L’Unesco au chevet des mausolées de Tombouctou

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20 février 2017-crépissage de la mosquée Djingareyber de Tombouctou crédit photo: Faty

 

Tombouctou, la mystérieuse et ses 333 saints font l’objet d’une attention particulière de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, les Sciences et la Culture depuis belle lurette. Cette attention s’est encore plus recentrée après la crise sécuritaire que nous avons connu en 2012 et la mise en danger du patrimoine de l’Unesco à Tombouctou qui a été fortement endommagé par les pseudo-djihadistes.

Depuis mai 2012,  14 des 16 mausolées du bien de Tombouctou ont été détruits , incluant les deux mausolées de la mosquée de Djingareyber qui est la plus ancienne mosquée de la citée mystérieuse. Le monument qui représente Alfarouk , le cavalier mythique qui veille sur les habitants a été détruit , ainsi que des milliers de manuscrits de l’Institut Ahmed Baba, environ 4200 ont été brulés ou emportés par les groupes armés . la menace de trafic illicite et de détérioration physique plane sur les 377.000 manuscrits qui ont été exfiltrés de Bamako soutient l’organisation des Nations Unis qui  a inscrit Tombouctou et le Tombeau des Askia sur la liste du patrimoine mondial en péril à la 36ème session de son comité  du patrimoine mondial le 28 juin 2012 afin de préserver ces sites et de lutter contre le trafic illicite des biens culturels.

 

Le 15 novembre 2012 le Mali a adhéré au 2ème protocole de 1999 de la convention pour la protection des biens culturels  en cas de conflit armé  (1954) qui s’inscrit dans le droit humanitaire, permettant ainsi au Mali de bénéficier des mécanismes internationaux prévus pour la protection de son patrimoine culturel.

La reconstruction des mausolées

Les premiers mausolées qui ont été reconstruits par l’UNESCO après la cérémonie officielle de lancement des travaux du 14 mars 2014 sont ceux des saints adjacents  à la mosquée Djingareyber, les saints BABER BABA IDJE et CHEICK SIDI AHMED FULANI. Ces travaux de reconstruction ont été confiés à la corporation des maçons supervisés par un bureau d’architecture AUDEX et l’appui  de la Mission culturelle de Tombouctou

En juillet 2015, date d’inauguration des mausolées par la directrice  Générale de l’UNESCO , IRINA BOKOVA, l’ensemble des 14 mausolées avaient été reconstruits avec la collaboration du ministère malien de la culture et de la MINUSMA qui à travers un projet à impact rapide a permis la réhabilitation de 3 bibliothèques de manuscrits privées de Tombouctou.

Le trafic Illicite des biens culturels

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Atelier de renforcement des capacités à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels à Tombouctou  crédit photo Faty

Dans le cadre du programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens au Mali, L’UNESCO a  organisé à Tombouctou les 17 et 18 février à Tombouctou, un atelier de renforcement des capacités à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels du Mali.

Ont pris part à cet atelier des experts dans le domaine avec notamment une équipe de l’UNESCO dont le chef de l’antenne de l’UNESCO  au Mali Hervé Huot Marchand, ADIOUMA YATTARA consultant, qui a effectué une recherche sur le trafic des biens culturels ; Yamoussa Fané de la DNPC ( direction national du patrimoine culturel)  Moulaye Coulibaly  ( DNPC) , le commissaire Elhadj Baba Wangara, commissaire de police , agent d’INTERPOL, Balla Fallo Keita  consultant, les missions culturels d’autres régions et des associations qui œuvrent dans le domaine de la protection et la promotion des biens culturels de Tombouctou et Gao  dont SankoréLabs.

Durant les 2 jours de formations, les participants ont pu connaitre l’état des lieux du trafic des biens culturels, avoir une définition du bien culturel, une définition du trafic de bien culturel avec notamment une présentation de Elhadj Baba Wangara d’INTERPOL sur les biens culturels qui font l’objet de trafic au Mali et les mécanismes qu’ils ont mis en œuvre pour lutter contre ce trafic aux frontières et dans les aéroports , notamment grâce à une collaboration entre INTERPOL et les institutions du patrimoine dans la lutte contre le pillage des biens culturels.

En prélude à cet atelier, les sites des mausolées qui ont été réhabilités ont fait l’objet d’une visite de terrain de la part des représentants de l’Unesco qui ont fait ce déplacement à Tombouctou pour cet atelier hautement important et participer au crépissage de la grande mosquée de Djingareyber.

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