Mali: campagne électorale avant l’heure

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Remercier le président de la république du Mali semble être la ligne éditoriale choisie par certains pour lancer  l’avant campagne électorale au Mali. Avant 2018.

Réception de ressortissants d’un cercle dans la salle de banquet de Koulouba. Des déclarations qui apportent le soutien des populations dudit cercle et surtout des  » chefs religieux »
Ils seraient content du programme d’urgence du président de la république.
Nous. Nous regardons. Même pas de question cette fois-ci. Que dire ?
Des ressortissants d’une partie du Mali sont reçus au palais présidentiel parce qu’ils viennent caresser les oreilles de notre monarque.
Parce que la campagne électorale est déjà lancée. Parce que ce qu’ils font est nettement malien. Les maliens aiment tirer profit des situations. Pourquoi ne pas prendre la parti de celui qui détient encore le le pouvoir pour continuer à profiter…
D’aucuns en oublient qu’ils ont essayé d’usurper le mouvement citoyen de la jeunesse.
Ils ont oublié avoir scandé  » an te a bana »
Ils sont dans la salle des banquet si richement décorée.
Ils chantent. Presque. Les visages graves.
Pourtant ce peuple malien pour lequel vous avez si peut de respect a changé. Il n’est plus dupe. Ils pourront agir. Accepter ou rejeter vos sales coups des périodes électorales.
Alors , chers griots électorales chantez donc à la gloire du roi !

 

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Mali : l’ONU continue son folklore et adopte un régime de sanctions …

Le Mali est sous une sorte de tutelle de l’Organisation de Nations Unies ONU depuis 2013 avec la création de  la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) par sa résolution 2100 , du 25 avril 2013 par le conseil de sécurité.

Les troupes africaines de la force africaines Misma deviennent des casques bleus chargés du maintien de la paix dans un pays divisé en 2 dès l’Operation Serval.

Les troupes maliennes restent aux encablures de la ville de Kidal que l’opinion trouve donnée aux rebelles et alliés de / par la France, dans sa recherche des djihadistes dans les montagnes de l’Adrar des Ofoghas.

Si un accord de paix a été signé à l’issue du processus de paix avec certains groupes armés que la communauté internationale a choisi de legitimiser parce qu’ils n’ont pas hésité à tuer et à expulser les soldats et mes fonctionnaires maliens de Kidal après l’épisode de la visite forcée du premier ministre malien du moment Moussa Mara, le Mali entier semble glisser dans cette insécurité qualifiée de résiduelle par la cour constitutionnelle.

Des casques bleus aux soldats maliens en passant par les populations, les victimes des mines et autres attaques kamikazes sont nombreux.

En plus de Gao et Tombouctou, Mopti aussi région la zone rouge du Mali.

Les hommes de Kouffa, le marabout djihadiste qui a rejoint Iyad dans si son organisation – terroriste enfin c’est ainsi qu’eux le qualifient – ne se cache plus pour appliquer sa charia dans les zones de la région de Mopti qui sont sans protection militaire.

Il est pratiquement impossible de prendre les pistes qui lient le nord du Mali au sud , à cause des attaques à main armés, et des braquages et des crimes qui y ont lieu , sous fonds d’affrontement entre la coordination des mouvements de l’azawad et le Gatia  ( groupe d’autodéfense imaghad et allies) sous fond de considération d’appartenance tribale.

La presence de l’armée malienne, de la Minusma, de Barkhane… N’empêche pas la montée de l’insécurité dans les villes de Gao et Tombouctou. Kidal je ne saurai vous dire ce qui s’y passe, si ce n’est ces attaques contre/dans le camp de la force des nations unies qui ne cessent.

Ce sont les gros bonnets de la place : humanitaires, ONG, casques bleus,politiques , élus locaux et représentants et membres des groupes armés qui ont accès à ces voyages dans les avions des nations unies.

Les populations silencieuses sont tous les jours les victimes. Braques. Meurtres. Viols.

Mais dans ce monde de ce jour, seuls ceux qui ont décidé d’utiliser la voix de la violence ont droit à l’écoute.

Kemi Seba et l’activisme africain imposé

topelementAprès le buzz autour de l’activiste Kemi Seba, président du MDI ( Mouvement des Damnés de l’Impérialisme) et  d’Urgences Panafricanistes, qui a publiquement brûlé un billet de 5.000 F CFA, et son arrestation par la police sénégalaise sur plainte de la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest, les réactions ont été fort diverse sur les réseaux sociaux. Et je constate clairement un verbe plutôt agressif des activistes du camp de Kemi Seba envers ceux qui trouvent inapproprié de violer flagramment la loi pour rentrer dans la victimisation.

Mon impression est que les ACTIVISTES du cercle de Kemi Seba sont en train de nous faire le même procès qui a été fait à CAMARA LAYE quand le mouvement de la Négritude était à son paroxysme. Ils se donnent le droit de choisir les terrains sur lesquels tout africains qui se veut militants de la cause africaine ou panafricaine doit défendre.
Ne pas baigner dans le courant qu’ils ont imposé signifierait pour eux être un esclave consentant et acculturé!
Comment ne pas soutenir ce jeune et bel homme , qui a enfreint une loi qui vient directement de notre néocolonial ami la France, volontairement pour permettre que le débat sur la monnaie africaine encore sous contrôle de l’Occident à travers l’Empire colonial.
Comment s’épancher dans un livre autobiographique alors que d’autres luttent pour magnifier la race noire par l’écriture ? La poésie ?
Mais, après nous avons vu où la négritude a conduit certains des membres du mouvement : président complètement manipulé par la France, dont certains poèmes insultent plus qu’ils ne magnifient la négritude.
Tout activiste a une relation intime avec les sujets qu’ils défends ou qu’il combat. Parfois il y va de façon systématique, refusant toute opposition, se donnant des titres et des sobriquets aux autres qui ne le soutiennent pas.
S’il est important de reconnaitre que tous les aspects du néocolonialisme, notamment cette monnaie qui continue à être garantie par la banque de France, peuvent être combattus , il est aussi clair que l’activisme et le panafricanisme ne peut être aveugle ou imposé.
L’activisme est une action intime d’abord, ensuite communautaire.
Les activismes partent de convictions personnelles avant de s’engager dans des combats communautaires.
Oui #KemiSeba mène une lutte noble. Oui sont arrestation démontre plus que jamais que nos états sont contrôlés par la France.
Mais ce n’est pas un secret!
Le monde est aux mains de ces puissances coloniales depuis belle lurette. Oui, un activiste africains ne peut échapper à ce rejet de ce statut de personnage malnutri qui telle sous un soleil ardent pour nourrir son grassouillet maître.
Comment ne pas s’indigner de voir nos matières premières et minières pillés ?
Mais, il serait intéressant de se pencher sur le travail que font ces pseudo-esclaves pour voir les actions qu’ils mènent, les résultats qu’ils arrivent à avoir!
Pendant que vous faites le buzz, eux sont engagés sur d’autres terrains.
Nul n’a l’apanage du statut d’ACTIVISTE. Ni du PANAFRICANISME. Les insultes reviennent comme un boomerang.

Tribune : Nous disons NON parce que nous sommes aussi des maliens!

Doit-on se mêler de ce débat du Oui au Non quand on est malien ressortissant du nord ?FB_IMG_1502283040664
Parce que ce qui se passe à Bamako nous engagé aussi au nord , même si les deux plateformes ( oui et non)/se moquent pas mal de ce que pensent ou veulent les populations du nord. D’aucuns seraient tentés de me demander pourquoi une telle attaque ?
Simplement parce que nous n’avons vu personne se mobiliser pour des sujets qui touchaient à un refus des populations de Gao et Tombouctou ( Je ne sais rien de Kidal) sur l’application de l’accord de paix. Il s’agit notamment des autorités intérimaires. Pire. Le révolutionnaire accueilli par des milliers de jeunes à Bamako est allé jusqu’à accuser les jeunes de Gao , lâchement tués par des policiers maliens, de corrompus manipulés.
Gao a marché. Tombouctou a organisé tout type de marche.
La seule interventions de Bamako a été faite pour fausser les calculs et faire croire que certains étaient contre l’État malien.
Nous disons NON à ma révision constitutionnelle parce que nous n’allons pas laisser notre statut de citoyens de ce pays être bafoué. Nous n’allons plus accepter d’être des citoyens de seconde zone, qui oublient que leurs régions sont dans la totale précarité et dans une insécurité que l’État va refuse de voir.
Parce que cette nouvelle constitution, nous engagera aussi et autant que chaque malien , si jamais le Mali, les groupes armés et la communauté internationale qu’elle semble arranger réussissent, nous serons dans un cercle infernal, sinon dans un enfer. Les mêmes hommes qui nous ont envahi, qui ont tués tellement de personnes ( des maliens des tchadiens, des français, des burkinabès, des guineens…) verront leurs chefs politiques nous gouverner, faire régner l’injustice, la haine inter communautaire, le racisme… monter en flèche !
Nous disons NON parce que nous pensons que notre avis compte. Parce que nous voulons que le reste du Mali, sache qu’ils n’ont pas l’apanage de la citoyenneté. Que nous sommes les premières exposées aux menaces des djihadistes. Qu’ils nous avaient abandonné en leurs mains pendant presque une année et que c’est la menace d’une invasion de tout le territoire qui avait précipité les choses.
D’ailleurs cet abandon ne continue t-il pas?
Le gouvernement malien ne dit-il pas que cette insécurité n’est que résiduelle alors que des hommes armés enlèvent des petites filles dans des villages et les violent impunément ?
Nous disons NON à la révision constitutionnelle parce que nous ne pouvons dire OUI à cette magouille politique en faveur se parti qui se substitue à l’État.
Parce que nous en avons marre de ce pouvoir centralisé à Bamako.
Nous voudrions un référendum pour fixer tout le monde sur cette histoire l’Azawad.
Nous voudrions des élections, des vrais pour choisir nos dirigeants.
Nous voudrions que le Mali ne soit pas un pays discriminatoire, comme le laisse entendre pour la paix et la réconciliation.
Nous disons NON parce que nous voudrions une paix véritable. Avec les hommes, les femmes , les ethnies, les jeunes , les vieux de tout le Mali, sans arrières pensées de vengeance ou de guerre tribale. Pas une paix politique, qui se mesure aux signatures d’hommes politiques avec une communauté internationale.

Régulez !oui mais pourquoi ?

Crédit photo Amadou. A.WaneDepuis 3 jours, ceux qui me suivent sur Facebook ont été d’abord surpris, ensuite interpellé par mes publications courtes ( genre tweet) qui se suivent à un rythme effréné. Ils ont aussi vu  certains autres blogueurs et activistes de la communauté des blogueurs du Mali – Doniblog- l’emboîter le pas sans pour autant comprendre le sens de ces phrases presque risibles, qui se terminent par Régulez !

Régulez! est directement liée au référendum sur la révision constitutionnelle que le gouvernement malien allait organiser en juillet sans l’opposition énergique de plusieurs organisations de la société civile qui ont été rejoints par l’opposition dans une plateforme du NON.

Bien avant le 15 juillet 2017 ( jour de la marche gigantesque de la plateforme du non), bien avant ma naissance même -une phrase de ma mère- , nous savons que ceux qui arrivent à avoir le pouvoir prennent possession de tous les moyens de l’État et qu’ils le mettent au service de leur parti qui a son tour doit se battre pour les maintenir au pouvoir. Mais nous autres blogueurs aimons faire du bruit autour de certains agissement de dictateur des indépendances de nos démocrates du moment!

Régulez !

Donc moi et certains blogueurs se sont indignés de voir l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali ignorer la grande marche de la plateforme qui eu lieu le samedi 15 juillet 2017, se contentant de mettre des reportages creux sur la plateforme du OUI qui réuni les ministres de l’État, la majorité présidentielle et des associations de la société civile .

Après , ils ont bien tenté de se rattraper en diffusant des images amateurs sur la marche , alors qu’ils avaient une équipe de reportage à la place de la liberté, mais le coup était déjà parti et nous avons lancé le Hashtag #LiberezLOrtm pour réclamer la fin de cette main mise des politiques sur ce service d’État. Pour preuve , mon article précédent !

Le directeur générale n’a pas dû apprécier car s’en est suivi un grand format dans le journal de 20h du 20 juillet de la chaîne publique malienne d’information pour ne décrocher que des flèches contre les blogueurs et autres webactivistes maliens.

Ainsi, nous serions des drogués qui utilisent les réseaux sociaux pour  » insulter  » et les autorités maliennes devraient  » REGULER » tout ça !

Sans faire une quelconque explication du travail de veille citoyenne que mènent les blogueurs maliens, Régulez! c’est imposé à moi.

Pas un mot dièse, mais un point d’exclamation, comme pour marteler et faire connaitre tous ces secteurs de la vie publique , tous ces domaines qui ont besoin de régulation au Mali.

Faire connaitre les maux de notre pays qui ont besoin d’une action politique pour que le Mali amorce un pas vers la paix , la sécurité et le développement .

Régulez ! Pour dire à l’Ortm qu’ils ne sont pas les seuls à pouvoir dire quelque chose aux autorités maliennes. D’ailleurs, nous les drogués sommes écoutés, même si d’aucuns veulent faire croire le contraire en traitant nos articles et autres discussions sur les réseaux sociaux de  » débats de caniveaux » .

Le caniveau est notre quotidien. C’est notre pays. Nous le connaissons bien. Nous  savons lancer des alertes !nous ne sommes pas les adeptes de l’insulte de nos dirigeants sur les réseaux sociaux , parce que nous aimons notre pays. Il compte plus que tout pour nous !

Et j’espère ne pas offusquer un de ces drogués de la toile en utilisant le Nous à la place du Je. Sinon ils me peuvent Réguler. Le liberté d’expression est un droit inhérent à tout citoyen!

Avec Régulez, vous , nous nous (vous)faisons connaître le poids de tous les problèmes de notre pays sans verser dans la provocation.

Il s’agit d’une indignation Citoyenne !

Régulez! pour dire Indignez-vous!

 

Le Mali de plusieurs réalités : une presse muselée #3

manifestations du 17 aout 2016Les radios et télévisions de l’État.
Voici des instruments qui ont beaucoup servi et desservi les pouvoir autocratiques que nous avions eu dans nos états africains. Ils ont beaucoup participé à la décolonisation culturelle de nos papas. Ils sont devenus des capsules qui permettent de se faire des idées sur les trajectoires que prennent les différents états. Ils sont présents dans toutes familles de maliennes à l’étranger.
Je me rappelle la manière religieuse dont nous écoutions le journal, les avis et communiqués et ambiance Midi à Niamey en ondes courtes.
Le vent démocratique qui a soufflé n’a malheureusement pas permis de libérer ces organes d’État du joug du pouvoir. De la propagande des dictateurs, ils se sont convertis au service de communication rapproché des présidents et de leurs politique.
Nos télévisions nationales ( quel qu’en soit le pays) sont devenus des services pour lustrer l’image du régime et de la première dame – je ne veux dire de la famille du président .
Dans tous nos pays du Sahel, qui avons une certaine prédilection pour les coups d’État, nous voyons les militaires prendre les maisons des télévisions d’assaut en même temps que les palais des présidents.

reconciliation-nationale-lortm-simpliqueAu Mali, nous soupçonnons des choses dès la perturbation des programmes et la diffusion de certaines chansons ( Bâ Soumana Sissoko au Mali).
Les présidents africains de ces dernières années aiment se complaire dans une pseudo démocratie sans permettre aux télévisions nationales de profiter de cette indépendance éditoriale dont elles ont besoin pour jouer un rôle décisif dans le cheminement véritable de nos pays vers la démocratie.
Devons-nous nous plaindre de la conduite de notre télévision Nationale , l’ORTM alors que nous nous contentons de regarder la liberté de la presse malmenée au Mali?
Pensez-vous que les journalistes de l’ORTM sont les seuls en otage au Mali?
Devons-nous nous offusquer seulement des journaux complètement acquis au régime et à sa dérivé dictatoriale avec la révision Constitutionnelle alors que cela ne date pas d’hier ?
Moi je dis que Non!
Regardez les unes de nos journaux !
Regardez les articles griottiques qui remplissent ces papiers !

Le Mali de plusieurs réalités

le Mali fait la une des journaux depuis maintenant plusieurs années, à commencer par l’occupation des 3/4 du territoire par des groupes armés de tous bords ( indépendantistes, djihadistes, bandits et autres trafiquants de drogues affiliés à AQMI).

Ce pays a plusieurs réalités. la capitale semble à des années lumières des régions.

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Bamako. La capitale. Toute la classe politique s’y plait. Ils y font leurs coups foireux, leurs détournements de fonds, leurs transactions inimaginables. Tout le monde veut y avoir une villa. Ils se battent pour. Des policiers aux prédicateurs en passant par le rebelle indépendantistes , chacun y va de son talent à voir les biens communs à son nom.
Il ne faudrait pas que j’oublie les agents de l’administration qui soutiennent les politiques sous leurs manches en contre parti, le parti au pouvoir s’organise pour garder le pouvoir! Du bon donnant donnant. On se demande parfois qui donne le souffle à cette administration gangréné par la corruption et la népotisme.
Bamako. La capitale qui se moque bien de ce qui se passe dans les régions. Que dis-je? Des enfants y sont enseignés dans des classes en paillotes. Elle se contente de payer des milliards à des sociétés pour la rendre belle au regard des visiteurs. Elle se moque bien des problèmes que le pays connaît. Sait-elle même que le Mali devrait s’étendre jusqu’à Kidal bien qu’aucun signe de l’État , à force parler un représentant du pays , n’y sont tolérés ? Sait-elle que la menace n’est pas qu’à Kidal l’interdite, mais aussi au centre, à l’est ? Que des embuscades se font nombreuses à Nampala , juste dans la région de Ségou? Que les populations des zones reculées sont abandonnées à elles-mêmes et aux hommes des groupes armés qui n’hésitent pas à piller, voler, violer, braquer???
Et pourtant Bamako et ses dirigeants ne peuvent ignorer cette réalité. Elle se contente de se cramponner à l’accord pour la paix pour se dire que tout est rose.
Les groupes armés se vendront et Barkhane est supposé se charger de ceux qui passent pour les djihadistes. La Minusma ferra de la présence. C’est simple au final.
Oui simple. Mais triste.

Le pays nous échappe et Bamako et sa classe dirigeante reste glamour, toujours entre 2 avions. Quémandant et acquiesçant. Le citoyen malien n’a t-il pas dit que c’est la recherche du pain quotidien qui l’intéresse ?

Pourquoi les enseignants de Tombouctou sont en 1grève illimitée ? #3

Première épreuve à l'Hégire
credit photo: Faty

Ainsi donc, ce mercredi 25 avril, l’académie de Tombouctou était aux côtés de l’AEEM  ( association des eleves et etudiants du Mali) pour tenir une grand-messe au lycée de Tombouctou et assurer aux élèves qui semblent désabusés qu’il n’y aura pas d’année blanche malgre les 72 jours d’une grève illimitée des enseignants du collectif des enseignants du nord  !
Il semble que c’est seulement l’issue de l’année qui leur importe le plus!
Haha! Chers enfants, vos enseignants ne vous ont pas évalué depuis la rentrée scolaire, ils n’ont pas donné les sujets des compositions que l’administration vous à colmaté, ni procédé à leur correction, vous ne faites pas cours depuis 72 jours….mais ce n’est pas grave !
VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE !
Ils vous en assure! Ils s’entendent avec l’ AEEM , même si ce n’est pas elle qui grève ! L’essentiel n’est-il pas de ne pas rester dans la même classe pour vous et vos parents?
Vous avez bien entendu ce que vous et vos parents veulent entendre « VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE  » parce qu’ils ont pu obtenir des notes pour vous et les enfants de ceux qui sont un peu mieux lotis , qui sont dans les écoles privés ont eux étudié !
Ne vous inquiétez pas , ils vous assurent que VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE !
Vos professeurs peuvent continuer leur grève !
Vos parents peuvent rester dans leur mutisme !
Vous pouvez rester dans votre paresse!
de toute façon VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE !

Que ces fainéants d’enseignants continuent leur grève illimitée !

La face du monstre, que dis-je , du ministre sera sauve ! Ils trouveront un autre gueulard de communicateur pour venir nous dire que nos élèves n’ont pas le niveau !

Comme si c’était de notre faute !

 

Mais pourquoi les enseignants de Tombouctou sont-ils en grève illimitée? #2

FB_IMG_1493249975860La répétition est pédagogique.
Je ne me fatigue jamais à reprendre certaines choses pour que le maximum de personnes comprenne bien ce que je m’évertue à expliquer.
Les enseignants du nord du Mali font l’objet d’une dédaigne sans commune mesure de la part l’éducation nationale. C’est incroyable mais pourtant vrai!
Je ne vais pas loin. Je vous l’explique en me basant sur ma propre personne.
Je suis enseignante depuis 2007, 10 ans aujourd’hui. Je suis encore professeur titulaire. Pourtant les textes sont simples : Je devrais avancer chaque 2 ans de fonctionnaire stagiaire à professeur titulaire et de titulaire à professeur principal …
Je n’ai pu passer ma première inspection pédagogique qu’en 2015 , avec la création de la direction de l’inspection régionale de Mopti. Cela laisse notamment le paiement d’un rappel de 6 ans pour le statut de professeur titulaire, comme il a été le cas pour tous mes amis promotionnaires enseignants qui d’ailleurs ont aussi perçu les arrièrés pour la principalisation aussi. Moi j’attends encore de passer ce test! Pire, je devrais m’attendre à ne pas percevoir les rappels !
Et ben, figurez-vous que ceux des ressources humaines , dans leurs bureaux climatisés de Hamdallaye ACI 2000 ont jugé que c’était trop d’argent pour ces enseignants du nord et ont sorti une décision stipulant que seulement une année d’arriérés sera prise en charge. Essayez de compter notre manque à gagner !
D’autres, dont le gouverneur de Tombouctou, un ancien directeur de cap et d’académie diront ne pas le savoir !
Certains de la société si vile , diront ne pas le savoir !
Et ben nous n’allons jamais laisser tomber nos droits !
Ils trouvent de l’argent pour des groupuscules armés qui ont tout détruit au nord , se servant des tables-bancs de nos écoles qu’ils avaient occupé, pour bois de chauffe ! Mais nous notre dû se perd !
Nous greverons jusqu’à ce qu’on nous remette dans nos droits !

Mais pourquoi les enseignants de Tombouctou grèvent- ils ? #1

Comme un couperet qui pourrait tomber sur nos têtes, on veut nous -enseignant du secondaire à Tombouctou- faire savoir que le lycée de #Tombouctou manque de professeurs alors que certains d’entre nous perçoivent des salaires tout en travaillant dans des institutions internationales à titre personnel!
Et ben!  c’est quelque chose que notre syndicat dénonce et condamne avec énergie!
Ce coup-là est un secret de polichinelle !
Ceux qui jouissent de ces doubles emplois profitent d’un système que tout malien pourrait reprocher à cette même administration , qui permet des situations aussi malhonnêtes ! Même si ces personnes étaient dénoncées, l’affaire n’irait pas bien loin, car concernant des personnes politiquement introduites dans cette sphère administrative!
Mais faites des rapports mensongers sur les agents qui dérangent  » elle ne vient jamais en classe, elle manipule les élèves, elle parle mal de moi, cest une dévergondée, d’ailleurs elle travaille à la minusma! » Et voici ces rapports qui débarquent chez les grands manitou!
S’il est vrai que vous aviez le pouvoir et que vous allez continuer nous tenir à nous nuire administrativement , nous aussi continuerons de nous battre et de revendiquer notre droit !
Et que cette société si vile se tienne à l’écart !
Qu’elle ne nous raconte pas cette histoire de  » ce sont les enfants que vous devez voir! »
Pourquoi le gouvernement et son administration ne voit-elle pas elle aussi – et surtout – le destin des enfants ? Pourquoi laissent-ils quelques hommes nous maintenir à l’écart ? Pourquoi n’y a-t-il pas de direction régionale de l’inspection comme prévu ? Il n’y a pas d’enseignants maliens acceptant de venir servir à Tombouctou ?
Pourquoi les services financiers restent-ils à bamako alors que les banques sont-là ?
Pourquoi produire des textes juste pour nuire aux enseignants de Tombouctou ?

Notre grève illimitée dénonce cette discrimination !

Faty en plein correction
Credit Photo: Faty