A Tombouctou, que font les Organisations Communautaires de base dans la protection des enfants ?

Nous continuons notre série d’articles sur la protection des enfants à Tombouctou qui entrent dans le cadre de la campagne  » Talent d’enfant » de l’ONG Tdh Mali à Tombouctou. Nous nous intéressons à la participation des organisation de base dans la protection des enfants

Etre protégé est le droit de chaque enfant, bien que le bien-être physique, mental et émotionnel de millions d’enfants dans le monde soit menacé par les violences, les abus, l’exploitation, la négligence.

Au Mali, notamment dans la ville (Tombouctou), 69% des enfants concernés par la mobilité seraient confrontés aux problèmes de maladies ; 14% aux violences physiques ; 11% à la négligence par les adultes et 5% d’exploitation économique. Ces enfants vulnérables sont aussi confrontés à un accès très insuffisant aux services d’accueil et de prise en charge sociale et psychosociale ; à l’éducation (formelle et l’alphabétisation) ; à la santé. Ces constats sont issus de l’étude de base que Terre des hommes Lausanne (Tdh) et Enda Mali ont réalisé en décembre 2015 à Tombouctou sur la situation des enfants en mobilité.

Face à ces situations de besoins de protection, il est important de renforcer l’engagement des communautés locales en faveur de la protection des enfants, leur prise en charge et la promotion de leurs droits. Abderrahmane Mohamed, ancien membre du parlement des enfants du Mali, jeune militant et défenseur des droits des enfants, nous confie que « la participation des communautés (…) à la protection des droits des enfants est la meilleure manière pour réussir à protéger les enfants des abus de toute sorte ».

L’exemple de Terre des hommes Lausanne à Tombouctou

Activité club d'enfant
Club d’enfants Tombouctou (c) Tdh Tomboucotu

Depuis septembre 2015, l’ONG Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) exécute avec Enda Mali et d’autres partenaires locaux, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID (le Bureau de l’USAID pour les secours d’urgence en cas de catastrophe à l’étranger).

Ce projet a un important volet communautaire qui travaille avec huit (8) associations de femmes, d’enfants et de jeunes ainsi que les chefs de quartier, le réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE), les gouvernements d’enfants en milieu scolaire et les clubs au niveau communautaire.

Comment ces organisations communautaires protègent-elles les enfants ?

Le projet a réuni ces acteurs locaux autour d’un comité local de pilotage des interventions de protection des enfants, présidé par la Mairie de la commune urbaine de Tombouctou.

Chaque acteur s’engage à travers un plan d’action annuel élaboré avec l’aide du projet, d’identifier et d’accompagner au moins une centaine d’enfants vulnérables et concernés par la mobilité (enfants déplacés internes, enfants migrants travailleurs, enfants de retour de la migration, etc.).

Les chefs des quartiers de Sareikeyna, Hammabangou et Abaradjou ont contribué à la mise en place de 3 espaces d’accueil et d’orientation des enfants appelés « Points Espoir ». Ces espaces sont ouverts à tous les enfants vulnérables. Ils permettent aux enfants, filles et garçons, de se rencontrer régulièrement pour des séances d’information et  de formation en compétences de vie courante, sur les comportements à adopter contre les violences, abus,  exploitation et négligence. Ces espaces permettent aussi d’identifier des enfants qui ont un besoin spécifique et d’un accompagnement personnalisé.

Un accompagnement local diversifié

L’identification, l’accueil, l’alphabétisation, l’apprentissage à des métiers, l’appui à l’acquisition d’actes de naissance ou d’actes d’état civil, la médiation entre employeurs et les enfants, l’information et la sensibilisation, le suivi des enfants, le plaidoyer auprès des autorités étatiques et des collectivités. Chaque association aide ces enfants selon ses ressources et son savoir-faire local.

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Stand des enfants à la Campgne Talent d’enfant de Tdh à Tombouctou

Grâce à l’appui du projet et à la participation de ces associations et acteurs, les enfants qui sont dans l’apprentissage coranique à l’Association pour la Sauvegarde et le Développement des Ecoles Coraniques de Tombouctou n’apprennent plus par terre mais dans une salle équipée en tables-bancs et ayant un tableau. L’association a 2 pousse-pousse et une moto qu’elle loue et paye le petit-déjeuner des enfants avec les revenus. Cela a permis aux enfants talibé de ne plus sortir se promener dans la ville et mendier. Cela a réduit également le départ précoce de ces enfants en mobilité.

Grâce aux sensibilisations de ces associations auprès des employeurs des filles migrantes domestiques, celles-ci sont soignées par les employeurs lorsqu’elles tombent malades. Leurs salaires ont augmenté de 3.000 FCFA à 10.000 FCFA. La médiation a encouragé des employeurs à payer régulièrement les salaires de ces enfants travailleurs.

De 2015 à aujourd’hui, ces associations ont participé à la formation et à l’insertion socio professionnelle de 220 enfants et jeunes concernés par la mobilité dans la ville de Tombouctou.

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Exploitation des enfants par le travail: quel accompagnement dans la ville de Tombouctou ?

Le travail des enfants est un sujet délicat car lié à la protection et aux droits de l’enfant. A Tombouctou, bien que la ville eût un bon taux de scolarisation, les enfants apprennent à l’école coranique d’abord, ensuite à l’école publique, aussi ils travaillent !

enfant bénéficiaireLes enfants apprennent dans les centres d’apprentissage traditionnel appelés « tendé hou » quand ils ne vont pas à l’école. Ils y apprennent des petits métiers : couture, menuiserie, bijouterie… selon les traditions familiales.

De l’apprentissage, les enfants deviennent des mains-d’œuvre qui participent à la production dans les ateliers où ils sont en apprentissage et contribuent ainsi à la prise en charge de la famille. D’ailleurs, dans certains cas, la pauvreté de la famille ne permet pas aux enfants d’aller à l’école, ils travaillent pour aider ses parents.

Cependant, ne faudra-t-il pas faire la distinction entre la socialisation de l’enfant et son exploitation notamment par le travail au cours de ce processus de socialisation ?

La situation dans la ville de Tombouctou

Quand nous prenons le cas de Tombouctou, les enfants sont exposés à de multiples abus et à l’exploitation par le travail ou par des pratiques d’apprentissage qui vont se confondre avec le travail. Ils sont abusés par leurs parents, tuteurs, employeurs et même par des encadreurs.

Les enfants « talibé » qui sont en situation de mobilité car sont confiés à des maîtres coraniques qui les font pratiquer la mendicité ou les livrent comme travailleurs journaliers dans les champs.

  1. Traoré, exploitante agricole à Tonka, une ville de Tombouctou, nous confie « durant les récoltes, nous utilisons surtout les talibés qui viennent en nombre. Ils travaillent dur, mais c’est aux maitres que nous donnons leurs payes. Même quand ils tombent malades, ces derniers ne les soignent pas. Je les aide chaque fois que je peux car je sais que ce sont des enfants d’autres femmes comme moi et je sais que leurs mères sont démunies, raison pour laquelle, elles les laissent partir avec le marabout».

A Tombouctou, il existe aussi les filles migrantes domestiques qui travaillent comme bonne (aide-ménagères) ou comme ouvrières auprès des artisans. Depuis la crise de 2012, elles sont composées d’enfants déplacés internes suite à l’insécurité, la pauvrété de leurs familles ; d’autres sont victimes de mariage précoce/forcé ou de violations de leurs droits. Ces filles migrantes qui viennent dans la ville de Tombouctou, aident dans les familles et sont exploitées car elles ne sont pas régulièrement payées par leurs patronnes ; elles ne sont pas bien hébergées ; elles ne bénéficient pas de repos hebdomadaire à plus forte raison le repos annuel et le travail de nuit ne leur est pas interdit comme l’exige le code du travail au Mali.

Selon le Directeur régional adjoint du Travail, Bamoye DEMBELE « les enfants travaillent sous certaines conditions définit par le code du travail du Mali et la Convention 138 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Au Mali, l’âge légal d’admission de l’enfant au travail a été relevé à 15 ans par le Ministère du Travail et de la Fonction Publique depuis 2016».

Quel accompagnement pour ces enfants victimes d’exploitation à Tombouctou ?

Depuis septembre 2015, l’ONG Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) exécute avec Enda Mali et d’autres partenaires locaux, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID (le Bureau de l’USAID pour les secours d’urgence en cas de catastrophe à l’étranger).

Depuis le lancement de sa 3ième phase en septembre 2017, l’objectif de ce projet est d’apporter un appui personnalisé et collectif à 2.568 enfants victimes de la crise dans la ville de Tombouctou.

Quelles sont les réponses apportées aux enfants, à leurs familles et communautés ?

  • Des activités d’accueil, d’écoute et d’orientation en langues locales ;
  • Des activités psychosociales et de sensibilisation;
  • Des cours d’alphabétisation et en compétences de vie courante (santé, hygiène, protection, droits et devoirs de l’enfant, etc.) ;
  • L’apprentissage en 13 filières de métier librement choisies par les enfants et jeunes en âge légal d’exercer un métier (coupe couture, teinture, coiffure, boulangerie, embouche, électricité solaire, maintenance informatique, mécanique moto, ménuiserie métallique, restauration, etc.) ;
  • Les équipements d’installation dans chacune des filières de métier choisies par les enfants eux-mêmes.
  • Le suivi continue des actions à travers des animateurs et un comité local de pilotage du projet présidé par la mairie et composé d’acteurs communautaires et institutionnels.

Quels sont les résultats clés obtenus ?

Selon les données rapportées entre septembre 2017 et mai 2018, les interventions du projet ont enregistré :

  • 175 enfants victimes de la crise ont bénéficié d’appui psychosocial ;
  • 53% des enfants référés ont reçu de services adéquats de protection à Tombouctou ;
  • Les filles migrantes domestiques identifiées par le projet, jouissent toutes de leurs droits de repos hebdomadaire; bénéficient de salaire décent ; sont mieux soignées ; participent aux activités socio-éducatives ;
  • 220 enfants et jeunes ont bénéficié de la réinsertion socioprofessionnelle ;
  • 367 enfants fréquentent les espaces communautaires d’accueil et d’orientation des enfants appelés « Point Espoir » ;
  • 550 personnes sont sensibilisées sur les thématiques de protection, de droits et devoirs de l’enfant.
  • 8 projets communautaires existent et sont mis en œuvre par des organisations communautaires de base.
  • L’appui à la mairie de Tombouctou pour l’intégration des besoins de protection des enfants vulnérables dans son Programme de Développement Social, Economique et Culturel (PDESC).

stand talents d'enfantsDu 07 au 08 juillet 2018, Tdh Mali et Enda ont organisé à Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants ». Cette campagne de protection et de promotion des droits de l’enfant a permis à 800 participants de voir et apprécier le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet.

Ces deux jours de campagne ont proposé 20 stands / exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); des prestations de sketch et jeux éducatifs ; des débats communautaires sur la délinquance juvénile ; sur les limites de la socialisation et de l’exploitation des enfants par le travail.

 

 

 

Protection et accès des enfants aux structures et services sociaux de base au Mali

Le Mali est un pays de l’Afrique de l’Ouest qui accorde une attention particulière à la protection sociale avec un ministère dédié au développement social, à la solidarité, aux personnes âgées et un autre ministère dédié à la femme, à l’enfant et à la famille.

tdfCes ministères disposent de structures décentralisées dans toutes les régions du Mali. Dans les régions du nord, même si ces structures ont eu à fermer avec la crise socio politique de 2012 que le Mali a connue, la direction régionale du développement social et de l’économie solidaire est l’un des services qui a rapidement repris service à Tombouctou ; qui a apporté son soutien aux habitants meurtries par le conflit et qui a facilité le retour des enfants en mobilité et leur réintégration dans le système scolaire.

Pour une bonne protection sociale contre les risques et vulnérabilités, le Mali a institutionnalisé des mesures sociopolitiques et économiques en faveur de l’inclusion des couches sociales démunies ainsi que la protection des enfants et leurs familles notamment celles en situation difficile. Ces mesures les aident à couvrir les dépenses dans le cadre de l’éducation de leurs enfants ou leur permettent d’accéder aux services sociaux de base (l’école, la santé, l’alimentation).  Les acteurs de la protection sociale sont :

  • Ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire et ses structures régionales et locales ;
  • Ministère de la promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et ses structures régionales et locales ;
  • Ministères concernés par la Santé ; l’Education nationale.

L’appui d’assistance sociale, qui devrait être convenu par des commissions nationales ou régionales pour le développement social peut prendre l’une des formes suivantes:

  • Aide d’urgence, entre 50.000 FCFA et 100.000 FCFA peut être accordée en cas de catastrophe, accident ou pertes considérables.
  • Aide immédiate, jusqu’à 100.000 FCFA, attribuée dans les cas de besoin momentané et devant être approuvée par une commission nationale ou régionale.
  • Aide provisoire : en cas de situation qui perdure et s’étale sur une période allant jusqu’à trois ans, pour un montant ne dépassant pas 200,000 FCFA au total.
  • Aide maladie : remboursement des frais médicaux dans une mesure qui correspond aux besoins du bénéficiaire.
  • Depuis 2009, le RAMED ou le Régime d’Assistance Médicale pour assurer les populations démunies contre le risque maladie.

Il faut également signaler que la protection et l’accès des enfants aux structures et services sociaux de base est également la mission de plusieurs Agences des nations unies et Organisations Non Gouvernementales qui appuient très activement l’Etat du Mali et assistent ses populations vulnérables. Notons, l’Unicef ; l’UNHCR ; l’OIM ; Terre des hommes (Tdh Mali) ; Enda Mali ; ASMAE ; Ieda Relief ; Islamic relief ; Association humanitaire du Mali ; Plan Mali ; AMSS…

Leurs actions ont été salutaires pour les enfants et leurs familles qui ont été prises dans les mailles surtout depuis la crise de 2012. Certains ayant vécu la crise sur place alors que d’autres (enfants et familles) sont partis en mobilité temporaire ou plus longue (certains sont toujours dans les camps de réfugiés en Mauritanie, au Burkina Faso…)

DSCN0178Pour la protection et l’accompagnement des enfants affectés par la crise, Tdh Mali y accorde une attention particulière. Etant la plus grande organisation Suisse d’aide à l’enfance, Tdh a pour mission d’améliorer la condition de vie des enfants vulnérables. C’est ainsi qu’elle exécute depuis septembre 2015 avec Enda Mali, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Ce projet vise la protection individuelle et collective des enfants concernés par la mobilité et le respect de leurs droits.

 

Ce projet offre un cadre de formation et d’accompagnement socio professionnel; d’amélioration des réponses communautaire et institutionnelle de protection ; de renforcement  de capacité, de l’articulation entre la protection formelle et non formelle et favorise un meilleur accompagnement des  enfants concernés par la mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao.

 

Du 07 au 08 juillet 2018, Tdh Mali et Enda ont organisé à Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants ». Cette campagne de protection et de promotion des droits de l’enfant a permis à 800 participants de voir et apprécier le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet.

 

Ces deux jours de campagne ont proposé 20 stands / exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); des prestations de sketch et jeux éducatifs ; des débats communautaires.

Enfants et socialisation: quels sont les risques d’abus et d’exploitation

Le but de l’éducation que les enfants reçoivent dans les familles est de forger en eux des individus capables de connaitre et de respecter les règles de la société dans laquelle ils vivent. Dans cette action de socialisation ou parfois à cause de situations particulières comme les divorces, le décès des parents, les conflits ou la mobilité et la pauvreté les enfants peuvent se retrouver exploités, abusés ou négligés.

Quand est-ce qu’on peut parler d’abus et d’exploitation ?   

 

Les termes « abus » et « exploitation » se recoupent :  l’abus est défini comme un mauvais usage ou un usage excessif, une injustice ou un mauvais traitement à l’égard d’une personne qui n’est pas en état de se défendre alors que l’exploitation est littéralement « faire valoir, tirer parti de quelque chose ou de quelqu’un ; utiliser abusivement quelqu’un pour son profit ».

L’expression d’abus, associée à un enfant, est généralement utilisée pour décrire un acte perpétré en dehors des normes culturelles acceptées. Cela peut comprendre:

  • L’abus physique: l’utilisation délibérée de la force sur le corps d’un enfant qui peut engendrer des blessures, ex: en le frappant, le brûlant, le secouant, l’étranglant.
  • L’abus sexuel: cela ne comprend pas seulement une agression sexuelle violente mais aussi d’autres activités sexuelles comme des gestes inappropriés, des situations que l’enfant ne comprend pas totalement ou pour lesquelles, il ne peut donner son consentement en tout état de cause ou pour lesquelles le développement de l’enfant ne l’a pas encore préparé.
  • L’abus émotionnel: il comprend les attaques persistantes à l’encontre de l’enfant et de son sens du moi, ex: dépréciation, reproches ou humiliations constantes, isolement et intimidation. Le rejet de l’opinion de l’enfant peut aussi le blessé émotionnellement.

 

L’exploitation d’un enfant fait référence à l’utilisation d’un enfant dans le travail ou dans toutes autres activités au profit d’autres personnes et au détriment de la santé physique et mentale de l’enfant, de son développement et de son éducation.

L’exploitation comprend le travail et la prostitution des enfants mais ne s’y limite pas. Ces deux termes indiquent donc que certains tirent profit du statut de l’enfant et de son manque de pouvoir.

L’expression « travail des enfants » présente aussi certaines ambiguïtés à cause de sa connotation très négative. Le travail domestique de l’enfant fait-il partie du travail de l’enfant? Tous les travaux des enfants ne doivent pas être considérés comme relevant de l’exploitation de l’enfant. Dans certaines situations, il peut être considéré comme étant bénéfique à l’enfant ou comme nécessaire à l’économie familiale. Il ne faut pas aussi négliger le cadre d’apprentissage de l’enfant qui l’oblige des fois à devenir un acteur à part entière de la chaine de production sans pour autant qu’il soit un salarié.

 

Quand est-ce que qu’on peut parler de négligence ?

Dans le cas d’un enfant, le mauvais traitement, que cela soit physique, émotionnel ou sexuel ou la négligence portée à un enfant en situation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir, pouvant porter atteinte à sa santé physique ou morale ainsi qu’à sa survie ou son développement sont considérés comme des négligences.

 

Lien entre négligence et abus/exploitation ?

 

La négligence d’un enfant peut être basée sur une action répétitive ou sur un incident ou une omission isolée qui se traduit ou pourrait se traduire par une blessure physique ou mentale grave, voire un risque mortel pour l’enfant. La négligence peut comprendre (mais ne se limite pas à cela) le fait d’échouer à apporter en quantité suffisante de la nourriture, des vêtements, un abri, une supervision et des médicaments.

 

Ce comportement présent chez certains parents est accentué par la pauvreté et l’absence de couverture sociale. Quand nous prenons le cas du Mali, nous savons qu’il existe un service social dans les hôpitaux pour venir en aide aux citoyens qui se trouvent dans une indigence totale, ne pouvant prendre en charge les soins couteux pour leurs enfants. Mais le service n’est pas accessible à tous les citoyens et parfois les parents finissent par perdre leurs enfants.

 

Aissata est une jeune mère qui perdu son enfant à l’âge de 6 mois. Son enfant souffrait d’une hydrocéphalie « mon fils est né avec cette maladie qui fait gonfler sa tête. Les médecins m’ont dit qu’il fallait lui faire une opération à Bamako pour évacuer l’eau qui vient dans sa tête vers le ventre. Ils ont dit que c’est une opération qui coute chère. Mon mari est tailleur. Nous avons à peine de quoi nourrir toute la famille. Je n’ai même pas l’argent pour faire le transport jusqu’à Bamako, à forte raison faire l’opération. J’ai regardé mon enfant mourir comme ça. Dieu nous donnera certainement un autre fils. Inshallah » nous- a-t-elle confié, en larmes.

 

La négligence peut aussi comprendre le fait de ne pas faire d’efforts suffisants pour protéger un enfant contre les abus, l’exploitation ou la négligence d’une autre personne. Ainsi, parfois, des enfants se retrouvent doublement victimes de:

  • sévices
  • Abus sexuel
  • Rejet des parents/ de la société
  • Maladie/mort
  • Séquelles

 

En effet, dans plusieurs cas d’abus sexuel faits aux enfants, la société condamne les enfants victimes de ces abus ou d’exploitation au lieu de les secourir. Surtout dans le cas des filles qui se retrouvent avec des grossesses précoces et chassés de la maison familiale par des parents qui ne prennent pas toujours le temps de prodiguer une éducation sexuelle aux jeunes adolescents et les exposent aux grossesses non désirés et aux maladies sexuellement transmissibles. Le cas rapporté par le blogueur Mohamed Ag Allou sur la plateforme Benbere est très touchant : une jeune scolaire qui perdit la vie des suites d’une grossesse difficile passée en dehors du cadre familial car chassée de la maison par son père.

 

Quel comportement privilégier pour lutter contre les abus et l’exploitation des enfants ?

  • Protection et assistance juridique

La protection et l’assistance aux enfants sont assurées au plus haut niveau par la Convention des nations Unies relatives aux droits de l’enfant (CDE, 1989). C’est un instrument international qui permet aux états et aux organisations de protections des droits des enfants à œuvrer pour lutter contre les abus et les exploitations dont les enfants sont victimes dans le monde. La CDE est l’instrument des droits humains le plus largement accepté au plan universel, car ratifié par tous les pays du monde hormis les Etats-Unis et la Somalie.

Elle constitue le cadre le plus complet en ce qui concerne les responsabilités des États parties à l’égard de tous les enfants qui vivent à l’intérieur de leurs frontières : en ratifiant la Convention, les gouvernements se sont engagés à protéger et garantir les droits de tous les enfants, sans discrimination, y compris les droits des enfants et des adolescents réfugiés et déplacés.

Ainsi , il est important que les personnes qui travaillent dans zones de conflits ou dans les camps de réfugiés ou de migrants volontaires connaissent les instruments régionaux applicables et leurs dispositions  ( charte africaine des droits de l’homme et des peuples, CDE, convention européenne pour la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales, la déclaration américaine des droits et des devoirs de l’homme, la charte arabe relative aux droits de l’homme), les lois nationales (pénales et familiales) des états sont particulièrement importantes et doivent être consultées.

  • La prévention

L’une des meilleures manières de prévoir l’exploitation des enfants est en toute évidence la prévention afin de remédier de façon efficace aux conséquences pour les enfants et les familles.  Les facteurs de risques peuvent s’accumuler pour certains enfants à cause de certaines situations particulières comme le conflit armé que le Mali a connu en 2012 qui a mis beaucoup d’enfants dans des situations de vulnérabilités extrêmes :

 

  • Ecoles fermées ou détruites
  • Enfants sans actes de naissance
  • Difficultés pour s’alimenter
  • Vie dans des camps de réfugié
  • Disparition (morts) des parents
  • Mariage précoce
  • Abus sexuels
  • Viols
  • Association aux forces et groupes armés
  • Prostitution
  • Mendicité, etc.

Une analyse de situation axée sur l’enfant sera une condition sine qua non de l’élaboration d’une stratégie de prévention.

Il existe de nombreuses possibilités en ce qui concerne la stratégie de prévention : celles-ci comprennent les questions de subsistance, l’éducation et la formation, la sensibilisation, les mesures visant à protéger les femmes et les enfants et les procédures visibles de notification et de surveillance des cas d’exploitation.

  • Initier des projets de protection et d’assistance pour les enfants afin de les protéger de l’abus et de l’exploitation

OFAPour protéger les enfants notamment les enfants déscolarisés et non scolarisés des abus et exploitations, des programmes qui mettent la formation professionnelle appropriée et les projets générateurs de revenus, ainsi que les systèmes de microcrédits qui permettront aux jeunes de lancer leurs propres initiatives sont des stratégies d’accompagnement protecteur.

Mais il faut aussi retenir que ces programmes doivent être alliés à une formation sur les droits et devoirs de l’enfant pour les bénéficiaires et la communauté afin que tous participent à la transformation et au respect du droit des enfants.

A Tombouctou, L’ONG Suisse Terre des hommes (Tdh) et Enda Mali exécutent le projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité qui vise la protection individuelle et collective des enfants et le respect de leurs droits grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

 

  1. Le projet lutte contre les violences, les abus, l’exploitation et la négligence des enfants à travers l’accompagnement social personnalisé (ASP) ;
  2. Contribue à la réduction des vulnérabilités des enfants concernés par la migration à travers l’appui psychosocial dans des « Point Espoir » ou espaces communautaires de protection des enfants, l’alphabétisation, la formation socio professionnelle, le suivi des enfants par les animateurs du projet et des acteurs communautaires de base;
  3. Renforcer les capacités des acteurs des structures techniques de l’Etat, des collectivités locales et des acteurs communautaires ;
  4. Facilite l’accès de l’information et sensibilise les enfants et les communautés sur la protection et les droits de l’enfant.

 

Les 07 et 08 juillet 2018 à Tombouctou, Tdh et Enda Mali, ont organisé la campagne « Talents d’enfants » avec le soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

La campagne « Talents d’enfants » était destinée à promouvoir le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet d’appui et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao.

Ces deux jours de campagne : exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); démonstrations des enfants; prestations de sketch et jeux éducatifs ; débats communautaires ; ont été un véritable succès pour une prise de conscience en faveur de la protection des enfants surtout des enfants vulnérables dans  la ville de Tombouctou.

Mobilité des enfants: quelles sont les risques et opportunités dans la ville de Tombouctou ?

Un jeune mendiant de Tombouctou

Les enfants constituent une partie importante des mouvements de population dans le monde. Selon les estimations faites par de nombreux organismes de protection de l’enfance, des millions d’enfants et de jeunes (filles et garçons de différents âges) seraient en mouvement au sein de leur pays ou entre les pays.

Les enfants concernés par la mobilité représentent un groupe très large, traversant et transcendant plusieurs catégories d’enfants :

  • Enfants en situation de pré mobilité (ou à risque de mobilité),
  • Enfants en situation de mobilité (déjà en cours de déplacement),
  • Enfants en situation de retour de mobilité,
  • Enfants victimes de mobilité de ses parents ayant migré.

La mobilité des enfants n’est pas toujours forcée. Elle peut se faire de manière volontaire, les enfants décidant, d’eux-mêmes ou poussés par leur famille, de partir à la quête d’une meilleure vie et d’opportunités leur permettant de construire leur futur.

Au Mali, les situations de mobilité des enfants se sont accrues avec la crise sécuritaire et politique que le pays a traversé en 2012. Cette crise n’ayant pas trouvé une résolution définitive, les enfants continuent à subir les conséquences avec une vie dans les camps de réfugiés pour certains depuis plus de 5 ans, et d’autres en transit ou à destination à l’intérieur du Mali.

Tous sont exposés à la violation de leurs droits les plus fondamentaux Tombouctou représente l’une des plus grandes villes de mobilité des enfants au nord du Mali. S.B, est une fille migrante domestique de 15 ans. Elle y vit depuis la crise, elle nous raconte sa situation « la pauvreté et le conflit armé sont les raisons pour lesquelles j’ai migré à Tombouctou. A mon arrivée, je suis employée comme fille domestique et ne bénéficiait pas de repos hebdomadaire ».

F.D est une mère enfant de 16 ans qui vit actuellement à Tombouctou. Originaire de Sevaré dans la région de Mopti, au centre du Mali, F.D a été abusée et victime de maltraitance par la femme de son oncle avec lesquels elle vivait après le décès de sa mère. « A Sevaré, j’étais chez mon oncle. J’étais énormément maltraitée par sa femme. Tôt le matin, je devais me lever pour faire toutes les tâches ménagères pendant que les enfants de mon oncle se préparaient pour aller à l’école. Ensuite, le petit soir, je partais vendre pour ma tante (vendeuse ambulante). Elle était trop méchante envers moi ». Dans cette situation de vulnérabilités, F.D ne se sentait plus protégée. Elle a ainsi quitté Sevaré pour venir s’installer chez sa grande sœur mariée dans la ville de Tombouctou. Là-bas, elle avait besoin de soutien pour être autonome et mieux accompagnée.

Même si ces cas décrivent des risques liés la mobilité des enfants, celle-ci comporte par ailleurs des opportunités pour les enfants. L’échec des politiques antérieures sur la gestion de la migration a montré que nul ne peut arrêter la mobilité mais elle peut être encadrée et les enfants qui s’y trouvent peuvent être mieux accompagnés. C’est pourquoi, les enfants concernés par la mobilité ont plus besoin d’accompagnement pour être mieux protégés et jouir de leurs droits les plus fondamentaux.

Tombouctou est une ville que nous pouvons définir comme un carrefour car se trouvant à la lisière du Sahara et les routes vers les pays comme la Mauritanie, l’Algérie et le Niger (donc la Libye).

Les enfants peuvent non seulement s’y déplacer avec leurs parents à la recherche d’une vie meilleure, mais peuvent aussi se retrouver à vivre de mendicité ou être victime de délinquance juvénile ou d’exploitation de toutes sortes dans ces pays étrangers. Ils deviennent ainsi des victimes de choix des représailles xénophobes de certains citoyens de ces pays qui les accueillent, notamment les témoignages sont surtout fréquents concernant ceux qui ont migré en Algérie et qui se font agresser et voler par des jeunes algériens.

L’état Algérien aussi a procédé à plusieurs reconduites aux frontières quand il ne les abandonne pas dans le désert, près de la ville de Tamanrasset, une ville proche de la ville de Gao.

L’un des  plus grands risques que courent les enfants concernés par la  mobilité dans la ville de Tombouctou est celui de la récupération par les groupes armés qui en font des enfants soldats. Ils peuvent ainsi faire l’objet d’une radicalisation extrémiste et devenir des djihadistes et de potentielles bombes humaines.

Aussi, les talibés font partie des enfants concernés par la mobilité. Ils sont soit confiés ou donnés aux marabouts par leurs parents pour un apprentissage  du Coran.  Ils deviennent une main d’œuvre que ces marabouts exploitent, les obligeant à apporter des revenus quotidiens ou à les exploiter comme main-d’œuvre dans les champs. Les enfants travaillent et ce sont les tuteurs qui encaissent les revenus. La majorité  ne fait pas  l’objet de prise en charge médicale et ont une alimentation déséquilibrée.  « La vulnérabilité des enfants talibés est très grande, ils ont une vie d’exploitation qui n’en finit pas. Une règlementation de cette pratique et une prise en charge des enfants qui se retrouvent dans une situation de mobilité et d’exploitation permanente est prioritaire » nous confie M. Maiga, un sociologue.

En outre, quand tu te déplaces dans la région de Tombouctou, tu deviens la cible de braquage, de vols à main armée, de violences sexuelles et autres attentats potentiels aux véhicules piégés ou mines sur les pistes de la région.

En  termes d’opportunités, à Tombouctou, la mobilité peut offrir des possibilités d’accès à l’éducation car il ne faut pas oublier le développement faible des centres de formation et de qualification pour les enfants dans les localités affectées par l’insécurité et la crise. D’ailleurs, nous avons vu plus de 1.000 écoles fermées au nord, obligeant élèves, parents et parfois enseignants à se déplacer vers des villes où ils peuvent continuer les études.

Les enfants peuvent ainsi contribuer aux revenus de leur famille, de développer de nouvelles compétences, suivre une formation appropriée qui va leur faciliter une vie d’adulte, disposant d’un métier et d’une source stable de revenus.

Depuis septembre 2015, l’ONG Terre des hommes Lausanne (Tdh) et Enda Mali exécutent le projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité qui vise la protection individuelle et collective des enfants et le respect de leurs droits grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Ce projet, ayant pour objectif d’apporter une réponse cohérente et adaptée aux vulnérabilités des enfants concernés par la mobilité dans les villes de Tombouctou et de Gao,  offre un cadre de formation et d’accompagnement pour la formation professionnelle des enfants, l’amélioration de la réponse communautaire de protection ; l’amélioration de la réponse Institutionnelle de protection ; le renforcement de l’articulation entre la protection formelle et non formelle et un meilleur accompagnement des  enfants concernés par la mobilité dans les villes de Tombouctou et de Gao.

Du 07 au 08 juillet 2018, a eu lieu dans la ville de Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants » ayant permis à 800 participants de voir et apprécier le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet d’appui et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao.

sketch des enfants durant la  » campagne Talent d’enfant  » à Tombouctou 8/7/2018

Ces deux jours de campagne, proposant 20 stands / exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); des démonstrations d’enfants; des prestations de sketch et jeux éducatifs ; des débats communautaires, ont été un véritable succès pour l’amélioration de l’environnement protecteur des enfants dans la ville de Tombouctou.

Quelle protection offrent les familles aux enfants dans la ville de Tombouctou ?

 

Un enfant formé par le projet montre une fenetre qu’il a confectionné

L’enfant joue un rôle important dans la communauté au Mali, plus précisément à Tombouctou, il est vu comme une bénédiction pour le couple. Il est également un bien communautaire et chacun participe à son éducation.

Chez le Tombouctien, l’enfant est « roi », il est fragile, une « graisse de poule » et il constitue une « richesse ». La communauté reconnait ainsi à travers ces termes, que nous avons recueillis en songhay, expriment une double attitude envers l’enfant. L’enfant a des besoins, des droits (droits) mais il a aussi des devoirs et la famille/communauté le prépare à cela (du sevrage à l’éducation traditionnelle). Il est à protéger, mais il est aussi appelé à « servir » la communauté, ce qui peut impliquer l’empiétement de ses « devoirs » sur ses « droits ».

La vulnérabilité de l’enfant n’a pas de critères bien définis au sein de la communauté, mais à travers des affirmations de sens commun, elle est identifiée comme un état qui a trait au rapport tripartite « enfant/famille/pauvreté ». Plusieurs facteurs sont indiqués comme étant à la base du concept de vulnérabilité de l’enfant:

  • La pauvreté de la famille (enfant adopté ou donné en apprentissage à un marabout)
  • Le rapport de l’enfant avec le milieu familial (séparé ou pas de la famille).
  • Le rapport avec la communauté et les institutions (école, medersa, école coranique, ONG, institutions sociales étatiques ou associations…)

La protection de l’enfant consisterait génériquement à garantir à l’enfant « des bonnes conditions », la santé, l’éducation, la sécurisation. Les aspects strictement liés à la protection contre la violence, les abus, l’exploitation des enfants ne sont pas pris en compte de manière explicite, au contraire ils sont « offusqués » par certaines normes sociales tacites qui tolèrent, au lieu de condamner, ces comportements néfastes.

 

Quand nous prenions l’éducation traditionnelle à Tombouctou, elle soumet l’enfant à la volonté du parent qui peut à la limite être maltraitant avec l’enfant ou le mettre dans un cadre d’apprentissage qui l’expose à la violence de son maitre.

Les parents qui sont tuteurs des enfants, leur garantissent ainsi la nourriture et la protection. Ils leurs fournissent les 3 repas pris en famille, l’habillement et une éducation qui commence dès le bas âge avec leur inscription à l’école coranique. Si certains sont inscrits à l’école coranique en même temps l’école publique, d’autres n’ont aucune de ces éducations quand les parents n’ont pas les moyens d’assurer les dépenses de ces types d’éducation. Les enfants vont très rapidement apprendre un métier dans un atelier pour contribuer aux dépenses de la famille et devenir indépendants.

 

Si certains enfants de fonctionnaires et autres personnes travaillant pour des institutions nationales ou internationales peuvent profiter de la protection sociale et maladie, les enfants démunies, issus de familles pauvres ou confiés, sont des laissés pour compte et leur situation est accentuée par la crise sécuritaire et politique que le Mali connait depuis 2012.

 

Heureusement, dans la ville de Tombouctou, plusieurs organisations non gouvernementales ont des projets d’assistance à ces enfants en situation de vulnérabilités, comme les enfants concernés par la mobilité qui sont très souvent sans protection.

un educateur expose le travail des enfants du projet de Tdh, OFDA/USAID, Enda

L’ONG Terre des hommes (Tdh) et Enda Mali exécutent le projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité qui vise la protection individuelle et collective des enfants et le respect de leurs droits grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

 

  1. Le projet lutte contre les violences, les abus, l’exploitation et la négligence des enfants à travers l’accompagnement social personnalisé (ASP) ;
  2. Contribue à la réduction des vulnérabilités des enfants concernés par la migration à travers l’appui psychosocial dans des « Point Espoir » ou espaces communautaires de protection des enfants, l’alphabétisation, la formation socio professionnelle, le suivi des enfants par les animateurs du projet et des acteurs communautaires de base;
  3. Renforce les capacités des acteurs des structures techniques de l’Etat, des collectivités locales et des acteurs communautaires ;
  4. Facilite l’accès de l’information et sensibilise les enfants et les communautés sur la protection et les droits de l’enfant.

 

Du 07 au 08 juillet 2018, a eu lieu dans la ville de Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants » destinée à promouvoir le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet d’appui et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao.

 

Ces deux jours de campagne : exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); démonstrations des enfants; prestations de sketch et jeux éducatifs ; débats communautaires ; ont été un véritable succès pour  l’amélioration de l’environnement protecteur des enfants dans  la ville de Tombouctou.