Madame Konaré, la paix au Mali doit être une affaire malienne d’abord….

Prof. Adam Ba Konare

La crise politique que le Mali connait semblait ne pas beaucoup intéresser certains acteurs passés – ou pas- de la vie politique malienne  jusqu’à cette visite du tout nouveau président français Papa Macron ( pour conserver le respect dû au président de notre mère  patrie colonisatrice).

Quelle surprise de voir Madame Ba attendre que les français élisent Macron à la présidence  de notre pays  de la France pour lui adresser une lettre ouverte, de plus. 

Bien belle , la leçon, mais je la trouve bien en retard, et surtout à la mauvaise personne.  mais bof! d’autres me diront que seuls les présidents surtout ont le pouvoir de sortir notre historienne de renom de sa retraite.  Sa dernière réaction médiatique date de la visite du si bien nommé, Nicolas Sarkozy à Dakar,  sur  le « drame de l’Afrique » qui  viendrait du fait que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. […].

Nous autres maliens sommes passés par milles malheurs évènements du coup d’état du loufoque capitaine Sanogo à l’occupation de Kidal par le conglomérat de rebelles apatrides , de pseudo-djihadistes et de narcotrafiquants coupeurs de chemins.

Nous avons beaucoup encaissés, mais Madame Ba – et son mari,  l’ancien président de la république du Mali Alpha Oumar Konaré – sont restés muets. A en croire que la vie politique du Mali, l’occupation du pays, ce président promeneur que les circonstances ont conduit au pouvoir  ( et qui d’ailleurs semble l’avoir oublié) .

une lettre ouverte qui commence par des commentaires sur les conditions des élections en France, des éloges du tout jeune président que la France s’est trouvé , face à la menace la dame au discours nationaliste et xénophobe.    » Il est donc là, ce nouveau président, jeune et beau. Beau comme un Dieu grec, ou comme une star de cinéma. Mais ça, c’est une autre histoire… », évoquant les états d’âmes du peuple français et les missions que Macron se proposait pour ce quinquennat au sommet de l’état français  » rendre aux Français cette confiance en eux depuis rendre longtemps affaiblie parce que depuis des décennies, la France doute d’elle-même »…

je n’ai pu étouffer un rire de pleine gorge!!! les français!! les français!!!! la France !!!Macron!!! PS!! République!!!!

Mais diantre où mettez vous le Mali dans cette lettre madame Ba?

N’êtes vous pas malienne? le Mali ne vous préoccupe t-il pas plus que cette France???

Nous aurions aimé savoir ce que Madame Ba pensait de notre président ou de son enfant qui semble se préparer à hériter du pouvoir par le truchement d’un nouveau parti d’état!!!

« Et pourtant, votre champ de bataille, le Sahel, est miné, tant au propre qu’au figuré, monsieur le Président. Les populations du Nord Mali le savent. Ne vous laissez pas emporter par la seule fougue guerrière. N’exaltez pas la seule solution militaire.  »
dites-vous pour évoquer le complexe problème sécuritaire que nous connaissons au Mali.  c’est à croire que le Mali et tout le sahel sont un département de la France!!!

c’est vrai que c’est un champ de bataille, mais qui accueille d’autres combattants, notamment l’armée malienne et la MINUSMA  qui ont autant de victimes que la force française dont vous parlez si bien dans cette lettre pas aussi ouverte que cela.

Madame, vous semblez réduire la connaissance du problème sécuritaire du Mali  aux populations du nord Mali  du nord DU Mali , a y croire qu’ils sont les seuls à savoir que la solution militaire ne peut y apporter la paix .

Pourtant l’Etat français est bien situé dans cette histoire de rebellion cyclique que nous connaissons au nord dès les premières heures de l’indépendance malienne. Vous êtes historienne. Je ne pense pas vous l’apprendre!
Je ne pense pas vous apprendre non plus que l’accord de paix est imposée à ces populations qui n’ont d’autre issu que de l’accepter. Bien que des membres de société civile y auraient participé , nous savons qui et comment sont ces représentants. Les autorités intérimaires en sont la preuve. Le gouvernement malien s’est entendu avec les groupes armés pour distribuer la gestion des régions aux les membres des groupes armés, sans aucune considération pour la volonté ses populations. La communauté internationale est le garant d’un pacte international en faveur de ceux qui ont attaqué la république et l’ont mis en péril ! Ils font des campagnes de sensibilisation aux différentes structures sur l’accord de paix , comme s’il s’agissait de ces compagnes de sensibilisations que nous connaissons sur des problèmes de santé ou l’abandon de pratiques néfastes , alors que les meurtres, les vols, les viols, les braquages de villages entiers continuent dans le grand nord.
La voix de la paix et l’avis de la population pour avoir la paix n’a aucune valeur aux yeux de la France qui continue son lobbying.
Chère professeur, ce qui est en train d’être mis en œuvre est bien éloigné de la paix véritable et de la réconciliation des communautés qui ont été durement éprouvées par ce conflit ! Malheureusement, c’est du ramassé qui est encore une fois entrain d’être fait, avec un détachement désolant ! On ne pense encore qu’au profit !

Qaund on fait venir les anciens rebelles pour essayer de nous berner alors que la douleur et le ressenti de l’occupation, cette injustice qui semble entérinée sont un grand obstacle à la paix.
Madame. Merci pour votre lettre.
Merci de quitter ce mutisme des intellectuels que nous autres maliens lambdas ne comprenions pas.
Merci de rester une intellectuelle embourgeoisée !
Loin des problèmes réels du Mali, qui écrit une lettre ouverte au président français au lieu d’en écrire une au président promeneur que nous avons!
Merci de ne voir une solution au problème du Mali uniquement qu’en  la France.
Merci !
Vraiment !
Madame.

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Mais pourquoi les enseignants du nord du Mali sont en grève illimitée ? #4

Une rue de Tombouctou

Carte sur table!

C’est une chose de n’avoir pas ouvert des IPRES( inspection pédagogique régionale de l’enseignement secondaire) dans les régions du nord. C’en est une autre de faire déplacer les professeurs servant hors des chefs-lieux des régions pour se faire inspecter dans les chefs-lieux des régions.

Les agents normalement se font inspecter sur leur lieu de travail. Les inspecteurs ne touchent-ils donc pas des frais de déplacement ? Prétexter être la cible de prédilection des bandits, me semblent être encore une fois, un argument tiré par les cheveux. Trop, c’est trop.

Carte sur Table !
Qu’est ce qui maintient les services financiers des régions du nord à Bamako?
Nulle part dans ce monde, nous ne sommes à l’abri des désagréments de l’insécurité. Les bandits armés ne s’intéressent qu’à l’argent liquide, pas à la paperasse. Prétexter être la cible de prédilection des bandits armés est un argument un peu tiré par les cheveux.
Aussi, pour avoir un papier ou une signature qui, en temps normal, n’est que l’affaire d’une heure au plus, il faut attendre des semaines. Pour la prise en charge des accessoires de salaire, il faut des fois plusieurs « aller-retour » à Bamako. A ces maux, s’ajoutent les erreurs et les omissions devenues fréquentes ces temps-ci, dans le traitement des salaires. Trop, c’est trop.

Signé Dramane Traoré, secrétaire aux revendications du collectif  des enseignants du nord , professeur de Mathematiques au Lycée Mahamane Alassane Haidara de Tombouctou

 

8 mars, Luttons pour l’émancipation des femmes tous les jours

Le 8 mars. Journée internationale des droits des femmes ou journée international du folklore et d’un certain dédain qui caractérise bien l’opinion générale concernant la femme etrès son émancipation.

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Ceux qui se mettent en scène en train de couper des oignons ou de porter des enfants au dos juste aujourd’hui, je vous dis que vous ne faites que vous ridiculiser en pensant être progressistes sinon ouverts à la cause de l’émancipation des femmes.
Nous savons ce que vous pensez au fond de nous.
Vous pourriez permettre au monde de changer en changeant de comportement. En arrêtant tous ces comportements qui font de la couche majoritaire de la société une couche défavorisées.
Luttez pour que vos femmes aient les mêmes salaires que leur collègues hommes.
Luttez pour soustraire vos femmes au harcèlement sur leur lieu de travail au lieu de les accuser à votre tour, sans chercher le fond des problèmes.
Luttez pour que chaque petite fille soit inscrite à l’école et qu’elle ne soit pas contrainte de quitter l’école uniquement pour être mariée à un vieux salopard.
Luttez pour que finissent certaines traditions avilisantes comme le mariages précoce, les mutilations génitales…
Luttez pour que vos filles soient des scientifiques, des journalistes, des femmes politiques, des cheffes d’entreprises. …
Luttez pour que ce monde arrête d’être injuste avec les femmes …
Luttez pour le bonheur de tous !

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Luttez pour que tous les jours soient des 8 mars!

L’Unesco au chevet des mausolées de Tombouctou

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20 février 2017-crépissage de la mosquée Djingareyber de Tombouctou crédit photo: Faty

 

Tombouctou, la mystérieuse et ses 333 saints font l’objet d’une attention particulière de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, les Sciences et la Culture depuis belle lurette. Cette attention s’est encore plus recentrée après la crise sécuritaire que nous avons connu en 2012 et la mise en danger du patrimoine de l’Unesco à Tombouctou qui a été fortement endommagé par les pseudo-djihadistes.

Depuis mai 2012,  14 des 16 mausolées du bien de Tombouctou ont été détruits , incluant les deux mausolées de la mosquée de Djingareyber qui est la plus ancienne mosquée de la citée mystérieuse. Le monument qui représente Alfarouk , le cavalier mythique qui veille sur les habitants a été détruit , ainsi que des milliers de manuscrits de l’Institut Ahmed Baba, environ 4200 ont été brulés ou emportés par les groupes armés . la menace de trafic illicite et de détérioration physique plane sur les 377.000 manuscrits qui ont été exfiltrés de Bamako soutient l’organisation des Nations Unis qui  a inscrit Tombouctou et le Tombeau des Askia sur la liste du patrimoine mondial en péril à la 36ème session de son comité  du patrimoine mondial le 28 juin 2012 afin de préserver ces sites et de lutter contre le trafic illicite des biens culturels.

 

Le 15 novembre 2012 le Mali a adhéré au 2ème protocole de 1999 de la convention pour la protection des biens culturels  en cas de conflit armé  (1954) qui s’inscrit dans le droit humanitaire, permettant ainsi au Mali de bénéficier des mécanismes internationaux prévus pour la protection de son patrimoine culturel.

La reconstruction des mausolées

Les premiers mausolées qui ont été reconstruits par l’UNESCO après la cérémonie officielle de lancement des travaux du 14 mars 2014 sont ceux des saints adjacents  à la mosquée Djingareyber, les saints BABER BABA IDJE et CHEICK SIDI AHMED FULANI. Ces travaux de reconstruction ont été confiés à la corporation des maçons supervisés par un bureau d’architecture AUDEX et l’appui  de la Mission culturelle de Tombouctou

En juillet 2015, date d’inauguration des mausolées par la directrice  Générale de l’UNESCO , IRINA BOKOVA, l’ensemble des 14 mausolées avaient été reconstruits avec la collaboration du ministère malien de la culture et de la MINUSMA qui à travers un projet à impact rapide a permis la réhabilitation de 3 bibliothèques de manuscrits privées de Tombouctou.

Le trafic Illicite des biens culturels

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Atelier de renforcement des capacités à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels à Tombouctou  crédit photo Faty

Dans le cadre du programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens au Mali, L’UNESCO a  organisé à Tombouctou les 17 et 18 février à Tombouctou, un atelier de renforcement des capacités à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels du Mali.

Ont pris part à cet atelier des experts dans le domaine avec notamment une équipe de l’UNESCO dont le chef de l’antenne de l’UNESCO  au Mali Hervé Huot Marchand, ADIOUMA YATTARA consultant, qui a effectué une recherche sur le trafic des biens culturels ; Yamoussa Fané de la DNPC ( direction national du patrimoine culturel)  Moulaye Coulibaly  ( DNPC) , le commissaire Elhadj Baba Wangara, commissaire de police , agent d’INTERPOL, Balla Fallo Keita  consultant, les missions culturels d’autres régions et des associations qui œuvrent dans le domaine de la protection et la promotion des biens culturels de Tombouctou et Gao  dont SankoréLabs.

Durant les 2 jours de formations, les participants ont pu connaitre l’état des lieux du trafic des biens culturels, avoir une définition du bien culturel, une définition du trafic de bien culturel avec notamment une présentation de Elhadj Baba Wangara d’INTERPOL sur les biens culturels qui font l’objet de trafic au Mali et les mécanismes qu’ils ont mis en œuvre pour lutter contre ce trafic aux frontières et dans les aéroports , notamment grâce à une collaboration entre INTERPOL et les institutions du patrimoine dans la lutte contre le pillage des biens culturels.

En prélude à cet atelier, les sites des mausolées qui ont été réhabilités ont fait l’objet d’une visite de terrain de la part des représentants de l’Unesco qui ont fait ce déplacement à Tombouctou pour cet atelier hautement important et participer au crépissage de la grande mosquée de Djingareyber.

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Je suis malienne et mon president est un sapeur congolais

000_arp4068386_0Le president malien, Ibrahim Boubacar Keita -IBK-a été  élu président à une periode critique, 2013. le pays etait divisé en deux, le sud entre les mains d’une junte insaisissable , décidée à garder le pouvoir et à maintenir le pays dans un état vegetatif et le nord abandonné aux mains de groupuscules armés parfois nourris à l’eau d’Aqmi quand ils ne sont pas indépendantistes , sinon pires -Djihadistes-.

IBK , a battu campagne sur la fibre patriotique des maliennes, avec son fameux slogan  » le Mali d’abord ». Les maliens attendaient l’IBK tranchant du temps où il etait premier ministre de Alpha Oumar Konare, ils se retrouvent avec un president voyageur, plutôt absent et même parfois etrange, sinon étranger .

f903155909e77138e5f4b1af11c895fd_hEn fait, mon impression, est que notre président est congolais et qu’il appartient à cette société des sapeurs et des ambianceurs si célèbre. Nous le savions bon viveur, les mauvaises – ou bonnes – langues disent que c’est sa vie à Paris qui en a fait un jouisseur, mais nous decouvrons que c’est un vieil homme bien elegant, qui ne se laisse point faire par l’âge ou la maladie.

Notre president est toujours tiré à quatre épingles, portant l’habit de maître – styliste-pour la circonstance adéquate, avec ce chapeau et cette belle rose qui aère ses tenues.

fb_img_1479216567263Le sapeur n’a pas d’âge, Le regretté Papa Wemba nous l’avait appris, mourant dans une belle tunique Versace. IBK en est l’exemple. Il est tellement versé dans la mode qu’il a créé son propre modèle – pour parler français malien,  il s’agit d’une manière de coudre le bazin.- il y a le modèle IBK , que lui même aime porter quand il s’habille traditionnellement, le préférant en blanc et le completant d’un bonnet blanc,  d’une belle montre suisse. Parfois , je me demande s’il ne voyage pas avec une coiffeuse, enfin je veux dire un coiffeur-maquilleur car le monsieur a toujours le visage luisant, même quand il tient des dicours tristounet et laisse échapper quelques larmes.

Devrions-nous etre tristes -nous maliens- de voir que le pays n’a pas bougé d’un iota malgré toutes ces négociations, ce gros document d’accord, ces communiqués de presse de toute par, toutes ces cérémonies ? Nous avons un président élégant, qui a un vocabulaire recherché qui voyage beaucoup.

A l’heure où jécris ce billet , notre  president represente élégamment le Mali au Maroc, bien que le ministre Mbo, minsitre de l’environnement et du developpement durable y soit.

N’est-ce pas le voyage qui construit l’homme ?

Mali: retour vers le passé #1

manifestations du 17 aout 2016

La date du 17 aout est rentré solennellement dans  l’histoire du Mali. Il y avait bien sur déjà eu des alertes pour des menaces sur la liberté d’expression dans ce pays qui se veut démocratique après le coup d’état du 22 mars 2012 qui a remis ses comptes de démocratie à zéro. En effet; le journaliste Birama Touré est porté disparu depuis le 29 janvier 2016. Mais c’est l’arrestation du chroniqueur radio Mohamed Bathily qui a mis le feu aux poudres.

En effet , celui qui est appelé  Ras Bath ou encore Rasta est connu pour ses émissions peu tendres qui ont des thèmes basés sur l’actualité, s’en prenant à des membres du gouvernements, des acteurs de la vie politique malienne … Rasta non seulement ne mâche pas ses mots pour dénoncer la corruption , le népotisme, les religieux, les griots…, mais en plus , n’hésite pas à appeler certains par leurs noms avant de les qualifier de mots peu courtois – insultes-.

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Il a son auditoire, qui écoute son émission – carte sur table- religieusement, prenant ses déclarations pour argent comptant, se contentant de ses  » j’ai des preuves » pour  toute preuve.

J’ai forgé mon opinion sur le « rasta » dès la première émission que j’ai vu qu’il présentait sur la deuxième chaine de télévision nationale – oui ! la chaine 2 de l’ORTM qui s’appelle TM2- où il présentait une émission sur le rastafarisme assaisonné de citoyenneté dans un langage qui ne m’a point plu car jonglant du français au bambara avec parfois quelques citations en anglais.

Quand un animateur qui se dit activiste ne trouve à redire que sur les connexions politiques de la jeunesse de Gao lorsque 3 d’entre eux sont abattus lors de la marche. Nous savons tous – au Mali- que tous les mouvements et associations des jeunes sont instrumentalisés et manipulés par les politiques au Mali, du nord au sud, mais cela ne permet pas de dénigrer les efforts de ces jeunes de Gao pour le Mali. Encore moins de cracher sur ces innocentes personnes qui ont été les victimes des balles de militaires maliens.  Son discours était différent quand ce sont les casques bleus de la Minusma qui ont tiré sur les mêmes jeunes de Gao, qui , j’ai l’impression , son pris pour de la chair à canon!!! d’autres – les adeptes de rasta et un désormais ami de la CMA, il se reconnaitra!- diront certainement que ce sont mes origines et mon lieu de vie – Tombouctou- qui me rapprochent des jeunes de Gao, et que mon opinion est conditionné.

Mais je ne pense point qu’on puisse se dire musulman, aimer son prophète Mohamed et refuser la profession de foi!!! Allah est seul est unique! Tu te dis activiste, militant des droits de l’homme et accepter qu’on tire à balle réelle sur des citoyens sortis manifester!

Il faut dire que le désormais célèbre Ras Bath avait ses raisons et choisissait les victimes à chaque emission, au grand plaisir de ses fans.

Son clash avec le prêcheur Bandjougou a défrayé les chroniques à Bamako en juillet, ensuite a suivi les émissions sur les déguerpissements des kiosques sur les voies publiques initié par la gouverneure de Bamako AMI KANE, puis l’armée malienne et son général Didier Dacko…

Et voici l’animateur vedette de la radio Maliba annoncer son interpellation vers 20h par la police juste avant un numéro de son émission « Carte Sur Table ».

Et , ses amis – ou pas- de lancer à travers les réseaux sociaux des appels à manifestation pour qu’il soit libéré durant l’audience qui a été annoncé pour le 17 aout.

Et voici la cours du tribunal envahit par des manifestants de tout genre; téléphones  en mains, criant de libérer leur messie, leur porte parole, celui qui ose dire au Mali ce que d’autres n’osent – enfin selon eux hein!!!- quelle auteur disait que la foule  » aime le peuple, craint la foule »?

La foule-là s’est défoulé, détruisant le tribunal, brulant les voitures qui s’y trouvent , y compris celle d’un des avocats de Ras Bath.

Mais , malheureusement un des manifestant est mort , sous la balle assassine des forces de l’ordre… et le Mali bascula sous une dictature – enfin pour moi hein!!!-. c’est à croire que les nombreux voyages de notre monarque ont porté! Un de ses derniers hôtes a dû lui glisser le coup du blocage des réseaux sociaux!!!

(à suivre…)

 

Faty

Activiste-Blogueuse

Accord d’Alger, enfin la paix au Mali?

credit: Koulouba.ml
Poignée de mains entre les délégations à Alger

C

Cela fait 4 jours que l’accord de tant de désaccords a été paraphé à Alger, sans les groupes armés composant la coordination des mouvements de l’Azawad. Cela fait 4 jours que je ne rate plus un seul journal télévisé pour voir les tentatives désespérées de ceux que la majorité des Maliens ont porté au pouvoir essayer de sauver la face, leur face de vendeurs de nation, de vendus.

C’est seulement mon rationalisme qui m’empêche de dire que le président du Mali est le premier des rebelles, car lui et son parti– le parti de tous les Maliens qui veulent garder leurs postes ou en avoir de nouveaux au Conseil des ministres – font que les rebelles trônent à l’Assemblée nationale. Il nous a bien eu avec son discours à l’eau de nationalisme parfumé de populisme. Les Maliens ne pensaient pas du bien de ses prédécesseurs en élisant le descendant de Soundiata. 74% des voix des Maliens pour le Mali d’abord. Mais malheureusement, pour 100% des Maliens ; cela a été la famille d’abord, ensuite le confort du président qui s’est offert un jet dans des conditions de passation de marché bien douteux et les rebelles et leurs groupes armés à la fin.

J’ai tellement envie de les insulter… mais quoi cela servira-t-il ? les Maliens sont endormis ; comme tétanisés par la dure vie qu’ils sont obligés de mener quand ils n’ont pas accès à une caisse de l’État pour se remplir les poches aux dépens des autres, si ce n’est de racketter les autres aux carrefours et autres postes de contrôle.

Oui nous pauvres Maliens sommes comme fatigués de cette histoire, de cette guerre bizarre contre ces hommes bleus, armés jusqu’aux dents , venus de Libye qui ont décidé de créer un Etat sur les 2/3 du territoire malien en commençant par égorger une centaine de militaires en janvier 2012 pour faire fuir le reste et du même coup leur permettre de pratiquer le repli stratégique.

De janvier 2012 à janvier 2013 grâce –ou à cause ? Quelle ingratitude penserait un français !- à Serval, la montée des djihadistes vers Bamako a été enrayée, les mêmes groupes armés qui s’étaient alliés à Aqmi pour et aux pseudo-djihadistes, saccageant tout ce qui représente l’Etat malien et toute infrastructure-même sanitaire-, jusque dans les villages à majorité touaregs – être touaregs était un des arguments pour justifier ces rebellions répétitives contre le Mali- ont eu une nouvelle virginité, oubliant crimes et fortraitures, servant de guides aux français dans l’Adrar des Ifoghas et se réarmant sous l’œil mécontent des militaires maliens stoppés aux encablures du fief des rebelles touaregs (en tout cas ils sont arrivés à convaincre le monde sur cet état de fait).

Cet accord d’Alger, comme les précédents qui ont été signés chez notre grand voisin – qui semble épris de la paix au Mali-sont des sortes de boomerang qui résolvent le problème des rebellions touarègues du Mali de surface, en ignorant superbement les autres ethnies, leurs sentiments et même leur existence dans un territoire sur lequel les Touaregs et leurs alliés arabes – pour appeler un chat par son nom- sont minoritaires. Ces accords ne font que conduire doucement vers une scission du Mali, déjà que c’est le Sénégal qui nous a abandonné dans notre grande fédération du Mali. Maintenant les amis (si on peut les considérer comme tel) veulent nous aider à mettre fin à cette rébellion en fermant les yeux sur les exactions de leur amis (des vrais cette fois-ci !) rebelles.

D’abord les accords Tamanrasset signé le 6 février 1991 avec l’insaisissable Iyad Aghaly, secrétaire général d’un mouvement populaire de l’Azaouad scelle la démilitarisation du nord du Mali. Les forces armées maliennes éviteront les zones de pâturage et les zones à forte concentration de populations dans les 6° et 7° régions actuelles dans l’article 6 de l’accord de Tamanrasset en plus de l’intégration des rebelles dans l’armée nationale, avec leurs grades dans les groupes armés. Ces accords ont été consolidés par le pacte national d’avril 1992.

Ensuite viennent les premiers accords d’Alger qui ont la dénomination de « ACCORD D’ALGER POUR LA RESTAURATION DE LA PAIX, DE LA SECURITE ET DU DEVELOPPEMENT DANS LA REGION DE KIDAL » du 4 juillet 2006. Comme le précise le titre, il est surtout tourné vers la région fief, bizarrement, parce que arabes et touaregs des régions de Tombouctou et Gao y ont bien participé. D’ailleurs ils participent toujours ensemble aux chevauchées guerrières à dos de pick-up surmontées de mitrailleuses contre les soldats maliens. A y croire – et il faut le croire hein !- que la couleur de la peau à son importance dans cette importance dans cette histoire de rébellions répétitives au Mali. Encore une fois intégrations, postes juteux pour calmer les défendeurs de l’Azawad délaissé…

Eh oui ! Je prends les armes pour dénoncer les manques dans ma région pour ensuite les oublier à la première occasion d’une vie meilleure sous des cieux occidentaux ! Et l’unité du Mali qui en ressort émietté malgré la réaffirmation d’un attachement – de qui même ?- au respect de l’intégrité territoriale et de

L’unité nationale, il faut un peu favoriser Kidal qui était jusqu’ici défavorisé par la gestion étatique de l’etat malien.

Pauvre chimère qu’est cet Azawad ! Prétexte à tant de peine, de douleur, de perte.

Perte pour l’État, pour les habitants de ce territoire (nous et eux !).

En dernier lieu, maintenant, l’accord que beaucoup qualifient d’accord du désaccord. On devrait dire des désaccords. Car le désaccord n’est pas unique et de vient pas d’un sens bien qu’il ait été conclu au bout de long mois de négociation et de ballets des délégations et représentants de groupes armés créés au fur et à mesure des changements de positions de leurs leaders.

Il parait que la communauté internationale, entière, ne cherche qu’à mettre fin au conflit armé que connait le Mali depuis 2012. Le gouvernement malien qui voulait s’en tenir qu’aux accords de Ouagadougou (que je n’ai pas oublié mais qui était juste une étape des négociations avec les groupes armés) et voulait laisser pourrir la situation parce que se sentant en force, a été étonné de ne pas être surpris par la réaffirmation des forces en présence dans son nord. Il n’y a pas que les combattants de cette coordination des mouvements de l’Azawad (MNLA, MAA, HCUA), il y a le Gatia qui a pu changer la donne (de la CMA victorieuse de l’armée malienne malmenée suite à la visite de Moussa Mara à Kidal, suivi d’un autre massacre de fonctionnaires maliens et d’un cessez-le-feu obtenu par le président de la Mauritanie, Oud Abdoul-Aziz.)

Eh oui ! Depuis que Serval a empêché aux militaires maliens d’entrer à Kidal, nous nous attendions à quelque chose du genre ! Nous avions été bien servi, Kidal est devenue une ville bastion de la rébellion, purifiée de toute population noire, où les femmes marchent pour soutenir tel ou tel chose  ou empêcher à telle ou telle personne d’atterrir à l’aéroport, que dis-je l’aérodrome – il n’y a pas d’aéroport à Kidal, trouvez la différence-

Les autorités maliennes, clament à qui veut l’entendre qu’il faut faire des concessions pour arriver au plus difficile : la paix

Pour cette paix, le Mali accepte ainsi d’entamer une marche vers un fédéralisme qui ne dit pas son nom, car cela n’est pas écrit en noir et blanc dans le document titré : « ACCORD POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION AU MALI ISSU DU PROCESSUS D’ALGER ».

Ma ifestants à Kidal credit photo: maliactu.net
Manifestants à Kidal
credit photo: maliactu.net

Pas seulement Kidal, mais tout le nord du Mali y est appelé « Azawad » bien que les villes de Gao et de Tombouctou ne se retrouvent pas dans ces revendications azawadiennes –ou -daises, c’est à qui mieux-mieux !-.

Des précisions sont même données au terme Azawad dont l’appellation recouvrirait une réalité socio-culturelle, mémorielle et symbolique partagée par différentes populations du nord du Mali. Donc, les « représentants de l’Azawad », ces groupes armés, qui, il n’y a pas si longtemps faisaient alliance –tous- avec AQMI et les regardaient s’amuser avec des séances de flagellation publique à la place de sankoré, ont pu convaincre la médiation que nous sommes comme eux des indépendantistes nourris à l’eau de la charia, très sado, qui ne peuvent que suivre leurs maitres dans leurs idées. C’est incroyable !!!

Je me demande vraiment dans quelle langue les populations non-arabo-berbères devront l’exprimer – en dehors du français- pour qu’on  les entendent un jour.

En plus, ils se plaignent et semblent étonnés par la volte-face des groupes armés de la CMA qui ont refusé de signer l’accord le dimanche dernier à Alger en prétextant un mécontentement du peuple du même Azawad qui aurait manifesté dans trois villes (contrôlées par ces mêmes groupes armés) Kidal, Ber et Ménaka.

Des photos démontrent que ce sont encore une fois les enfants et les femmes qui constituaient le gros de la foule d’une centaine de personnes, mais cela ne devrait pas les discréditer, d’ailleurs rien ne peut discréditer ces personnes, «  vaut mieux être dans le cœur de celui qui partage que sous ses yeux » dit le proverbe tombouctien et quand « c’est ta maman qui est aux commandes de la cuisine, ta part ne peut pas se perdre ».

Mais seulement la lecture du dit-document à fait naitre plusieurs questions en moi.

  1. Donc ces personnes qui s’étaient rebellés une première fois puis ont été intégrées dans l’armée malienne, puis sont repartis avec armes et véhicules et ont abattus soldats et civils maliens vont être réintégrés encore dans cette même armée ?
  2. Cet accord signé avec ces groupes armés inclut-il explicitement AQMI  qui n’est pas encore à terre et continue à se terrer dans les grottes du désert ?
  3. Pensez-vous que ces groupes armés vont respecter un mot de cet accord  alors qu’ils n’ont pas respecté les précédents ?
  4. Le gouvernement malien va respecter cet accord avec cette gestion coloniale et fortement centralisée de l’administration ?
  5. Les populations du nord du Mali (moi compris) qui ne se retrouvent pas dans les dites réalités socio-culturelles de cet « Azawad » sont-ils obligés de respecter un accord qui ne les prend nullement en compte ?
  6. Quand l’accord soutient qu’il faut une meilleure représentativité des populations du nord dans les institutions et grands services de l’État, s’agit-il de toutes les populations du nord du Mali ou seulement des membres de ces groupes armés et de leurs soutiens dans les trois villes de Kidal, ber et Ménaka ?
  7. L’article 14 de cet accord soutien que l’État s’engage à mettre en place d’ici 2018 un mécanisme de transfert de 30% des recettes budgétaires de l’État aux collectivités territoriales sur la base d’un système de péréquation avec une attention particulière pour les régions du nord. Cet article me gêne en plus de l’interrogation sur les raisons d’un tel favoritisme. Ne va-t-il pas sceller le clivage entre les maliens du nord et ceux du Sud ? pourquoi une attention particulière pour les régions du nord alors que nous savons tous que le Mali est l’un des pays les moins développés du monde.

En tout cas, « la paix est un comportement » dit le vieux sage Houphouët Boigny, c’est plus qu’une petite signature, nerveusement gribouillée au coin d’un document dans un grand hôtel… sachez-le !

Les populations en ont besoin pour vivre. Simplement vivre !