elle est dans ce classement surtout parce qu’elle a su fixer mon attention sur elle à travers les changements qu’elle a apporté à sa vie en 2012, et qu’elle assume jusqu’ici avec courage. Oui en 2012 Diam’ s a embrassé la religion musulmane,  s’éloignant du showbiz et portant  le voile intégrale et pour ça vraiment BRAVO !