Droits et devoirs de l’enfant : que connaissent les enfants sur leurs droits et devoirs dans la ville de Tombouctou ?

Le terme « enfant » désigne tout être humain âgé de moins de 18 ans selon la Convention Internationale relative aux Droits des enfants (CDE), sauf si la législation en vigueur permet l’application d’une majorité plus tôt.

droits des enfants

Le Mali, étant l’un des nombreux pays ayant ratifié la CDE et la Charte Africaine des Droits et du Bien-Etre de l’Enfant (CADBEE), dispose de la Politique Nationale de Protection et de Promotion de l’Enfant ainsi que d’autres dispositions législatives et réglementaires qui garantissent pour tous les enfants sans aucune discrimination, les droits essentiels et fondamentaux suivants :

  • Droit à la dignité à travers la protection physique et morale
  • Droit à l’éducation
  • Droit à la santé
  • Droit à avoir une identité et une nationalité
  • Droit à la non-discrimination
  • Droits à la participation, etc.

Les droits de l’enfant prennent compte de la fragilité, des spécificités et des besoins propres à l’âge de l’enfant.

Bien que notre pays ait souscrit aux engagements de la CDE et la CADBEE pour la promotion et le respect des droits de l’enfant, le constat est que les enfants subissent de multiples cas de violences, d’exploitation, de maltraitance, de discrimination et de traite violant totalement leurs droits essentiels.

Que savent-ils sur leurs droits et devoirs à Tombouctou ?

Aminata Dicko est une fille migrante travailleur. Elle figure parmi les 8.355 enfants concernés par la mobilité ayant bénéficié d’un accompagnement protecteur grâce au Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité exécuté par Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et son partenaire Enda Mali.

Aujourd’hui, l’adolescente connait ses droits et devoirs. « Je sais que lorsque je travaille pour quelqu’un, il doit me payer. S’il ne le fait pas, je connais les voies que je dois suivre (…) pour avoir ce qui me revient de droit. Je sais que je dois obéir à mes parents, mais eux aussi doivent me nourrir et me permettre d’aller suivre la formation que je suis en train de faire avec Tdh Mali. Niana Tandina qui nous forme nous explique beaucoup de choses sur nos droits et nos devoirs ».

Si Aminata Dicko a pu connaitre ses droits et devoirs, il n’est pas tout le temps pareil pour tous les enfants de la ville de Tombouctou.

HAMEY est un garçon de 12 ans qui vend du foin sur le marché Yoboutao de Tombouctou. En effet, il n’a aucune connaissance sur ses droits et ignore ce qui peut être ses devoirs. C’est un enfant qui soutient sa famille depuis son plus jeune âge en accompagnant son père au marché.

Certains enfants même scolarisés, pensent qu’ils n’ont que des droits et exigent tout de leurs parents. Mahamane Touré a 16 ans. Il est scolarisé et fréquente le lycée. Il nous confie : « Moi, je pense que mes parents doivent tout faire pour me permettre de réussir mes études (…). Plus tard, je pense que je pourrai les aider à avoir une meilleure vie si je trouve du bon boulot ».

A la question, quels sont tes devoirs ? Mahamane répond : « je dois respecter mes parents et faire ce qu’il me demandent de faire. Mais seulement cela ne doit pas m’empêcher d’aller à l’école ou cela ne doit pas porter atteinte à mon intégrité physique ».

Campagne « Talents d’enfants », un espace d’information des enfants sur les droits et devoirs à Tombouctou

Composé d’enfants scolarisés et déscolarisés, de jeunes, de parents et acteurs concernés par la protection et la promotion des droits de l’enfant, la Campagne « Talents d’enfants » s’est réalisée du 07 au 08 juillet 2018. 800 participants ont visité les 20 stands d’exposition mis en place et animés par les enfants bénéficiaires du projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité.

Des produits issus de la transformation agro-alimentaire, de la menuiserie (bois et métallique), de la coupe couture, de la coiffure, de l’embouche ont été promus. Les enfants exposants ont échangés avec leurs pairs sur ce qu’ils ont appris, sur comment ils exercent leur métier et les bénéfices qu’ils en tirent.

A la campagne, 2 thèmes éducatifs ont été mis au cœur des débats entre acteurs techniques, acteurs communautaires, enfants, jeunes et parents.

Le premier débat a concerné la « socialisation et l’exploitation des enfants par le travail : quelles sont les causes et les limites ? ». Un enseignant sociologue et le Directeur adjoint du Service régional du Travail à Tombouctou ont expliqué les notions de socialisation et d’exploitation des enfants par les enfants ; le cadre légal et les textes juridiques y afférents ; les pratiques positives et négatives actuelles à l’égard des enfants au sein des communautés; les défis à réléver pour une amélioration des pratiques de socialisation, de protection et de respect des droits de l’enfant dans la ville de Tombouctou.

Le deuxième débat, « la délinquance juvénile : prévention et accompagnement des enfants » a permis à l’un des animateurs du projet, d’expliquer et partager ses expériences de prise en charge et d’accompagnement d’enfants victimes de stupéfiants dans la ville de Tombouctou. Ce débat a abordé la situation de la délinquance juvénile dans la ville ; ses causes ; les pratiques et les structures d’accompagnement des enfants victimes.

Au délà de ces débats éducatifs, des enfants d’un club communautaire ayant été redynamisé et renforcé dans le cadre du projet, ont sensibilisé leurs pairs sur leurs droits et devoirs.

Le Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Gao et Tombouctou est exécuté grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID au Mali.

 

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Projet de protection des enfants en mobilité à Tombouctou : quel impact sur ces enfants et leurs familles ?

Lancé dans la ville de Tombouctou depuis septembre 2015, le Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité est à sa 3ième phase de mise en œuvre grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA, le bureau de l’USAID pour les secours d’urgence en cas de catastrophe à l’étranger.

Exécuté par Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) en partenariat avec Enda Mali, l’objectif de ce projet est d’apporter un appui personnalisé et collectif à 2.568 enfants victimes de la crise dans la ville de Tombouctou.

enfant bénéficiaire formation prof
Jeune fille bénéficiaire de la réinsertion socioprofessionnelle de Tdh Mali /enda Mali à Tombouctou

Pourquoi ce projet d’urgence à Tombouctou ?

A Tombouctou, la crise multidimensionnelle de 2012 a amplifié les mouvements de populations constitués de milliers d’enfants accompagnés et non accompagnés. Ces enfants et adolescents qui arrivent dans ces villes sont très souvent confrontés à des problèmes qui touchent leurs droits les plus fondamentaux. Finalement, ils se retrouvent dans des situations d’extrêmes vulnérabilités : déscolarisation ; exploitation par le travail ; mendicité ; violences (physiques, sexuelles, psychologiques) ; maltraitance ; utilisation des stupéfiants ; etc.

Selon les données du Rapport sur les mouvements de populations (CMP) d’Août 2018, les régions de Tombouctou et Gao comptent à elles seules 43% des personnes déplacées internes (PDI) dont 28% (19.696) à Tombouctou et 15% (9.754) à Gao. La plus grande majorité de ces PDI se trouvent dans les communes de Tombouctou, Gourma Rharous, Gao et Bourem. En outre, 53% des PDIs sont des enfants dont 30% de filles et 23% de garçons.

Quelles réponses sont apportées à ces enfants et aux communautés ?

Dans le but d’améliorer un environnement protecteur à ces enfants concernés par la mobilité, le projet intervient sur 3 axes.

  1. Amélioration de la réponse communautaire :

Le projet travaille avec huit (8) associations de femmes, d’enfants et de jeunes ainsi que les chefs de quartier, le réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE), les gouvernements d’enfants en milieu scolaire et les clubs au niveau communautaire.

Cette collaboration permet d’identifier les enfants victimes de violences, d’abus, d’exploitation et de négligence ; de les référer vers des structures de protection ; de faciliter leur prise en charge, leur accompagnement et leur suivi au sein des communautés.

Cette approche communautaire a permis de toucher et protéger 16.671 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité dans la ville de Tombouctou.

  1. Amélioration de la réponse institutionnelle :

Un comité local de pilotage des interventions du projet est très actif et fonctionnel. Il est présidé par la Mairie de la commune urbaine de Tombouctou. Ce comité regroupe les structures techniques de l’Etat concernées par la protection et la promotion de l’enfant dans la ville et la région (protection, santé, éducation, emploi et formation professionnelle, travail, sécurité et protection civile, etc.).

Ce comité regroupe aussi des acteurs communautaires afin de permettre une coordination efficace des réponses de protection. 571 acteurs ont bénéficié diverses sessions de renforcement de capacités sur la protection et l’approche mobilité ; l’Accompagnement Protecteur des Enfants (APE) ; l’Accompagnement Social Personnalisé (ASP) ; etc.

enfant en mobilité bénéficiaire du projet
Jeune fille en mobilité ayant bénéficié de la formation profesionnelle

Depuis mars dernier, les autorités communales de Tombouctou ont révisé le Plan de Développement Social, Economique et Culturel (PDSEC 2016-2020) et intégré les besoins et réponses des enfants vulnérables. L’objectif du PDSEC est d’apporter une réponse globale et cohérente à 3.250 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité dans la commune urbaine de Tombouctou prenant en compte l’ensemble de leurs besoins.

  1. Articulation entre la protection formelle et la protection non formelle :

A Tombouctou, l’insuffisance de cadre d’échanges entre acteurs communautaires et institutionnels constitue un frein à une protection efficace des enfants surtout des enfants victimes de violences, d’abus, d’exploitation et de négligence. Avec le projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans la ville de Tombouctou, il a été tenu 5 cadres d’échanges ayant mis en relation 159 acteurs.

Ces cadres sont des occasions pour favoriser la revalorisation et l’application des pratiques endogènes de protection autrefois utilisées par les communautés car elles sont de nos jours négligées et ou abandonnées.

Des actions directes ayant été apportées aux enfants concernés par la mobilité à Tombouctou

  • Des activités d’accueil, d’écoute et d’orientation en langues locales ;
  • Des activités psychosociales et de sensibilisation;
  • Des cours d’alphabétisation et en compétences de vie courante (santé, hygiène, protection, droits et devoirs de l’enfant) ;
  • L’apprentissage en 13 filières de métier librement choisies par les enfants et jeunes (coupe couture, teinture, coiffure, boulangerie, embouche, électricité solaire, maintenance informatique, mécanique moto, menuiserie métallique, restauration, etc.) ;
  • Les équipements d’installation dans chacune des filières de métier choisies ;
  • Le suivi continue des actions à travers des animateurs et le comité local de pilotage du projet présidé par la mairie et composé d’acteurs communautaires et institutionnels.

 

Du 07 au 08 juillet dernier, Tdh Mali et Enda ont organisé à Tombouctou, la Campagne « Talents d’enfants ». Cette campagne de protection et de promotion des droits de l’enfant a permis à 800 participants de voir et apprécier le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet. Ces deux jours de campagne ont proposé 20 stands pour l’exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (ayant été formés, dotés, installés à leur propre compte); des prestations de sketch et jeux éducatifs ; des débats communautaires pour l’amélioration d’un environnement protecteur des enfants dans cette ville affectée par la crise.

Protection des Enfants Associés aux Forces et Groupes armés : problématique et état des lieux à Tombouctou

enfant soldatLe Mali a connu une crise sécuritaire en 2012 durant laquelle les 3 régions du nord étaient occupées par des groupes armés qui ont ouvertement utilisé des enfants comme combattants ; ont pratiqué le mariage forcé avec les enfants notamment les jeunes filles, les utilisant ainsi comme des esclaves sexuels. Ces enfants ont subi toutes les souffrances et violations de leurs droits les plus fondamentaux.

Le terme générique « enfant soldat » a évolué et donné lieu et place à « Enfants Associés aux Forces ou Groupes Armés (EAFGA) » selon le Droit Humanitaire International. « L’enfant soldat » est une personne âgée de moins de 18 ans enrôlée par une entité armée ou un groupe armé régulier ou irrégulier, quelle que soit la fonction exercée par l’enfant. Les « enfants soldats » peuvent être utilisés pour des travaux subalternes tels que la cuisine, porteur, messager.

C’est le fait que ces enfants ne sont pas dans une relation de famille et sont acteurs d’une situation de guerre qui fait d’eux des victimes d’abus, violant ainsi la Convention Internationale relative aux Droits de l’enfant (CDE). Selon les principes et meilleures pratiques du Cap (Afrique du Sud) de 1997[3], parlant des enfants soldat, « elle ne concerne donc pas uniquement les enfants qui sont armés ou qui ont porté des armes ».

Y-a-t-il des EAFGA à Tombouctou ?

Au cours des opérations du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) à Gao, la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations-Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) avait identifié quinze (15) enfants mineurs âgés de 14 à 17 ans parmi les combattants des groupes armés avant d’ordonner leur retrait des troupes. Heureusement à Tombouctou, il n’en a pas été cas dans le cadre du MOC de cette vielle ville.

Cependant, la présence d’enfants associés aux forces et groupes armés restent encore une réalité malheureuse dans la région de Tombouctou où les groupes armés prolifèrent, avec une grande présence des groupes terroristes qui font régner la terreur parmi les populations des zones rurales reculées où on ne voit pas de présence militaire.

Quelles sont les causes essentielles de l’utilisation des enfants dans le conflit malien ?

A cause de leur appartenance à une couche défavorisée, faible et influençable de la société, des enfants sont utilisés pour participer à des actions violentes et à des exactions militaires par les groupes terroristes ou les mouvements armés dans les conflits.

Ils sont facilement des butins de guerre (enlevés au cours des attaques contre les communautés) ou sont offerts par les chefs de famille en guise de contribution à l’effort de guerre ou pour prouver l’appartenance de la famille aux mouvements armés.  Ils peuvent également être simplement donnés ou vendus par les maitres coraniques auxquels ils sont confiés par leurs familles pour l’apprentissage coranique.

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un educateur expose le travail des enfants du projet de Tdh, OFDA/USAID, Enda

La pauvreté des familles, la méconnaissance des textes et droits de l’enfant et une fuite des responsabilités des parents expliquent aussi le phénomène des enfants associés aux forces et groupes armés à Tombouctou, ville complètement enclavée et victime des précarités avec une économie qui tourne autour de l’agriculture familiale, l’élevage et la pêche.

Quel dispositif de lutte contre le phénomène ?

Plusieurs mesures peuvent aider à lutter contre ce phénomène.

  1. La Prévention : il s’agit de la sensibilisation pour faire connaitre les textes juridiques internationaux protégeant les enfants (Convention Internationale contre les Pires formes de Travail des enfants ; Convention internationale relative aux Droits de l’Enfant ; la Charte Africaine des Droits et du Bien-Etre de l’Enfant, etc.) qui garantissent le respect de tous les droits de l’enfant partout dans le monde et sa dignité en tant qu’être humain.
  2. Le Retrait : celui-ci consiste à tout entreprendre pour que l’enfant victime soit retiré des forces et groupes armés. Ce retrait est possible au terme d’un long processus de négociation et de sensibilisation des groupes ou mouvements armés. Il est important de savoir que la négociation est surtout privilégiée par les organisations de protection de l’enfance avec les groupes armés réguliers.
  3. La Démobilisation ou (le retour à la vie civile) : Elle est considérée comme le moment où les enfants souffrent le plus des conséquences psychologiques de la guerre. Leurs traumatismes sont sévères et, malheureusement, durables. C’est pourquoi il est essentiel de leur fournir un soutien psychologique.
  4. La Réinsertion des enfants : elle est une étape importante dans le processus de lutte contre le phénomène des enfants associés aux forces et groupes armés.

A Tombouctou et Gao, l’ONG Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et Enda Mali exécutent avec d’autres partenaires locaux, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID (le Bureau de l’USAID pour les Secours d’Urgence en cas de Catastrophe à l’Etranger).

L’objectif de ce projet est de réduire les risques de vulnérabilités des enfants notamment des enfants déplacés internes, des enfants migrants travailleurs et des enfants à risque de mobilité.

Ce projet offre aux enfants, aux familles et aux communautés, un cadre de protection individuelle et collective. Il assure des actions de prévention et de réponses aux cas de protection en situation d’urgence. Le projet renforce la formation des acteurs locaux ; l’accompagnement socio-professionnel des enfants vulnérables. Il propose et ou améliore les réponses communautaire et institutionnelle de protection. Il favorise l’articulation entre la protection formelle et non formelle à travers l’appui à la mise en place et au fonctionnement de cadres de concertation des acteurs communautaires et institutionnels de protection à Tombouctou et Gao.

Grâce au projet à Tombouctou, 3 espaces communautaires de prévention et de protection appelés « Point Espoir » existent et fonctionnent en faveur des enfants vulnérables précisément dans les quartiers de Sareikeyna, Hammabangou et Abaradjou. Ces espaces constituent des lieux de rassemblement, d’information/expression et d’empowerment qui  redonnent  de l’espoir à des enfants partageant des conditions de vie similaires et difficiles notamment les enfants concernés par les mobilités (économiques, sécuritaires, apprentissage et des enfants à risque).

 

Le « Point Espoir » reste surtout un lieu de détection des enfants qui ont besoin de prise en charge spécifique et ou d’accompagnement spécialisé. Depuis septembre 2015 (démarrage du projet), 1.800 enfants vulnérables ont bénéficié d’activités psychosociales dans les trois Points Espoir à Tombouctou.

 

Quant à la réinsertion socio-économique, à Tombouctou, 220 enfants concernés par la mobilité ont été formés, dotés et installés à leur propre compte. Ils exercent aujourd’hui les métiers de leur choix ; subviennent à leurs besoins de façon autonome ; soutiennent leurs familles qui sont défavorisées et aident leurs pairs à apprendre et sortir des vulnérabilités actuelles.

 

L’éducation des enfants en situation difficile : Comment se passe-t-elle à Tombouctou ?

Activité club d'enfant.jpgTous les enfants, sans aucune distinction ont droit à une bonne éducation leur garantissant un meilleur avenir. Cette éducation constitue une vraie préoccupation pour les parents notamment ceux dont les conditions de vie sont très précaires. Et cette précarité de vie des parents est source de multiples vulnérabilités pour les enfants ; elle rend leur éducation très difficile.

La précarité des familles, un facteur de négligence des enfants à Tombouctou

Plus d’un enfant en situation difficile à Tombouctou a abandonné l’école parce que les conditions de vie des familles ont entrainé la négligence et conduit très souvent les parents à ne plus accomplir leur devoir parental ou s’occuper de l’éducation des enfants qui en ont fondamentalement besoin pour leur bien-être et leur avenir.

Bien vrai que l’école publique est dite gratuite au Mali, de milliers de parents ne cherchent plus des alternatives ou d’appui local pour amener leurs enfants à l’école. Par contre, ils préfèrent les laisser à la maison ou de les envoyer uniquement à l’école coranique au motif qu’ils n’ont rien à manger.

En plus des enfants sur place à Tombouctou, ceux dont l’éducation est de plus en plus difficile sont les « talibés » qui sont des enfants en mobilité. Les « talibés » viennent généralement des localités environnantes de la ville de Tombouctou. Ils sont confiés à des maitres par leurs propres parents pour apprendre le « Coran ». Une fois en ville, ce confiage et apprentissage se transforment, en de l’exploitation économique de ces enfants à travers la mendicité, principale source de survie pour ces maîtres et perpétuelles situations de violations des droits de ces enfants « talibés ».

Quelles réponses à cette situation dans les communautés

Dans le but de changer cette situation pour ces enfants vulnérables et d’améliorer un environnement plus protecteur, des ONG et acteurs locaux collaborent au niveau communautaire et institutionnel.

Depuis septembre 2015, l’ONG Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) exécute avec Enda Mali et d’autres partenaires locaux, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID (le Bureau de l’USAID pour les secours d’urgence en cas de catastrophe à l’étranger).

Ce projet a un important volet communautaire qui travaille avec huit (8) associations de femmes, d’enfants et de jeunes ainsi que les chefs de quartier, le réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE), les gouvernements d’enfants en milieu scolaire et les clubs au niveau communautaire et les structures techniques de l’Etat.

Ces organisations en collaboration directe avec le Centre d’Animation Pédagogique (CAP) et le Comité local de pilotage du projet, aident à la réinsertion scolaire des enfants ayant abandonné l’école ou facilitent l’insertion scolaire aux enfants non scolarisés.

Avec l’adoption du PDSEC de la commune urbaine de Tombouctou (Plan de Développement Social, Economique et Culturel), révisé en mars dernier, la marie de la ville prévoit d’offrir de la réinsertion scolaire à, au moins 1275 enfants d’ici 2021.

Au moins 975 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité seront alphabétisés et orientés sur le plan socio professionnel. D’ici 2021, 500 enfants vulnérables bénéficieront de la formation professionnelle et ou d’une réinsertion socio-économique.

L’objectif global de protection de la mairie de la commune urbaine de Tombouctou est d’apporter une réponse globale et cohérente à 3.250 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité d’ici 2021, prenant en compte l’ensemble de leurs besoins.

Enfants et Risques Explosifs de Guerre à Tombouctou

La ville de Tombouctou fut occupée par des groupes armés d’avril 2012 à janvier 2013. En effet, les populations de la veille ville ont assisté à une prolifération des armes et risques explosifs de guerre qui restent dangereusement mortels.

A Tombouctou comme dans toutes les localités au nord du Mali, la présence des forces nationales et étrangères ; les mouvements des groupes armés ; la fréquence répétée des attaques en milieu urbain et rural ; ont hélas augmenté l’exposition des enfants et jeunes en particulier aux risques d’explosion et d’engins explosifs.

Les Restes explosifs de guerre restent mortels pour les enfants et les civils

Je me rappelle encore de ces deux premières victimes à Tombouctou. Ils étaient deux enfants « Talibés » ayant ramassé d’engins explosifs dans les alentours du camp militaire de la ville. Ils sont décédés des suites de blessures occasionnées par l’explosion.

D’autres cas ont survenu dans les villages environnants de la commune urbaine de Tombouctou et d’autres villes de la région.

sensibilisation d'enfants aux enfins explosifs
sensibilisation de jeunes enfants par la MINUSMA (c) MINUSMA

Depuis l’installation de la MINUSMA (mission des nations unies pour la stabilisation du Mali) en juillet 2013 au Mali, l’UNMAS (l’organisme des nations unies pour la lutte antimines) a répertorié 233 incidents provoqués par des engins explosifs improvisés. Ceux-ci ont occasionné la mort de 85 personnes dont 26 soldats de la MINUSMA et 348 blessés parmi lesquels figurent 153 casques bleus. Ces statistiques laissent comprendre que les populations civiles restent une part importante des victimes des engins explosifs.

Des acteurs de protection s’y intéressent…

Pour nettoyer et dépolluer les sites et terrains contaminés lors des opérations de combat; informer et former pour la protection contre les risques explosifs de guerre ; lutter contre les mines ; il existe l’UNMAS et ses partenaires, l’unité Cambodgienne de la MINUSMA, des ONG comme HUMANITE & INCLUSION (ex. Handicap International) ; Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et son partenaire local, Enda Mali.

L’UNMAS a fourni de grands efforts dans le nettoyage. Depuis 2013, avec ses partenaires humanitaires de l’action anti mines, ils ont dégagés plus de 4 millions mètres carrés de terrain au Mali contre les risques explosifs de guerre.

Ils se sont engagés dans la sensibilisation de masse notamment à l’endroit des enfants et jeunes scolarisés et non scolarisés.

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séance de sensibilisation par des boites d’image de Handicap International (C) Handicap International

 

 

Aussi, ces acteurs ont formé des animateurs et journalistes des régions de Tombouctou et Taoudénit sur l’identification et la déclaration des engins suspects qui seraient découverts par les communautés.

Un commandant de la section Cambodgienne a souligné que « c’est suite aux informations reçues que nous pouvons réagir. Nous agissons surtout en faveur de la population parce que n’importe qui peut être victimes d’une mine ou d’une munition non explosée ».

De la sensibilisation ponctuelle et continue auprès des enfants…

Des émissions radiophoniques ; des grandes affiches urbaines ; des affiches posters dans les lieux publics ; des sketchs par les enfants mêmes au niveau scolaire et communautaire sur les mines et les restes explosifs ; sur les bons et mauvais gestes ; ont été multipliées par UNMAS et ses partenaires.

Des causeries éducatives à travers des animateurs composés d’enfants et de jeunes et utilisant les boites à images ont été réalisées par des ONG comme HUMANITE & INCLUSION (ex. Handicap International). Les équipes de l’ONG se déplaçant de village en village, expliquent aux communautés les dangers liés aux restes explosifs de guerre et les gestes de base pour mieux se protéger. L’ONG contribue aussi à la prise en charge psychosociale et médicale des enfants victimes des restes explosifs de guerre.

Des clubs et gouvernements d’enfants encadrés par Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et son partenaire Enda Mali, animent régulièrement des causeries éducatives à leurs pairs dans les écoles et dans les quartiers afin qu’ils perçoivent largement les risques et dangers des restes explosifs de guerre et qu’ils deviennent les premiers acteurs de leur propre protection. Ces activités s’inscrivent dans le cadre des interventions du Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans la ville de Tombouctou lancé en septembre 2015 grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Être enseignant au nord du Mali

Tableau noir
credit photo: maliactu.com

Le Mali est un pays incroyable. Le ministère de l’éducation  est encore plus incroyable! Mais Il résume parfaitement cette chose à b laquelle je ne trouve pas de nom. Certains l’appellent  politique.
Quand tu es un jeune enseignant recruté par ce qui est devenu la fonction publique des collectivités, tu rentre s dans une zone de turbulence financiere qui est pire que le chômage. Ainsi, jeune enseignant tu peux faire au moins 5 mois sans recevoir ton premier salaire.
Quand tu décides ou que tu te retrouves contre ton gré, enseignant au nord du Mali, tu vas te retrouver dans une drôle de situation. Tu te retrouves subordonné d’une  administration scolaire qui devrait être décentralisée et déconcentrée, Mais qui est loin de l’être.
En plus de l’absence des services financiers dont le retour n’a pas été jugé primordial par l’état, tu te rendras compte que ceux qui sont sur place, sont là juste pour s’arranger  avec le système et l’utiliser d’abord  à leur avantage.
Donc , ne sois pas étonner qu’un d’entre  eux t’appelle et te menace. Et parce que tu traînes des pieds pour rejoindre ce post d’enseignant  qui t’expose , tu pourras  même  recevoir des coups de fils, des menaces de COUPER LES SALAIRES que tu n’as pas encore commencé à recevoir.
Oui.
Et mets-toi en lien avec les syndicalistes, car eux seuls défendrons tes droits et t’informerons quand il y aura des nouvelles pour toi. Je ne veux point te débaucher ou te faire peur, mais sache que tu peux faire une décennie  sans passer un seul test pédagogique si tu ne décides pas d’aller faire ces tests à  tes frais dans la capitale. C’est  mon cas. Mais je dois t’avouer  que je n’ai pas eu de chance car malgré ce test passé à Bamako, je suis toujours professeur titulaire, à un seul niveau au dessus de toi qui viens d’arriver. Pourtant j’y suis depuis 2007.

Si tu enseignes dans institut  de formation des maîtres comme moi, c’est  encore pire. Car tu te retrouves avec des élèves et  certains collègues ( quand ils ne sont pas originaire du territoire) qui sont là presque contre leurs gré ! Tu te retrouveras dans cette histoire de « nordistes » et « sudistes ».

Si tu es une femme et que tu enseignes dans cet institut-là qui devrait être bilingue est qui est aux mains de personnes qui pensent défendre l’islam et qui comme beaucoup de ces medersas  dont dont sortent enseignants arabophones et élèves, tu es mal barrée!

Mais tu peux t’imposer par le travail et la culture de l’excellence. Ta volonté.

Je te dis bienvenu! Dieu est grand.

L’enseignement, l’école est trop importante pour le développement de notre pays pour baisser les bras.

Faut se battre pour arriver quelque part au Mali.

Pourquoi les enseignants de Tombouctou sont en 1grève illimitée ? #3

Première épreuve à l'Hégire
credit photo: Faty

Ainsi donc, ce mercredi 25 avril, l’académie de Tombouctou était aux côtés de l’AEEM  ( association des eleves et etudiants du Mali) pour tenir une grand-messe au lycée de Tombouctou et assurer aux élèves qui semblent désabusés qu’il n’y aura pas d’année blanche malgre les 72 jours d’une grève illimitée des enseignants du collectif des enseignants du nord  !
Il semble que c’est seulement l’issue de l’année qui leur importe le plus!
Haha! Chers enfants, vos enseignants ne vous ont pas évalué depuis la rentrée scolaire, ils n’ont pas donné les sujets des compositions que l’administration vous à colmaté, ni procédé à leur correction, vous ne faites pas cours depuis 72 jours….mais ce n’est pas grave !
VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE !
Ils vous en assure! Ils s’entendent avec l’ AEEM , même si ce n’est pas elle qui grève ! L’essentiel n’est-il pas de ne pas rester dans la même classe pour vous et vos parents?
Vous avez bien entendu ce que vous et vos parents veulent entendre « VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE  » parce qu’ils ont pu obtenir des notes pour vous et les enfants de ceux qui sont un peu mieux lotis , qui sont dans les écoles privés ont eux étudié !
Ne vous inquiétez pas , ils vous assurent que VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE !
Vos professeurs peuvent continuer leur grève !
Vos parents peuvent rester dans leur mutisme !
Vous pouvez rester dans votre paresse!
de toute façon VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE !

Que ces fainéants d’enseignants continuent leur grève illimitée !

La face du monstre, que dis-je , du ministre sera sauve ! Ils trouveront un autre gueulard de communicateur pour venir nous dire que nos élèves n’ont pas le niveau !

Comme si c’était de notre faute !