Plaidoyer, société

L’enregistrement des naissances : Quelles difficultés à Tombouctou ?

Pour tout enfant, le droit d’être enregistré à la naissance est un droit fondamental comme le droit à la vie, à la survie et au développement.

Grâce à l’enregistrement sur les registres de l’état civil, un enfant pourra établir sa filiation, c’est-à-dire les liens de parenté qui l’unissent à son père et à sa mère. Il acquiert aussi, dès son enregistrement, une nationalité qui est l’affirmation de son appartenance à une nation.

L’enregistrement peut permettre à l’enfant d’avoir une identité qui regroupe le nom, le prénom, la date de naissance, le sexe et la nationalité. L’absence de posséder un acte de naissance prive tout individu d’accéder à ses droits. Grâce à ces informations, l’enfant sera titulaire de droits et obligations (devoirs) spécifiques.

Que dit la Convention relative aux Droits de l’enfant (CDE) sur l’enregistrement des naissances ?

Photo intervention Tdh à Tombouctou Voici ce que l’article 7 de la CDE exige des Etats signataires y compris notre pays, le Mali, à mettre en œuvre pour le bien-être de nos enfants.

« L’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux ».

« Les Etats parties veillent à mettre ces droits en œuvre conformément à leur législation nationale et aux obligations que leur imposent les instruments internationaux applicables en la matière, en particulier dans les cas où faute de cela l’enfant se trouverait apatride ».

Au Mali, bien que l’enregistrement des naissances à la mairie soit gratuit, certains enfants ne sont pas enregistrés. Ce n’est qu’au moment de scolariser les enfants ou quand il faut établir une carte d’identité ou faire un passeport que l’on se rend compte que la personne en question ne dispose pas d’acte de naissance.

La méconnaissance des procédures pour déclarer une naissance, procéder à son enregistrement et obtenir l’acte de naissance pour un enfant constitue l’une des barrières les plus fortes pour les parents et les communautés au Mali.

Quelle est la situation à Tombouctou ?

Le Code de la famille et des personnes du Mali permet à toute personne de faire la déclaration de naissance et a permis de faire des avancées car, permettant aux autorités communales d’établir le précieux papier. Mais cela n’en a pas moins changé la donne dans la région de Tombouctou où la couverture sanitaire, les représentations de l’Etat et des collectivités étaient devenues quasi inexistantes pendant la crise sécuritaire de 2012. L’établissement d’actes de naissance était devenu très difficile pour les parents.

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Intervention interne de Tdh au Mali

Les enfants qui ont vu le jour dans des localités qui ne disposent pas de centre de santé ni de représentations d’autorités communales, ceux qui sont nés durant leurs parcours migratoires ou dans les camps des réfugiés ne bénéficient pas d’enregistrement et donc ne disposent pas d’acte de naissance.

Quel accompagnement pour les enfants et les communautés ?

Heureusement que depuis janvier 2013, après l’opération Barkhane, nous avons assisté à un timide retour de l’administration et des représentations communales, rendant les enregistrements des enfants possibles.

  1. Arby, officier chargé des registres de l’état civil confie, « les enregistrements des citoyens continuent, et il n’est pas rare que des personnes âgées viennent s’enregistrer pour avoir un document administratif. Les gens commencent à comprendre l’importance de la déclaration, mais nous pensons que le plaidoyer doit continuer pour les zones rurales surtout ».

 

Ainsi, des Organisations Non Gouvernementales comme Terre des hommes Lausanne (Tdh) et Enda Mali, initient des projets d’urgence et d’accompagnement aux enfants victimes de la crise y compris les enfants concernés par la mobilité en vue de leur protection et du respect de leurs droits. L’ONG locale de Tombouctou, ARDIL (Actions et Recherches pour le Développement des Initiatives Locales) assistent les communautés pour l’enregistrement des enfants à travers un projet d’amélioration de la protection des enfants et des femmes dans la région de Tombouctou financé par PLAN MALI.

Grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID, 41 enfants vulnérables dont 29 filles ont bénéficié d’acte de naissance dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans la ville de Tombouctou. Depuis septembre 2015, ce projet est exécuté par Terre des hommes Lausanne (Tdh) en partenariat avec Enda Mali et huit (8) organisations communautaires de base composées d’enfants, de jeunes et de femmes de la ville de Tombouctou.

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SankoreLabs aux consultations régionales Afrique de l’ouest et du centre sur  » Jeunes , paix et sécurité « 

FB_IMG_1506180043733Les 11,12 et 13 septembre 2017 nous avons participé aux consultations pour l’Afrique de l’ouest et du centre sur le thème  » Jeunes, paix et sécurité  » à Cotonou au Bénin sur invitation du PNUD.

IMG_20170911_083819.jpgDurant 3 jours, nous avons échangé avec les jeunes représentant 23 pays sur le rôle des organisations des jeunes dans la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation avec notamment notre compréhension et nos propositions pour une application de la Résolution 2250 du conseil de sécurité des Nations Unies.

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Travaux de groupes

La résolution 2250 adopte le 9 Decembre 2015 est une étape importante en ce qui concerne la lutte contre l’extrémisme violent, la résolution souligne l’importance de remédier aux conditions et facteurs menant à la montée de la radicalisation et à l’extrémisme violent chez les jeunes. Elle note également le rôle important que les jeunes hommes et femmes peuvent jouer en tant que modèles positifs dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.

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Kaboré du Burkina sur les défis des jeunes en Afrique concernant la paix et la sécurité

Au fil des dialogues de 3 Jours, SankoreLabs a exposé le travail de lutte contre la radicalisation que nous menons à travers plusieurs des programmes que nous avons élaboré et que nous sommes en train de réaliser.
Il y a notamment les actions de réorientation professionnelle de jeunes diplômés sans emplois et de coaching des jeunes qui sont placés avec des tuteurs dans le métier qu’ils ont choisis.
Il y a aussi la création d’emploi à travers nos projets qui touchent directement à la paix et à la sécurité comme le projet Acces A La Justice financé par IDLO ( international Développent Law Organisation) qui porte essentiellement sur la sensibilisation des populations d’une zone de conflit à faire recours à la justice.

A SankoréLabs , nous sommes convaincus que le sentiment d’un justice est un facteur de radicalisation des jeunes d’où notre action en faveur dune participation effective des jeunes à la réalisation des activités de sensibilisation des organisations de la société civile.
La lutte contre la facture numérique et l’accès à l’Internet, l’utilisation du numérique est entre autres l’un des objectifs de la Tech Hub sociale qui est une organisation créé par des jeunes.

Que nous soyons basés à Tombouctou, une zone du nord du Mali , qui est en proie à l’insécurité , où les attentats sont fréquents et un point important sur l’axe de l’immigration et du trafic de tout genre est déterminant .
La formation, le renforcement des capacités des jeunes, leur autonomisation par l’emploi et la promotion de nos cultures est un procédé encourageant de lutte contre l’extrémisme violent.

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coup de gueule, Politique, Société Civile

Kemi Seba et l’activisme africain imposé

topelementAprès le buzz autour de l’activiste Kemi Seba, président du MDI ( Mouvement des Damnés de l’Impérialisme) et  d’Urgences Panafricanistes, qui a publiquement brûlé un billet de 5.000 F CFA, et son arrestation par la police sénégalaise sur plainte de la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest, les réactions ont été fort diverse sur les réseaux sociaux. Et je constate clairement un verbe plutôt agressif des activistes du camp de Kemi Seba envers ceux qui trouvent inapproprié de violer flagramment la loi pour rentrer dans la victimisation.

Mon impression est que les ACTIVISTES du cercle de Kemi Seba sont en train de nous faire le même procès qui a été fait à CAMARA LAYE quand le mouvement de la Négritude était à son paroxysme. Ils se donnent le droit de choisir les terrains sur lesquels tout africains qui se veut militants de la cause africaine ou panafricaine doit défendre.
Ne pas baigner dans le courant qu’ils ont imposé signifierait pour eux être un esclave consentant et acculturé!
Comment ne pas soutenir ce jeune et bel homme , qui a enfreint une loi qui vient directement de notre néocolonial ami la France, volontairement pour permettre que le débat sur la monnaie africaine encore sous contrôle de l’Occident à travers l’Empire colonial.
Comment s’épancher dans un livre autobiographique alors que d’autres luttent pour magnifier la race noire par l’écriture ? La poésie ?
Mais, après nous avons vu où la négritude a conduit certains des membres du mouvement : président complètement manipulé par la France, dont certains poèmes insultent plus qu’ils ne magnifient la négritude.
Tout activiste a une relation intime avec les sujets qu’ils défends ou qu’il combat. Parfois il y va de façon systématique, refusant toute opposition, se donnant des titres et des sobriquets aux autres qui ne le soutiennent pas.
S’il est important de reconnaitre que tous les aspects du néocolonialisme, notamment cette monnaie qui continue à être garantie par la banque de France, peuvent être combattus , il est aussi clair que l’activisme et le panafricanisme ne peut être aveugle ou imposé.
L’activisme est une action intime d’abord, ensuite communautaire.
Les activismes partent de convictions personnelles avant de s’engager dans des combats communautaires.
Oui #KemiSeba mène une lutte noble. Oui sont arrestation démontre plus que jamais que nos états sont contrôlés par la France.
Mais ce n’est pas un secret!
Le monde est aux mains de ces puissances coloniales depuis belle lurette. Oui, un activiste africains ne peut échapper à ce rejet de ce statut de personnage malnutri qui telle sous un soleil ardent pour nourrir son grassouillet maître.
Comment ne pas s’indigner de voir nos matières premières et minières pillés ?
Mais, il serait intéressant de se pencher sur le travail que font ces pseudo-esclaves pour voir les actions qu’ils mènent, les résultats qu’ils arrivent à avoir!
Pendant que vous faites le buzz, eux sont engagés sur d’autres terrains.
Nul n’a l’apanage du statut d’ACTIVISTE. Ni du PANAFRICANISME. Les insultes reviennent comme un boomerang.