Sira Diop, toute une vie d’engagement #5

Il y a exactement une semaine (le dimanche 17 novembre dernier) le Mali perdait  un monument de la lutte pour les droits et la liberté des femmes : Sira Diop.  

 

Une vie consacrée aux droits de la femme malienne credit photo: Malijet.com
Une vie consacrée aux droits de la femme credit photo: Malijet.com

Ce billet rend hommage à une dame qui a pu faire de sa vie un exemple pour chaque malienne….

Née Sakiliba Sissoko, Madame Diop est native de la ville de Ségou – fief des Bambaras- bien qu’elle soit de l’ethnie Kassonké -plutôt basée dans la région de Kayes- est une sortante de l’école des institutrices de Rufisque. Le rang de première lui va comme un gant et a contribué à faire son renom.  En effet, Tanti Sira – tout le monde l’appelle ainsi au Mali- fut la première bachelière du Mali, La première lauréate du concours des inspecteurs d’enseignement primaire en 1961, mais aussi la première directrice malienne du prestigieux lycée des jeunes filles de Bamako qu’elle dirigea de main de maitre – sinon de maitresse car elle était une enseignante hors-pair-.

La quinquagénaire était  de cette classe de femmes africaines des indépendances qui décidèrent de jouer un rôle dans le développement  des jeunes états naissants en  mettant sur pieds des organisations féminines non seulement au niveau national mais aussi africain. Comme la guinéenne Jeanne Martin Cissé, Tanti Sira Diop n’a pas ménagé ses efforts pour les droits des femmes africaines en poussant les femmes à s’organiser pour militer dans des associations  féminines mais aussi dans les syndicats et les organisations non-gouvernementales. Elle a été membre fondatrice de l’Intersyndicale des femmes travailleuses du Soudan, présidente de l’union des femmes travailleuses du Soudan –UFS-(ancien nom du Mali), présidente du congrès  constitutif de l’union des femmes de l’Afrique de l’Ouest (UFAO).

Ainsi, la popularité et le respect pour Sira Diop sont le résultat d’une vie entière consacrée à l’émancipation de la femme. Le féminisme pour elle ne se résume pas à voir en homme l’ennemi usurpateur  des droits de la femme, mais elle était plutôt adepte de la complémentarité,  pensant  que l’éducation de la jeune fille était le meilleur des moyens pour lutter pour l’égalité.

« Ce n’est pas une lutte contre les hommes. Ici, c’est la promotion des femmes » disait-elle avec sa sagesse légendaire.  Donc je –et vous certainement- comprends aisément qu’elle ait  milité pour la promulgation du code la famille qui a fait tant de remous au Mali en faisant vaciller le pouvoir d’ATT qui le renvoya en relecture à l’Assemblée nationale – je me demande ce que les députés en ont fait sous la menace des talibans de Bamako-. Beaucoup de maliens ne  partageaient pas son point de vue sur le sujet en 2009. Par ce code, elle touchait enfin aux buts fixés depuis  1950. Les femmes peuvent  enfin échapper aux poids et à l’injustice de certaines  traditions.

Bien que musulmane, elle a dénoncé l’islam fondamentaliste qui est en train d’envahir le Mali « Le Mali n’est pas une république islamique ! Je suis pour l’adoption de ce code, qui va permettre à toutes les communautés de se trouver sous une loi commune » disait-elle au journal du Mali en 2007 lors d’une interview sur ce même code de la famille.

C’était une dame de fer qui jouait sur plusieurs tableaux, accumulant les fonctions et provoquant l’admiration de la jeunesse qui jouissait toujours de ses conseils et de son expérience. Toutes les occasions étaient bonnes pour elle pour aider, orienter, soutenir, aimer, donner….

Un  CV riche, une notoriété qui dépassait les frontières de son pays natal, toute une vie de lutte, de partage.

Celle qui a été surnommé « le fleuve intarissable »  -badjiba djabali en bambara- par la réalisatrice malienne Fatoumata Coulibaly est partie…

Repose en paix !!!

 

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Regards croisés sur l’immigration

Le drame de Lampedusa en a beaucoup interpellé  à travers le monde notamment les mondoblogueuses qui ont ainsi décidé de mettre en commun les expériences et les plumes pour parler de cette « immigration » sur plusieurs angles, vu de leurs pays :  avec Marine Fargetton , bloggeuse dessinatrice et Pascaline de France, Faty du Mali (pas Fatou la malienne, ce film que je n’ai pas aimé du tout !) et Danielle Ibohn et Josiane Kouagheu pour le Cameroun.

  1. Marine Forgetton illustre toute la batterie d’émotions qu’éprouvent les parents des immigrés

 

l'immigration vu d'Afrique
l’immigration vu d’Afrique

2. L’immigration ne serait-elle pas une histoire sans fin ? question introductive de Pascaline Breuil, mondoblogueuse de la 2ème  saison qui était , ancienne expatriée en Egypte.

Telle est ma question lorsque je regarde mon pays, et ma ville, Marseille dont on dit un temps qu’elle fût porte de l’Afrique, construite par l’immigration. La porte semble aujourd’hui fermée, ou à sens unique. Et comment peut-on, dans ce contexte, imaginer une mer Méditerranée qui serait « notre mer » (mare nostrum) à tous ? Une mère est-elle capable de laisser mourir ses enfants ?…

Du côté de cette mer où je vis désormais, l’immigration, c’est l’immigration choisie dont parle Fatou Diome, dans son livre Celles qui attendent (Flammarion, 2010) :

«Qui choisit ? Comment ? Et pourquoi faire ? Répondre à ces questions […] c’est jeter une lumière crue sur les rapports Nord /Sud de notre époque. »

Mon expérience de l’immigration, c’est cette mère de famille malade et menacée d’expulsion que j’ai rencontré . Il y a deux ans de cela. Un groupe de soutien s’était  formé, épaulé par le Réseau Education Sans Frontière, qui se bat pour la régularisation des enfants sans papiers scolarisés et de leurs familles, et qui lutte contre les lois « injustes et intolérables ».

L’immigration pour moi, c’est aussi cette étudiante chinoise, que j’ai connue quelques temps plus tard. Elle venait d’obtenir son diplôme mais continuait de s’inscrire à l’université pour pouvoir rester en France, travailler pour une entreprise dans un stage qui n’avait que le nom et le «tarif». Elle vivait à Paris mais avait fait sa demande de renouvellement à Marseille car les délais d’attente étaient moins long et son dernier visa d’étude allait expirer. C’était à l’époque où le changement de statut entre visa étudiant et visa de travail avait été rendu plus difficile par la circulaire Guéant, du nom du ministre de l’intérieur de cette époque peu glorieuse.

L’immigration pour moi, c’est aussi cette homme arménien, qui au travail m’avait appelé paniqué car on lui demandait 200 euros de timbres fiscaux pour renouveler sa carte de séjour. « Vous devez faire erreur sur la somme monsieur ce n’est pas possible !» lui avais-je répondue, naïvement, avant de constater que c’était effectivement la somme demandée pour une demande de carte de séjour de 10 ans et de me raviser.

L’immigration pour moi, c’est enfin cette amie d’origine algérienne, pourtant française à qui l’on demande régulièrement d’où elle vient, comme si elle descendait de l’avion à chaque instant. C’est cette autre amie américaine, pourtant sans statut et donc sans droit de travail en France, car un jour il y a 7 ans lorsqu’elle a déposé son dossier de demande de visa, elle a été mal orientée et son dossier « égaré » ne peut aujourd’hui rien prouver sur cette demande et sur son séjour ici depuis cette date. Mes exemples sont si nombreux. Car l’immigration ce n’est pas ma vie et ce n’est pas mon expérience, pourtant c’est celle de mes proches, mes copains, mes voisins aussi. Comment pourrais-je ne pas m’y intéresser ?

L’immigration à Marseille, je la croise tous les jours dans mon immeuble, qu’elle soit de première, deuxième ou troisième génération. Qu’elle soit ici pour étudier ou pour travailler. Qu’elle soit  algérienne, tunisienne, comorienne ou encore camerounaise. Elle a plusieurs visages et recouvre de multiples réalités. La cohabitation n’est pas toujours facile ; ainsi j’entends parfois au détour d’un couloir que ce sont les nouveaux arrivés qui profitent des aides sociales et ne veulent pas travailler. Les comparaisons faciles : « ma mère est algérienne, pourtant elle a toujours travaillé quand nous étions petits ». Alors quand je dit qu’il ne faut pas généraliser, que la réalité est bien plus compliquée que cela, on me répond que je suis jeune et naïve.

Pourtant, ce que nous avons en commun, ma voisine et moi, c’est justement cette jeunesse de moins en moins naïve quant-à notre réalité, et la précarité de notre situation.

« Blanche neige » et « Shéhérazade » ont toutes deux troquées leur palais contre un logement social.

Alors si moi aussi je pensais à émigrer…  où l’herbe serait plus verte et l’économie plus florissante pour rêver de meilleurs lendemain… qui viendrait me le reprocher ?….

3. Faty, le  Mali et l’immigration

Les statistiques  sur l’immigration  au Mali peuvent paraitre déroutantes mais elles sont loin d’être exhaustives si nous tenons compte de cette immigration clandestine qui déverse, chaque jour des nouveaux candidats au départ,  en Europe.

Au début, les maliens partaient plutôt vers la cote d’ivoire, le Ghana, le Gabon… les pays africains plus développés qui offraient une meilleure alternative que la migration des ruraux vers les centres urbains. Le gain est beaucoup plus important, même  s’il faut mettre plusieurs années pour revenir – si jamais retour il y a !-

C’est avec la participation  des « tirailleurs sénégalais » – qui n’étaient pas que des sénégalais-  aux guerres mondiales que les frontières du monde se sont ouvertes aux maliens. Ils découvrent un monde grand et les devises étrangères – qui donne tellement de francs maliens une fois convertis-, notamment  le dollar, le franc français, les monnaies des pays arabes et c’est parti pour une ruée vers l’or.

Une ruée bien légitime quand on se permet de jeter un coup d’œil sur les indices de développement du pays qui n’arrive pas à  prendre son envol malgré les efforts– si minces qu’ils en sont devenus invisibles- de l’armée qui s’est installée au pouvoir après avoir mis, Modibo Keita , son panafricanisme et ses idées teintées – d’autres diront noircies- de socialisme rêveur au cachot.

Beaucoup de maliens sont partis vers d’autres cieux d’autres cieux et une culture de l’immigré est même née dans certaine ethnie comme les Sarakolés (également appelés markas au Mali qui ont une prédilection pour les USA, l’Europe), les Songhoïs  (Niger, cote d’ivoire, Ghana)… Ces départs vers l’eldorado saignent des zones entières du Mali. La région de Kayes en est l’exemple palpant : toutes la société est axée autour de cette immigration qui la dépouille de ses bras valides.  Mais heureusement que les partants gardent un lien fort avec leurs familles qu’ils continuent à entretenir par des envois d’argent incessants.

Ces immigrés gardent un lien fort avec racines et ils reviennent d’habitude prendre femme au village. Des femmes dont la vie est peu enviable. Peut-on être heureuse de construire toute une vie autour d’envois d’argent et de coup de fil ?

Certaines femmes ne voient « les élus de leur cœur » (si nous nous permettions d’effacer de nos mémoires les rôles joués par les familles dans ces mariages arrangés où des femmes n’ont aucun mot à placé.) que par intermittence, le temps d’une visite quand ils arrivent à se faire régulariser, sinon la séparation peut durer plusieurs années. Cela n’empêche point à certains de ces immigrés de se marier à plusieurs femmes au pays et d’en avoir une dans le pays d’accueil (c’est le cas de ceux, évolués –je veux dire instruits, je ne fais jamais dans le racisme moi !-qui ont compris qu’ils pouvaient avoir des papiers plus facilement en s’entichant au mieux avec une africaine régularisée, au pire avec « une blanche »). Sinon, les Sarakolés – qu’ils ne le prennent pas mal- peuvent rester en France longtemps en vivant au foyer et en économisant tout ce qu’ils gagnent pour envoyer à  père, mère, femmes, frères, sœurs restés au Mali, ne pensant au bonheur qu’ils éprouveront pendant les séjours au pays.  Ils trouvent bien parfois les femmes mères de plusieurs enfants, qui bizarrement leur ressemblent mais ne disent mot.  Je me rappelle de ce gag que j’ai entendu à la radio :

Un jeune Sarakolé qui appelle son père pour se révolter «  mais papa comment pourrais-je être le père de cet enfant, je n’ai jamais vu ma femme ? » et au père de lui répondre : «  mon fils, quand tu naissais, je ne connaissais pas ta mère aussi ! » alors envoi l’argent du mouton et tais-toi.

Ils acceptent avec humilité la situation et repartent le cœur plein de souvenirs qui leur permettront de tenir face aux durs hivers et travail qui les attendent quand ce n’est pas le racisme.

Oui, le racisme est l’un des problèmes que rencontrent les immigrés. Il est partout présent de Paris à Los Angeles en passant par tripoli ou Rabat.  Ce n’est pas facile d’être noir  dans un pays où la majorité des habitants sont plutôt pales de teint. Serge Katembera a bien eu un coup de gueule face à l’assassinat d’un jeune congolais au Brésil en envoyant une émouvante lettre à la présidente à Dilma Rousseff, mais Mamady Keita aussi parle de ce racisme si présent en Ukraine, Limoune en Tunisie,  Jean-Michel Hauteville en France, Salma Amadore au Cameroun, Boubacar Sangaré du Mali… et aussi ces jeunes maliens qui ont traversé le désert pour l’Algérie frontalière du Mali en ayant d’abord opté pour une immigration clandestine vers l’Europe par les eaux tueuses de l’océan avant de trouver du travail plutôt bien rémunéré –quand ils comparent au Mali où ils n’avaient rien- et d’y rester.

Ils sont au nombre de 6 et ont emprunté le même car que moi, pour Bamako. Ils sont venus d’Algérie par Tamanrasset (ville frontalière algérienne). Ils sont emplis d’amertumes. Ils ne savent pas que j’ai déjà commencé la rédaction de ma contribution à ce billet commun. La ligne de mon article en a été transformée car je me voyais juste surveiller le racisme.

« Ces souraka (arabes) ne sont pas des humains, non, en fait c’est nous qui ne sommes pas des humains pour eux. Ils  prennent les noirs pour des ânes. Pas parce qu’ils pensent que nous ne sommes pas intelligents (même cette hypothèse aussi est possible) mais surtout en raison du manque de considération qu’ils ont pour nous autres, noirs , nous sommes comme des animaux qui ont la peau très dure et endurent tout. Quand ils te donnent un travail qu’un homme normal fait en 3h, ils veulent que tu le fasses en 1h et les voilà qui te crient dessus  « yalla !yalla ! ». » me confie celui qui a été un voisin si serviable pendant les 30 h qu’ont duré notre voyage de 1200 Km entre Gao et Bamako, Moussa.

Voyant l’un d’entre eux trainer la patte –je veux dire le pied, oubliez le bourricot !- je me suis empressée de lui demandé si c’était parce que son pantalon – Adidas, s’il vous plait – tombait trop  et laissait voir un caleçon d’une couleur orangée.

–          non, grande sœur – ce nom me colle presque à la peau- ce sont les arabes qui nous ont bastonnés là-bas

–          pourquoi ?

–           oh juste parce qu’ils ne nous aiment pas et n’acceptent pas que nous puissions gagner de l’argent chez eux, pourtant eux préfèrent ne pas travailler et  crier contre leur gouvernement.  Ils sont entrés dans notre dortoir la nuit vers 2h du matin pour nous battre et prendre tout ce que nous avions. Beaucoup ont fini à l’hôpital, nous avons choisi de revenir au Mali avec ce que nous avions caché ailleurs. Sinon ils nous ont tout pris, télé, téléphone, vêtements de marque…

–          Vous êtes rentré sans problème ?

–          Non, cela décourage de voir la conduite des hommes de tenue sur les route au Mali, de l’Algérie à ici, j’ai pratiquement perdu tout ce qui me restait. il faut arranger tous les postes. J’ai une télé écran- plat que j’ai eu envie de jeter dans le désert tellement ils m’ont fatigués. Si je savais j’allais garder l’argent pour l’acheter au Mali.

–          Tu y retourneras ?

–          Oui dès que ça se calme. Je vais prendre le temps de manger -dépenser- ce que j’ai-

–          Malgré tout ca ?pourquoi ?

–          Parce que je n’ai pas étudié et que je ne trouverai pas de travail aussi bien payé que là-bas à Bamako. Je n’ai pas de choix, sauf si je fais comme les amis, je me contente des miettes que mes frères me donneront et que passerai mon temps à faire du thé devant notre concession. Je n’ai pas le choix ! IL faut que je reparte.

Comme ce jeune Abdoul, beaucoup de jeunes maliens se retrouvent sur les routes de l’immigration clandestine pour échapper au chômage, par fierté. Chaque jour. Combien meurent dans le désert du Niger en cherchant à rejoindre la Lybie, l’Algérie ou la Tunisie ?

4.  « Douala, cet autre eldorado » par Josiane Kouagheu

Deux chèvres broutent. Un coq picore. Une poule, accompagnée de ses poussins, va à la quête des graines à picorer. Des oiseaux gazouillent. Je regarde tout ce spectacle de la gare routière de mon village. De ce qui tient lieu de gare ici. Un banc couvert de poussière, deux régimes de plantains, juste à côté. Mais ce qui m’intéressait n’était pas ce spectacle. C’était ce que je lisais dans le regard de ces jeunes qui nous observaient. Ils savaient que nous allions à Douala. Ils étaient venus nous dire au revoir. Comme toujours, ils étaient surtout venus nous entendre leur raconter nos derniers souvenirs.

Douala, cette belle ville, pensaient-ils. Pour eux, j’allais où il y avait de l’avenir. Chacun d’eux rêvait de Douala comme nous, habitants de Douala, rêvions de découvrir Paris, New-York, Berlin, Rome, Londres, Barcelone… Leurs regards sont pleins d’étoiles. Pour eux, Douala était où ils pouvaient avoir un bon boulot, un peu d’argent, une vie en rose quoi. Au village, le jeune cultivateurs « Man », par exemple, allait au champ le matin, buvait du vin de palme le soir avec ses amis au club « matango », cet espèce de bar villageois. Il regardait la télévision de temps en temps chez le grand boutiquier du village. « Monotone, moche… cette vie », disait-il dans son cœur. Il n’y avait même pas d’électricité par ici.

Et Douala devenait leur eldorado

Je l’ai lu dans leurs regards. Lors de nos discussions, ils m’observaient toujours, comme si j’étais une certaine « idole », un peu comme nous, devant les « mbenguistes », ces camerounais qui vivent en occident. Je viens de Douala, voilà ce qui les intéresse. Je peux les aider à y arriver. Ils me disent alors qu’à Douala, ils trouveront un emploi, n’importe lequel. Ils pourront tout faire. Ils me disaient avec assurance, qu’il y avait du travail pour tout le monde. Et au fil des années, certains ont réalisé ce rêve.

Ils sont arrivés à Douala. Plusieurs sont devenus des voleurs. Ils ont été tués dans « leur » Douala. D’autres sont des enfants de la rue, des prostituées. Certains ont réussis. Mais au finish, la majorité a su que Douala n’était pas cet eldorado dont ils rêvaient. Ils ont déserté leur village, cet espace plein de terres vierges, qui appellent des cultures. On peut le transformer en richesse. Mais, Douala attire. Douala, c’est leur eldorado.

Entre l’exode rural et l’immigration, le Cameroun perd ses fils

5. Danielle Cynthe Ibohn ou l’immigration culturelle

Je suis censée écrire sur l’immigration depuis une semaine. Mes copines mondoblogueuses étions biaisées par ce qui se passaient à Lampedusa. Alors nous décidâmes d’en faire un billet. Ceux qui partent et ceux qui restent. Je vais être sincère. Mon point de vue sur ce thème ne sera pas objectif. Je suis issue d’une tribu qu’on appelle les « Sawa » au Cameroun. Nous sommes le peuple de l’eau. Nous y vivons, nous nous nourrissons. Chez nous, l’ascension sociale se définit par le nombre d’immigration que fait votre famille en Europe. Je suis sûre que si vous recensez le canton « sawa » 70 % ont immigré et 30% restant cherche à y aller. Alors lorsqu’on parle d’immigration, je ne sais pas comment trop réagir.  Cependant, une chose mets tout le monde d’accord ; C’est une question culturelle l’immigration. Si pour bon nombre, elle est liée à des difficultés financières. Chez nous, ça n’y est pas forcément. Le fait d’y être est un exploit, une ascension dans la société « sawa »

Je parlerais  comme une anthropologue en immersion dont le sens de l’objectif ne peut être présent car en immersion depuis 25 ans. Pendant des années, une jeune sawa peut économiser juste pour avoir son ticket pour « mbeng » la plupart du temps, la famille ne sait ce qui se passe là-bas. Mais une chose doit être certaine. Il faut au moins un Western union par mois. Aucune fête de fin d’années ne se passe sans eux. J’aime ma tribu, mais bon. Je ne comprends cet engouement pou l’Europe. Ce n’est pas impossible pour eux de braver Lampedusa. Mais ça c’est tabou. Comment on y va, comment on y vit. Tout ce qui compte c’est l’apparence. L’arrivée est majorée par un coup de fil dont on informe le voisinage à tue tête en y répondant. Plus moderne, aujourd’hui il se traduit par les réseaux sociaux et facebook où sont affichées les photos de l’arrivée.

Na mala o Franci , j’irai  en France

Na mala o Europa, j’irai  en Europe

J’épouserai  un blanc et j’aurai  des métis

Qui sait ? Ils disent tous que c’est dans nos gènes l’immigration

Allez Son’aponda !

 

 

 

 

 

 

 

 

L’hommage de Mondoblogueurs à Ghislaine et Claude

Ghilaine et Claude à Kidal en mai 2013
Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal en mai 2013

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journaliste et technicien chevronnés de Radio France Internationale ont été assassinés après leur enlèvement dans la ville de Kidal.

Ce billet est un hommage à ces deux journalistes, morts dans l’exercice de leur fonction. Pour la liberté d’expression.

Faty, Mali

La nouvelle de l’assassinat de Ghislaine Dupont  m’a fait l’effet d’une douche froide en hivers. J’en suis restée paralysée. Hagarde. J’essaye de me rappeler le timbre de la voix de celle qui était parmi mes journalistes préférés à RFI. Je n’y arrive pas. Vite la radio.

Quelque chose m’étreint le cœur. Une douleur. Une rage. La colère. Je n’arrête pas de dire « tchrrrrrr ». Je pense : « Cette grande dame ! Pourquoi la tuer sauvagement comme ça ? »

Je ne sais quand j’ai fermé l’œil, mais c’est en écoutant RFI, comme toujours, comme  beaucoup de Maliens, d’Africains…au réveil, la douleur est encore là. Avec du dépit, de l’amertume, du découragement, de l’impuissance. C’est dommage. C’est injuste. C’est tellement sauvage…

Ghislaine et Claude sont morts pour informer.  Quand la peine est là, on ne peut s’empêcher de retourner la situation dans tous les sens. Pourquoi les avoir tués ? Pourquoi eux, à ce moment ? Tellement de journalistes « Blancs » sont partis dans ce Nord malien plein de danger et sont revenus saufs !

Journaliste. Un métier dangereux.  Même les enfants s’en sont rendu compte.

Boukari Ouedraogo , Burkina Faso, témoigne :

Conversation avec ma nièce de 9 ans le samedi 2 novembre 2013

–          Toi tu es journaliste non ?

–          Non,

–          Hiii, ce n’est pas vrai. Je t’ai vu à Canal 3°

–          Ce n’était pas moi

–          C’est toi ! Maman a dit que tu es journaliste. Toi-même tu m’as dit que tu es journaliste. Et puis la dernière fois Irène a entendu              ta voix à la Radio.

–          Donc tu as raison.

–          Papi a dit qu’on a tué des journalistes. C’est vrai ?

–           …

–          La secrétaire de papa est partie. Je vais lui dire de te prendre.

–          Pourquoi ?

–          Tu n’as pas vu qu’on tue les journalistes non ? Donc tu veux mourir ?

–           …

Michel Théra, Mali, pour avoir connu Ghislaine à Bamako n’a pu rien dire. Ni écrire pour l’instant. Il a encore les larmes aux yeux. Il promet un billet pour parler de cette grande dame qui est devenue son ami. «  C’était une si grand journaliste et une si belle voix »

Aurore  Guérin, France, pense à cette citation d’Albert Londres :

« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie, en mettant dans la balance son crédit, son honneur et sa vie. »

Gaius Kowene, Congo

« Ils pouvaient même exiger une rançon de n’importe quel montant ! Ils pouvaient même exiger des impossibles ! Je sais que François Hollande ferait tout à son pouvoir pour sauver ces deux journalistes ! »

Sinatou Saka, Bénin

« Des voix hors-pairs, du travail de professionnel, des reportages minutieux et des analyses pointues, voilà ce qu’on entend tous les jours sur Radio France Internationale. Nombreux sont les journalistes qui se battent tous les jours pour couvrir cette actualité africaine de façon rigoureuse au point de faire naître des vocations et d’impliquer les citoyen. Comme un poignard, ces islamistes nous ont arraché ceux qui donnent un sens au métier. Ils se sont attaqués à la liberté d’informer. Ghislaine et Claude ne méritaient pas ça! Mais pour eux, nous ne devons pas baisser les bras, bien au contraire, plus que jamais, il faudra terminer ce qu’ils ont commencé et révéler la vérité. Que leurs âmes reposent en paix! »

Thierno Diallo, Guinée

« Apprendre que des journalistes (que l’on avait l’habitude d’entendre) sont assassinés dans l’exercice de leur fonction constitue un coup de tonnerre pouir toute personne éprise d’informations crédibles et impartiales.  Ghislaine Dupont et Claude Verlon sont morts sur le champ d’honneur. Ils sont tombés pour l’Afrique, nous nous souviendrons d’eux pour leur courage. Je présente mes condoléances les plus attristées aux familles de disparus, à RFI et à tous les professionnels de médias. »

Assaleck Ag TITA, Mali

C’est avec une grande émotion que j’ai appris cette très triste nouvelle. Je vous prie de croire en mon affectueux soutien aux équipes de Rfi, aux familles des disparus en cette douloureuse épreuve. Mes pensées vous accompagnent. Recevez mes plus sincères condoléances.

Nos condoléances à leurs familles, à RFI, à Ziad, Simon, Raphaëlle, Pierrick, Claudy…

Adios, Ghislaine Dupont et Claude Verlon !

 

PS : Canal 3 : télévision privée du Burkina. J’ai été invité pour parler de sport.

 

Ca bouge à Gao

C’est la troisième fois que j’utilise ce titre en faisant cas de la capitale du Mali qui m’avait accueillie pour mon refuge au sud. Ça bouge à Bamako… je me demande combien de fois Baba Mahamat, mondoblogueur – qui bouge autant que moi- centrafricain qui est présentement au Cameroun, mais ayant des attaches au Tchad aussi, m’a répété cette phrase à Dakar, durant la formation de Mondoblog. Rassurez-vous ce n’est pas moi qui fait bouger les choses, je ne suis qu’un témoin d’agitations que je suis avec un calme qui vous étonnerait.

credit photo: mali-web.org
credit photo: mali-web.org

La chance d’être au bon endroit au bon moment ? C’est ce qui m’enivre, dirais-je « ce malienmalin goût pour le danger » qui me fait parfois courir des risques inopinés. Hum… quand on a failli me braquer et me prendre ma moto à 6h du matin à Bamako, je n’en ai pas fait un billet, tellement j’ai eu peur ! Aphtal en sait quelque chose…

Quand je pus enfin m’attabler pour écrire le billet, un calme reposant et un vent frais souffle sur la cité des Askia, Gao. On entend qu’un hélicoptère français voler bas dans la nuit. Cela inquièterait qui n’y est pas habitué, mais nous sommes à Gao. La ville de jeunes ‘’qui ont résisté’’ à des soi-disant « moudjahidines ».

La manifestation la plus violente à laquelle j’ai pu assister. Pourtant j’en ai vu, de manif, dans ma vie. Adolescente, déjà, je marchais pour l’USN (union des scolaires du Niger). Les bastonnades de la police et les remontrances des parents ne m’en ont pas dégouté. Etudiante, j’ai marché pour l’AEEM, enseignante, j’ai marché pour mon syndicat…militante à vie

Les groupes pseudo-islamistes ont pu faire la mesure de la témérité de ces jeunes de Gao. Si ceux de Tombouctou se sont contentés d’obéir aux sages de la ville qui leur demandaient de laisser  «  gens partir comme ils sont venus, sans victimes innocentes », ceux de Gao ont choisi le chemin de la résistance. Tous prêts à mourir pour leur liberté et la liberté de leur ville. Avec une certaine fierté tout songhoï. Quand ils disent « Gao ga kaanu ba naarii si » – Gao est bon à vivre, même quand il n’y a pas à manger- c’est avec conviction.

Ils ont parsemé la ville de drapeau du Mali, applaudit quand le MUJAO a débarrassé la vieille ville des hommes malfaisants du MNLA, d’ailleurs certains combattants du MNLA ont été lynchés à Gao. J’ai été dépassée par l’audace des animateurs de radio de la ville qui continuaient à clamer l’appartenance de la ville au Mali et la suprématie des populations noires(les songhoïs, les peulhs, les bellahs, les bozos) dans la région. c’était suicidaire.

Si les songhoïs de Tombouctou sont pacifiques, ceux de Gao, descendants de Sonni Aliber , un grand guerrier, fondateur de l’empire songhoï, sont aussi belliqueux que les touaregs, sinon plus – ce n’est pas un reproche hein !-

Les longs mois d’occupation de la ville ont permis certainement à ces jeunes qui se sont réunis dans un collectif fort actif, décidé à devenir acteur du développement de leur ville mais surtout prêts à se sacrifier pour leurs idéaux. J’avais bien été découragé de « constater la mort idéologique« qui avait envahi les jeunes à Bamako.

Quand je dis « jeunes » le terme réunit tous ces maliens, de 15 à 40 ans aussi bien élèves, étudiants que travailleurs, noyés par le combat difficile de la capitale Bamako. Il s’agit de ces associations – que je soupçonne couvrir autre chose, franc-maçonnerie –de jeunes, diplômés, tous, en vestes et cravates qui apprennent déjà à diriger le Mali quand leurs parents partiront et qui roulent dans des voitures polluantes et climatisées… surtout focalisés sur leur petite vie de bourgeois.

Je parle de ces jeunes élèves et étudiants, fils de malien lambda, qui cherchent à orienter leurs vies en tirant le diable par sa queue, sans bourses – les bourses sont pour les enfants des riches au Mali- manipulés par  une association, AEEM (Association de Elèves et Etudiants du Mali), qui continue à tremper dans les eaux boueuses des partis politiques.

Ces jeunes de Gao, crient ne vouloir qu’une seule chose…le bonheur de leur ville et ils y travaillent par un militantisme qui me réchauffe le cœur… malheureusement mon message les atteindrait difficilement avec les délestages et « la si belle » connexion internet que nous avons à Gao. Bloguer c’est bien, mais il faudrait qu’internet soit vulgarisé pour que le message passe. Plusieurs mois après mon article intitulé « maliens, indignez-vous » je me suis traitée d’un nom d’oiseau en le relisant et en me demandant combien de maliens ont pu lire ce message. Si vous les conditions de vie à Gao, internet est un luxe qui ne vous passe pas par la tête quand vous savez qu’il y a des barbus en embuscade qui ne pensent qu’à expédier des obus sur vos habitats.

Depuis l’élection d’Ibrahim Boubacar Keita à la présidence du Mali, une certaine priorité est donnée à la réconciliation et à la paix au Mali.  Bien sûr, il affirme « intolérable » la situation de Kidal – l’état et les militaires maliens sont cantonnés à la place des rebelles qui se promènent en terres conquises avec armes et guitares-

intolérable. Pourtant des prisonniers de guerre du MNLA ont été libérés, les mandats d’arrêts internationaux contres eux ont été levés, ils se pavanent enturbannés à Bamako, se « rencontrant dans la capitale pour faire une plateforme commune » à négocier à Ouagadougou. Désormais le discours est filtré – est-ce des consignes ?- On est  malien, on ne chante même plus l’Azawad dans les camps de réfugiés, on ne craint plus les représailles et veut rentrer à la maison. C’est  cette fausseté et la continuation des agissements à la « Mali du temps d’ATT » qui a rendu les jeunes de Gao furieux.

C’est unanime à Gao. Les touaregs du MNLA et leurs amis arabes – qui ont jugé prometteur de créer le MIA pour camoufler Anesardine (mouvement islamique de l’Azawad) ont détruit, pillé et violé dans la mesure de leur possibilité à Gao et ce sont eux qui jouissent des égards du gouvernement.

credit photo: maliweb.net
credit photo: maliweb.net

La grogne contre le maire de Gao a été la première chose que j’ai perçue à mon arrivée. Je le tweetais ce matin, mais on croirait que ce monsieur si élégant, n’a pas été élu par suffrage universel. Personne ne l’aime. Pourtant il a fait un grand coup médiatique lors de la reprise de ville par SELVAL. L’adage dit bien sûr que « nul n’est prophète chez lui » mais un maire aussi impopulaire, je n’en avais pas encore rencontré ! La population l’accuse de s’être enrichi sur son dos durant la crise.

La marche –trêve de digressions, car c’est le thème du billet –  réunissait plus d’un millier de jeunes déchainés contre « les agissements de Bamako », contre le maire Sadou H. Diallo, sans oublier le MNLA et autres HCA. Ils sont descendus dans les grandes artères de la ville tôt le matin.

La touche spéciale de cette marche ? Sa violence. Tous les marcheurs semblent si fâchés ! C’est ahurissant.

Ils dénoncent la composition de la délégation locale qui devrait la représenter aux assises du nord à Bamako. Mais je vous assure qu’il y a de quoi devenir rose de colère –malgré le noir prononcé de la peau des songhoïs- ces jeunes n’ont pu comprendre que les dirigeants de leur collectif ne soit pas sur la liste des invités aux assises. Ni les élus des différentes communes, les associations féminines, les associations de défense des droits de l’homme qui ont tous tellement fait pour les habitants de la ville durant la crise. Leur colère a été découplé quand ils ont appris qu’à Kidal, l’avion ouvrait ses portes à toute personne désirante d’assister aux assises. Pas de listes. Alors qu’une liste parallèle a été fournie dans le cas de Gao «  par le maire » selon les marcheurs.

Le gouvernorat de la ville, qui a été dernièrement rénové a connu une véritable pluie de projectiles. Pourtant les représentants des communes qui n’ont pu partir pour Bamako s’y trouvaient.  Les gardes républicains qui ont vu les manifestants avancer armés de bâtons et autres armes blanches n’ont pas essayé de les arrêter, au contraire, c’est en parlant avec eux qu’ils ont pu les convaincre d’arrêter de caillasser le bâtiment gouvernemental et de ne plus abreuver les pneus –censés protéger les bâtiments d’attentat suicide- d’essence et de les bruler.

Revenus à de meilleurs sentiments, grâce aux promesses d’une solution urgente au problème, les manifestants repartaient quand une brigade de la gendarmerie pointa.

Aux cris « on n’a pas peur des gendarmes » les manifestants firent marche arrière pour revenir vers le gouvernorat et se diriger cette fois-ci vers le Tizi – hôtel ? Bar ? Restaurant ? Tout cela à la fois!- appartenant au maire. Là, encore, le feu a servi. La voiture –luxueuse-du maire est partie en fumée. Encore une fois – une première fois c’était en avril 2012 avec l’entrée du MNLA à Gao- les même pilleurs ont fait leur sale besogne.

La gendarmerie a pu les disperser en usant de gaz lacrymogène. La prière d’Asr-16h- ne trouva personne sur les lieux. Les  pneus ont fini leurs combustions.

J’ai scrupuleusement suivi le journal télévisé de l’ORTM (office de radio diffusé et télévision du Mali) pour avoir confirmation de l’acceptation d’une nouvelle délégation de Gao.  Pas un mot sur la manifestation. C’est à en croire que nous ne sommes pas sur la même planète.

Un journal long, animé par une journaliste sérieusement maquillée articulant bien qui semble être convaincu –elle et tout le staff de la rédaction- que l’actualité se résume aux activités du président de la république et des membres du gouvernement.  On a eu des avis de tout genre sur et pendant ces assises : président – qui peut tout négocier sauf l’autonomie ou l’indépendance-, chef de la Minusma, maire – d’ailleurs, j’ai pu entrapercevoir le maire de Gao, toujours aussi élégant-, cinéaste, réfugié…

Un mandat d’arrêt contre l’ami de David Kpelly bombardé général ? Rumeur…

Israël se permet de canarder les troupes d’Assad ? Pas important…

Gérard De Villiers est décédé ? Les maliens ne sont pas de grand lecteurs, une disparition de Son Altesse Sérénissime Malco ne émouvra certainement pas…

Marine Lepen –Zut je ne voulais pas voir ce nom-là, aussi, sur mon blog- crée la polémique en se fustigeant contre la tenue des otages ?

Ils ne sont plus au Mali, cela ne nous regarde plus…

Si l’actualité internationale vous intéresse vous avez intérêt à chercher l’abonnement pour d’autres chaines de télévisions – pas la chaine 2 hein !-

Oh, Mali, nous voulons que cela change !!!