Tombouctou :pleurons nos morts dans l’indifférence des autorités maliennes

Les dates du 13 et 14 août  sont dramatiques  pour le Burkina Faso et le Mali qui ont fait l’objet d’ attaques  terroristes, avec 18 morts dans chaque pays…

Si la solidarité s’est  faite autour de l’attentat  de Ouagadougou avec des directs de certaines chaines internationales très suivis en Afrique ( France24) toute la nuit que l’intervention  des forces armées  burkinabés ont mis à  démanteler le réseau des terroristes qui ont fait un véritable massacre au café  Istanbul de Ouagadougou,il en a rien été pour les attentats qui ont eu lieu au Mali.

Cela a débuté  par l’attaque  du camp des Nations Unies à  Douentza dès 5h30mn qui a fait son lot de victimes.  2 morts (un militaire malien et un casque bleu (africanité) sont annoncés par la Minusma. Mais aucune réaction. Même  pas un de ces communiqués  de presse blasé dont les autorités  maliennes ont le secret. même pas un misérable tweet, comme le ministre de la coopération en a envoyé vers minuit.

Pour l’attentat de Tombouctou, c’était des expression laconique pour certains hommes des médias maliens   » pas de sieste aujourd’hui à Tombouctou » parce que l’assaut contre le quartier général a débuté à l’heure du repas de la journée pour continuer toute la journée.

l’AFP ayant oublié de faire une dépêche, les sites maliens sont restés figés, seuls les prétendus « drogués »  et autres pages d’information qu’ils gèrent sur les réseaux sociaux. les drogués et le rédacteur en chef du courrier du Maghreb,  Pierre Piccinin Da Prata , qui avait atterrit à Tombouctou comme par hasard ce lundi et qui nous gratifia d’un article titré  » Victoire djihadistes sur l’ONU » .  Un anti-conformiste qui pourtant n’y va pas de main morte dans la spéculation et les déclaration nées de sa fertile imagination. je ne vais pas perdre mon temps à réfléchir et à répondre aux propos d’un belge qui me voit comme une indigène, d’ailleurs les indigènes lui disent d’aller voir en Syrie, si nous y sommes.

les combats entre les forces armés maliennes et la Minusma contre les assaillants ont duré plusieurs heures.

Les agents de « SECURICOM » une agence de gardiennage qui se trouvent à l’entrée du QG  de la MINUSMA qui a été attaqué ont été quasiment massacrés d’abord.  ils ne sont ni entrainés au combat, ni armés, encore moins protégés ( par de gilet par balles). Seul un casque bleu monte la garde su haut d’un minaret , le canon vers le route principale de Tombouctou qui va jusqu’au port de Koriomé.  Ils ne semblent pas savoir qu’ils ne sont que de la chaire à canon pour les précieuses vies des agents de toutes les nationalités qui travaillent dans ces lieux. Ils ne semblent penser qu’à l’emploi qu’ils obtiennent. Sinon personne n’accepteraient de garder des hommes armés en étant soi-même désarmé!!!

Ensuite d’autres sont morts. un autre civil travaillant pour la Minusma. Un gendarme malien. et plusieurs assaillants. Une quinzaine de morts , si nous ne comptons pas les terroristes, mais pas de quoi faire la une du journal télévisé du jour sur la télévision partisane. Pas un mot de compassion venant du président de la république malienne qui a enfourché « sa pirogue de fer » pour présenter des condoléances, la main sur le cœur, au peuple et au président du Burkina Faso.

Ce conflit qui se passe au Mali est bien asymétrique pour beaucoup de raison. Sa couverture médiatique est une des raisons. Que de crimes dont les populations de Tombouctou sont victimes qui sont passés au silence…

Des spécialistes auto-déclarés parce qu’ils foulent le sol de la cité des 333 saints une fois ou deux ou les opportunités de parler qui ne sont pas offertes aux habitants de cette partie du Mali.

 

Tribune : Nous disons NON parce que nous sommes aussi des maliens!

Doit-on se mêler de ce débat du Oui au Non quand on est malien ressortissant du nord ?FB_IMG_1502283040664
Parce que ce qui se passe à Bamako nous engagé aussi au nord , même si les deux plateformes ( oui et non)/se moquent pas mal de ce que pensent ou veulent les populations du nord. D’aucuns seraient tentés de me demander pourquoi une telle attaque ?
Simplement parce que nous n’avons vu personne se mobiliser pour des sujets qui touchaient à un refus des populations de Gao et Tombouctou ( Je ne sais rien de Kidal) sur l’application de l’accord de paix. Il s’agit notamment des autorités intérimaires. Pire. Le révolutionnaire accueilli par des milliers de jeunes à Bamako est allé jusqu’à accuser les jeunes de Gao , lâchement tués par des policiers maliens, de corrompus manipulés.
Gao a marché. Tombouctou a organisé tout type de marche.
La seule interventions de Bamako a été faite pour fausser les calculs et faire croire que certains étaient contre l’État malien.
Nous disons NON à ma révision constitutionnelle parce que nous n’allons pas laisser notre statut de citoyens de ce pays être bafoué. Nous n’allons plus accepter d’être des citoyens de seconde zone, qui oublient que leurs régions sont dans la totale précarité et dans une insécurité que l’État va refuse de voir.
Parce que cette nouvelle constitution, nous engagera aussi et autant que chaque malien , si jamais le Mali, les groupes armés et la communauté internationale qu’elle semble arranger réussissent, nous serons dans un cercle infernal, sinon dans un enfer. Les mêmes hommes qui nous ont envahi, qui ont tués tellement de personnes ( des maliens des tchadiens, des français, des burkinabès, des guineens…) verront leurs chefs politiques nous gouverner, faire régner l’injustice, la haine inter communautaire, le racisme… monter en flèche !
Nous disons NON parce que nous pensons que notre avis compte. Parce que nous voulons que le reste du Mali, sache qu’ils n’ont pas l’apanage de la citoyenneté. Que nous sommes les premières exposées aux menaces des djihadistes. Qu’ils nous avaient abandonné en leurs mains pendant presque une année et que c’est la menace d’une invasion de tout le territoire qui avait précipité les choses.
D’ailleurs cet abandon ne continue t-il pas?
Le gouvernement malien ne dit-il pas que cette insécurité n’est que résiduelle alors que des hommes armés enlèvent des petites filles dans des villages et les violent impunément ?
Nous disons NON à la révision constitutionnelle parce que nous ne pouvons dire OUI à cette magouille politique en faveur se parti qui se substitue à l’État.
Parce que nous en avons marre de ce pouvoir centralisé à Bamako.
Nous voudrions un référendum pour fixer tout le monde sur cette histoire l’Azawad.
Nous voudrions des élections, des vrais pour choisir nos dirigeants.
Nous voudrions que le Mali ne soit pas un pays discriminatoire, comme le laisse entendre pour la paix et la réconciliation.
Nous disons NON parce que nous voudrions une paix véritable. Avec les hommes, les femmes , les ethnies, les jeunes , les vieux de tout le Mali, sans arrières pensées de vengeance ou de guerre tribale. Pas une paix politique, qui se mesure aux signatures d’hommes politiques avec une communauté internationale.

Ras Bath ou le ras-le-bol de la jeunesse malienne

FB_IMG_1501857652249.jpgLe Mali est un pays qui traverse une zone de forte turbulence depuis le démantèlement de la république islamique de la Libye en 2011.  À cette instabilité sécuritaire créée par le retour des certains combattants touaregs de la Libye venus se greffer aux incessantes volontés indépendantistes des jeunes touaregs du MNLA ( mouvement national de libération de l’azawad).

Au coup d’État des mutins de Kati , la caserne a succédé la déstabilisation militaire et une prise du contrôle des trois grandes régions du nord ( Kidal, Gao et Tombouctou). Une multitude de groupes armés chapeautés par la grande centrale du terrorisme AQMI (Al-Qaida au Maghréb islamique), Ancardine de l’ancien rebelle Iyad Agali, le Mujao…

De l’intervention française à la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation en juin 2015, en passant par l’élection de IBK à la présidence de l’installation de la mission des nations unies au Mali (Minusma) et les multitudes d’attentats et de combats opposant les groupes armés qui se sont créés et ajoutés à ceux existant , le pays a continué à glisser sur un terrain bien dangereux.

Il est inutile de rappeler le discours du président IBK qui tournaient autour de la restauration de l’État malien et de la lutte contre la corruption. Il en a rien été. C’est à croire qu’il a brigué ce poste pour prendre sa revanche sur cette populace malienne. Ces personnes qui l’ont élu à plus de 77% pour lesquels , lui,  son gouvernement, sa famille et son parti semblent avoir un dédain d’une ampleur incroyable.

Ras Bath et d’autres ont été comme imposés par la situation. Ils sont devenus les portes drapeaux d’une jeunesse qui semble se rendre compte du fossé que la classe politique a créé entre les citoyens. Ils dénoncent les tares des gouvernants dans un langage presque orduriers. Ils interpellent, affublent ces dirigeants de surnoms moqueurs.

Avant l’arrestation de Ras Bath (qu’il a signalé par les réseaux sociaux) il y a eu le sommet Afrique France, sa préparation et tous ces mécontents créés par l’ordonnance de la gouverneur de Bamako. La grande majorité des jeunes vivent de débrouillardise à Bamako. Ils ont de petits kiosques dans les rues, certains vendants leurs objets à la sauvette.

Ami Kane y a mis fin. Ras Bath ne s’est pas fait prier pour dénoncer ces actions de deguerpissage pour un sommet qui ne fait que consacrer le larbinisme primaire de notre gouvernement envers la France. La situation lui a donné beaucoup d’autres sujets. Pratiquement chaque ministre en a pris. Les fans n’ont fait qu’augmenter parmi cette classe de jeunes.

Ras Bath en devient leur guide. Les pages et les petits ras aussi sur Facebook. La révision constitutionnelle voté en catimini par la majorité acquise au gouvernement a amplifié le mouvement d’indignation et de rejet.

Des milliers de jeunes descendent dans les rues de Bamako à 3 reprises sur appel de la plateforme du NON et pour protéger Ras Bath condamné à un procès durant une tournée en Europe.

Mais Koulouba ( le palais présidentiel malien) reste buté dans sa position.  Décidé certainement à garder le cap. Son cap. Voulant imposer ses tripatouillages constitutionnelles. Refusant de voir la réalité: le peuple risque de retirer sa confiance au président IBK et le pays risque d’être encore une fois dans une instabilité politique qui ne peut arranger nos  problèmes sécuritaires. Les mêmes groupes armés qui ont pris le contrôle des 3 régions du nord peuvent le faire aisément présentement , malgré la présence de Barkhane ou de la Minusma. Aucune de ces forces ne fera la guerre de la souveraineté à la place de l’État malien. Pire. Ils ne laisseront pas l’État le faire aussi.

L’accord pour la paix n’est pas une garantie. Combien d’accords ont été signés ?

Maintenant , il serait temps de retirer ce projet de référendum et penser aux problèmes réelles de la jeunesse, y apporter des solutions durables.