Top 10 de mes questions sur le G5 Sahel

téléchargement (2).jpgLe G5 Sahel a été créé lors d’un sommet regroupant les présidents du Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad le 16 février 2014 à Nouakchott (Mauritanie). De cette date a juillet 2017 avec le sommet du G5 Sahel à Bamako présidé ( sans aucune surprise) par le jeune président français Emmanuel Macron( et non Manuel Valls😀)qui profita pour remonter les bretelles à certains de ses valets au Mali.

Avec la France, l’Union européenne ont apporté les premiers ronds pour la prétendue force frontalière qui devrait permettre à ces pays malmenés par les groupes armés dans une guerre asymétrique.

En bonne citoyenne d’un des pays les plus malmené par ces groupes prétendument terroristes, j’ai été submergée -pratiquement – par une multitude de questions à propos de cette force G5 Sahel.

Car le G5 Sahel est une idée qui ne vient pas des pays membres de la Force, du coup c’est une une solution qui a été trouvée par un acteur qui est visiblement impliqué dans l’origine de la déstabilisation militaire des états du G5 par des groupes armés qualifiés de djihadistes et de terroristes. Les pays membres du G5 Sahel partagent les frontières , Mais aussi les problèmes liés à certaines rébellions Touaregs .

1. Le G5 Sahel table sur la sécurisation des frontières par une force militaire qui sera financée dans son écrasante majorité par l’Union européenne et la France alors que ce pays possède une sérieuse présence militaire au Tchad, au Mali et au Niger donc 3/5.

2. Quelle sera la base de la coopération de ces militaires français avec les forces militaires du G5 Sahel et quel impact sur la mobilité des groupes armés qui maîtrisent le terrain (le désert) plus que les militaires de ces 5 pays ?
3. Comment la Force G5 Sahel va intervenir ou agira t-elle aux frontières des pays limitrophes qui ne sont pas membres du G5 Sahel ? (Algérie, Cameroun, Nigeria, Libye)
4. Comment le G5 Sahel fera pour résoudre le problème que le Mali connaît avec les groupes armés , les pseudo-djihadistes et le contrôle des frontières du nord alors que l’état et les militaires maliens sont encore indésirables vers Kidal et sont absents de ces territoires ?

5. Comment vont-ils dissocier ces groupes armés qui étaient associés à ceux qu’elle qualifie de terroristes maintenant avec de la déstabilisation de cette zone qui fait frontière avec le Niger et le Burkina Faso ?
6. Comment vont-ils s’en sortir avec déjà cette forte présence militaire au Mali qui est matérialisé par une mission des nations unies qui est une cible privilégiée pour des groupes  terroristes que la Force G5Sahel cible et qui n’a pas la lutte contre le terrorisme dans son cahier de charge ? Nous savons que le Tchad,le Burkina Faso et le Niger ont une grande présence militaire au sein des casques bleus de la MINUSMA. Vont-ils quitter la Minusma ou est-ce la Minusma qui vas revoir son mandat en juin prochain ?
7. Le G5 Sahel pense-t-il que Bobo Haram est une préoccupation secondaire ou laisse-elle le Nigeria et le Cameroun s’occuper de ce groupe armé qui est lié à ceux qu’ils ont ciblé (aqmi, Mujao, Ancardine…) ?
8. Comment le G5 Sahel compte ramener la paix en se basant sur une force militaire ? Quel est la marge de participation qu’ils accordent aux populations ? Quelle est la place du développement dans ce projet alors que nous savons que les 5 pays membres sont des pays sous-développés qui ont des parties abandonnées par certains états (cas du Mali) où les services sociaux de base n’existent plus et les populations font l’objet d’attaques et de viols dernièrement.
9. Les pays membres du G5 Sahel ne trahissent-ils pas les autres pays du Sahel en prétendant vouloir sécuriser militairement des frontières sans les consulter ?
10. Et la démocratie et la souveraineté des pays membres du G5 Sahel ? Cette force implique t-elle un accord militaire entre les pays membres ? le bloc et la France ? Est-ce la France qui va commander le G5 Sahel ? Quel est le cadre judiciaire de cette force G5Sahel ?

Sommet G5 Sahel à Bamako -juillet

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Mali : l’ONU continue son folklore et adopte un régime de sanctions …

Le Mali est sous une sorte de tutelle de l’Organisation de Nations Unies ONU depuis 2013 avec la création de  la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) par sa résolution 2100 , du 25 avril 2013 par le conseil de sécurité.

Les troupes africaines de la force africaines Misma deviennent des casques bleus chargés du maintien de la paix dans un pays divisé en 2 dès l’Operation Serval.

Les troupes maliennes restent aux encablures de la ville de Kidal que l’opinion trouve donnée aux rebelles et alliés de / par la France, dans sa recherche des djihadistes dans les montagnes de l’Adrar des Ofoghas.

Si un accord de paix a été signé à l’issue du processus de paix avec certains groupes armés que la communauté internationale a choisi de legitimiser parce qu’ils n’ont pas hésité à tuer et à expulser les soldats et mes fonctionnaires maliens de Kidal après l’épisode de la visite forcée du premier ministre malien du moment Moussa Mara, le Mali entier semble glisser dans cette insécurité qualifiée de résiduelle par la cour constitutionnelle.

Des casques bleus aux soldats maliens en passant par les populations, les victimes des mines et autres attaques kamikazes sont nombreux.

En plus de Gao et Tombouctou, Mopti aussi région la zone rouge du Mali.

Les hommes de Kouffa, le marabout djihadiste qui a rejoint Iyad dans si son organisation – terroriste enfin c’est ainsi qu’eux le qualifient – ne se cache plus pour appliquer sa charia dans les zones de la région de Mopti qui sont sans protection militaire.

Il est pratiquement impossible de prendre les pistes qui lient le nord du Mali au sud , à cause des attaques à main armés, et des braquages et des crimes qui y ont lieu , sous fonds d’affrontement entre la coordination des mouvements de l’azawad et le Gatia  ( groupe d’autodéfense imaghad et allies) sous fond de considération d’appartenance tribale.

La presence de l’armée malienne, de la Minusma, de Barkhane… N’empêche pas la montée de l’insécurité dans les villes de Gao et Tombouctou. Kidal je ne saurai vous dire ce qui s’y passe, si ce n’est ces attaques contre/dans le camp de la force des nations unies qui ne cessent.

Ce sont les gros bonnets de la place : humanitaires, ONG, casques bleus,politiques , élus locaux et représentants et membres des groupes armés qui ont accès à ces voyages dans les avions des nations unies.

Les populations silencieuses sont tous les jours les victimes. Braques. Meurtres. Viols.

Mais dans ce monde de ce jour, seuls ceux qui ont décidé d’utiliser la voix de la violence ont droit à l’écoute.

Kemi Seba et l’activisme africain imposé

topelementAprès le buzz autour de l’activiste Kemi Seba, président du MDI ( Mouvement des Damnés de l’Impérialisme) et  d’Urgences Panafricanistes, qui a publiquement brûlé un billet de 5.000 F CFA, et son arrestation par la police sénégalaise sur plainte de la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest, les réactions ont été fort diverse sur les réseaux sociaux. Et je constate clairement un verbe plutôt agressif des activistes du camp de Kemi Seba envers ceux qui trouvent inapproprié de violer flagramment la loi pour rentrer dans la victimisation.

Mon impression est que les ACTIVISTES du cercle de Kemi Seba sont en train de nous faire le même procès qui a été fait à CAMARA LAYE quand le mouvement de la Négritude était à son paroxysme. Ils se donnent le droit de choisir les terrains sur lesquels tout africains qui se veut militants de la cause africaine ou panafricaine doit défendre.
Ne pas baigner dans le courant qu’ils ont imposé signifierait pour eux être un esclave consentant et acculturé!
Comment ne pas soutenir ce jeune et bel homme , qui a enfreint une loi qui vient directement de notre néocolonial ami la France, volontairement pour permettre que le débat sur la monnaie africaine encore sous contrôle de l’Occident à travers l’Empire colonial.
Comment s’épancher dans un livre autobiographique alors que d’autres luttent pour magnifier la race noire par l’écriture ? La poésie ?
Mais, après nous avons vu où la négritude a conduit certains des membres du mouvement : président complètement manipulé par la France, dont certains poèmes insultent plus qu’ils ne magnifient la négritude.
Tout activiste a une relation intime avec les sujets qu’ils défends ou qu’il combat. Parfois il y va de façon systématique, refusant toute opposition, se donnant des titres et des sobriquets aux autres qui ne le soutiennent pas.
S’il est important de reconnaitre que tous les aspects du néocolonialisme, notamment cette monnaie qui continue à être garantie par la banque de France, peuvent être combattus , il est aussi clair que l’activisme et le panafricanisme ne peut être aveugle ou imposé.
L’activisme est une action intime d’abord, ensuite communautaire.
Les activismes partent de convictions personnelles avant de s’engager dans des combats communautaires.
Oui #KemiSeba mène une lutte noble. Oui sont arrestation démontre plus que jamais que nos états sont contrôlés par la France.
Mais ce n’est pas un secret!
Le monde est aux mains de ces puissances coloniales depuis belle lurette. Oui, un activiste africains ne peut échapper à ce rejet de ce statut de personnage malnutri qui telle sous un soleil ardent pour nourrir son grassouillet maître.
Comment ne pas s’indigner de voir nos matières premières et minières pillés ?
Mais, il serait intéressant de se pencher sur le travail que font ces pseudo-esclaves pour voir les actions qu’ils mènent, les résultats qu’ils arrivent à avoir!
Pendant que vous faites le buzz, eux sont engagés sur d’autres terrains.
Nul n’a l’apanage du statut d’ACTIVISTE. Ni du PANAFRICANISME. Les insultes reviennent comme un boomerang.

Régulez !oui mais pourquoi ?

Crédit photo Amadou. A.WaneDepuis 3 jours, ceux qui me suivent sur Facebook ont été d’abord surpris, ensuite interpellé par mes publications courtes ( genre tweet) qui se suivent à un rythme effréné. Ils ont aussi vu  certains autres blogueurs et activistes de la communauté des blogueurs du Mali – Doniblog- l’emboîter le pas sans pour autant comprendre le sens de ces phrases presque risibles, qui se terminent par Régulez !

Régulez! est directement liée au référendum sur la révision constitutionnelle que le gouvernement malien allait organiser en juillet sans l’opposition énergique de plusieurs organisations de la société civile qui ont été rejoints par l’opposition dans une plateforme du NON.

Bien avant le 15 juillet 2017 ( jour de la marche gigantesque de la plateforme du non), bien avant ma naissance même -une phrase de ma mère- , nous savons que ceux qui arrivent à avoir le pouvoir prennent possession de tous les moyens de l’État et qu’ils le mettent au service de leur parti qui a son tour doit se battre pour les maintenir au pouvoir. Mais nous autres blogueurs aimons faire du bruit autour de certains agissement de dictateur des indépendances de nos démocrates du moment!

Régulez !

Donc moi et certains blogueurs se sont indignés de voir l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali ignorer la grande marche de la plateforme qui eu lieu le samedi 15 juillet 2017, se contentant de mettre des reportages creux sur la plateforme du OUI qui réuni les ministres de l’État, la majorité présidentielle et des associations de la société civile .

Après , ils ont bien tenté de se rattraper en diffusant des images amateurs sur la marche , alors qu’ils avaient une équipe de reportage à la place de la liberté, mais le coup était déjà parti et nous avons lancé le Hashtag #LiberezLOrtm pour réclamer la fin de cette main mise des politiques sur ce service d’État. Pour preuve , mon article précédent !

Le directeur générale n’a pas dû apprécier car s’en est suivi un grand format dans le journal de 20h du 20 juillet de la chaîne publique malienne d’information pour ne décrocher que des flèches contre les blogueurs et autres webactivistes maliens.

Ainsi, nous serions des drogués qui utilisent les réseaux sociaux pour  » insulter  » et les autorités maliennes devraient  » REGULER » tout ça !

Sans faire une quelconque explication du travail de veille citoyenne que mènent les blogueurs maliens, Régulez! c’est imposé à moi.

Pas un mot dièse, mais un point d’exclamation, comme pour marteler et faire connaitre tous ces secteurs de la vie publique , tous ces domaines qui ont besoin de régulation au Mali.

Faire connaitre les maux de notre pays qui ont besoin d’une action politique pour que le Mali amorce un pas vers la paix , la sécurité et le développement .

Régulez ! Pour dire à l’Ortm qu’ils ne sont pas les seuls à pouvoir dire quelque chose aux autorités maliennes. D’ailleurs, nous les drogués sommes écoutés, même si d’aucuns veulent faire croire le contraire en traitant nos articles et autres discussions sur les réseaux sociaux de  » débats de caniveaux » .

Le caniveau est notre quotidien. C’est notre pays. Nous le connaissons bien. Nous  savons lancer des alertes !nous ne sommes pas les adeptes de l’insulte de nos dirigeants sur les réseaux sociaux , parce que nous aimons notre pays. Il compte plus que tout pour nous !

Et j’espère ne pas offusquer un de ces drogués de la toile en utilisant le Nous à la place du Je. Sinon ils me peuvent Réguler. Le liberté d’expression est un droit inhérent à tout citoyen!

Avec Régulez, vous , nous nous (vous)faisons connaître le poids de tous les problèmes de notre pays sans verser dans la provocation.

Il s’agit d’une indignation Citoyenne !

Régulez! pour dire Indignez-vous!

 

Le Mali de plusieurs réalités : une presse muselée #3

manifestations du 17 aout 2016Les radios et télévisions de l’État.
Voici des instruments qui ont beaucoup servi et desservi les pouvoir autocratiques que nous avions eu dans nos états africains. Ils ont beaucoup participé à la décolonisation culturelle de nos papas. Ils sont devenus des capsules qui permettent de se faire des idées sur les trajectoires que prennent les différents états. Ils sont présents dans toutes familles de maliennes à l’étranger.
Je me rappelle la manière religieuse dont nous écoutions le journal, les avis et communiqués et ambiance Midi à Niamey en ondes courtes.
Le vent démocratique qui a soufflé n’a malheureusement pas permis de libérer ces organes d’État du joug du pouvoir. De la propagande des dictateurs, ils se sont convertis au service de communication rapproché des présidents et de leurs politique.
Nos télévisions nationales ( quel qu’en soit le pays) sont devenus des services pour lustrer l’image du régime et de la première dame – je ne veux dire de la famille du président .
Dans tous nos pays du Sahel, qui avons une certaine prédilection pour les coups d’État, nous voyons les militaires prendre les maisons des télévisions d’assaut en même temps que les palais des présidents.

reconciliation-nationale-lortm-simpliqueAu Mali, nous soupçonnons des choses dès la perturbation des programmes et la diffusion de certaines chansons ( Bâ Soumana Sissoko au Mali).
Les présidents africains de ces dernières années aiment se complaire dans une pseudo démocratie sans permettre aux télévisions nationales de profiter de cette indépendance éditoriale dont elles ont besoin pour jouer un rôle décisif dans le cheminement véritable de nos pays vers la démocratie.
Devons-nous nous plaindre de la conduite de notre télévision Nationale , l’ORTM alors que nous nous contentons de regarder la liberté de la presse malmenée au Mali?
Pensez-vous que les journalistes de l’ORTM sont les seuls en otage au Mali?
Devons-nous nous offusquer seulement des journaux complètement acquis au régime et à sa dérivé dictatoriale avec la révision Constitutionnelle alors que cela ne date pas d’hier ?
Moi je dis que Non!
Regardez les unes de nos journaux !
Regardez les articles griottiques qui remplissent ces papiers !

Le Mali de plusieurs réalités

le Mali fait la une des journaux depuis maintenant plusieurs années, à commencer par l’occupation des 3/4 du territoire par des groupes armés de tous bords ( indépendantistes, djihadistes, bandits et autres trafiquants de drogues affiliés à AQMI).

Ce pays a plusieurs réalités. la capitale semble à des années lumières des régions.

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Bamako. La capitale. Toute la classe politique s’y plait. Ils y font leurs coups foireux, leurs détournements de fonds, leurs transactions inimaginables. Tout le monde veut y avoir une villa. Ils se battent pour. Des policiers aux prédicateurs en passant par le rebelle indépendantistes , chacun y va de son talent à voir les biens communs à son nom.
Il ne faudrait pas que j’oublie les agents de l’administration qui soutiennent les politiques sous leurs manches en contre parti, le parti au pouvoir s’organise pour garder le pouvoir! Du bon donnant donnant. On se demande parfois qui donne le souffle à cette administration gangréné par la corruption et la népotisme.
Bamako. La capitale qui se moque bien de ce qui se passe dans les régions. Que dis-je? Des enfants y sont enseignés dans des classes en paillotes. Elle se contente de payer des milliards à des sociétés pour la rendre belle au regard des visiteurs. Elle se moque bien des problèmes que le pays connaît. Sait-elle même que le Mali devrait s’étendre jusqu’à Kidal bien qu’aucun signe de l’État , à force parler un représentant du pays , n’y sont tolérés ? Sait-elle que la menace n’est pas qu’à Kidal l’interdite, mais aussi au centre, à l’est ? Que des embuscades se font nombreuses à Nampala , juste dans la région de Ségou? Que les populations des zones reculées sont abandonnées à elles-mêmes et aux hommes des groupes armés qui n’hésitent pas à piller, voler, violer, braquer???
Et pourtant Bamako et ses dirigeants ne peuvent ignorer cette réalité. Elle se contente de se cramponner à l’accord pour la paix pour se dire que tout est rose.
Les groupes armés se vendront et Barkhane est supposé se charger de ceux qui passent pour les djihadistes. La Minusma ferra de la présence. C’est simple au final.
Oui simple. Mais triste.

Le pays nous échappe et Bamako et sa classe dirigeante reste glamour, toujours entre 2 avions. Quémandant et acquiesçant. Le citoyen malien n’a t-il pas dit que c’est la recherche du pain quotidien qui l’intéresse ?

Tombouctou: les autorités interimaires seront-elles installées demain?

Les autorités interimaires sont un point de l’accord pour la paix et la réconciliation qui a été signé entre les autorités maliennes, les groupes armés et la communauté internationale, sans grande considération pour l’avis des populations de toutes les populations ( de l’ensemble du Mali) ou d’autres groupes armés de la région, le Congrès pour la justice de l’Azawad ( CJA)et d’autres groupes d’autodéfense. En l’absence du Maire , Aboucrine Cissé et du président sortant du conseil régional Mohamed Ibrahim.

Allez comprendre pourquoi ce jeudi s’impose!

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Marche de la société civile à Tombouctou

Ces autorités devraient être choisis selon un consensus impliquant tous les acteurs des différentes régions. Mais le constat est amer.

Ces installations d’autorités intérimaires imposées ressemblent plutôt à une passation du pouvoir aux groupes armés qui avaient mis ces régions à sac en avril 2012. Ils ont réussi un tour de maître en effaçant comme par magie toutes les exactions qu’ils ont fait subir aux populations de Gao  et de Tombouctou pour vouloir en devenir les dirigeants.

Il faut dire que les autorités maliennes, sa communauté internationale et ses groupes armés peuvent facilement oublier des crimes qui ont été commis au nord, ils peuvent minimiser le désir de justice, mais ils ne pourront jamais faire oublier aux victimes les visages de leurs bourreaux.

Quand on met des autorités, c’est très certainement par soucis de développement pour une communauté qui se sens représentée.

Et bien ce n’est un secret pour personne que la liste des personnes que les autorités maliennes , en conservation – chose bizarre- avec la CMA  ne représente en rien les habitants de la cité des 333 saints, d’où leurs rejets, maintes fois exprimés à travers des marches, des articles, des réactions de citoyens actifs ( comme moi  et moi ) sur les réseaux sociaux . Ces autorités ne sont pas intérimaires, elles sont imposées !

Rien ne nous prouvent que des individus mal intentionnés qui ont pris des armes contre l’état malien , qui n’ont pas hésité à livrer les populations qui ne sont pas de leur ethnie à un groupe djihadiste, ne vont pas encore une fois s’en prendre à ces populations.

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Je ne veux absolument pas faire dans l’ethnocentrisme ou le nombrilisme régionaliste grégaire, mais n’importe quel observateur du Mali se rendrait compte qu’il y’a erreur sur la marchandise:

-quand on regarde la liste des autorités intérimaires,  des touaregs et des arabes .

– quand on regarde la liste des leaders des groupes armés , des touaregs et des arabes

– quand on s’amuse à avoir une réunion avec les acteurs de la société civile , un mariage ou une petite marche de la société civile de Tombouctou, des bellahs, (excusez moi le mot mais je le préfère à touareg noir ) , des songays et des arabes

Mais les préoccupations de la populations semblent être le dernier souci du gouvernement malien qui a quitté son mutisme et son immobilisme dans le domaine de la recherche de la paix depuis la déconfiture militaire de mai 2014.  Ils veulent colmater une forme de paix, appliquer ce fichu accord pour la paix et la réconciliation, livrant les populations sur un plateau d’ or à un groupe armé ( la CMA) qui en veut à cette majorité d’être l’épine dans leur pied ( projet d’une république indépendante d’azawad ).

Je suis perplexe concernant cette gestion de la crise et la paix façon qu’ils font miroiter! Il est clair que ces hommes ont pris les armes pour avoir la seule chose qui continuait à échapper à leur groupe – je ne veux dire ethnie- : le pouvoir !

Ils sont prêts à tout pour l’obtenir ! Ils nous l’ont démontré en 2012. Ils nous ont mis dans une situation de non retour car désormais nous sommes tous sous la menace des pseudo-djihadistes et des bandits armés qui pillent sans vergogne les villages.

Demain , la circulaire du gouverneur de Tombouctou indique que la CMA, aura son petit à la tête de la grande région de Tombouctou avec les bénédictions de Bamako et de New York ( nations unies). Il pourra continuer à faire des voyages exprès à Bamako et à passer la journée à téléphoner , car je ne vois aucun cahier de charge à son actif. D’ailleurs comment pourrait-il en avoir, il n’a point été élu ! D’ailleurs même celui qu’il remplace n’en avait pas et à magnifiquement ignoré le PDSEC de la région, se contentant d’être une bonne imitation de notre président de la république, appliquant l’adage  » ma famille d’abord  » .

Les habitants de Tombouctou sortiront-ils demain pour clamer leur opposition à ces autorités imposées ? Je n’en suis pas très sûre ! Cest une population qui aime rester dans sa zone de confort, prônant le pacifisme à l’excès ! Ce pacifisme les mènera sûrement à leur perte!

J’ai dit!

 

 

 

 

 

Le Mali, les attaques terroristes meurtriers et des communiqués de presse

Haha !!!

Ne pensez pas que je ris. Je ne ris point. Je pleure. Mais point de sanglot. Pourtant la douleur est là ! Lourde. J’ai mal.  Mal pour ces jeunes Maliens qui viennent encore une fois de perdre la vie «  comme ça ».

Credit photo: Vieux Gassamba
Inhumation des corps des gardes républicains tués dans l’attaque revendiqué par Aqmi. Credit photo: Vieux Gassamba

Oui « comme ça » car je ne trouve pas de mot pour la qualifier. Ils ne l’ont pas perdu « fu » (pour rien pour traduire le bambanankan) car ils l’ont perdu en nous défendant.  Mort en portant les couleurs du Mali.   Ils sont morts mais ils ne quitteront jamais nos cœurs ! Que ces assassins voulant porter le masque de notre religion le sachent…

Ce sont  nos soldats qui seront les futurs habitants de ce paradis d’Allah ! Ce sont eux qui auront droit aux nymphes, aux sources intarissables d’alcool qui n’enivre pas, ce sont eux qui seront dans la OUMMA du prophète Mohamed  (Paix et salut sur lui). D’ailleurs, ils ne sont pas morts ! Ils ne mourront point !

De douleur, je ferai presque appel à la punition de Dieu sur ces semeurs de douleurs, ces tueurs de musulmans, qui se disent moudjahidines, combattants au nom de l’islam !  Mon œil ! Musulmans se disent ces tueurs, croyants ?

Alla hou Akbar! disent-ils . Crime aussi grand que leurs crimes ! Tuer des innocents en criant le nom de Dieu. Le même Dieu que vous et eux adorent ! Quel sacrilège !

Alla hou Akbar!  disent les mères de ces jeunes assassinés  dans la fleur de l’âge. Ils avaient tellement de projets… Ils sont morts seulement parce qu’ils sont  des maliens, parce que défendant une portion du Mali qui a longtemps été concédé au trafic de tout genre !

Alla hou Akbar ! Nous, Tombouctiens, premiers musulmans du Mali, crions alla hou Akbar pour honorer le pouvoir de Dieu ! Quand Dieu reprend la vie de quelqu’un  pour apposer l’impuissance de l’homme sur la volonté de Dieu !

Ces assassins en pantalons raccourcis crient Alla hou Akbar pour assassiner ! Pour tuer !

Le poème de Birago Diop,  le souffle des ancêtres, me vient en tête…

« […] Ceux  qui sont morts ne sont jamais partis »

Enfin, ils ne sont jamais partis, pour moi, pour ce malien qui connaît de très près un de ces jeunes soldats assassinés dans leur sommeil.

Pour cette mère, qui ne verra même pas porter l’ainé de ses enfants à terre, parce que l’islam – oui elle-même !- ne permet pas aux femmes de s’aventurer au cimetière.

Oui, aucune des mères, des sœurs de ces soldats maliens  tués dans cet attaque synchronisée contre les famas – forces armées maliennes- la première contre une patrouille à Nampala et la seconde contre le camp des gardes dans la commune de Gourma-Rharous, à 120 km de la ville Tombouctou.

De nouvelles pertes en vie humaine, et ce gouvernement malien qui continue  sur sa lancée, égale à elle-même, ayant pris cours chez ses amis de la communauté internationale qu’elle veut d’ailleurs dépasser.  Des maliens meurent dans des assauts d’hommes armés criant ALLAHOU AKBAR  dans un pays qui se dit souverain et que nous sort notre gouvernement ? Un platonique communiqué de presse. Froid. Insultant. Humiliant…on aurait cru qu’il s’agit du communiqué de la Minusma ou d’un quelconque organisme présent au Mali signifiant  son «  affection ».

Oui ! Le communiqué du gouvernement est clair ! Des terroristes ont tué quelques soldats maliens, nous en sommes désolés pour leurs parents, mais  nous  tenions surtout à la poursuite du précieux accord de paix que nous avions pu enfin signer avec les chouchous de la république.   C’est l’occasion d’ailleurs pour nous l’occasion d’attirer l’attention de l’opinion publique nationale –enfin la partie de celle-ci qui s’y intéresse- et international,  que nous avons un blocage au niveau du comité de suivi de mis en œuvre du sacrosaint accord de paix.

Vous pourriez trouver mon interprétation du communiqué du gouvernement malien cynique ; mais je pense que le cynisme est surtout de mise à leur niveau. Ils ont changé de porte-parole, mais c’est la même parole qui continue à être portée à nos oreilles.

Les maliens de vers le sud (ils viennent d’un peu partout) se laissent abuser par cette supercherie autour du nord du Mali. Je ne sais plus le nombre de fois que j’ai évoqué ce holdup dont nous faisons l’objet au nord du Mali, mais je le répète : Il continue.  Il y a trop de choses non dites sur le conflit au nord du Mali.

Pire, il y a trop de choses fausses qui ont été érigées en vérités parce que cela les arrangeaient. Ils pensent pouvoir refaire les choses comme  bon leur semble de Koulouba – le palais présidentiel malien- de l’Élysée – pas besoin de précision dans ce cas ou du bourbier de Kidal et des 10000 habitants qui parlent au nom de 700000 personnes parce qu’eux ont des armes et contrôlent les routes de la drogue.

J’excuserai presque la communauté internationale … Elle ne connaît pas les réalités du terrain. Elle ne sait pas que l’occupation a porté un grand coup à la cohésion sociale ( victimes d’une panne (il y en a toujours sur ce tronçon Tombouctou-Douentza- nous nous sommes vu refuser toute assistance de la part des villageois des environs qui nous ont refusé même un bidon pour puiser de l’eau à leur puits à grand diamètre – eh oui il y en a au nord du Mali- .

Mais devrais-je excuser ces faiseurs de directeurs nationaux chaque mercredi, qui n’oublie pas de profiter de leur poste de ministres au gouvernement des si généreux seigneurs Keita ? Oui se remplir des malles d’argent, remplir les poches de leurs proches, amis et même marabouts !

Plus,  je lis le communiqué, plus la douleur se transforme en colère:  » le lundi 03 août, entre 4 heures et 5 heures du matin, des hommes armés non identifiés( ce terme me tue)  ont attaqué le poste de sécurité de la garde nationale du Mali de Gourma-Rharous, région de Tombouctou.

Bilan:  11 gardes tués et 1 blessé. des renforts ont été dépêchés sur les lieux et une mission d’interception opérée dans la zone… » c’est incroyable ! mais à qui est destiné ce communiqué?

Je ne peux les excuser…Nous perdons nos jeunes, nos frères, nos  amis, nos copains, nos coéquipiers, nos enfants…. Tués sauvagement par des personnes à qui ils ne veulent point donner de noms. Sciemment. Ils disent AQMI. TERRORISTES. ISLAMISTES. On ne dit plus ANSARDINE, on ne dit plus MNLA ou MUJAO.

Pourtant nous  nous qui avions été leurs cobayes  durant l’occupation d’avril 2012 à janvier 2014 les avons bien vus ensemble. Oui tous. Certains individus changeant de camp au gré du détenteur du pouvoir ou du bizness  en vue.  Nous avions vu les émirs d’AQMI commander les généraux d’ANESARDINE.

Nous avons vu ADAM l’algérien, bien connu pour être d’AQMI demander à l’ignoble HAMED MOSSA de relâcher sa prise sur les femmes de Tombouctou. Mais  bon ! Il faudrait que je vous dise que le gouvernement malien a libéré HAMED MOSSA sans aucun égard pour ses mille victimes féminines au lendemain de l’apposition de la signature du SIDATTI de Tombouctou au nom des groupes  siégeant à KIDAL – cherchez l’erreur géographiquement-.

Le  gouvernement malien, aidé de ‘’sa ‘’ communauté internationale  s’est entendu avec ses groupes armés  de rebelles -ou non-, acceptant de leur refaire une virginité au nom du besoin de paix au nom de ce droit à l’autodétermination,  un droit qui semble n’être l’apanage que de certaines minorités .  Ils ont choisi les thèmes qui les arrangeaient le plus, fermant les yeux sur les plus gênants. Comme ce couple formé de deux adultérins  pris sur le fait qui  décident de continuer ensemble malgré tout. On oublie tout et la vie continue… personne n’évoque les infidélités de l’autre. Pire, chacun se sait incapable de fidélité ! Le trafic de drogue, Iyad Aghali, la mauvaise foi des signataires, la scission entre les habitants du nord, car deux des trois régions revendiquées étant  clairement loyalistes…

Quand Birago Diop conseille : «  écoute plus souvent les choses que les êtres » il a raison.

Malheureusement ! le gouvernement malien nous le prouve !

 

Des nouvelles du Mali

Les nouvelles du Mali, c’est le nom de mon blog… je devrais en donner d’heures en heures, envoyer rapidement un billet aussitôt que quelque chose se passe dans mon pays, pour répondre à la ligne éditoriale que je m’efforce à donner à ce blog. Donner des nouvelles de chez moi (et de moi à certaines occasions), sortir de ce silence… et ben me voilà pour les nouvelles.

credit : fallharoune.blogspot.com
Mali, infographie sur la situation géopolitique  du Mali datant de janvier 2013. credit photo: fallhrouna.blospot.com

Elles ne sont pas bonnes. Le Mali va mal. Du sud au nord en passant par le centre. C’est d’ailleurs ce qui explique mon silence, pour cette fois-ci pas de nouvelles, mauvaises nouvelles ! J’ai opté pour : ne pas donner de nouvelles au lieu d’en donner des mauvaises. D’ailleurs, cela me reviendrait à écrire de courts billets sous forme d’alertes, car l’actualité est plutôt galopante au pays géré par des Keita, Si ce n’est pas une mine qui fauche des casques bleus, ce sont des rebelles qui s’attaquent à une localité de la zone dont ils réclament l’indépendance ou encore c’est la création d’une Nième groupe armé au nord…

Au sud, Bamako est prise au piège des dirigeants, certains commencent enfin à comprendre qu’ils ont mis le mauvais bulletin dans l’enveloppe en 2013 lorsqu’ils ont choisi le bulletin de Kankelintigui (l’homme à la parole unique) -si je peux me permettre-. Plus rien ne va plus. Trop de choses ont fini de rendre d’autres maliens aussi sceptiques –sinon pessimistes- que moi : de l’avion présidentiel payé rubis sur ongle en privilégiant certains proches, aux surfactures pour les équipements militaires qui ont permis au FMI et à la banque mondiale de mettre une certaine pression sur le gouvernement et l’obliger à entamer les négociations avec leurs groupes armés chéris du nord –je ne veux pas dire de Kidal !- car en fait les groupes armés infestent le nord, chaque jour que de nouvelle création si ce n’est des dissidences , ce sont des créations…

Je peux dire que maintenant tous les maliens savent qu’ils ont élu un grand voyageur -il est à son 54ème voyage-, un  homme cultivé (cela,  ils le soupçonnaient quand même, car IBK a été premier ministre du temps du premier président démocratiquement élu au Mali, Alpha Oumar KONARE),  qui aime la grasse matinée, allant au bureau vers 10h du matin mais n’hésite point à utiliser un ton céleste pour exiger droiture et ponctualité de ses ministres.

Un président qui étonne beaucoup lors de ses discours, promettant monts et merveilles pour le nord, si ce n’est pas une Université du sahel à Gao, c’est une Université international de Tombouctou, alors que nous, ressortissant du nord vivons le calvaire sur les routes quand il faut quitter ou revenir au nord avec l’insécurité et l’absence de route, alors que le retour de l’administration au nord n’est qu’une parodie, les fonctionnaires originaires du sud s’échappant à toutes les occasions. Pas seulement le nord, l’ensemble du Mali besoin que finissent enfin cette corruption, ce népotisme, ces surfacturations pour que s’amorce un vrai développement. Presque tout le monde a tendance à oublier que c’est le Mali entier qui est sous développé, pas seulement le nord, c’est le Mali entier qui a besoin d’infrastructure de santé, d’école, de bibliothèque, de bonne gouvernance…

Mais, aussi, un président qui rajeunit à vue d’œil,  d’une rare élégance qui s’étend jusqu’à ses collaborateurs – il y est pour quelque chose selon les mauvaises langues- et pars­ème des inchallah (s’il plait à Allah) conciliateurs dans ses propos –il arrivera un jour à convaincre ces maliens qu’il est un fervent musulman- . Le slogan « Le Mali d’abord» de la campagne présidentielle est encore affiché en géant dans certaines artères de la capitale Bamako, mais beaucoup lisent- en tout cas ceux de mes compatriotes qui savent lire- « ma famille d’abord ».

Enfin (soulagement pour beaucoup du parti présidentiel),  Moussa Mara, jeune premier ministre ayant remplacé un autre jeune –Oumar Tatam Ly- a enfin rendu son tablier à son patriarche de président, permettant aux loups du parti présidentiel d’être aux anges. Il a eu milles et une occasion pour démissionner, il ne l’a pas fait. Le président a attendu que l’horizon politique soit plat – après que le ministre des finances indexées dans les affaires de surfacturations finissent de se dépeindre comme blanche neige à la télévision nationale- pour lui demander de rendre le tablier. Il est parti sans rancune. Une certaine tristesse dans le regard en faisant la passation avec l’autre patriarche qui le remplace –le nouveau premier ministre Modibo Keita a 73 ans-. «  Je vais rentrer à 18h chez moi ce soir » dit-il. «  Je ne me rappelle pas la dernière fois que je suis rentré chez moi à 18h, cela fait très longtemps ».

Ainsi, avec l’ancien haut représentant du président de la république du Mali pour les négociations de paix, nommé premier ministre par ce dernier, l’empire Mali se retrouve aux mains des royaux Keita. Seuls les inchallah, nous permettent de savoir que nous sommes en république laïque à majorité musulmane du Mali – souffrez me comprendre- . Son gouvernement ? Une continuité, sans les plus gênants du précédent. En fait, tout est une continuité : l’administration reste égale à elle-même, toujours à l’affut de la mission la plus prolongée possible, aux mains de ceux qui ont su rapidement changer de parti pour celui du tisserand.

Au moins, pour la première fois, le Mali se retrouve avec une vraie opposition, dotée d’un chef de fil en la personne de Soumaila Cissé (battu par IBK au second tour de l’élection présidentielle de juillet 2013), coordonnée, qui réagit à toutes les occasions. Elle propose au pouvoir de jouer sa partition, mais en réalité, on se demande quelle sera –elle-

Le sud du Mali, c’est aussi Ebola. La dangereuse maladie qui sévit en Guinée voisine, en Sierra Léone et au Libéria a mis cette partie du Mali sens dessus-dessous, provoquant une grande panique. Il faut dire que la Guinée n’est pas loin de Bamako et les coutumes africaines favorisent la propagation du mortel virus qui n’a pas de remède. Mais, Ebola a fini comme le Sida ou encore l’excision au Mali : on n’y croit pas ! «  C’est un projet que les gouvernants ont inventé pour trouver de l’argent ». Incroyable non ? Après la petite fille ramenée de la Guinée par sa grand-mère et le marabout que la clinique de la jet-set bamakoise voulait soigner incognito. Le Mali est maintenant Ebola free, mais sincèrement je ne me suis jamais sentie menacée par cette maladie à Tombouctou. Allez savoir pourquoi !

Au nord, ce qui nous menace ce n’est pas Ebola, même s’il fait beaucoup de morts : ce sont les attentats, les attaques à mains armées de coupeurs de routes, les mines et autres engins explosifs semés au gré des pistes de cette grande partie de Mali. Quand on mène une guerre asymétrique à des personnes fanatiques qui pensent avoir un droit sur un territoire et ses habitants ( le rapport est raciste et esclavagiste, et l’expliquer pourrait prendre beaucoup plus qu’un billet, mais je crois que des  touaregs et des arabes –pas tous- ont pris la décision de se rebeller, engageant toutes les régions du nord du Mali et réclament l’indépendance à notre nom à tous parce que certainement l’avis du noir ou de celui que tu considères comme un esclave – ton esclave- n’a absolument aucune valeur). Les autres habitants du nord en dehors des arabes et touaregs seraient peut être condamnés à faire profil bas et ingurgiter le désir d’indépendance des rebellés pour l’accepter de force contre une vie paisible.

La visite de Moussa Mara à Kidal en mai 2013, a malheureusement permis aux violeurs et autres meurtriers du CDA ( coordination des mouvements de l’Azawad) de revenir sur l’échiquier politique et militaire. C’est à en croire que notre armée n’avait pas de service de renseignement ! C’était tellement visible que ceux qui ont servi de guide à Serval dans la reconquête de l’Adrar des Ifoghas – leur sanctuaire – ont le contrôle de la zone de Kidal qu’ils ont parsemé de cache d’armes et d’hommes. Déjà que beaucoup de maliens n’ont pas compris les raisons pour lesquels les français ont empêché à l’armée malienne d’entrer à Kidal comme elle est entrée à Gao et à Tombouctou (les trois grandes villes du nord qui étaient occupées par le MNLA, Anesardine, AQMI et autres bandits de grands chemins revenus de Libye).

Ces groupes armés ont rapidement fait peau neuve, allant jusqu’à refuser de reconnaitre les derniers crimes qu’ils ont commis en tuant 30 personnes parmi les otages fait au gouvernement de Kidal parmi les fonctionnaires, signant un accord sous l’aval du « grand ami » Abdoul Aziz, chef de l’union africaine, appelé par IBK certainement pour qu’ils  « parlent à ses frères ».

Mais malheureusement, l’armée malienne, elle, n’a pas fait peau neuve. Elle a essuyé une autre déconfiture dans la foulée de la visite de l’ancien premier ministre Moussa Mara à Kidal, encore une fois (semble-t-il) victime d’un regroupement de dernière minute des groupes armés. Malgré qu’une priorité ait été donnée à sa réforme et à son équipement (et des chaussettes achetées à 25.000 F CFA pièce), beaucoup (au sud, car nous savions bien que c’est toujours la même) se sont rendu-compte qu’elle reste en proie au repli stratégique, au besoin logistique et au disfonctionnement aux moments clés.

Ainsi, depuis cette malencontreuse visite, bien que choses ont changé. Le Mali et son armée ne sont plus présent dans l’antre des groupes armés Kidal, qui est devenu un véritable nomansland, régulièrement secouée par des attentats contre les casques bleus de la mission onusienne de maintien de la paix, Minusma. Des combats entre groupes qui se traitent de milices quand cela leur chantent aux mines qui parsèment les pistes du nord du Mali, de Tabankort (Kidal) à Goundam (Tombouctou), que d’innocentes victimes de cette guerre asymétrique.

En préludes aux violents combats qui ont opposé le Gatia et ses alliés aux mouvements de l’Azawad la semaine dernière, la Minusma avait fait savoir à travers un communiqué, qu’elle avait dû se défendre en tirant sur des voitures de groupes armés qui avaient pris les casques bleus pour cibles ( MNLA, HCUA et MAA) pendant qu’elle faisait –fort courageusement sa mission d’interposition entre les belligérants et de maintien de la paix-. Il parait que la Minusma est là pour protéger les populations du nord de ces groupes armés et d’une autre occupation, pourtant seuls les pro-MNLA, MAA et autre HCUA ( des groupes armés touaregs et arabes) sont restés dans leur ville fétiche et réel fief : KIDAL.

Kidal. Une ville bien étonnante pour un observateur extérieur : ses femmes et ses enfants, autour de la centaine sont azawadiens et n’hésitent pas à monter au charbon pour défendre les idéaux des groupes armés (dans lesquels se trouvent les hommes de la ville). Ils sont présents à toutes les occasions : visite indésirée des autorités malienne, mécontentement des groupes armés contre la Minusma, qui d’ailleurs a préféré battre retraite et se réfugier dans son camp, laissant tout un aérodrome à la merci ces manifestants si particuliers qui n’hésiteront pas à tout y brûler. Ce nord du Mali et cette part minoritaire de ses habitants indépendantistes si portés sur la destruction et le saccage de matériel, bien difficile à comprendre !

Quel avantage d’être minoritaire dans un pays comme le Mali ! Même la Minusma (mission des nations unis pour le Mali) qui a pu profiter d’une contremarche –j’espère que ça existe- de la population de la ville de Gao, qui pour démontrer son opposition au CDA (coordination des mouvements (armés !) de l’Azawad). C’est bien me suis-je dis. C’est important de montrer que nous ne sommes pas avec eux : nous n’avons pas d’armes, mais nous sommes des fils de cette terre et nous avons notre mot à dire. NON à l’Azawad ! C’était d’ailleurs aussi l’occasion pour les habitants de Gao de porte aussi leur soutien aux prétendues milices pro-gouvernementales – selon la communication du CMA-.

Manifestation-marche-Gao-contre-independance-autonomie-azawad
credit photo: maliweb.org

En fait une année de vie pleine à Gao, juste après l’opération Serval , en 2013, m’a permis de comprendre que les habitants de cette ville ont tellement côtoyé la mort, le danger, la cruauté avec l’occupation qu’ils n’ont plus peur de quelque chose, ni la mort, ni une autre occupation… le crépitement des armes est un « son » (musique) aux fragiles oreilles des enfants. La même Minusma l’a appris à ses dépens. Car quelques jours après la marche de soutien, une autre marche a secoué Gao et indigné beaucoup de malien – dont moi !- je vous explique.

Dans un premier temps, un document d’accord signé entre la Minusma et le CDA portant sur une zone temporaire démilitarisée entre Tabankort et Anefis. En fait le territoire que le Gatia et leurs alliés ont repris au CDA. Cela suffit à mette un jeune de Gao en colère, si en plus ce document fait l’objet de manipulation et circule dans les réseaux sociaux avec le drapeau du MNLA en entente, il y a de quoi mettre tout la ville de Gao en colère. Le souvenir des filles violées est encore vivace. Et comme ceux qui ne sont pas favorisés par cet accord ne sont pas poltrons, Gao s’est sentie trahie par cette Minusma aussi – car tous pensent que d’autres avaient également préféré les groupes armés touaregs au Mali-.

Accord-MNLA-MINUSMADes milliers de personnes sont sortis pour marcher sur les camps de la Minusma à travers la ville. Il y a eu trois morts par balles certifiés par le personnel médical de l’hôpital de Gao. Plusieurs dizaines de blessés. Un blessé grave ayant une balle logée dans la tête a été évacué sur Bamako.

La Minusma crie à la manipulation et assure qu’ordre n’a pas été donné de tirer sur les manifestants. Le président malien (encore une fois) en voyage attendra un retour au Mali pour évoquer le problème et assurer que la Minusma est au Mali pour la protection de la population et qu’une enquête sera organisée pour connaitre les coupables de ces crimes.

En somme, le document de la discorde a été retiré par la Minusma bien que des signatures y étaient apposées. IBK a enfin pris son courage à deux mains et effectué le déplacement à Gao, se rendant dans les familles des morts. Mais cela fait naitre des questions en vrac en moi (et mes concitoyens certainement) : quelle est la vraie mission de la Minusma ? Va-t-elle me protéger ou me porter secours ici, à Tombouctou si jamais des groupes armés s’attaquent encore à ma ville alors que je ne suis pas touareg ? Quel genre de paix ils sont en train de nous concocter en Algérie alors que nous autres (habitants de Tombouctou) ne sommes pas associés au processus ? pourquoi les casques bleus se sont permis de perdre la tête à Gao en tirant sur des manifestants alors qu’ils laissent les lieux aux manifestants de Kidal ?

 

 

TechCamp Mali 2014, il m’a fallu un tweet

Credit Photo: Faty
Credit Photo: Faty

Je devrais formuler autrement et dire, il m’a fallu juste twitter pour me frayer ce chemin vers ce statut de trainer (formateur) à la première TechCamp qui a eu lieu au Mali. Si ce n’est trop long comme titre.

Oui juste twitter, mon blog sur Mondoblog est ensuite venu donner plus d’ampleur et donner une certaine visibilité à mon travail de citoyen témoin, qui a refusé l’occupation et a  crié son désespoir et celui de toute la population d’une vieille ville qui reste encore connue-prestige passé ?- Tombouctou.

ET pas possible que cela devienne une rengaine, car au fur et à mesure que je progressais dans le journalisme citoyen, je me rendais compte qu’il était possible de partager mon expérience pour empêcher à mon pays de retomber dans les travers qu’il a connus ces dernières années. Certaines situations font que seul le  citoyen lambda peut porter l’information, en plus il peut être acteur à part entière du processus de démocratisation qui a du mal à s’affirmer dans des coins comme l’Afrique.

Avant de recevoir ces mails du Département of State et du Community of Democracies, fin du mois de mars, j’étais juste tranquille dans mon coin, écrivant très peu et lisant beaucoup de billets de blog, addicted à Twitter et aux débats autour de la vie politique malienne, jouant ma partition d’activiste qui dénonce les travers de la politique malienne et  continuant avec mon grain de sel personnel : l’ironie consciente et accusatrice.

Je vous avoue que je n’hésite pas à taguer le premier ministre malien, me réjouissant qu’il ait un compte Twitter. Il paraît que le Mali est en marche et que la démocratie s’instaure, et pourtant je trouve toujours à en redire via Twitter, car je suis sceptique, il faudrait que je le fasse savoir.

Pensez-vous que je dois faire attention comme beaucoup d’amis me l’ont recommandé ?

Malheureusement, je ne sais pas faire attention, je ne peux faire attention à ce que je dis lorsqu’il s’agit de mon pays.  Je crois que c’est mon devoir de faire ce travail via les médias sociaux. Bien sûr plus de la moitié des Maliens ne sont pas connectés à internet et  nous sommes encore au stade des médias traditionnels ici : télé, radio -surtout !- et même arbre à palabres, mais bon, il faudrait commencer par un point de départ ! Twitter et un petit téléphone chinois que je suis arrivée à connecter au réseau 3G – je ne sais plus comment- m’ont permis d’attirer bien d’attention sur ma modeste personne d’enseigne, autodidacte en informatique qui est devenue un véritable geek.

Une séance de formation, credit photo: Faty
Une séance de formation, credit photo : Faty

Donc me voici, formatrice pendant deux jours sur le thème de l’utilisation des médias sociaux par la société civile africaine avec une quarantaine de participants venant de l’Afrique francophone et 7 autres formateurs de plusieurs nationalités  et deux coachs du département d’Etat américain… deux jours formidables d’échanges et de discussions que je promets de vous relater dans un prochain billet.