La jeunesse connectée, une menace pour les dirigeants africains

AAEAAQAAAAAAAAYQAAAAJGQ5OTBjOGE1LWExOTYtNDk1Yy04MmMxLWZkNWU2NjcxMjJiMg.jpgLe printemps arabe a ouvert la boite de pandore pour la jeunesse africaine. De vieux dictateurs des pays du nord de l’Afrique ont vu leur pouvoir serieusement secoué par cette jeunesse engagée et hyper connectée, qui utilise les réseaux sociaux pour se rencontrer, se mobiliser sur une place, contester…

Le printemps arabe a emporté certains régimes du nord de l’Afrique , de Moubarack à Ben Ali  et depuis les réseaux sociaux sont devenus la grande menace pour les dictateurs New Look d’Afrique  et d’ailleurs!!! c’est à qui mieux mieux trouve la solution pour faire taire ces  nouveaux activistes qui utilisent le web et ces « citoyens récalcitrants qui sont sur Twitter, Facebook, Youtube et sur des plateformes de blogging. c’est presque la mode maintenant en Afrique. S’ils pouvaient se contenter tous de faire des Blogs de Mode, Informatique, culture… Non, ils s’engagent, s’associent… Il y a même une Ligue pour ces engagés qui s’appelle Africtiviste.

La jeunesse africaine a pris d’assaut les réseaux sociaux à la faveur de la libération des marchés nationaux des télécommunications. Cela ne semble point plaire aux dirigeants qui voient en Facebook et autres Twitter des lieux où on embrigade des milliers de jeunes contre leur régime qui n’ont de démocratique que le nom.

C’est ainsi qu’on peut facilement conclure à une coalition des présidents africains contre non seulement l’essor du numérique dans le continent malgré le bel exemple Ghanéen ou Nigérian – les pays les plus connectés d’Afrique de l’Ouest- ou même l’exemple flagrant de la cote d’ivoire voisine, avec notamment un Guilllaume Soro fort offensif sur les réseaux sociaux, se refaisant une nouvelle santé politique avec des actions largement partagées.

Nos -tout – nouveau type de dictateurs  africains semblent avoir eu une bonne journée de discussion sur le sujet : il ne suffit plus d’éliminer physique le journaliste le plus gênant comme le régime Compaoré l’a fait à Norbert Zongo, ou comme, on ne sait qui, a pu le faire pour le journaliste du Sphinx de Bamako, Birama Touré, porté disparu depuis janvier 2016. Avec ces  réseaux sociaux, même une fausse information peut facilement être partagée rapidement avec les citoyens.

C’est à qui sait le mieux s’y prendre :  Sassou bloque les réseaux sociaux au Congo le temps de se faire réélire à des élections auxquelles il ne devrait même pas être candidat s’il n’avait pas  fait revoir la constitution  par ses sbires qui portent le nom de député. Mahamadou Issoufou, pourtant « Zaki , lion », qui avait déjà éliminé la menace de taille à sa réélection Hama Amadou, s’est contenté d’une coupure d’une journée. Les élections dans les pays délicats comme le Niger n’ont pas besoin de Twitter, ni de commentaire d’électeurs désabusés. De toute façon les activistes nigériens donnent beaucoup plus d’importance à la lutte sociale contre la mainmise de AREVA sur l’Uranium du Niger et bien leur prend !!!

Depuis février j’ai quitté Ouagadougou , après la formation intensive sur les défis du Sahel dans le cadre du programme de leadership au Sahel, un programme de l’USAID développé par l’initiative Oasis de l’université de Berkeley, j’ai « perdu » pratiquement nos amis leaders tchadiens du programme à cause de la nouvelle vision «  interneticide » ( le mot est de mon invention) de mon non moins admiré président Idriss Deby Itno.  Si j’admire Déby pour son grand engagement militaire dans la sous-région et la valeur guerrière de ses soldats qui n’ont pas hésité à se lancer dans un Adrar des Ifoghas craint par d’autres –qui ne devraient pas-, les  jeunes tchadiens activistes et autres militants des droits de l’homme , eux, semblent en avoir assez de ce dictateur et des frasques de sa famille. Le viol d’une jeune fille filmé et partagé sur les réseaux sociaux en a émus beaucoup, mais lorsqu’on apprend que les violeurs sont les fils de dignitaires du régime de Déby , un certain froid m’a envahi… ce que je sentis arriver vint: les violeurs ne mirent pas un mois pour s’échapper des geôles.

Au Mali, nous – un collectif d’utilisateurs des TICS au Mali- sommes lancés dans la lutte pour une baisse des prix de l’internet et une hausse de ce débit – débile par sa bassesse- que nous avons baptisé #Mali100Mega. Les 2 seuls opérateurs qui ne semblent s’être entendu avec les autorités maliennes pour empêcher tout essor dans le domaine du numérique au Mali. Les utilisateurs des réseaux sociaux sont ainsi  bien limités par cette cherté de l’internet au Mali.  Nous avons utilisé tous nos moyens :

  • Annonce publicitaire fausse pour attirer l’attention des consommateurs maliens de l’internet
  • Site internet pour exposer toutes les raisons qui nous ont poussés à créer ce collectif et cette action médiatique
  • Conférence de presse…

Pendant que nous travaillons au corps, à travers twitter,  le gros bonnet des télécommunications au Mali, Orange Mali, les autorités maliennes ont profité pour essayer leur service après vente avec Orange Mali en faisant bloquant les réseaux sociaux du 18 au 21 aout 2016.

Il faut dire que ça grondait beaucoup sur les réseaux maliens, de la communauté des blogueurs aux utilisateurs indépendants en passant par les fans de l’animateur radio Youssouf Bathily qui avait été arrêté le 16 aout et qui avait lancé un appel à la manifestation à ses troupes. le tribunal a été saccagé, et un ane malmené – SIC!-.

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De quoi avoir le soutien de , reportersansfrontier (RSF ), InternetSociety.Org et de KipItON soutiennent les utilisateurs de ces reseaux sociaux en leur founissant les liens, applications et assistance technique pour contourner la censure et surtout en dénoncer cette nouvelle manière de restreindre la liberté d’expression et d’information des citoyens.

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