L’éducation des enfants en situation difficile : Comment se passe-t-elle à Tombouctou ?

Activité club d'enfant.jpgTous les enfants, sans aucune distinction ont droit à une bonne éducation leur garantissant un meilleur avenir. Cette éducation constitue une vraie préoccupation pour les parents notamment ceux dont les conditions de vie sont très précaires. Et cette précarité de vie des parents est source de multiples vulnérabilités pour les enfants ; elle rend leur éducation très difficile.

La précarité des familles, un facteur de négligence des enfants à Tombouctou

Plus d’un enfant en situation difficile à Tombouctou a abandonné l’école parce que les conditions de vie des familles ont entrainé la négligence et conduit très souvent les parents à ne plus accomplir leur devoir parental ou s’occuper de l’éducation des enfants qui en ont fondamentalement besoin pour leur bien-être et leur avenir.

Bien vrai que l’école publique est dite gratuite au Mali, de milliers de parents ne cherchent plus des alternatives ou d’appui local pour amener leurs enfants à l’école. Par contre, ils préfèrent les laisser à la maison ou de les envoyer uniquement à l’école coranique au motif qu’ils n’ont rien à manger.

En plus des enfants sur place à Tombouctou, ceux dont l’éducation est de plus en plus difficile sont les « talibés » qui sont des enfants en mobilité. Les « talibés » viennent généralement des localités environnantes de la ville de Tombouctou. Ils sont confiés à des maitres par leurs propres parents pour apprendre le « Coran ». Une fois en ville, ce confiage et apprentissage se transforment, en de l’exploitation économique de ces enfants à travers la mendicité, principale source de survie pour ces maîtres et perpétuelles situations de violations des droits de ces enfants « talibés ».

Quelles réponses à cette situation dans les communautés

Dans le but de changer cette situation pour ces enfants vulnérables et d’améliorer un environnement plus protecteur, des ONG et acteurs locaux collaborent au niveau communautaire et institutionnel.

Depuis septembre 2015, l’ONG Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) exécute avec Enda Mali et d’autres partenaires locaux, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID (le Bureau de l’USAID pour les secours d’urgence en cas de catastrophe à l’étranger).

Ce projet a un important volet communautaire qui travaille avec huit (8) associations de femmes, d’enfants et de jeunes ainsi que les chefs de quartier, le réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE), les gouvernements d’enfants en milieu scolaire et les clubs au niveau communautaire et les structures techniques de l’Etat.

Ces organisations en collaboration directe avec le Centre d’Animation Pédagogique (CAP) et le Comité local de pilotage du projet, aident à la réinsertion scolaire des enfants ayant abandonné l’école ou facilitent l’insertion scolaire aux enfants non scolarisés.

Avec l’adoption du PDSEC de la commune urbaine de Tombouctou (Plan de Développement Social, Economique et Culturel), révisé en mars dernier, la marie de la ville prévoit d’offrir de la réinsertion scolaire à, au moins 1275 enfants d’ici 2021.

Au moins 975 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité seront alphabétisés et orientés sur le plan socio professionnel. D’ici 2021, 500 enfants vulnérables bénéficieront de la formation professionnelle et ou d’une réinsertion socio-économique.

L’objectif global de protection de la mairie de la commune urbaine de Tombouctou est d’apporter une réponse globale et cohérente à 3.250 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité d’ici 2021, prenant en compte l’ensemble de leurs besoins.

Mais pourquoi les enseignants de Tombouctou grèvent- ils ? #1

Comme un couperet qui pourrait tomber sur nos têtes, on veut nous -enseignant du secondaire à Tombouctou- faire savoir que le lycée de #Tombouctou manque de professeurs alors que certains d’entre nous perçoivent des salaires tout en travaillant dans des institutions internationales à titre personnel!
Et ben!  c’est quelque chose que notre syndicat dénonce et condamne avec énergie!
Ce coup-là est un secret de polichinelle !
Ceux qui jouissent de ces doubles emplois profitent d’un système que tout malien pourrait reprocher à cette même administration , qui permet des situations aussi malhonnêtes ! Même si ces personnes étaient dénoncées, l’affaire n’irait pas bien loin, car concernant des personnes politiquement introduites dans cette sphère administrative!
Mais faites des rapports mensongers sur les agents qui dérangent  » elle ne vient jamais en classe, elle manipule les élèves, elle parle mal de moi, cest une dévergondée, d’ailleurs elle travaille à la minusma! » Et voici ces rapports qui débarquent chez les grands manitou!
S’il est vrai que vous aviez le pouvoir et que vous allez continuer nous tenir à nous nuire administrativement , nous aussi continuerons de nous battre et de revendiquer notre droit !
Et que cette société si vile se tienne à l’écart !
Qu’elle ne nous raconte pas cette histoire de  » ce sont les enfants que vous devez voir! »
Pourquoi le gouvernement et son administration ne voit-elle pas elle aussi – et surtout – le destin des enfants ? Pourquoi laissent-ils quelques hommes nous maintenir à l’écart ? Pourquoi n’y a-t-il pas de direction régionale de l’inspection comme prévu ? Il n’y a pas d’enseignants maliens acceptant de venir servir à Tombouctou ?
Pourquoi les services financiers restent-ils à bamako alors que les banques sont-là ?
Pourquoi produire des textes juste pour nuire aux enseignants de Tombouctou ?

Notre grève illimitée dénonce cette discrimination !

Faty en plein correction
Credit Photo: Faty

TechCamp Mali 2014, il m’a fallu un tweet

Credit Photo: Faty
Credit Photo: Faty

Je devrais formuler autrement et dire, il m’a fallu juste twitter pour me frayer ce chemin vers ce statut de trainer (formateur) à la première TechCamp qui a eu lieu au Mali. Si ce n’est trop long comme titre.

Oui juste twitter, mon blog sur Mondoblog est ensuite venu donner plus d’ampleur et donner une certaine visibilité à mon travail de citoyen témoin, qui a refusé l’occupation et a  crié son désespoir et celui de toute la population d’une vieille ville qui reste encore connue-prestige passé ?- Tombouctou.

ET pas possible que cela devienne une rengaine, car au fur et à mesure que je progressais dans le journalisme citoyen, je me rendais compte qu’il était possible de partager mon expérience pour empêcher à mon pays de retomber dans les travers qu’il a connus ces dernières années. Certaines situations font que seul le  citoyen lambda peut porter l’information, en plus il peut être acteur à part entière du processus de démocratisation qui a du mal à s’affirmer dans des coins comme l’Afrique.

Avant de recevoir ces mails du Département of State et du Community of Democracies, fin du mois de mars, j’étais juste tranquille dans mon coin, écrivant très peu et lisant beaucoup de billets de blog, addicted à Twitter et aux débats autour de la vie politique malienne, jouant ma partition d’activiste qui dénonce les travers de la politique malienne et  continuant avec mon grain de sel personnel : l’ironie consciente et accusatrice.

Je vous avoue que je n’hésite pas à taguer le premier ministre malien, me réjouissant qu’il ait un compte Twitter. Il paraît que le Mali est en marche et que la démocratie s’instaure, et pourtant je trouve toujours à en redire via Twitter, car je suis sceptique, il faudrait que je le fasse savoir.

Pensez-vous que je dois faire attention comme beaucoup d’amis me l’ont recommandé ?

Malheureusement, je ne sais pas faire attention, je ne peux faire attention à ce que je dis lorsqu’il s’agit de mon pays.  Je crois que c’est mon devoir de faire ce travail via les médias sociaux. Bien sûr plus de la moitié des Maliens ne sont pas connectés à internet et  nous sommes encore au stade des médias traditionnels ici : télé, radio -surtout !- et même arbre à palabres, mais bon, il faudrait commencer par un point de départ ! Twitter et un petit téléphone chinois que je suis arrivée à connecter au réseau 3G – je ne sais plus comment- m’ont permis d’attirer bien d’attention sur ma modeste personne d’enseigne, autodidacte en informatique qui est devenue un véritable geek.

Une séance de formation, credit photo: Faty
Une séance de formation, credit photo : Faty

Donc me voici, formatrice pendant deux jours sur le thème de l’utilisation des médias sociaux par la société civile africaine avec une quarantaine de participants venant de l’Afrique francophone et 7 autres formateurs de plusieurs nationalités  et deux coachs du département d’Etat américain… deux jours formidables d’échanges et de discussions que je promets de vous relater dans un prochain billet.