Tombouctou, la liberté retrouvée !

plus de "charia"pour punir
Plus de « charia »pour punir

Ce titre n’est point consécutf à la  reprise de la Ville des 333 saints par les armées française et malienne, mais ce sont les témoignages que j’ai recueilli de personnes proches ayant quitté Tombouctou seulement la semaine passée. Il y a entre autres, ma petite sœur cadette, ce n’est pas pour vous raconter ma vie, mais elle est arrivée avec une cousine pour assister à un mariage à Bamako.  Ce mariage constituerait un billet à part si j’avais le temps de le rédiger. Vous avez dû remarquer  mon silence depuis deux semaines, si vous suivez mon blog: organiser un mariage à Bamako selon les traditions songhoi n’est pas facile. Je suis même un peu honteuse d’avoir un peu déserté mes classes, car j’ ai  tellement chômé- c’est ainsi qu’on dit au Mali pour parler des absences délibérées du travail- combien de tours au marché?que de choses achetées ! Cela va des ustensiles de cuisine aux habits en passant par les babioles pour décorer.

« Nous avions tort de  rester avec ces gens- à Tombouctou ! Nous les voyons partir et venir, on se disait qu’ils allaient partir comme ils sont venus, mais non, ils ont mis des bombes et des mines dans les lieux stratégiques de la ville notamment à la grande mosquée. Heureusement que c’est une ville bénite et c’est seulement la pluie des deux jours qui ont suivi la fin de l’occupation qui nous  a sauvé car elle a empêché à leur bombes de sauter » me confie-t-elle. En jetant son foulard par terre.

Je lui fis remarquer qu’elle venait d’une zone où le port du voile intégrale était obligatoire et qu’elle l’a porté pendant neuf mois comme un enfant.

« Wodi dassé na yer fara’nda ga ,» me répondit –elle en sonrai. Pour faire le traducteur : «  C’est pour ça que nous en sommes fatiguées, il faut que l’air  touche nos peaux aussi maintenant ». Je vous fais remarquer qu’aucune de ces tombouctiennes ne porte de boukha, ni  le voile des femmes arabes du désert qu’Anesardine avait rendu obligatoire  et qui, à mon avis démontre le côté ethnique et les velléités de faire dominer la culture arabe. Bien sûr,  il y a d’autres  preuves, comme la manière que je qualifierai de bizarre qu’avait leur « justice islamique » de rendre ses jugements  étaient fonction de la couleur de la peau. Mais, mon blog ne sera point la tribune de la séparation entre les races qui peuplent Tombouctou et qui conforte son coté mystérieux.

Bon il faut reconnaître  que les jeunes filles s’habillaient à la  mode bamakoise, habits courts, pantalons plaqués, têtes fortement chargées de perruques ou d’ajouts de faux cheveux. Le canal de Kadhafi (oui lui-même!) avait été transformé en plage. A la descente des cours du soir nombreuses etaient les adolescents (filles et garçons) qui y allaient en  traversant le camp des gardes qui se trouve juste derrière le second cycle Essayouti, qui fait lui-même face à la grande mosquée (que les sardines -que dis-je, anesardine – voulaient dynamiter).

La religion n’a point dit de sanctionner une personne noire de peau et de ne prendre que de l’argent pour compenser la faute commise par celui qui est plutôt rouge – c’est aussi un terme malien  pour dire blanc et je le préfère je ne le vous cache pas. Ce n’est pas une fuite en avant mais j’évite ce que je n’aime pas !  un proverbe djerma qui di-il pas « Konou konou daye ma morou hari? Si tu ne veux pas être nu, tu ferais mieux d’éviter d’être au bord de l’eau » – mais il ne faut pas que je me perde dans une discussion inutile. Ces pseudo-djihadistes devaient avoir un autre livre –malsain n cette fois-ci!- différent du saint coran. L’islam n’était que prétexte et les femmes des proies faciles.

Une semaine avant l’arrivée triomphale de Hollande à Tombouctou, la ville était plongée dans le noir  et sans réseaux téléphoniques. Plus de coup de fil quotidien avec mes parents qui y sont. L’inquiétude me rongeait car mes deux parents y sont et non moins loin d’un de leur QG. Les islamistes étaient passés à une vitesse  supérieure en sabotant les antennes d’orange et de Malitel. Plus d’électricité  du tout – avant le courant venait vers vingt-heures pour être coupé à minuit précisément, et je me rappelle etre obligée d’attendre  plus de vingt heures de temps pour finir un travail avec internet.
les arrivants de Tombouctou m’apprirent que les djihadistes avaient dit aux hommes à la mosquée que les « amusements » -c’est-à-dire le fouet -était terminé : toute personne qui ose enfreindre leur charia sera directement tuée quelle que soit la faute qu’elle commettra (voile multicolore, transparent, parfumé, pantalon trop long, écouter de la musique, ajout aux cheveux -je les ai vu fouetter une fille  parce qu’un homme lui avait dit bonjour !).  Dorénavant la sanction est la peine de mort directe.  Ils affirment avoir remarqué l’insolence particulière des femmes de Tombouctou- j’espère qu’ils n’ont pas lu mon blog pour reprocher mon humour à toutes les femmes de Tombouctou quand même!- mais je sais quand même qu’elles –et moi- se sont beaucoup moquées des hommes quand ils se promenaient en pantalon manche courte sur ordre des salafistes et surtout que les femmes Bella  ne se sont pas laissée faire. Elles ont continué à porter leurs habits traditionnels malgré les coups de fouets et leur révolte d’un jour a fait le tour du net.

Les femmes de cette ville historique sont certainement les plus libres, et les plus chouchoutées du Mali. Quand la femme du sud se lève aux aurores pour s’atteler soit au commerce, soit aux travaux champêtres, les femmes de Tombouctou se lèvent tranquillement, prennent le temps de donner le petit déjeuner à leur mari et faire son thé. le marché de Tombouctou ne prend place qu’à partir de 10 h du matin.

Maintenant la liberté est retrouvée.  Et même mon petit neveu danse lorsque tu lui chantes : MALI ! MALI ! Parfois il ajoute YAYI ! YAYI et tape des mains.

OUF ! La France nous permet de rester maliens.

partout les deux drapeaux tricolores
Partout les deux drapeaux tricolores

Clash CAF

 

can-2013Je ne veux pas qu’on pense que c’est le dépit –de n’avoir que la troisième place avec les aigles du Mali -qui me fait dire une telle chose mais cette Coupe d’Afrique des Nations  est un échec coté arbitrage.

Le nombre des erreurs d’arbitrages auquel nous avons assisté est incroyable ! Et encore plus incroyable le nombre de penalties dont a bénéficié l’équipe National du Ghana les Blacks stars.  Ce n’est pas pour dénigrer cette belle équipe qui a brillamment représenté le continent à la dernière coupe du monde, d’ailleurs je me rappelle encore les sensations par lesquels je suis passée lors que leur match contre l’Uruguay et le penalty raté par Gyan Assamoah pendant la dernière coupe du monde. Et   ce Suarez qui a sorti notre but de la main … non ce n’est pas un clash du Ghana, d’ailleurs je n’ai aucune raison de les clacher, le Mali-mon pays- les a battu par un bon score 3-1 malgré un autre penalty ombrageux de l’arbitre du joueur- mais contre la CAF.

L’arbitrage auquel nous avons assisté est une honte pour le football africain. Que pourrions-nous dire si de telles erreurs sont faites à l’encontre des équipes africaines quand c’est au niveau international ? Le cas Pitriopa est fort édifiant : c’est la victime qui est sanctionnée d’un carton jaune qui l’envoi non seulement aux vestiaires  mais aussi lui coupe toute espoir de jouer la finale –si jamais son pays arrive à se qualifier- que l’arbitre se permette cela en demi-finale c’est fantasque- je veux dire aberrant en fait, j’ai même eu peur qu’il siffle un penalty contre le Burkina sur ce coup-là l’arbitre est plus qu’en question, la CAF a réagi  et même agit ! À la bonne heure ! Heureusement les étalons avaient pris assez d’élan pour sauter plus haut que les noirs étoiles, non les Etoiles Noirs du Ghana. Ils méritent d’être en finale. 

Le pire des arbitrages auquel  j’eu assisté pendant cette Can a été je pense bien le match Tunisie-Togo. Ce n’est pas parce que je supportais le Togo de mon petit frère Aphtal contre la Tunisie qui a osé dénoncé l’intervention si bénéfique de la France pour libérer ma ville natale, non mais j’étais sidérée : comment fait cet arbitre-et ses assistants- pour ne voir que les fautes commises- et parfois même pas- sur les tunisiens et toujours tendre la main pour dire « continuez de jouer » quand il s’agit de celles faites sur les joueurs togolais et deux penalties y sont passé ainsi. C’est désolant ! Je suis indignée, j’en écrirai une lettre à Issa Hayatou-mais il ne faudrait pas qu’il emprunte les lunettes de ses arbitres pour la lire- faire des compétitions propres  et transparents –comme s’il s’agissait d’élections, suivez mon regard- est un défi que le continent africain doit relever.

Pour ponctuer mon indignation j’ai des cartons aux couleurs différentes de celles des arbitres. J’attribue un carton noir de tristesse pour ses velléités à enterrer le football africain.  Est-ce parce que c’est la deuxième CAN qu’elle organise en deux ans que la CAF se retrouve avec des arbitres qui méritent d’être expulsés de tout terrain  et à jamais? J’attribue un carton bleu –qui représente l’espoir pour moi – à la sélection du Cap Vert pour sa belle participation. Je leur dis du courage, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Au beau public sud-africain  et leur vuvuzela-qui me donne des maux de tête- je donne un carton violet- c’est ma couleur préférée-. Ils ont été formidables ; ils remportent une autre coupe à leur manière. Les images des tribunes sont toutes belles, même quand elles montrent des personnes en larmes, c’est toujours noble !

Quant à LC2 qui nous propose les images de la coupe d’Afrique sur les télévisions nationales je les informe que leurs commentaristes- je me demande si le mot existe, en tout cas nous les appelons comme ça !- ont un carton jaune  pour une mauvaise expertise. Le clash ne leur est pas destiné mais leurs commentaires et les jugements-surtout quand il ne cesse de réclamer un carton rouge pour des fautes qui n’existaient pas à  l’encontre du défenseur burkinabé Coulibaly  pendant la fameuse demi-finale contre le Ghana, ils appellent les nigérians des nigériens, les burkinabés des burkinabaises. Vraiment la CAN a besoin d’un coup de pinceau après celle-ci! peut être la CAF même.

 Le Football n’est pas qu’une affaire d’hommes.les femmes aussi ont leur mots à dire .

 Né ya fo pian ! « Je l’affirme »  pour traduire du Bamananka.

 Quand le soleil se lève, on ne peut le couvrir avec la pomme de la main, proverbe sonraï.

 

Visite triomphale de François Hollande au Mali

tous crient vive la France! vive Hollande!Le président de la république du Mali Dioncounda Traoré était à la  descente d’avion du président français  dès sept heures du matin. C’est dans cette région qui a subit les assauts de terroristes à Konna et qui a vu la France entrer en guerre pour  non seulement  arrêter leur progression vers la capitale Bamako, mais aussi reprendre le territoire occupé depuis neuf mois.

La seconde étape : Tombouctou, la mystérieuse qui attendait avec ferveur l’arrivé de son sauveur. En effet Tombouctou, certainement à cause de sa renommée de ville islamique, a particulièrement souffert pendant les neuf mois d’occupation : des mausolées et cimetières profanés, manuscrits millénaires brulés,  femmes violées, couples lapidés, mains coupées, ne pouvant même plus exécuter  ses rites religieux.  Tous les habitants de la ville étaient  dans la rue scandant Hollande ! Hollande !à plein poumons et en discontinu.   J’étais à Tombouctou en début novembre et  la ville m’est apparue si déserte !  Les habitants se terraient dans les maisons car la place de la mosquée de Sankoré qui a l’habitude d’accueillir les habitants de la ville pour la Fatiha du Mouloud est noire de monde  et tous les tambours traditionnels sont sortis de leurs caches. Les femmes portent les habits qui étaient interdits de port : des Bazin, des wax, des voiles- transparents cette fois-ci-des talons, bien maquillées, libres de mouvements  si joyeuses.Il a  suffi de 15 jours pour changer le train de leur vie. Il a fallu SERVAL.

La grande mosquée de Tombouctou qui fut profané à travers le mausolée des jumeaux saints a accueilli ses prestigieux hôtes avec  pour guide  l’Imam BEN ESSAYOUTI. Hollande y formua ses vœux pour un rayonnement continu de la ville des trois cent trente-trois saints. Un sourire satisfait reste collé au visage de Dioncounda Traoré qui évoqua encore une fois le grand contraste qu’est l’occupation d’une ville comme Tombouctou  par des Djihadistes  « ça fait onze siècle que cette ville connait l’islam ».

En brulant les manuscrits qui étaient entreposés au CEDRAB, les pseudo-djihadistes ont porté un grand coup au patrimoine culturel de l’humanité, les lieux ont été également visités par la délégation du jour  qui a pu voir l’ampleur des dégâts. Avant de quitter Tombouctou, la mystérieuse, Hollande a  réservé la dernière étape aux troupes –français et maliens- qui ont délivré la ville en leur tenant un discours chaleureux en insistant sur leur mission qui a été salutaire pour les populations qu’ils doivent continuer à protéger.

Enfin sur cap Bamako l’après-midi, les deux présidents –devenus amis certainement- sont à l’aéroport Bamako-Sénou où ils sont accueillis par le premier ministre du Mali Diango Sissoko vers quatorze heures. La visite sera aussi éclair que l’est SERVAL. D’abord un gouter de travail avec les maliens à Koulouba-où se trouve le palais- ensuite le dépôt d’une gerbe de fleur au monument de l’indépendance, enfin une conférence de presse dans la soirée avant de s’envoler vers Paris.

Bien simple ainsi présenté, mais vous êtes loin de vous imaginer la ferveur, l’émotion qui y sont avec  des maliens complètement  sous voués à la France qui n’est plus cet ancien colon qui expulse nos ressortissants dans des charters, armes et soutien les mauvais citoyens qui osent se rebeller –on ne sait même pas pourquoi-non maintenant  la France est un pays Ami et que de pancarte  faites à la va-vite qui lui rendent hommage et que de drapeau François d’autres en ont faits des habits. Ici aussi les mêmes mots : vive Hollande, Vive la France ! –on en oublie le Maliba-

L’équipe de football du Mali joue dans une heure contre l’Afrique du sud dans une heure de temps. Le football est le sport roi  ici, pourtant on s’en moque presque : tout au long du trajet des bamakois en liesse.

Les officiels maliens et un service de l’ordre imposant – le Mali commence à une expérience en la matière il y a eu tellement de marche et de manifestation ces deux dernières années- la foule est si disciplinée que je suis tentée de chercher une autre dénomination – comme la foule est inconsciente et incontrôlée-le centre culturel français qui se trouve juste à un angle du monument est protégée par des buses, mais je trouve cela bien inutile : personne ne pense à gâter ce moment si particulier en les maliens et Hollande.

Des cris annoncent la venue du héros du Jour- et de toujours ?-une longue file de  voitures forme le cortège, Hollande est sorti d’une voiture blanche accompagné d’un grand nombre de gardes-de-corps qui ne purent empêcher aux journalistes et autres paparazzi de l’entourer. Accolades avec Dioncounda, les deux présidents restent main dans la main, saluant la foule d’un même geste. Le premier à livrer son discours est le malien qui se termine sur un vive Tombouctou, vive Bamako vive la France, émouvant !

Le discours de hollande aussi l’a été  qui déclara « nous payons notre dette à votre égard » avoue faire un acte politique important.  Il a ensuite rassuré disant que la France restera le temps qu’il faut pour que le Mali retrouve l’intégrité de tout son territoire.

 

Mali-Afrique du sud, le film de la rencontre, vu du Mali

Quelle journée  pour les maliens!

Après toutes les émotions dues à la visite de François Hollande, les discours de Dioncounda Traoré –qui est en train de se frayer un chemin dans le cœur des maliens, d’ailleurs j’avais la sensation qu’il répondait à la lettre ouverte que je lui avais adressé quand il délivré le message qu’il n’a pu lire à Tombouctou ; heureusement que mon cœur n’est plus à prendre sinon j’en tomberai amoureuse héhé-nous voici au match  opposant notre Maliba au sud-af-pour parler comme Papa Omar Diop –un journaliste sportif malien-

J’espère que nos joueurs sont en symbiose avec nous, aujourd’hui plus que jamais le Mali a besoin d’une victoire. Pas de panafricanisme qui tienne , c’est vrai la cedeao soutient le Mali, oui Zuma-le président de l’Afrique du sud -approuve l’opération SERVAL- il faut que le Mali gagne pour que la joie  touche son paroxysme à Bamako, Sikasso, Koulikoro, Kayes, Mopti, Gao , Tombouctou et même Kidal- pourquoi pas, les gens disent que c’est dans cette région que ce trouvent les rebelles, mais je suis sure que ce sont des maliens qui ne pourront que supporter l’équipe nationale-

Le coup d’envoi est donné une quinzaine de minutes après la retransmission du dépôt de gerbe de François Hollande et Dioncounda Traoré à la place de l’indépendance.

Les deux premières minutes, l’équipe malienne est plutôt fébrile  je trouve qu’elle subit  est mal rentrée dans le match « calmez-vous les gars, nous pouvons gagner » criais-je. Elle n’arrive pas à faire sortir la balle proprement le ballon. Les sud-africains semblent  galvanisés par je ne sais quoi-ont-il  reçu la visite de Madiba ?, me demandais-je, non Nelson Mandela est malade, s’il était venu on la presse en parlerai –

Quatrième minute, première frappe des bafana-bafana. Mon cœur bondit. Heureusement une jambe malienne la contre. L’Afrique du sud donne un rythme soutenu à la partie. Première alerte sur un plongeon- même pas joli- dans la surface de réparation malienne, l’arbitre ne réagit pas, heureusement !- on a beaucoup à reprocher aux arbitres dans cette CAN, surtout du côté malien quand on se rappelle des matches Mali-Ghana, cote d’Ivoire-Togo, Togo-Tunisie et même Ghana-Cap-Vert de tout l’heure, tronqués par des arbitrages plus que bidons-on est tranquille de ce côté aujourd’hui on dirait!

Samba Diakité se bat bien au milieu de terrain. Il a raison ; il faut s’y  imposer pour gagner la partie. Moins de dix minutes de jeux et un choc aérien entre ce dernier et Masilela  l’oblige à sortir- je l’interprétai comme un mauvais signe-

Pendant les quinze premières minutes, l’Afrique du sud domina. Les maliens perdent facilement la balle  et n’arrive pas à construire, mais ils défendent bien, on en remarque les défenseurs Tamboura,Police-Adama Coulibaly- et le gardien  Soumaïla Diakité, qui est bien meilleur au gardien titulaire –ce n’est pas seulement mon avis –se font remarquer.

Première occasion malienne avec une excursion de Sow sur le côté : je vois une faute du défenseur sud-africain, l’arbitre siffle un corner alors que c’est le malien qui a fait sortir la balle : pas grave c’est une occasion de but quand même. Elle ne donne rien.  Les maliens sont grands, il y a des joueurs bons de la tête comme Modibo Maïga. Je ne comprends rien. Qu’est-ce qu’ils ont nos joueurs ? Que Dieu nous aide  me dis-je.

Le bruit des vouvouzela –j’ai du mal à écrire ce mot, même ne tant que professeur de français-commencent à me donner des maux de tête  « il faudra interdire ce truc, ou ne plus rien organiser une compétition en Afrique du sud » pensais-je « non, sois fair-play et oublie ça ! »

L’Afrique du sud dominante donne une passe à la FC Barcelone pour déclencher un tir dans la surface de réparation malienne, le gardien de but malien a bien raison de s’en prendre à ses défenseurs une fois le tir stoppé !Le premier carton jaune de la partie a été récolté par Khumalo –il me rappelle docteur Khumalo, qui jouait dans l’équipe d’Afrique du Sud que le Mali avait battu 2-0 il y onze ans-

Sigamary Diarra remplace Samba Diakité qui n’a pu récupérer de son coup de tête. Il est si précieux au milieu. J’ai peur pour le mali que je ne reconnais même plus dans le jeu. C’était une équipe qui gardait beaucoup la balle dans ses premières confrontations, aujourd’hui, elle est poussive.  Sa première occasion ne survint qu’à la vingt-huitième minute avec un tir de l’infatigable Tamboura le latéral qui est au four et au moulin.

Sur un coup-franc malien vaillamment sorti par le goal sud-africain qui lance une contre-attaque, l’Afrique du sud ouvrit le score. Bien sur deux joueurs se sont percutés sur l’action et sont restés allongés sur le gazon à l’approche de la surface de réparation, mais il faut être réaliste : la domination est flagrante et les joueurs maliens n’ont pas arrêté de jouer. Rien à reprocher à l’arbitre.

Peut-être mon équipe réagira-t-elle à ce but et sortira-t-elle de sa torpeur ? En tout cas l’Afrique du Sud continue à garder le monopole de la balle. « C’est la catastrophe s’ils marque un second but ».

La quarantième minute arriva sans aucune réaction de la part des maliens, le joueur sud-africain Rantie sortit aussi sur blessure et fut remplacé par Majoro. J’interprétai cela aussi comme un autre signe : nous allons égaliser.  S’en suit une belle action de Fousseini Diawara , l’autre latéral du Mali  qui fut envoyé dans les nuages par Modibo Maïga, tout Bamako cria :hééééééééééé. Tout le mali attend cette égalisation. « S’il faut que nous perdions notre traditionnelle quatrième place-si ce n’est l’année dernière où le mali a pu battre le Ghana-on ne comprendra pas ! ». Pourtant la fin de la première mi-temps fut sifflé sans que les aigles marque.

Je sortis un instant pour prendre la température des autres supporteurs : mes voisins.  J’habite dans ce qu’on appelle celibateruim ici en Afrique, de petits appartements qui partagent une cour commune.  Cette cour représente parfaitement le mali, toutes les ethnies et même l’Afrique y est représentée : le voisin qui se trouve à droite est bambara, celui d’à droite est dogon, celui d’en face est sonraï comme moi, c’est d’ailleurs un collègue de Diré (un cercle de la région de Tombouctou). A l’étage, il y a également trois familles Sonraïs : deux originaires de Tombouctou et une originaire de Gao, une famille de Touaregs qui parlent aussi bien le tamasheq (la langue des Touaregs) au le sonraï, ils sont les seuls blancs de peau. Il y a également une guinéenne et  deux togolais. Tout ce beau monde supporte le Mali. La femme du voisin d’à gauche me lance « C’est vous qui voulez arrêter vos cœur en regardant le mali jouer, nous nous faisons notre cuisine ! » comme s’il était possible de ne pas supporter les aigles. Je préfère rentrer et zapper un peu en attendant que reprenne la mi-temps.

Elle reprit sur les mêmes bases que la première : domination des Bafana-bafana.  Le temps tourne en notre défaveur.

L’égalisation vint à l’improviste. J’avais la tête baissée et griffonnais sur le calepinqui me quittait rarement quand les cris des voisins retentirent. Les portent devinrent des tambours : cinquante-huitième minute et but de Seydou Keita, l’homme providentiel qui a toujours délivré l’équipe malienne dans les compétitions internationales depuis toujours. Pourtant il était discret aujourd’hui. « Ballon tan ma ban folo –le jeu n’est pas fini d’abord » cria la même voisine qui était découragée il y a peu. « Une fille de la famille touareg descendit l’escalier habillé seulement d’un pagne autour de la poitrine en criant « je suis fière de mon équipe », puis elle remonta, comme si elle était descendu juste pour livrer ce message.

Soixante-unième minute, Mamadou Samassa ouvrit trop vite son pied sur un face-à-face avec le goal adverse qui envoya la balle en corner. Bamako cria encore. L’espoir est revenu. Le Mali revient dans le jeu.

La lutte devient hargneuse au milieu de terrain : les numéros douze des deux équipes se marquent à la culotte et même s’accrochent sur une action de la soixante-onzième minute malgré un coup de sifflet énergique de l’arbitre.

Un long coup de fil téléphonique me détacha du match pendant un quart d’heure, mais bof ! Le rythme a baissé. Les deux protagonistes semblent attendre bonnement les prolongations. Cheick Diabaté remplace Samassa pour le Mali. Il a un physique imposant, il est bien ce Cheick, il ne faudra pas qu’il se permette de rater de bon ballons comme contre la RDC. Ce n’est pas le même niveau maintenant.

Pas de repos cette fois-ci, la première mi-temps commença par une  mauvaise simulation de Majoro qui prit un carton jaune.  Ouf ! On a eu des frissons, un penalty est si vite sifflé dans cette CAN ! s’en suit une action malienne bien menée   par Cheick Diabaté qui obtint un coup-franc tiré par le capitaine des aigles ; Seydou Keita.  Ce gardien des Bafana-bafana est impérial, on dirait Oliver Kahn l’ancien gardien  du Bayern de Munich et d’Allemagne.

Mais plus le temps passe, plus les aigles tombent dans une sorte de torpeur.  Le physique ne suit plus. « Allez ! Jouez ! » ; je suis presque soulager de voir la montre tourner sans que le score n’évolue.  Fin de la première mi-temps des prolongations.  Coté Afrique du Sud , Parker se blesse et est remplacé par Tshabalala -j’aime bien son nom, mais ce n’est pas une raison pour marquer contre nous hein !-. Peut-être que je devrai évoquer le beau geste de fair-play de Modibo Maïga qui s’excusa platement en voyant Masilela saigner du nez suite à un coup qu’il lui donné en ratant son drible –bon exemple pour les enfants qui regardent silencieusement la partie-

De la deuxième mi-temps des prolongations ? Rien à signaler, peut-être une main de Furman –le sosie de Lampard- sur un corner. Bon, pas facile à voir pour l’arbitre et pas facile à siffler contre le pays organisateur. « Les gars, il faut marquer un vrai et bon but, c’est mieux ! »

Cent-quinzième minute : on y est, la séance fatidique des tirs aux buts. C’est la chance qui décidera avec une petite touche d’adresse. L’entraineur des sud-africains avait commencé à élaborer sa liste de tireur bien avant le coup de sifflet final, coté malien peut être que la liste est déjà connu. Soumaila Diakité a l’habitude de briller dans l’exercice au Mali. Mais bon, chaque match a sa réalité, voyons ce qu’il nous réserve aujourd’hui, c’est l’occasion de prendre la place de gardien titulaire au farfelu de Samassa qui est suspendu pour cause d’accumulation de carton jaune. Pendant que les capitaines des deux équipes tirent au sort le coté d’où l’on tirera et l’ordre des tirs, les bafana-bafana prient, les maliens encouragent leur gardien ça va des embrassades aux tapes  vigoureuses.

Voilà, nous y sommes. Les deux équipes sont à la lisière de la surface de réparation de la surface , alignés.

Le premier tireur est le dernier entrant coté Afrique du sud : Tshabalala. Il tire  et marque ; contre-pied parfait.

Pour le Mali, c’est aussi le dernier entrant en jeu : Cheick Diabaté. Il marque sereinement.

Pour l’Afrique du Sud, c’est le tour de Furman : arrêt de Soumaïla Diakité. Toute la ville cria. « eh ALLAH !»

Coté malien, c’est à Tamboura de tirer : il marque sans problème

Pour l’Afrique du sud c’est le tour de Mahlangu qui tire : un autre arrêt de Diakité. Les cris redoublent «  ALLAH bè en fè-ALLAH nous aime »

Mahamane Traoré tire  et marque un penalty qui n’est pas à montrer dans les écoles de football. L’essentiel est fait. D’autres cris encore.

Majoro se présente devant Diakité, s’il rate l’histoire se répètera. La tension est grande sur le joueur car il envoya la balle dans les décors. L’histoire se répète. Comme en 2002, Le mali se qualifie  en demi-finale face à l’Afrique du Sud. La fête peut commencer.

Vraiment quelle journée !

 

 

 

 

 

 

Le nord du Mali est libre et après?

La nouvelle de la libération de Gao m’a trouvé à Mopti le samedi 26 janvier. Presque  une année après la première attaque des rebelles à Aguelhoc et le massacre des militaires maliens. c’est un souvenir douloureux pour tous les maliens -je ne veux pas ajouter . ce sont de jeunes soldats qui ont été fauchés à l’affection de leurs familles.  j’ai passé toute  la journée du dimanche à regarder France 24 car , même si j’ai longtemps dénoncé ce média pour avoir servi de plateforme à la propagande du MNLA – à défaut de sa maman, on tète sa grand-mère dit le proverbe-

Mon cœur ne bat pas , il galope. je suis tellement heureuse! je ne pouvait imaginer cela il y a seulement une semaine. je perdais toutes mes illusions, convaincue que les blancs -les européens et autres américains- ne viendront jamais nous aider et regarderons des afghans et autres pakistanais couper des mains. Gao est libre et après Gao , ça sera certainement le tour de ma ville natale et si chérie TOMBOUCTOU -albili-soudan, le pays des hommes noirs, la surnommait-elle dans l’histoire-. Je ne crois pas avoir dormi. la journée a été bien laborieuse bien que je n’eusse pas bougé du canapé.  les français sont-ils en train de bombarder ma ville? et mes parents qui sont si proche de leur -les islamistes- centre de recommandation de je ne sais plus quoi.

j’entendis la bonne nouvelle sur RFI le dimanche matin , je ne sais à quelle heure et je bondis et fis un geste énergique du point  – le même que font les footballeurs quand ils arrivent enfin à égaliser – enfin fini cette répression! plus de barbu étranger errant dans les rues de ma ville , qui scrute ta tenue pour soit trouver matière à fouet ou à couper un bout de pantalon.

LA France est le pays de la liberté et elle nous permet de retrouver la notre. Oui! c’est un devoir pour la France qui à travers Sarkozy a armé le MNLA qui n’a pas hésité à attirer d’autres vautours pour envahir nos terres  avec une « loi islamique » qu’ils ont du concocter dans les montagnes qu’ils ont longtemps habité.

ALHAMDOULLILAH! Dieu Merci! c’est fini. Mais ceci n’est qu’un pan de l’iceberg, le problème demeure. Que va-t-il arriver maintenant? les populations ne vont-elles pas s’en prendre à tous les touaregs, à tous les arabes qui n’ont pas hésité à rallier ces terroristes?  l’amalgame si désigne sera-t-il évité?
possible si les touaregs décident de sortir de cette torpeur et de ce silence qui font d’eux des complices alors je sais bien que nombre d’entre eux n’approuve pas cette lutte armée du MNLA, ne connait personne de ce mouvement

Tous les touaregs ne sont pas des têtes brulés qui tirent sur nos compatriotes. La majorité d’entre eux sont de simples et paisibles éleveurs nomades qui ne recherche que la paix et le silence du désert.

Pendant la présentation de la feuille de route du premier ministre du mali Diango Sissoko, une discussion forte et passionnée a été  animée par les députés qui bien qu’ayant donné leur accord n’ont pas hésité à évoquer le sujet de la justice. Toutes les personnes coupables de crimes de guerre doivent en répondre devant les juridictions nationales ou internationales.   mais cela ne suffit pas , car la fracture entre les ethnies est si grande qu’il serait très difficile de convaincre les autres habitants du nord du malien que tous les touaregs.  » c’est la guerre qu’ils veulent ont va continuer à la faire jusqu’au bout, on ne jamais leur pardonner ce qu’ils nous ont fait » moi ce que je voudrais c’est une voix touareg, qui osera enfin faire voir la réalité à tous les habitants du nord. Il n’y pas de raison pour se rebeller. le Mali est l’un des pays les moins développés du monde; se rebeller et quitter cet état permettra -t-il le développement? Nous reclamons , mais regardons bien notre pays , le sud est aussi peu développé que le nord sinon moins.

De  grâce que les semeurs de troubles et chefs de projets à la recherche de butin de guerre du MNLA -qui mérite le surnom de « haine est là » que je lui donne- laissent LE MALI POURSUIVRE SA MARCHE VERS LE DEVELOPPEMENT AVEC TOUS LES MALIENS.