L’école et la tricherie

 credit photo: Faty
Credit photo: Faty

La fin du mois de mars correspond à la période de composition dans tous les établissements scolaires au Mali. Enseignante de ma nation j’ai consacré la semaine dernière à la surveillance de ces épreuves hautement importantes,  la moyenne de classe étant couplée à la moyenne de l’examen de passage dans les IFM (Institut de formation des Maîtres et  non Institut Français du Mali héhé !)

Enseignante oui, mais pas saignante par une plaie bien béante comme l’est l’école malienne.  Elle répond parfaitement à cette image que donne le Mali maintenant sur le plan international. Un pays entier qui a plié l’échine sous le poids de la corruption, des malversations, du népotisme, du favoritisme qui ressemble à de l’ethnisme. Oui ! Quand des dogons sont au pouvoir c’est des dogons  qui sont fréquents aux postes de responsabilité – là j’imite le chanteur de Gao et cousin  Baba Salah qui dans une de ses  chansons  remplace le mot touareg par dogon car les dogons sont les cousins des sonrhaïs  pour éviter de créer la polémique avec les Touaregs-.

L’IFM est un endroit bizarre, une sorte de nomansland dans le monde  l’éducation au Mali. Ce qui ne devrait pas être le cas car ce sont ces instituts qui sont chargés de  la formation des enseignants à l’école fondamentale au Mali.  La première question de mon lecteur concernerait certainement ce terme : « école fondamentale ». Cela correspond à ce que nous appelions au Niger  (et  toutes les anciennes colonies française) à l’école primaire et au collège : C.I  (cours d’initiation) jusqu’ à la 3ème.

Rappel…

Ce terme est malien dans ce cadre. Je ne sais pas comment on dit en Guinée.  Il m’en a fallu du temps pour comprendre les noms qu’on utilise dans le système éducatif malien. Puis, je suis venue à l’IFM Hégire -que j’aime soit dit en passant , même si certains font des pieds et des mains pour m’en faire partir et que le destin, seul, fera son travail- et j’ai découvert la législation scolaire et l’histoire de l’éducation au Mali. Je l’enseigne en deuxième et troisième année. La programme de la deuxième année évoque notamment la reforme que le Mali, devenu socialiste de Modibo Keita, connait en 1962.

En classe, j’y insiste tellement que mon surnom auprès des élèves est devenu «  la réforme ». Ce n’est pas grave. J’aime bien l’innovation. Je la préfère à Madame LMP (Législation scolaire et Morale Professionnelle), mon autre nom.  Je m’amuse même parfois à appeler mon mari « Monsieur LMP ». Quand il demande :

–          Pourquoi ? C’est quoi LMP ?

Je réponds.

–          C’est moi madame LMP, donc toi, c’est …

–          Toi et tes élèves !

Pour en revenir à nos moutons et à la réforme de 1962, le jeune président du jeune Etat qui venait de se défaire du Sénégal (ou bien c’est le contraire ?) cherchait à se lancer. L’enseignant a compris que l’éducation était un maillon de la chaîne. Il a préconisé cette réforme pour permettre à une grande partie de la population de prendre part au développement en sachant lire et écrire. Le credo était une alphabétisation de masse et de qualité  pour permettre d’avoir rapidement les cadres dont le pays avait besoin.  Modibo Keita a jugé utile de trouver les contenus de l’enseignement  sur les traditions et l’histoire malienne d’abord, africaine et ensuite universelle.  Le système a été malianisé. On ne se permet plus de chanter des cantines sur nos ancêtres les gaulois.

Et l’école fondamentale raccourcit d’une classe  est créée et va de la 1ère à la 9ème année, sans examen  de passage en 6ème.

Il faut dire que les sortants de cette école fondamentale n’ont rien à envier à nos bachelors de maintenant.  Les élèves maliens ont de véritables problèmes ces derniers temps. Plus on avance dans le temps, plus ça se gâte. Ça se pourrit même !

Les raisons d’une telle situation

Je suis enseignante. Je me répète. Mais je le répète à juste raison. Je suis enseignante. Je suis aussi, autant,  responsable.  Coupable ! Je ne peux me désolidariser de mes collègues.  Les enseignants ne font plus leur travail. En tout cas au Mali.  Tous les enseignants sont coupables.  Il y en a qui font encore un travail monstre avec les enfants, dans les petites classes. Je sais bien.  Je suis ne suis pas dans les petites classes. Mais je sais que le grand du problème de l’enseignement malien se trouve justement à ce niveau-là. Les enfants ne savent plus lire, ni écrire. Les enseignants sont devenus des hommes d’affaire. Le métier n’est plus un sacerdoce. Il n’y pas plus de vocation.  Il faut juste gagner sa vie. Avoir un travail pour éviter le chômage. C’est facile d’être enseignant au Mali.  Déontologie ? Mon œil. Ce sont les nouveaux mercenaires. Ils se vendent. Et même pas au plus offrant.

Bien sûr, une enseignante ne sortirai pas avec son élève (et je suis douce quand j’utilise le mot sortir car en réalité c’est un autre mot, brut, bestial qui correspond à cette conduite honteuse) et si cela arrive, il relève de l’anecdote.  Mais une enseignante  qui corrige et modifie les notes selon la valeur  (je veux dire le poste de responsabilité) des parents de son élève est autant coupable.

Une enseignante qui donne des notes à tel ou tel élève parce que la fille de nièce d’une fille de la coépouse de sa grand-mère est vraiment autant coupable.

Que dire de cet enseignant qui se prend pour Dieu sur terre dans sa classe, obligeant les élèves (et même les étudiants) à acheter sa brochure  (du copier-coller via internet) et en plus à faire les cours privés (qui sont faites à l’école) n’est-il pas coupable du bas niveau de ces élèves ? Pire ? Parfois les cours privés servent de préambules aux compositions. Tu veux avoir une fuite et préparer  la tricherie –que les élèves appellent Djinè, Djinn- ? Mais participe aux cours privés  qui sont organisés à l’approche  des examens.

Donc pourquoi la tricherie est généralisée dans les écoles maliennes ?

Parce que les élèves, et leurs parents parfois, pensent et sont convaincus que c’est le moyen le plus facile pour obtenir un diplôme.  Le papier. C’est à cela qu’ils pensent.

L’enfant ne veut pas s’user les yeux.  Son père veut le diplôme qui lui permettra de lui trouver un poste par ses nombreuses relations. Il  est prêt à tout pour son rejeton chéri.  Et fait tout pour arriver à ses fins : acheter une moto, le mettre dans le même établissement que ses amis, argent de poche pour les boites de nuit les plus huppées, vacances à l’étranger… Sans oublier l’argent pour acheter les notes.

J’étais sidérée le jour où j’ai appris que mon grand-frère, (enseignant comme moi) payait des cours privés pour ses enfants qui sont  en 3ème année et en 1ère année (CE1 et CI). En première année ! Il faut initier l’enfant à la lecture-écriture en classe. Le maître ne trouve pas le temps, et d’ailleurs est-ce possible avec une classe de 80 à 120, si ce n’est plus ?

Imaginez que le maître est un jeune sortant d’un IFM

On recueille dans les IFM des élèves qui sont titulaires soit du DEF (diplôme d’étude fondamentale) pour un cycle de quatre ans, soit du BAC pour un cycle de deux ans. Dans la majorité des cas se sont les recalés des lycées qui s’y présentent – et passent avec un petit bras long- où des étudiants intéressés par la bourse  qui est la même que celle de l’université, 25.250 francs CFA, essayez de convertir en euro, vous verrez c’est des clopets.

Mes élèves me lisent, je le sais, mais je suis bien désolée de dire ma remarque. Beaucoup ne viennent à l’IFM que pour la bourse. Ils n’ont ni la vocation, ni les aptitudes, ni les qualités nécessaires au métier. D’ailleurs, le caractère franco-arabe de l’IFM Hégire ajoute aux problèmes de mes élèves. Ils sont sortants des medersas (écoles coraniques) qui bien qu’ayant un programme officiel bilingue obéit entièrement au bon vouloir des marabouts qui voient au français « la langue de Satan » en personne.  Certains arrivent à passer à l’examen (d’ailleurs je me demande comment car il y a une épreuve de français) sans savoir réellement lire et écrire en français.

Ils ont bien  cinq heures de français en première (avec mon collègue et ami Ibrahim O. Maiga) et en deuxième année (avec moi), mais  la réalité est renversante. Ceux qui sont bon en français ont parfois commencé leur scolarité au Burkina Faso ou en Côte d’Ivoire. Je suis concernée. Pourtant l’école malienne avait une bonne réputation il y a… vingt ans.

Il faut tricher, s’entraider… pour passer. Mais comment ?

Ayant fait ma quasi scolarité au Niger, je ne connais pas la tricherie. Je le dis fièrement à mes élèves lorsque j’arrive à intercepter leurs « djinns ». Certains sourient. D’autres secouent la tête. Je sais qu’ils ne me croient pas car au Mali, tous les élèves trichent. Ne vois pas le meilleur en un élève. Il triche toujours. Ils échangent les informations. Même quand il n’a pas un bout de papier avec lui, il laisse son brouillon à son ami qui le passera à quelqu’un d’autre.

Quand tu surveilles une matière dans une langue et un alphabet que tu maîtrises, c’est bien. Quand c’est le contraire, c’est autre chose. Il est bien interdit d’écrire sur les murs, mais cela n’empêche pas aux élèves de le faire. Quand ils ont une matière en arabe, ils n’hésitent pas à écrire toute une partie du cahier  sur l’épaisseur du mur de la fenêtre –les murs sont très larges à Tombouctou- qui leur fait face.  J’ai compris la supercherie en suivant les mouvements de l’iris du fautif qui était concentré pour pouvoir recopier. Un collègue arabisant –ils s’appellent eux-mêmes ainsi et nous appellent nous qui enseignions en français francisants-  nous a appris ensuite qu’il s’agissait du sujet en question. On l’effaça et je retirai les brouillons pour lui en donner de nouveaux. Les flèches qu’il me lançait m’aurait fait disparaître. Mais je m’en moque. Je surveille serré. Les élèves le savent. Personne ne veut que je les surveille. Moi et Boubacar Coulibaly, un professeur d’histoire-géographie, la rigueur personnifiée. Geek comme moi. Quand nous sommes ensembles ils crient. Une fois les compositions venues, fini  la complicité.

Mon attention est comme aiguisée.

Un élève qui porte pour la première fois un grand boubou ? Pas net ! Il me suffit juste de lui donner une quinzaine de minute pour le voir sortir une feuille bien remplie de fines écritures – je me demande où il a eu un stylo à la mine aussi fine.

Les casiers doivent être bien fouillés, des papiers qui traînent juste à côté ? Ce n’est pas dû à l’absence de manœuvre, ni un hasard, le propriétaire le récupéra le temps venu.

Je mémorise les différents brouillons que je lis en passant. Je prête attention à la graphologie de chacun. Un brouillon échangé pendant que je bois de l’eau ou que je me pointe à la porte pour prendre mon si précieux thé de 10 heures ? Je m’en rends compte aussitôt. J’exige bien qu’ils écrivent leurs noms sur les brouillons et en français. Mais ils sont de si bonne volonté qu’ils ne s’exécutent jamais. Tu demandes à quelqu’un de le faire ? Les autres profitent pour tricher. Tu parles à ton coéquipier ? Ils en profitent. Tu démasques un tricheur ? Ils en profitent pour tricher. Et quand je te prends, je n’hésite pas à te sanctionner de la même manière, même si c’est à la dernière minute.

Je suis dure avec eux pendant les compositions. Ils disent bien que je suis leur amie.  Ils me disent même « notre madame » comme pour chanter en mon honneur. Mais je ne sais pas tricher. Je n’aime pas les tricheurs. Je le leur dis.  Je le leur montre. Un enseignant doit être exemplaire. Ils n’y comprennent rien ou ne veulent rien y comprendre.  Moi je suis sans pitié alors et je les suis pas à pas.

Un élève qui reste trente minutes sans rien écrire ni sur le brouillon ni sur la feuille. Il a certainement un « djinn » caché quelque part. Si je le serre bien il ne le sortira pas.  Certains y arrivent malgré tout, car leurs tours sont innombrables. Les filles sont très fortes dans cette matière. Parfois elles se contentent d’attendre simplement les informations qui viennent de toute part. Elles traitent ceux qui refusent de les aider de « méchants  et d’égoïstes ».

Encore un billet long après la phase des proverbes. J’espère vous en avoir beaucoup dit sur mon métier pour une fois. Je vous donne rendez prochainement pour vous faire découvrir l’IFM Hégire sans cette sordide histoire de tricherie.

Baba si farkaye baye isé kan du bari…

Du charabia? Non juste du djerma !

Oui encore une fois me voici avec un autre proverbe de cette langue que j’adore. Elle constitue mon lien avec mon pays d’adoption.

Je traduis pour vous:

Baba si karkaye baye isé: Celui dont le père ne connait pas l’âne.

Kan du bari: Qui a eu un cheval.

Imaginez cette personne et la misère qu’il va faire connaitre à ce cheval qu’il passera certainement la journée sinon tous le temps à chevaucher.  Le pauvre animal ne peut tenir longtemps.

Ce proverbe va parfaitement avec les pays africains et la démocratie. Je dirai même le Mali (un proverbe Haoussa ne dit-il pas :  Pourquoi dire que le singe ressemble à un homme au lieu de dire qu’il te ressemble?)

Les Africains n’ont pas compris la démocratie, dit-on à peine l’élection annoncée, presque tous les quartiers de la capitale ont des candidats. Suivez-mon regard vers l’île à l’aine de l’Afrique.

Non regardez vers moi. Bamako. Que de candidats à la magistrature suprême d’un pays aux abords du gouffre. Avec une « ex-junte » qui continue à flirter avec le pouvoir comme ce mari qui offre des boites de chocolats à son « ex-femme après la procédure de divorce. Ils dominent et sont aimés à Kati. Les fonctionnaires de Bamako leur font la courbette, personne ne veut quitter son poste si juteux.

 

Si tu dis que ta mère est belle, le soleil se levera

Ce proverbe que je connais dans la langue Djerma (sonrai parlé au Niger) parle des inconvénients du mensonge.

Il -le mensonge, son auteur- est toujours dévoilé quand la situation qui le favorise change. Ta mère est belle ? Tu peux le dire parce qu’il fait encore nuit, avec un soleil ouest-africain, pour parler comme les africains du centre. Tout le monde peut se faire une idée sur le physique de n’importe qui.

J’aime utilise ce proverbe en classe, pendant les cours de législation scolaire et de morale professionnelle pour parler de l’importance de l’effort d’apprendre pour un enseignant.

En effet, doit-on se permettre de tricher en classe lorsqu’on veut être un enseignant? Non !

D’ailleurs, tricher n’est bon pour aucun métier. Le mieux est de le maîtriser personnellement. Pour le maître, ce serait même impossible d’utiliser un bout de connaissance écrit sur une cuisse ou un papier fin.

J’aime le compléter avec un autre proverbe, Bambara cette fois-ci :  » Celui qui trompe son père en lui disant qu’il s’est marié, n’a pas trompé son père… »

Il  passe seul la nuit non? Qui en souffre le premier?

C’est un problème d’homme je crois…  Sur ce coup en tout cas !

Le liebsterg award de Faty

 

 je l'adore ...
je l’adore …

Escale du Liebsterg award dans le vestibule de la femme de Tombouctou, heureusement qu’il s’écrit plus qu’il ne se prononce et qu’on peut copier et coller le mot sinon je vous assure moi et l’allemand faisons deux.  Pour la petite histoire, c’est un trophée que vous accordez à vos blogs préférés. Tu es nominé ? C’est comme si tu as l’objet en main. Donc félicitez-moi après lecture-pourquoi pas dès maintenant ?-

Une bonne aubaine pour parler de votre petite personne et dévoiler même certains pans, pas toujours positifs de votre personnalité, sans s’en rendre compte. Pourtant que d’efforts pour les cacher et se montrer sous un jour toujours rayonnant.

La mystérieuse
La mystérieuse

Ce trophée ne doit pas procurer la même sensation que le Bob’s du meilleur blog en français que  Alimou Sow a remporté haut la main. D’ailleurs je ne suis pas étonnée de ne pas le voir se prêter au jeu bien que nommé pas plusieurs mondoblogueurs. Il n’a pas le temps la nouvelle star de Mondoblog. Exit Florian Ngimbis et son regard de James Bond africain qui plait tellement aux filles (même le sachant malade, je ne peux pas être gentille avec Florian, excusez du peu  mesdames !).

J’ai été nominée par sept mondoblogueurs auxquelles je dois réponse. Je traine des pieds. Je voudrai bien me dérober bien qu’ayant éprouvée de l’impatience et de la curiosité quant aux personnes qui me nomineront.  Mes nomineurs (je sais que le mot n’existe pas mais pourquoi ne pas l’inventer pour la circonstance ?) sont :

Pascaline Breuil la française qui vivait au Caire, qui a aimé Dakar. Elle est devenue une grande amie à Dakar. J’avoue l’avoir prise pour Aurore. Mais bon, Aurore aussi est une fille en or.je sais que j’aurai la place de commentateur si jamais elle parvient à être nommée directrice des programmes de Canal+.

Serge Katembera ,  Le garçon qu’on croirait timide, tellement vivant, polyglotte (comme beaucoup de mondoblogueurs d’ailleurs) et si ouvert. J’apprécie Serge. Il le sait. Tout le monde le sait (je veux dire tout MONDOBLOG). Un vrai citoyen du monde congolais, étudiant et aimant le Brésil, né en France. C’est un sage déjà à 27 ans.

Sara, pseudo : Limoune, citron, mon reflet, reflex, karaté – hum…blogueuse en situation à Dakar– qui me fait chaque fois réfléchir. Un reflet bien bizarre qui ne connaissait pas Zlatan Ibrahimovic en vivant en France. Son ânier… que nous cherchions ensemble (hum…  il parait !!! je  me demande comment je réussirai là où certaines ont échoué ma douce hibou). Miroir, miroir cherche ton ânier  rapidement j’ai déjà le mien -sans sel-

Mamady Keita, l’étudiant guinéen en Ukraine. Un frère. Un petit-frère émouvant  et si appréciable, gentil. J’ai eu un plaisir fou à jouer une partie de foot avec lui à Dakar sur console bien sûr ! Il m’a battu, mais je suis bonne perdante et fair-play. Je sais maintenant qu’il me faut chercher une console de PlayStation 3 ou un émulateur pour jouer avec mon ordi, ma PS2 est dépassée.  Que Dieu le préserve des méfaits des filles !

Boubacar Sangaré, l’étudiant malien. Bouba le doux qui souffre comme ces milliers d’étudiants maliens, une souffrance par laquelle je suis passée il y a dix. Il est jeune mais si plein de convictions. D’avenir. En plus sa ville préférée est ma ville natale : nous ne pouvions que nous entendre. C’est mon chauffeur de moto aussi parfois. (Suis-je la seule à en avoir ?). Sa gentillesse n’a pas de borne. Que Dieu lui donne une bonne ânière.

Josiane Kouagheu : une fille formidable, d’une douceur  et d’une gentillesse sans égale. Je ne pense pas lui avoir servi une seule de mes blagues de mauvais gout. Elle semble presque craindre le monde.  Elle est si réservée. Josiane les hommes ne sont pas aussi méchant qu’ils en donnent l’air suffit qu’ils t’aiment. Je te souhaite de connaitre cette complicité. Tu en sortiras encore plus grande.

Mohamed Sneiba : une nomination qui ne m’a pas beaucoup étonnée car  nous sommes devenus presque coutumier à Dakar, toujours assis à la même table échangeant sur les différences entre le Mali et la Mauritanie.

A. Moi en 11 points –de suture ?-

Je ne sais pas. La règle du jeu n’impose pas de donner ses impressions sur ceux qui vous ont nominé mais l’occasion était trop belle pour ne pas la tenir. Je l’ai fait.

Elle demande de se présenter en 11 points.  Je m’y soumets-pour une fois, car mon gout pour la révolte , la contradiction est immense. Mais je ne vous cache pas l’envie folle que j’ai  eu de m’y soustraire, alors qu’en même temps j’étais pressée d’être nominée.  Je m’attendais bien à une nomination de la part de trois  ou quatre personnes qui n’est pas venue. Je me suis surestimée ou flouée. Non c’est juste un jeu et dans celui de ce trophée au nom allemand –je n’en  parle pas un seul mot- la créativité était au rendez-vous :

–          Certains n’ont nominé que des femmes  -parmi lesquels je ne suis pas et je ne me pose pas de question sur les raisons car ils donnent les raisons de leurs choix

–          D’autres que des hommes, je suis bien certaine que Mylène me nominerai si elle nominait des femmes –après Axelle et Florian hein !- la relation entre elle est moi est unique malgré le grand contraste entre les personnalités.

–          Un ne nomina point de mondoblogueur donc pas d’espoir pour une mondoblogueuse du fin fond du désert occupé  du grand nord inconnu du Mali qui ne serait habité que par des tribus arabo-berbères. Je vous avertis. Noire, je suis. Petit coup –coucou- à Gaïus Kowené de N’Goma. Je pense à toi  aussi,  ne te fait pas tuer hein !

–          Moi; je ne sais pas qui je nominerai jusqu’ici car ceux que je veux nominer soit m’ont nominé –la règle prohibe leur nomination-soit se sont déjà prêtés au jeu –Mylène, FBI, Mon binôme- ou sont récalcitrants à se soumettre à l’exercice  Alimou Sow, Florian Ngimbis, Adjmaël–donc je les laisse tranquille car je n’aime pas  enquiquiner les gens-

Vous comprendriez certainement que ce n’est pas pour avoir le plaisir de vous dévoiler mon personnage –que certain qualifient d’atypique-, car mon nomineur Mamady a déjà fait un portrait de moi que donnes 11 détails sur moi, mais quel homme ne serait pas content d’être le préféré d’un autre de par le monde ?

Donc voici Faty en 11 points :

  1. Fille d’expatriés maliens au Niger, j’en ai gardé un amour pour la gastronomie  et la musique nigérienne, le piment et la langue djerma que je parle toujours avec mes sœurs et mon frère.
  2. J’aime les motos, les voitures mais aussi le football, les jeux vidéo, les dessins animés et les bandes dessinés, les mangas, les films d’horreur, le reggae et le rap. Cela me donne un côté garçon manqué malgré mon aversion pour les pantalons.
  3. Mon défaut ? trop directe et têtue –comme l’âne qui emportera Sara  vers  la Mecque. Je partirai bien à la Mecque moi aussi mais pas à dos d’âne.
  4. J’aime la simplicité, la gentillesse  et la générosité chez une femme
  5. La fierté est ce que j’aime le plus chez l’homme si elle n’est pas confondue à l’égocentrisme.
  6. Je ne suis pas contre la polygamie, mais ce n’est pas une raison créer un fan’s club pour ma coépouse.
  7. Physique ? une femme pas grande sans être courte plutôt enveloppée. Energique. Rapide dans les gestes. Les bras courts mais cela ne m’empêche pas de conduire ma Djakarta.
  8. J’aime mon métier l’enseignement, écrire, discuter est un plaisir. La musique m’inspire.
  9. Je voyagerai tous les jours si je pouvais. J’aime le contact.
  10. Politiquement ? Socialiste jusqu’au jour où j’ai compris que les partis politiques ne l’utilisent que pour accéder au pouvoir. Maintenant il faudrait me convaincre de voter en juillet. J’ai peur pour mon pays. L’horizon n’est pas net.
  11. Je n’aimerai pas décevoir mes parents. Je demande toujours conseil avant de prendre une décision. Je ne change pas d’avis facilement.

B. 11 réponses  aux questions de Sara, Serge, Mamady, Boubacar…

credit photo: Google
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Ne pouvant répondre aux 77 questions qui m’ont été posées je me propose de choisir celles qui m’arrangent le plus –en espérant que les funérailles de mon anonymat n’auront pas lieux aussitôt que ce billet sera publié.-

1. Pourquoi vous bloguez? (Serge)

Pour m’exprimer, exprimer mon humeur, mon humour, mes envies, mes projets, mon amour pour mon pays, mes convictions sans m’attarder son ma petite personne.

2. Quel est votre livre préféré ? (Serge)

Il s’agit d’un roman que j’ai lu au lycée. Il s’appelle « l’amour en héritage » de Judith Krantz. Une histoire émouvante que je n’ai pu oublier.  Après la lecture  de ce livre j’ai compris le pouvoir de l’amour et j’ai décidé d’aimer mon prochain. J’ai aussi aimé « Ségou ou les murailles de terre (je pense toujours de fer, pourquoi ???) de Maryse Condé. Ce livre m’a permis de créer un contact avec mon pays –le Mali- quand je me faisais traiter d’ « amenée par son pied » par les nigériens.

3. Quel est votre rapport au cinéma? C’est quoi votre film préféré? (Serge)

J’aime le cinéma. Il me permet de remplacer les heures de lecture que je ne peux plus me permettre. J’adore les séries US (les experts, profiler, New York police judiciaire), Vampire Diairies. J’ai plus de mal avec les films longs et épisodiques  qui ne peuvent me tenir en haleine. Je m’en désintéresse facilement comme des télénovelas. Quand les autres regardent les télénovelas je m’attèle à leur empêcher de comprendre en leur posant des questions sur les épisodes passés tout en faisant dos à la télé. Je ne suis jamais rentrée dans une salle de cinéma.

4. Quelle est  votre citation préférée ? (Mamady)

Je crois que les proverbes et autres adages sont une force de l’Afrique.  Ils démontrent  de notre sagesse. J’adore les utiliser dans mes phrases pour donner de la profondeur à mes idées « tout ce qui fait le pourtour de la maison fini par entrer par la porte » donc  « pourquoi pourchasser une souris qui habite ta maison ? » Mamady !

5. Qui êtes-vous vraiment ? (Pascaline)

Une simple citoyenne du Monde encrée à Tombouctou. Dans ma tête je suis toujours à Tombouctou.

6. Bloguer sans internet, c’est possible ? (Sara)

Non mon miroir, c’est impossible même si tu as une boule magique comme la sorcière dans blanche neige. C’est encore plus impossible quand il n’y pas d’électricité. Sauf si un génie invente un réseau qui marcherait de personne à personne… du monde entier. UN WIFI GEANT, Même-là on trouvera certainement le moyen de discriminer certains…ou/et… d’autres. Regarde le problème entre Israël et les arabes : les européens massacrent les juifs qui ne supportent pas de voir les arabes… et les Etats-Unis dans l’histoire???!!!  Miroir, miroir dis-moi la logique.

7. Êtes-vous superstitieux ? (Bouba)

OUI. !!! si je disais NON  pour répondre à mon image de femme rationaliste qui veut toujours la preuve ou des raisons plausibles aux situations je mentirais. Je dis « Bissimillah » toujours  avant d’enfourcher ma moto, de sortir de chez moi, d’allumer du feu, de poser ma marmite, de me servir d’un appareil neuf, de me coucher, de me lever…

8. Quel est votre rêve le plus fou ?(Pascaline)

Je suis un géant et j’attrape Sarko et je lui donne une fessée juste après son discours de Dakar…Non, je blague mais je  ne me rappelle jamais de mes rêves. Je suis complètement freudienne sur le sujet. Tu veux connaitre mes désirs ?

Personnellement ? Finir d’écrire mon livre sur les violences faites aux femmes pendant l’occupation des régions du nord du Mali et le voir publier.

Pour mon pays ? Repartir d’un autre pied avec une démocratie véritable avec des militaires forts qui  ne feront plus de coup d’état et ne pratiqueront plus le repli stratégique.

Pour l’Afrique ? Une union parfaite qui transcende les frontières et permet un envol véritable. Plus de corruption ni de népotisme. Un rêve…

Pour le monde ? Une paix véritable avec la disparition de la force de certains et de la faiblesse des autres. Encore un rêve…

9. Quelle est la plus importante chose que vous aimeriez faire dans la vie ?(je sais plus qui)

Amener mon père et ma mère en pèlerinage  à la Mecque.

10. Quelle est le personnage que vous admirez le plus au monde et pourquoi ? (Josiane)

Mon père. Maçon, analphabète, il a compris l’importance de l’éducation. Il a tout fait pour que moi et mes cinq frères et sœurs recevons la meilleure. Je suis fière de ma famille et c’est grâce à lui et ma mère bien sûr !

11. Dites-moi comment est votre pays avant que je ne débarque chez vous (Sneiba)

Le Mali est un pays très hospitalier mais fait de contraste comme beaucoup de pays africains. Si tu débarques à Bamako tu te demanderas pourquoi autant de motos, tu trouveras les routes étroites et les femmes sont très dépigmentées. Des minibus verts qui sillonnent les rues ? Ce sont des sotramas, nos transports communs. Ne sois pas étonné de voir des policiers dans tous les ronds-points et les carrefours : s’ils n’étaient pas là tous les bamakois seraient morts car l’incivisme est la plus grande qualité des maliens. Le sol est rouge et que d’arbres. je n’aime pas y passer le mois d’aout à cause des pluies. je suis du désert.

Tombouctou, ma ville est bien différente. Toute petite. Plein de mosquées. Du sable dans les rues. Avant le pseudo-djihadisme les filles étaient libres et s’habillaient à l’européenne. Maintenant c’est une autre histoire…on vit la peur des attentats suicides au ventre- ce n’est pas pour te dire de ne pas venir- Tombouctou a connu pire je pense. Le soir les vieux sont assis sous les quelques arbres. Le sport y est beaucoup pratiqué.

Mes 11 questions à mes 11 nominés

  1. Pourquoi nominer 11 personnes ?
  2. Peut-on réellement préférer 11 ?
  3. Moins de 11 personnes ?
  4. Et ces 11 préférés ne t’ont pas préféré ?
  5.  Et si tu nominais plus de 11 ?
  6. Ou si tu ne nominais personne ?
  7. Non et si tu nominais plutôt une seule personne 11 fois ?
  8. Que va-t-il t’arriver ?
  9. Que peut-il t’arriver ?
  10. C’est quoi ce nom ?
  11. Pourquoi un tel nom ?

Mes 11 nominés ?

Mes questions pourraient sembler saugrenues, mais bon ce sont celles qui me sont venues. N’ayant pas très envie de propager ce que certains ont appelé virus, fièvre, je crois que je peux me nominer  11 fois car ne m’ayant pas déjà nominé. Ces onze questions ci-haut ? je ne pense pas qu’elles soient matière à réponse…

A bientôt les amis

La nationalité dont je ne veux pas!

entrée de KidalAzawadie ou azawadiene peut etre dèze…mais j’ai choisi de ne jamais porter ce nom. Non je suis malienne.  AZAWAD, Ce mot longtemps etait banni de  mon blog , mais actualité  et réalité sociale oblige, je me suis résignée…

Azawad…. ce  territoire  relève désormais presque de la mythologie. Il serait le « berceau historique » des Touaregs alors le mot arabe  qui ne désigne que le nord de la région de Tombouctou vers Araoune et n’a aucune incidence historique particulière avec les touaregs.

Le Mali a connu des grands empires (l’empire du Mali, l’empire Songhoï –eh oui !-), de grands rois  Soundiata Keita, que chante Tiken Djah Fakoly, mais aussi Biton Coulibaly, Kankan Moussa qui a construit la grande mosquée de Tombouctou, la dynastie des Dia à Gao, le grand Sonni Aliber, Askia Mohamed et j’en ai oublié…

Vous vous userez les yeux à chercher un empire ou un royaume, et même un petit oasis qui aurait eu un roi, ayant créé, gouverné et habité uniquement  par des arabo-berbères dans l’espace nigéro-malien dans l’histoire. Rien.  nada. Foye.

Ce que vous trouveriez ? Des razzias des Touaregs  contre les populations sédentaires. Une occupation de la ville de Tombouctou par les Almoravides venus du Maroc d’où son architecture qui ressemble beaucoup à celle de Casablanca et explique cette présence arabe dans la ville de 333 saints.

 

un homme aussi libre a -t-il besoin d'indépendance?

D’hier à aujourd’hui la création d’un haut conseil de l’Azawad  fait la une des grands sites internet. Ceci n’étonne pas les maliens, d’ailleurs il  ne fait même pas naitre de l’espoir pour une paix durable car chacun se dit qu’il ne s’agit en réalité que d’une autre volteface des Touaregs qui profitent largement de la méconnaissance des réalités ethniques et sociales des trois régions du nord du Mali qu’ils veulent transformer en AZAWAD  par la négociation après avoir utilisé la méthode des armes.

J’avais pris la decision de ne pas laisser ce mot paraitre sur mon blog pour y démontrer mon opposition – et je sais que je ne suis pas la seule ressortissante de Tombouctou à avoir cette position politique-sur la création d’un hypothétique état sur les terres de mes ancêtres-. J’ai pensé ce billet plusieurs fois, depuis la création de mon premier blog. Il s’agissait pour moi de parler de la réalité politique, sociale et culturelle de la ville de Tombouctou, dénoncer cet hypothèque intellectuel et territorial.

Il n’y a pas que des touaregs rebelles dans le désert du grand nord du Mali, sachez-le!

Tombouctou est connue de part le monde grâce à son histoire, son architecture, ses manuscrits et ce patrimoine historique est classé au patrimoine de l’humanité  par l’UNESCO.

Certains européens la connaissent à travers le festival d’Essakane, ou une balade sur le fleuve Niger sous fond de dunes de sables, si ce n’est « ces images féeriques » de désert sans fin habité par des hommes bleus.

Justement…les hommes bleus.

Certains d’entre eux sont parvenus à faire endosser à une ethnie la lourde responsabilité d’un séparatisme et une autodétermination qui n’est pas le souhait de tous les habitants d’une région qui encercle une grande zone.  Deux-tiers des 1.238.000 km2 de la surface du Mali occupé en quelques jours soit 822 000 km2.

Wikipédia en parle comme d’un Etat existant donnant une superficie, un nombre d’habitants, une devise, des langues : le tamasheq et l’arabe et de leur alphabet comme écriture allant jusqu’à écrire certains caractères de la page en tifinagh et surtout évoquant  un  territoire qui  » est l’objet d’une aspiration à l’autonomie depuis 1954, époque au cours de laquelle il est sous administration française ». Après l’indépendance du Mali en 1960 cette aspiration aurait  pris la forme de « rébellions touarègues ».

Un coup d’œil sur le climat ? La géographie ?  Peu de précisions. Il est facile de tirer une conclusion pour les simplistes : c’est une zone grande, désertique située au nord du fleuve Niger qui est habitée par des populations blanches de peaux  qui,  veulent se défaire d’un état de l’Afrique noire et rejoindront certainement les états du Maghreb.

Et bien je vous l’assure la réalité est bien autre…

Vous pouvez me croire. Il ne faut pas avoir un doctorat en psychologie  ou en sociologie option culture arabo-berbère pour savoir que ce peuple c’est retrouvé pris en otage par certains individus que je n’ai pas besoin de nommer.

hommes touaregs

Histoire de la rébellion touarègue

L’année 1963 en est le point de départ. Si nous ne faisons pas cas du soulèvement de Kaocen – du Niger et non du Mali où personne ne le connait-mêmes des Touaregs maliens, Samory Touré, un autre résistant à la colonisation est beaucoup plus  connu-.

Le Mali a connu sa première rébellion touarègue dès les premières années de l’indépendance avec un soulèvement des hommes bleus qui refusent l’autorité du Mali.  Il  a été repoussé dans le sang  et donné un bon alibi pour constituer des troupes  contre le Mali, sous fond de vengeance  et d’une communication sur le peuple Touareg qui seraient un peuple martyre, qui ne prétend à l’autodétermination. c’est à en croire que seuls ces hommes bleus peuplent le septentrional du Mali. Et les Songhois ( qui ont créé un grand empire? et les bellahs, les peuls? dois-je ajouter les arabes?

C’est en 1990 que le désormais célèbre Iyad Agaly (chef du mouvement pseudo-djihadiste  ANESARDINE qui a occupé Tombouctou pendant neuf mois) à la tête d’une nouvelle rébellion connue sous un premier pseudonyme de   mouvement des populations de l’Azaouad et du front islamique arabe de l’Azaouad – des arabes et Des Touaregs- lancent de nouvelles offensives  armées qui prennent fin avec les accord de Tamanarasset en janvier  1991.

Mais comment les négociateurs du mali peuvent -ils accepter une telle comédie connaissant parfaitement les bandits de grands chemins qui sont les soi-disant représentants des populations de l’Azaouad? 

Les signataires de ses accords et tout leur peuple –s’ils sont tous rebelles – ne représentent pas 10% de la population totale de cette zone leur a servi certainement de sérieux faire-valoir.

Les populations noires n’ont-elles pas droit à la parole ? Sont-elles indépendantistes aussi ? Pourquoi ne disent-elles rien ?

Mais moi j’ai des questions : des ethnies , qui ne partagent rien : ni la langue, ni la culture, ni même la même couleur de peau peuvent-il- s’autodéterminer d’un mouvement? Sans qu’il n’y ait eu ne serait-ce que des discussions ?

il semble que  les  autres habitants du nord du Mali, qui ne sont pas de la couche arabo-berbère sont considérées comme n’ayant pas droit à la parole car inférieures et vus juste comme des esclaves. Leur mutisme n’a pas arrangé les choses.  Qui se tait consent dit le proverbe.

L’ethnie majoritaire dans cette zone sont les songhaïs qui à un moment ont formé un grand empire  qui recouvrait toute la boucle du Niger, ensuite vient les bellahs que certains(!!!) se permettent d’appeler  esclaves parce que de peaux noires mais partageant le tamasheq et la culture avec les Touaregs.  Je ne suis pas  historienne. Je sais bien que  leurs ancêtres  de certains  qui auraient été captifs au moment où prospérait le commerce transsaharien et l’esclavagisme avec les pays arabes et que Tombouctou un point important était sur la route du sel et des épices en route pour l’Arabie.

Mais bon, d’aucuns parlent de la légendaire  Bouctou qui serait la fondatrice de la ville de Tombouctou,touaregue noire de peau…mais Soundiata Keita  aussi aurait déraciné un Baobab, pour qui connait l’arbre,ce n’est pas chose facile pour un handicapé de surcroit! l’arbre de Bouctou aurait été un vestige…

Est-ce du ressort de l’esclave ? hum..

Ahmed Baba, grand intellectuel de Tombouctou né sous l’empire songhoï en 1556 décrivait Tombouctou comme une ville sans esclavagisme  grâce au développement de la ville comme centre intellectuel majeur avec la prestigieuse université de Sankoré.

Le pacte national, une épine dans la cheville des maliens…

Il est intervenu en 1992  pour consolider les acquis des Touaregs et des arabes  et non des populations des régions du nord du Mali. Les rebelles ont été intégrés dans les rangs de l’armée républicaine avec leurs grades dans la rébellion, ceux qui n’étaient pas des combattants sont directement intégrés à la fonction publique de l’état dans la majorité des cas sans savoir lire et écrire et ne disposant  ni de diplôme ni de qualification. Le but recherché ?  les faire taire! Je vais parler comme une villageoise il faut les faire taire en  les faisant manger. On ne parle pas la bouche pleine non ?

On comprendrait le désir des dirigeants du moment à faire la paix, mais ce soi-disant pacte n’avait rien de national. Au contraire, cette discrimination positive envers   les rebellés fait partie, à mon avis, des raisons de la déconfiture des soldats maliens. Ces derniers ont vu les militaires « peaux rouges » rentrer dans l’armée pour les commander, s’enrichir et se  pavaner  sans connaitre d’amélioration  dans leurs vies.  Un concours ? Un recrutement dans l’armée ? les peaux rouges ne se fatiguent pas en entrainement physique, ils passent sans problème bien que gringalets et ne parlant pas correctement français.

J’ai été formatrice pour les Modules Psychologie de l’enfant et pédagogie générale avec une consœur pour la SARPE (formation des enseignants contractuels) pendant trois années.

Ma première année, je ne savais pas !

je ne comprenais pas l’audace des Touaregs surtout qui ne faisaient montre d’aucune discipline.  Les arabes sont plutôt polis. ma collègue, plus expérimentée, me calma.

–           Faty, ces gens n’ont pas besoin de connaissances. Ils sont là seulement  pour avoir le diplôme. Ils ont déjà des postes d’enseignant dans leur village si ce n’est ailleurs. Ne te fatigue pas avec eux.

–           Mais il faut au moins qu’ils nous respectent !

–          Il te faudra changer de couleur de peau  et pas en te dépigmentant hein ! tout noir n’est qu’un serviteur pour eux !

Leurs écoles sont fictives, ils ne cherchent que les subventions de l’état qu’ils utiliseront pour s’armer ou acheter une voiture pour faire de la fraude. M’apprit-on. D’ailleurs envoyer leurs enfants à l’école est le dernier de leurs soucis. On les as vu brûler les dossiers scolaires et les diplômes des enfants au CAP de Tombouctou en y mettant le feu. De quoi se poser des questions sur cet Azawad mirifique: Pas d’école. Pas de banque.

Qui travaillera pour qui ? Serions nous payés?

Aurions- nous même droit à cette nationalité sans la qualité suprême d’être Touareg?

Pauvre Mali, comment pouvons-nous relever le défi du développement de cette manière ?

La cérémonie de la Flamme de la Paix à Tombouctou, qui fut un véritable évènement  avec la présence de J. L Rawlings aux cotés de Alpha Oumar Konaré a été juste une Nième cérémonie pour célébrer le retour de la paix, car  les troupes arabo-berbères –pour utiliser leur terme bateau qui exprime le destin commun des deux ethnies qui ne partagent ni langue ni écrire, ni même origine d’ailleurs- revinrent à l’assaut du Mali et de son armée  avec une grande campagne de presse du MNLA ayant droit d’entrée dans presque toutes les grandes chaines télévisées européennes avec un porte-parole des plus bavards habillés de -la meme- la tunique traditionnelle des Touaregs, ne lui manquant que le grand sabre de ses ancêtres.

ATT…

C’était un président adoré des maliens fut un grand mirage. Le Mali est décrit comme l’une des démocraties  des plus exemplaires d’Afrique. On en oublié que ATT était le militaire qui a chassé le dignitaire Moussa Traoré et qu’il est simplement revenu prendre le pouvoir  après l’avoir confié à Konaré. J’admire le peuple sénégalais pour avoir refusé cette tractation entre Wade père et fils. Avec ATT, c’était une forme démocratie que j’ai longtemps décriée sans pour  autant etre comprise, car beaucoup voyait surtout la reactionaire capillaire.

Comme le stipule les accords signés avec la rébellion  et au gré d’une décentralisation qui aurait pu au moins , elle, aider ces régions à se développer, l’armée a lâché du lest, réduisant sa présence dans une grande zone qui était devenue un eldorado pour les trafiquants de  tout genre.

En 2006,  les Touaregs (et leur alliés arabes ?!!!) remettent ça  pour une nouvelle fois. Ils réclament cette fois-ci l’indépendance en plus de la rengaine de l’autodétermination. L’Algérie –encore elle- accueille les négociations encore une fois qui aboutit  aux accords d’Alger. Le Mali scelle  sa fuite en avant  et abandonne la zone encore plus.

Cependant, AQMI en profite pour y implanter ses camps d’entrainement, mais aussi en faire un espace de transit pour le narcotrafic. Six ans  et des circonstances atténuantes – la mort de Kadhafi et le retour des Touaregs qui étaient dans ses troupes armés jusqu’aux dents- font naitre le feu de la guerre chez nos compatriotes qui ne disent ne plus vouloir de cette nationalité et cherchent à nous azawidizer de force.

Avant la prise de la ville de Gao par les rebelles nous avions bien vu les armes qu’ils ont ramenés, mais qu’ils reçoivent les autorités du Mali  avec leur arsenal venu de Libye. cela  signifie-t-il  qu’ils sont doux cette fois-ci ? et bien NON !

On savait bien que Iyad était dans les environs, qu’il était revenu riche des pays arabes après avoir dûment profité du pacte national qui l’a mis à l’ambassade d’Arabie Saoudite. mais bof… il faut voir quelque chose pour y croire au Mali!

Iyad etait revenu pour nous.

Ces noirs qui se disent musulmans.

Pour nous islamiser, nous de Tombouctou et Gao (qui ne sommes pas touaregs hein!) ces païens qui continuent à vénérer des dieux et des idoles, qui ignirions  ALLAH!

Il a  promis le Djihad à ses riches investisseurs qui financent le PSG en même temps que les séances  d’amputations  et autres décapitations en passant par de petits fouettages de femmes mal vêtues à leur goût, pour s’amuser.

Le coup d’état de mars 2012 n’a pas arrangé les choses. Une armée déjà souffrante se retrouve  aux abois – je ne veux pas courir de risque  en dépassant ces mots très doux  héhé- la chaine du commandement etant coupé, plusieurs dizaines de soldats maliens , pris au piège par des rebelles armés furent massacrés à Aguel Hoc.

La rebellions soutenue par tous les barbus de la ligue arabe – si je peux me permettre!- ont rapidement raison des militaires qui appliquent à merveille le repli stratégique.  Après avoir pris leur vrai  bastion–ça je le concède!- KIDAL, Ils occupent Gao, la plus grande ville au nord du Mali.

Quand je l’ai apprise;  je n’ai sincèrement pas eu peur car ne connaissant pas la réalité des forces en présence.

et puis le camp militaire de Tombocutou etait  rempli de soldats. Nous étions vendredi. La prudence me conseilla de retirer mes sous de la banque car toutes ont été pillées. Tombouctou etait  leur prochaine cible. Il ne fallait pas que mes maigres économies d’enseignante -saignante mais bien saillante, j’espère ! – fassent partie du butin de guerre.  Je ne savais pas que toutes les femmes –noires encore cette histoire de couleur de peaux!-faisaient partie de ce butin de guerre. Que de filles violées à Gao.  Tombouctou les regarde, seulement ? Non car certains habitants participèrent à l’action de pillage des biens de l’état.

J’en ai honte encore aujourd’hui!

Tout y passa. Des biens de l’état à ceux de certains particuliers ciblés qui perdirent leurs voitures. La voiture et la moto de service de mon école y sont allées. La paix, la tranquillité, la liberté des habitants y sont allées aussi.  Pendant que des barbus à la peau plus blanche que celle de nos arabes occupaient le camp, le gouvernorat et autres bâtiments publiques de l’état se sont fait  dépouiller , nous sommes parvenus à sauver notre salle informatique en évacuant les ordinateurs.

Pendant neuf  long mois les scénarii du MNLA ont changé au gré de leurs intérêts. Ils ont bien proclamé l’indépendance de l’azawad dans les locaux de France 24 de façon unilatérale. Mais cela n’a pas empêché à ANSARDINE –qu’une vieille sonrai appelle sardine boite- de démontrer  à la face du monde entier qu’ils sont commandants à bord  en annonçant dans les villes occupées l’instauration de la loi islamique. Les plaques publicitaires sont même utilisées pour expliciter leur message  au public. La population noire, il faut que j’insiste sur ce point, souffrit en silence.

La CEDEAO veut venir à Bamako  négocier avec la junte ?

Des individus déchainés empêchent à l’avion d’atterrir.  La fin des quarante jours d’intérim du Président par Intérim arrive ? D’autres malotrus montent à Koulouba et trainent le nom de tous les maliens dans la boue. Période  bien trouble politiquement. Les politiciens qui se sont dits pro-putschistes aidés de certaines radios populaires des plus écoutées arrivent à faire détester  la CEDEAO, la MISMA –mission pour la sécurisation du mali- aux maliens, pire, vous l’avez constaté dans l’article ça bouge à Bamako, ils utilisent l’AEEM,  l’association des élèves et étudiants du Mali pour envahir les rues de la capitale, fait du hasard, le 10 janvier, veille de la poussée des troupes de pseudo-djihadistes  vers Konna. Une localité  située sur la route vers Gao dans la région de Mopti.

Heureusement comme Messie pour le Barça, Hollande est arrivé avec serval. Et la lumière jaillit –je l’espère – pour éclairer la lanterne de chacun sur le MNLA et ses agissements, sur une famille qui a ses membres dispersés dans les différentes entités de la rébellion : une fille est membre du MNLA, un fils  crée le MIA (mouvement islamique de l’Azawad) après avoir longtemps été membre d’ANESARDINE dirigé par un cousin en la personne d’Iyad Agali, et maintenant patriarche suprême Mohamed Ag Intallah , ancien député de la circonscription de Kidal , qui a silencieusement regardé les pauvres nomades souffrir et abandonner leurs  troupeaux  de peurs des représailles de l’armée, revient d’entre les morts pour créer un Haut Conseil de L’Azawad avec des touaregs de son alentours.

j’en poserai milles questions: Que peut-on négocier avec comme ça , avec un nom pareille? est ce Kidal l’azawad?

le MNLA s’en démarque? tant pis! le problème est plus sérieux et implique tout les habitants de la zone. La réconciliation  est plus difficile que cette mascarade.

Billet  long, dirait Boubacar Sangaré.

Sacré Mali !!! me disait Apht Tahl, J’ai dit, aurait-il ajouté pour conclure

J’ai osé, dis-je pour la circonstance…. il est temps que nous arretions de laisser ce MNLA semer la haine entre les habitants de ces régions!