Mais pourquoi les enseignants de Tombouctou grèvent- ils ? #1

Comme un couperet qui pourrait tomber sur nos têtes, on veut nous -enseignant du secondaire à Tombouctou- faire savoir que le lycée de #Tombouctou manque de professeurs alors que certains d’entre nous perçoivent des salaires tout en travaillant dans des institutions internationales à titre personnel!
Et ben!  c’est quelque chose que notre syndicat dénonce et condamne avec énergie!
Ce coup-là est un secret de polichinelle !
Ceux qui jouissent de ces doubles emplois profitent d’un système que tout malien pourrait reprocher à cette même administration , qui permet des situations aussi malhonnêtes ! Même si ces personnes étaient dénoncées, l’affaire n’irait pas bien loin, car concernant des personnes politiquement introduites dans cette sphère administrative!
Mais faites des rapports mensongers sur les agents qui dérangent  » elle ne vient jamais en classe, elle manipule les élèves, elle parle mal de moi, cest une dévergondée, d’ailleurs elle travaille à la minusma! » Et voici ces rapports qui débarquent chez les grands manitou!
S’il est vrai que vous aviez le pouvoir et que vous allez continuer nous tenir à nous nuire administrativement , nous aussi continuerons de nous battre et de revendiquer notre droit !
Et que cette société si vile se tienne à l’écart !
Qu’elle ne nous raconte pas cette histoire de  » ce sont les enfants que vous devez voir! »
Pourquoi le gouvernement et son administration ne voit-elle pas elle aussi – et surtout – le destin des enfants ? Pourquoi laissent-ils quelques hommes nous maintenir à l’écart ? Pourquoi n’y a-t-il pas de direction régionale de l’inspection comme prévu ? Il n’y a pas d’enseignants maliens acceptant de venir servir à Tombouctou ?
Pourquoi les services financiers restent-ils à bamako alors que les banques sont-là ?
Pourquoi produire des textes juste pour nuire aux enseignants de Tombouctou ?

Notre grève illimitée dénonce cette discrimination !

Faty en plein correction
Credit Photo: Faty

TechCamp Mali 2014, il m’a fallu un tweet

Credit Photo: Faty
Credit Photo: Faty

Je devrais formuler autrement et dire, il m’a fallu juste twitter pour me frayer ce chemin vers ce statut de trainer (formateur) à la première TechCamp qui a eu lieu au Mali. Si ce n’est trop long comme titre.

Oui juste twitter, mon blog sur Mondoblog est ensuite venu donner plus d’ampleur et donner une certaine visibilité à mon travail de citoyen témoin, qui a refusé l’occupation et a  crié son désespoir et celui de toute la population d’une vieille ville qui reste encore connue-prestige passé ?- Tombouctou.

ET pas possible que cela devienne une rengaine, car au fur et à mesure que je progressais dans le journalisme citoyen, je me rendais compte qu’il était possible de partager mon expérience pour empêcher à mon pays de retomber dans les travers qu’il a connus ces dernières années. Certaines situations font que seul le  citoyen lambda peut porter l’information, en plus il peut être acteur à part entière du processus de démocratisation qui a du mal à s’affirmer dans des coins comme l’Afrique.

Avant de recevoir ces mails du Département of State et du Community of Democracies, fin du mois de mars, j’étais juste tranquille dans mon coin, écrivant très peu et lisant beaucoup de billets de blog, addicted à Twitter et aux débats autour de la vie politique malienne, jouant ma partition d’activiste qui dénonce les travers de la politique malienne et  continuant avec mon grain de sel personnel : l’ironie consciente et accusatrice.

Je vous avoue que je n’hésite pas à taguer le premier ministre malien, me réjouissant qu’il ait un compte Twitter. Il paraît que le Mali est en marche et que la démocratie s’instaure, et pourtant je trouve toujours à en redire via Twitter, car je suis sceptique, il faudrait que je le fasse savoir.

Pensez-vous que je dois faire attention comme beaucoup d’amis me l’ont recommandé ?

Malheureusement, je ne sais pas faire attention, je ne peux faire attention à ce que je dis lorsqu’il s’agit de mon pays.  Je crois que c’est mon devoir de faire ce travail via les médias sociaux. Bien sûr plus de la moitié des Maliens ne sont pas connectés à internet et  nous sommes encore au stade des médias traditionnels ici : télé, radio -surtout !- et même arbre à palabres, mais bon, il faudrait commencer par un point de départ ! Twitter et un petit téléphone chinois que je suis arrivée à connecter au réseau 3G – je ne sais plus comment- m’ont permis d’attirer bien d’attention sur ma modeste personne d’enseigne, autodidacte en informatique qui est devenue un véritable geek.

Une séance de formation, credit photo: Faty
Une séance de formation, credit photo : Faty

Donc me voici, formatrice pendant deux jours sur le thème de l’utilisation des médias sociaux par la société civile africaine avec une quarantaine de participants venant de l’Afrique francophone et 7 autres formateurs de plusieurs nationalités  et deux coachs du département d’Etat américain… deux jours formidables d’échanges et de discussions que je promets de vous relater dans un prochain billet.