Mali: campagne électorale avant l’heure

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Remercier le président de la république du Mali semble être la ligne éditoriale choisie par certains pour lancer  l’avant campagne électorale au Mali. Avant 2018.

Réception de ressortissants d’un cercle dans la salle de banquet de Koulouba. Des déclarations qui apportent le soutien des populations dudit cercle et surtout des  » chefs religieux »
Ils seraient content du programme d’urgence du président de la république.
Nous. Nous regardons. Même pas de question cette fois-ci. Que dire ?
Des ressortissants d’une partie du Mali sont reçus au palais présidentiel parce qu’ils viennent caresser les oreilles de notre monarque.
Parce que la campagne électorale est déjà lancée. Parce que ce qu’ils font est nettement malien. Les maliens aiment tirer profit des situations. Pourquoi ne pas prendre la parti de celui qui détient encore le le pouvoir pour continuer à profiter…
D’aucuns en oublient qu’ils ont essayé d’usurper le mouvement citoyen de la jeunesse.
Ils ont oublié avoir scandé  » an te a bana »
Ils sont dans la salle des banquet si richement décorée.
Ils chantent. Presque. Les visages graves.
Pourtant ce peuple malien pour lequel vous avez si peut de respect a changé. Il n’est plus dupe. Ils pourront agir. Accepter ou rejeter vos sales coups des périodes électorales.
Alors , chers griots électorales chantez donc à la gloire du roi !

 

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Devons-nous fêter l’indépendance au Mali?

Bonjour chers compatriotes maliens!
Dois-je dire happy independance Day alors que l’anglais n’est pas la langue de nos colons qui sont revenus avec armes et bagages depuis l’épisode « Serval libérant le nord des troupes pseudi-djihadistes pour la livrer au pseudo-independantistes »?
Non je dois dire bon 22 en bonne et vraie malienne , car 22 est le nom que la populace malienne donne à ce jour qui était grandiose pour eux , aux premières années de l’indépendance. Il était (ce jour) comme illuminé par la carrure de leur président du temps, Modibo Keita.
Keita 🎶Keita 🎶Keita🎶 chante encore ma mère, une grande nostalgie dans la voix.
Lui avait une vision pour son pays.
Lui voulait une éducation de masse et de qualité pour tous les enfants du Mali.
Lui voulait une éducation basée sur des valeurs culturelles maliennes, africaines et enfin universelles.
Des maliens confiants en l’avenir fêtaient le 22.
Tous les maliens.
Maintenant , avec ce pays divisé en deux, ou même 3, où les enfants de certains grandissent avec cette insouciance, alors que ceux des régions du nord et du centre sont coupés du monde, ne vont pas à l’école comme le dit ce rapport d’Amnesty qui démontre que 150.000 enfants ne vont pas à l’école.
Ceux qui ont fait la soi-disant révolution de mars 1991 nous ont bien eu, nous naïfs maliens, au cœurs submergés par cet amour gigantesque pour notre pays…
Ils nous ont bien eu, s’installant, eux et leurs proches et leurs partis au pouvoir, sans une considération pour ce peuple endormi d’un sommeil lourd, hypnotisé par la corruption, le népotisme, l’immigration !
Du 22 septembre 1960 à celui-ci, le Mali a bien failli disparaître… Mais heureusement que nous avons vu un sursaut patriotique avec la contestation des jeunes maliens contre une révision de la constitution de 1992 exigé par un accord de paix signé vraisemblablement en infériorité et en perdant par les autorités maliennes.
Devons nous fêter le 22 alors que des fils du Mali meurent tous les jours? Alors que les filles du Mali sont violées sur des routes quand elles ne meurent pas en couche?

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Top 10 de mes questions sur le G5 Sahel

téléchargement (2).jpgLe G5 Sahel a été créé lors d’un sommet regroupant les présidents du Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad le 16 février 2014 à Nouakchott (Mauritanie). De cette date a juillet 2017 avec le sommet du G5 Sahel à Bamako présidé ( sans aucune surprise) par le jeune président français Emmanuel Macron( et non Manuel Valls😀)qui profita pour remonter les bretelles à certains de ses valets au Mali.

Avec la France, l’Union européenne ont apporté les premiers ronds pour la prétendue force frontalière qui devrait permettre à ces pays malmenés par les groupes armés dans une guerre asymétrique.

En bonne citoyenne d’un des pays les plus malmené par ces groupes prétendument terroristes, j’ai été submergée -pratiquement – par une multitude de questions à propos de cette force G5 Sahel.

Car le G5 Sahel est une idée qui ne vient pas des pays membres de la Force, du coup c’est une une solution qui a été trouvée par un acteur qui est visiblement impliqué dans l’origine de la déstabilisation militaire des états du G5 par des groupes armés qualifiés de djihadistes et de terroristes. Les pays membres du G5 Sahel partagent les frontières , Mais aussi les problèmes liés à certaines rébellions Touaregs .

1. Le G5 Sahel table sur la sécurisation des frontières par une force militaire qui sera financée dans son écrasante majorité par l’Union européenne et la France alors que ce pays possède une sérieuse présence militaire au Tchad, au Mali et au Niger donc 3/5.

2. Quelle sera la base de la coopération de ces militaires français avec les forces militaires du G5 Sahel et quel impact sur la mobilité des groupes armés qui maîtrisent le terrain (le désert) plus que les militaires de ces 5 pays ?
3. Comment la Force G5 Sahel va intervenir ou agira t-elle aux frontières des pays limitrophes qui ne sont pas membres du G5 Sahel ? (Algérie, Cameroun, Nigeria, Libye)
4. Comment le G5 Sahel fera pour résoudre le problème que le Mali connaît avec les groupes armés , les pseudo-djihadistes et le contrôle des frontières du nord alors que l’état et les militaires maliens sont encore indésirables vers Kidal et sont absents de ces territoires ?

5. Comment vont-ils dissocier ces groupes armés qui étaient associés à ceux qu’elle qualifie de terroristes maintenant avec de la déstabilisation de cette zone qui fait frontière avec le Niger et le Burkina Faso ?
6. Comment vont-ils s’en sortir avec déjà cette forte présence militaire au Mali qui est matérialisé par une mission des nations unies qui est une cible privilégiée pour des groupes  terroristes que la Force G5Sahel cible et qui n’a pas la lutte contre le terrorisme dans son cahier de charge ? Nous savons que le Tchad,le Burkina Faso et le Niger ont une grande présence militaire au sein des casques bleus de la MINUSMA. Vont-ils quitter la Minusma ou est-ce la Minusma qui vas revoir son mandat en juin prochain ?
7. Le G5 Sahel pense-t-il que Bobo Haram est une préoccupation secondaire ou laisse-elle le Nigeria et le Cameroun s’occuper de ce groupe armé qui est lié à ceux qu’ils ont ciblé (aqmi, Mujao, Ancardine…) ?
8. Comment le G5 Sahel compte ramener la paix en se basant sur une force militaire ? Quel est la marge de participation qu’ils accordent aux populations ? Quelle est la place du développement dans ce projet alors que nous savons que les 5 pays membres sont des pays sous-développés qui ont des parties abandonnées par certains états (cas du Mali) où les services sociaux de base n’existent plus et les populations font l’objet d’attaques et de viols dernièrement.
9. Les pays membres du G5 Sahel ne trahissent-ils pas les autres pays du Sahel en prétendant vouloir sécuriser militairement des frontières sans les consulter ?
10. Et la démocratie et la souveraineté des pays membres du G5 Sahel ? Cette force implique t-elle un accord militaire entre les pays membres ? le bloc et la France ? Est-ce la France qui va commander le G5 Sahel ? Quel est le cadre judiciaire de cette force G5Sahel ?

Sommet G5 Sahel à Bamako -juillet

Boukary , le village se réveillera sur l’espoir…

Boukary. Je ne sais plus quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, mais je me rappelle que nous préparions la formation  à Mondoblog Dakar en 2013.
Nous avions échangé les contacts et nous sommes devenus rapidement des amis. Et il était de ces amis qui cherchent des solutions à tous les problèmes que tu leurs exposes.
Parfois je l’appelais pour lui dire  » Boukary , trouve moi internet gratuit j’arrive..ou Boukary  tu es où, je viens manger avec toi  »  et il avait toujours la solution. Il était toujours là.
Enfin tant  qu’il ne s’agit pas de prendre l’avion.

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BOUKARY en mission

Oui. Boukary était le seul blogueur qui avait peur de l’avion, à ma connaissance, ignorant sciemment le personnal branding pour prêter la vedette à ceux qu’il rencontrait…
La culture malienne. Les traditions sont l’essence de ce héros qui su utiliser l’éducation et l’innovation pour connecter nos zones rurales au monde, mais aussi connecter le monde à cette richesse de notre patrimoine.
Boukary, Repose en paix.
Tu resteras dans nos cœurs.
Va en paix…le village se réveillera sur l’espoir de cette jeunesse malienne consciente et engagée.
Rien n’est trop grand pour Allah!
Il t’a repris. Nous nous résignons.
Mais nous gardons tes valeurs.
Pour toujours.
La tristesse n’empêchera pas au village de se réveiller.
La peine non plus.

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Boukary, mes larmes coulent, mais je me rejouis de voir enfin tes souffrances s’abréger…

Cette maladie t’a rongé silencieusement. Nos efforts semblaient vains. Moi. Phil. Renaud. Bouba. Guindo. David. Emma. Abdoulaye Bah. …

La liste sera longue si j’essaye de citer tous ces amis qui ont formé cette chaine solidaire autour de toi, voulions tellement que tu vives. Que tu sois avec nous. Mais ne sommes que de simples mortels. Comme toi…nous partirons. Aussi…alors je te dis juste  » au revoir frangin » !

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ɑlɑ kɑ i dɑ yɔrɔ sumɑyɑ Bukari

Ras Bath ou le ras-le-bol de la jeunesse malienne

FB_IMG_1501857652249.jpgLe Mali est un pays qui traverse une zone de forte turbulence depuis le démantèlement de la république islamique de la Libye en 2011.  À cette instabilité sécuritaire créée par le retour des certains combattants touaregs de la Libye venus se greffer aux incessantes volontés indépendantistes des jeunes touaregs du MNLA ( mouvement national de libération de l’azawad).

Au coup d’État des mutins de Kati , la caserne a succédé la déstabilisation militaire et une prise du contrôle des trois grandes régions du nord ( Kidal, Gao et Tombouctou). Une multitude de groupes armés chapeautés par la grande centrale du terrorisme AQMI (Al-Qaida au Maghréb islamique), Ancardine de l’ancien rebelle Iyad Agali, le Mujao…

De l’intervention française à la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation en juin 2015, en passant par l’élection de IBK à la présidence de l’installation de la mission des nations unies au Mali (Minusma) et les multitudes d’attentats et de combats opposant les groupes armés qui se sont créés et ajoutés à ceux existant , le pays a continué à glisser sur un terrain bien dangereux.

Il est inutile de rappeler le discours du président IBK qui tournaient autour de la restauration de l’État malien et de la lutte contre la corruption. Il en a rien été. C’est à croire qu’il a brigué ce poste pour prendre sa revanche sur cette populace malienne. Ces personnes qui l’ont élu à plus de 77% pour lesquels , lui,  son gouvernement, sa famille et son parti semblent avoir un dédain d’une ampleur incroyable.

Ras Bath et d’autres ont été comme imposés par la situation. Ils sont devenus les portes drapeaux d’une jeunesse qui semble se rendre compte du fossé que la classe politique a créé entre les citoyens. Ils dénoncent les tares des gouvernants dans un langage presque orduriers. Ils interpellent, affublent ces dirigeants de surnoms moqueurs.

Avant l’arrestation de Ras Bath (qu’il a signalé par les réseaux sociaux) il y a eu le sommet Afrique France, sa préparation et tous ces mécontents créés par l’ordonnance de la gouverneur de Bamako. La grande majorité des jeunes vivent de débrouillardise à Bamako. Ils ont de petits kiosques dans les rues, certains vendants leurs objets à la sauvette.

Ami Kane y a mis fin. Ras Bath ne s’est pas fait prier pour dénoncer ces actions de deguerpissage pour un sommet qui ne fait que consacrer le larbinisme primaire de notre gouvernement envers la France. La situation lui a donné beaucoup d’autres sujets. Pratiquement chaque ministre en a pris. Les fans n’ont fait qu’augmenter parmi cette classe de jeunes.

Ras Bath en devient leur guide. Les pages et les petits ras aussi sur Facebook. La révision constitutionnelle voté en catimini par la majorité acquise au gouvernement a amplifié le mouvement d’indignation et de rejet.

Des milliers de jeunes descendent dans les rues de Bamako à 3 reprises sur appel de la plateforme du NON et pour protéger Ras Bath condamné à un procès durant une tournée en Europe.

Mais Koulouba ( le palais présidentiel malien) reste buté dans sa position.  Décidé certainement à garder le cap. Son cap. Voulant imposer ses tripatouillages constitutionnelles. Refusant de voir la réalité: le peuple risque de retirer sa confiance au président IBK et le pays risque d’être encore une fois dans une instabilité politique qui ne peut arranger nos  problèmes sécuritaires. Les mêmes groupes armés qui ont pris le contrôle des 3 régions du nord peuvent le faire aisément présentement , malgré la présence de Barkhane ou de la Minusma. Aucune de ces forces ne fera la guerre de la souveraineté à la place de l’État malien. Pire. Ils ne laisseront pas l’État le faire aussi.

L’accord pour la paix n’est pas une garantie. Combien d’accords ont été signés ?

Maintenant , il serait temps de retirer ce projet de référendum et penser aux problèmes réelles de la jeunesse, y apporter des solutions durables.

 

Régulez !oui mais pourquoi ?

Crédit photo Amadou. A.WaneDepuis 3 jours, ceux qui me suivent sur Facebook ont été d’abord surpris, ensuite interpellé par mes publications courtes ( genre tweet) qui se suivent à un rythme effréné. Ils ont aussi vu  certains autres blogueurs et activistes de la communauté des blogueurs du Mali – Doniblog- l’emboîter le pas sans pour autant comprendre le sens de ces phrases presque risibles, qui se terminent par Régulez !

Régulez! est directement liée au référendum sur la révision constitutionnelle que le gouvernement malien allait organiser en juillet sans l’opposition énergique de plusieurs organisations de la société civile qui ont été rejoints par l’opposition dans une plateforme du NON.

Bien avant le 15 juillet 2017 ( jour de la marche gigantesque de la plateforme du non), bien avant ma naissance même -une phrase de ma mère- , nous savons que ceux qui arrivent à avoir le pouvoir prennent possession de tous les moyens de l’État et qu’ils le mettent au service de leur parti qui a son tour doit se battre pour les maintenir au pouvoir. Mais nous autres blogueurs aimons faire du bruit autour de certains agissement de dictateur des indépendances de nos démocrates du moment!

Régulez !

Donc moi et certains blogueurs se sont indignés de voir l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali ignorer la grande marche de la plateforme qui eu lieu le samedi 15 juillet 2017, se contentant de mettre des reportages creux sur la plateforme du OUI qui réuni les ministres de l’État, la majorité présidentielle et des associations de la société civile .

Après , ils ont bien tenté de se rattraper en diffusant des images amateurs sur la marche , alors qu’ils avaient une équipe de reportage à la place de la liberté, mais le coup était déjà parti et nous avons lancé le Hashtag #LiberezLOrtm pour réclamer la fin de cette main mise des politiques sur ce service d’État. Pour preuve , mon article précédent !

Le directeur générale n’a pas dû apprécier car s’en est suivi un grand format dans le journal de 20h du 20 juillet de la chaîne publique malienne d’information pour ne décrocher que des flèches contre les blogueurs et autres webactivistes maliens.

Ainsi, nous serions des drogués qui utilisent les réseaux sociaux pour  » insulter  » et les autorités maliennes devraient  » REGULER » tout ça !

Sans faire une quelconque explication du travail de veille citoyenne que mènent les blogueurs maliens, Régulez! c’est imposé à moi.

Pas un mot dièse, mais un point d’exclamation, comme pour marteler et faire connaitre tous ces secteurs de la vie publique , tous ces domaines qui ont besoin de régulation au Mali.

Faire connaitre les maux de notre pays qui ont besoin d’une action politique pour que le Mali amorce un pas vers la paix , la sécurité et le développement .

Régulez ! Pour dire à l’Ortm qu’ils ne sont pas les seuls à pouvoir dire quelque chose aux autorités maliennes. D’ailleurs, nous les drogués sommes écoutés, même si d’aucuns veulent faire croire le contraire en traitant nos articles et autres discussions sur les réseaux sociaux de  » débats de caniveaux » .

Le caniveau est notre quotidien. C’est notre pays. Nous le connaissons bien. Nous  savons lancer des alertes !nous ne sommes pas les adeptes de l’insulte de nos dirigeants sur les réseaux sociaux , parce que nous aimons notre pays. Il compte plus que tout pour nous !

Et j’espère ne pas offusquer un de ces drogués de la toile en utilisant le Nous à la place du Je. Sinon ils me peuvent Réguler. Le liberté d’expression est un droit inhérent à tout citoyen!

Avec Régulez, vous , nous nous (vous)faisons connaître le poids de tous les problèmes de notre pays sans verser dans la provocation.

Il s’agit d’une indignation Citoyenne !

Régulez! pour dire Indignez-vous!

 

Pourquoi les enseignants de Tombouctou sont en 1grève illimitée ? #3

Première épreuve à l'Hégire
credit photo: Faty

Ainsi donc, ce mercredi 25 avril, l’académie de Tombouctou était aux côtés de l’AEEM  ( association des eleves et etudiants du Mali) pour tenir une grand-messe au lycée de Tombouctou et assurer aux élèves qui semblent désabusés qu’il n’y aura pas d’année blanche malgre les 72 jours d’une grève illimitée des enseignants du collectif des enseignants du nord  !
Il semble que c’est seulement l’issue de l’année qui leur importe le plus!
Haha! Chers enfants, vos enseignants ne vous ont pas évalué depuis la rentrée scolaire, ils n’ont pas donné les sujets des compositions que l’administration vous à colmaté, ni procédé à leur correction, vous ne faites pas cours depuis 72 jours….mais ce n’est pas grave !
VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE !
Ils vous en assure! Ils s’entendent avec l’ AEEM , même si ce n’est pas elle qui grève ! L’essentiel n’est-il pas de ne pas rester dans la même classe pour vous et vos parents?
Vous avez bien entendu ce que vous et vos parents veulent entendre « VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE  » parce qu’ils ont pu obtenir des notes pour vous et les enfants de ceux qui sont un peu mieux lotis , qui sont dans les écoles privés ont eux étudié !
Ne vous inquiétez pas , ils vous assurent que VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE !
Vos professeurs peuvent continuer leur grève !
Vos parents peuvent rester dans leur mutisme !
Vous pouvez rester dans votre paresse!
de toute façon VOUS N’AUREZ PAS UNE ANNÉE BLANCHE !

Que ces fainéants d’enseignants continuent leur grève illimitée !

La face du monstre, que dis-je , du ministre sera sauve ! Ils trouveront un autre gueulard de communicateur pour venir nous dire que nos élèves n’ont pas le niveau !

Comme si c’était de notre faute !

 

Vivre à Tombouctou…

credit photo: Faty
credit photo: Faty

Vivre à Tombouctou…c’est habiter le bout de la terre pour ceux qui sont à l’autre bout de la terre pour nous aussi qui y vivons.
Vivre à Tombouctou….c’est habiter une ville perdue dans le désert, où il n’y a ni eau ni électricité, pour ceux qui non seulement habitent loin, mais sont aussi amis avec les vendeurs d’illusions, ceux qui ont pris les armes pour réclamer l’indépendance. Comme si l’indépendance amènerait l’eau et l’électricité dès son obtention, comme par magie.
Vivre à Tombouctou… c’est passer son temps à avoir peur pour les siens, les amis, les villageois des alentours qui sont obligés de prendre les chemins tortueux du désert vers Tombouctou afin d’écouler leurs denrées. Ils risquent à chaque recoin de se faire dépouiller de leurs biens et même des simples téléphones chinois par leurs prétendus libérateurs.
Vivre à Tombouctou… c’est toujours hésiter avant de dire de t’envoyer des mangues de Bamako, car les indépendantistes s’attaquent surtout aux colis de mangues quand ils braquent les camions de transport qui quittent le sud. Bon, il faut dire que tout bon malien du nord (le citoyen lambda ou le voleur caché sous les dunes) adore les mangues!
Vivre à Tombouctou…c’est certainement être un mort vivant pour ceux qui n’y sont pas et savent que vous luttez contre leur projet !
Mais sachez que vivre à Tombouctou… c’est vivre dans un havre de paix malgré tout ça, car ton amour pour la ville t’apaise! Son mystère te transforme: demandez des exemples à Salem Ould Elhadj, l’historien de Tombouctou qui y vit, il te contera l’histoire de ses saints, des miracles de cette ville…Peut-être te parlera-t-il de mon grand-père, Alpha Bocar, ce marabout aveugle qui écrivait et lisait le coran pas en braille hein !

 

Lettre au président de la république malienne sur le sujet de l’éducation

credit photo: massacreanimal.org

 

Mes chers lecteurs,

Rassurez-vous, je ne vous prends pas pour son Excellence IBK, président de la république du Mali et la lettre ne vous ai pas adressée.   je me sais  coutumière des lettres, mais celle-ci n’est pas de moi. Elle émane d’un jeune malien, et je ne suis que la…posteuse (celle qui fait le post , vous me suivez j’espère!). j’avoue avoir bien de lettres  personnelles sous ma coupe, que de choses révoltantes à …dire à  ces dirigeants- et pas qu’eux- à n’en pas finir,  mais parfois bloguer devient difficile même pour une fanm doubout!

c’est la lettre d’une jeune étudiant malien en journalisme option télévision au CESTI (Centre d’études des Sciences et Techniques de l’Information)de Dakar,  Mohamed Attaher Halidou. j’espère innover en lui prêtant ma tribune le temps d’une lettre…

 

Excellence, Monsieur le Président !

Jadis, les cadres maliens étaient fiers, fiers d’être bien formés. Le système éducatif malien était l’un des meilleurs sinon le meilleur de la sous – région. Il suffisait tout simplement de décliner votre nationalité malienne pour que les portes des universités étrangères s’ouvrent à vous, affirmait le professeur Dioncounda TRAORE, lors d’une plénière de l’Assemblée Nationale.

Excellence, Monsieur le Président !

Depuis un certain temps, le système éducatif malien s’est écroulé et cela de façon lamentable. Oui, « l’ancien système se meurt et le nouveau refuge de naître ». hélas, mille fois hélas !

Excellence, Monsieur le Président !

L’école est pourtant pour nation, ce que les enfants sont pour le foyer. Mais malheureusement aujourd’hui, la santé de notre chère école est préoccupante. L’école malienne souffre de beaucoup de maux parmi lesquels on peut citer : l’incompétence des acteurs chargés de l’éducation, la démission des parents, la baisse du niveau des enseignants, des élèves et étudiants, la promotion de la médiocrité, l’absence d’éthique et de déontologie, le vide des convictions et des valeurs, l’achat des notes et des diplômes. Que dire encore ? Face à cette situation qui n’honore pas le Mali, je voudrais comme certains maliens, tirer la sonnette d’alarme. Tout semble à croire que l’école n’est pas une priorité au Mali. En effet, depuis quelques années, on a l’impression qu’on cherche à sauver uniquement l’année scolaire ou universitaire mais pas l’école. Alors qu’il est question « d’attaquer le mal à sa racine » comme on le dit.

 

Excellence, Monsieur le président !

Dans un pays comme le Mali où le degré de considération est lié au degré de richesse, certains enseignants ont accepté le sacrifice suprême pour être des modèles, des références. Ils ont servi l’Etat avec loyauté et intégrité. Mais aujourd’hui, ils sont oubliés par la République. Quelle ingratitude ! Cependant, des médiocres excellent, souvent même au plus haut sommet de l’Etat en violation de toute règle de l’éthique et de la morale professionnelle et cela au grand « dam » des excellents. Est – ce à dire que c’est le règne de la médiocrité ? A César ce qui est à César ! Hommage à feu Karim TRAORE, brillant professeur de droit public, qui, toute sa vie durant a fait de l’enseignement, ce noble métier, un sacerdoce. Il est oublié par la République. Dieu seul sait qu’ils sont nombreux comme lui dans cette situation ! Aujourd’hui encore, sa brochure de droit constitutionnel est vendue comme du pain aux étudiants de la F.S.J.P sans le consentement de ses héritiers en violation des droits de la propriété intellectuelle. Quelle honte !

La promotion de l’intégrité doit être encouragée. Ceux qui servent l’Etat avec intégrité et loyauté doivent en retour bénéficier de la reconnaissance de la nation.  C’est aussi cela la République.

La prise de conscience est aujourd’hui une urgence. Ne dit – on pas que : « Celui qui n’a pas accès à l’éducation demeure dans l’obscurité. » Alors, sauvons l’école, notre chère école. L’avenir du pays en dépend ! L’école est le socle du développement et un pays ne peut se développer qu’en lui accordant la priorité et toute la priorité.

Excellence, Monsieur le président !

Enfin, permettez – moi de lancer un vibrant appel à tous les patriotes, à tous les démocrates, à toutes les filles, fils du Mali d’oeuvrer inlassablement pour que notre école, l’école de la République, « la respublica », « la chose publique » retrouve toute sa gloire d’antan.

Vive le Mali et vive l’école de la république !

 

le « Timbuktu » de Sissako n’est pas le Tombouctou que j’ai vécu

Le film du cinéaste mauritanien a  été annoncé tambour battant comme étant le seul film africain sélectionné pour la palme d’or du prestigieux festival de Cannes cette année, cela tique. Encore plus quand la tombouctienne que je suis apprends que le film s’appellerait  « Timbuktu »  (Tombouctou en anglais) et porterait sur l’occupation que nous avions vécue d’avril  2012 à janvier 2013. Pire, il aurait été accueilli par des applaudissements de la presse.

Affiche , credit photo: lepacte
Affiche , credit photo: lepacte

Toute la journée,  j’ai attendu la projection et les échos de la conférence de presse que le réalisateur mauritanien fera , devinant,  presque, ce qu’il raconterait en me fiant au casting du film qui donne une place de choix à des acteurs Touaregs qui auraient vécu les mêmes évènements que moi.  Je ne sais pas si mes tweets depuis Tombouctou lui sont arrivés, ni s’il connait l’existence de mon blog, même s’il aurait éclaté en sanglot en conférence de presse en  disant « pleurer à la place des autres », à ma place en un mot ! Du cinéma !

Hum… quand le sage dit que le chasseur raconte toujours ses parties de chasse comme  il le veut parce qu’il a pu s’en tirer, car la version de l’histoire du lion a un angle est bien différent … je le comprends.

Je ne mâcherai pas mes mots encore une fois, mais le scenario de ce film, les scènes qui ont un tel effet sur le cinéaste mauritanien est cousu de mensonges et de d’approximations qui sont honteux.  Tous les faits peuvent être retracés  par n’importe quel habitant de Tombouctou et malheureusement, c’est peut-être le coté dramatique qu’il veut donner à son film, mais je m’insurge en faux ! Rien ne s’est passé comme ce film le soutient, avoir vécu cela ne me fait pas éclater en sanglots, même pour fragile femme que je me dois d’être. Ne rien dire après un tel film est un crime, je pense pour la militante de Tombouctou.  Des faits qui se sont déroulés,  il n’y a pas si longtemps sont complètement dénaturés et même transformés  par le narrateur,  se permet de changer la tournure des faits pour prendre la place de la victime. C’est honteux ! Malheureusement  doyen Mohamed Sneiba.

Je n’ai point l’habitude des billets critiques cinématographiques  comme Serge Katembera, mon BABA étant la narration, mais « Timbuktu » interpelle pour fausseté dès l’affiche.

En effet, , on voit une femme noire, en pleure, habillée de noire de la tête aux doigts. Nous n’avons jamais eu droit à cette scène à Tombouctou où, les pseudo djihadistes d’anesardine exigeaient que les femmes se couvrent avec le voile traditionnel des femmes arabes de Tombouctou comme je le rapportais en temps réel  l’année dernière. J’ai moi-même porté ce voile d’une couleur jaune, passant et repassant devant la police islamique qui n’était point éloignée de mon habitat. Je me rappelle encore de l’audience connu par mon article sur la protestation des femmes Bellahs, vendeuses de poissons au marché de Yoboutao, qui se sont déshabillées pour protester  contre le port du voile et non de gants.

Le film évoque également un cas de lapidation qui n’a jamais eu lieu à Tombouctou. Un couple ayant eu un enfant hors mariage a été fouetté sur la place publique de Sankoré par des djihadistes qui se sont relayés, la population y a assisté sans broncher, juste devant la porte de l’Imam de la mosquée de Sankoré (jadis grande université de la ville historique) qui n’a jamais accepté ne serait-ce que discuter avec les occupants…. il y a un écart, si ce n’est un  fossé avec une vraie lapidation et je sais que pour mauritanien qu’il est, monsieur Sissako n’ignore point la signification du mot ni la manière dont elle se déroule.

La motivation du cinéaste viendrait du témoignage d’un touareg de sa connaissance, à propos de l’exécution d’un touareg qui aurait tué un pécheur accidentellement, comme si l’homicide involontaire n’en était pas un. Mais ce qui exaspère le plus dans cette histoire , c’est la dénaturation éhontée des faits,  le tueur, serait un paisible berger touareg  du nom de Kidane ( un nom pas du tout touareg , soit dit en passant) qui aurait réussi à trouver la tranquillité à l’écart du désordre régnant dans toute la zone occupée, sillonnée par les troupes du MNLA qui ont été chassées des grandes villes du nord par les islamistes qui ont ainsi épargné les populations du pillages de ce mouvement de liberation de l’azawad MNLA qui mérite largement d’être appelé   « Haine-est-là » comme je le fais dans ce blog.

Bon ! Certainement que son ami témoin était un membre du MNLA, car la Mauritanie est la base arrière des défenseurs de la cause du touareg martyre et victime de l’état malien, je n’irai pas jusqu’à dire que Sissako est un membre du MNLA, mais  c’est hallucinant comme il s’est laissé avoir par le discours victimisation. Comme beaucoup de la presse internationale d’ailleurs.

Quand il affirme que « les Touaregs sont des victimes au Mali » dans l’interview accordé à  jeune Afrique, c’est aisément compréhensible. Mais c’est creux ;  avec deux ans de recul, il avait la possibilité d’échapper à la compassion envers un peuple dont il est proche, je ne sais pas s’il est touareg, mais les différents changements de cap du MNLA durant cette occupation et un peu de bon sens pouvait l’aider, s’il avait un peu de bonne volonté et d’objectivité. Mais il faut reconnaitre que c’est difficile et que les minorités victimes sont des chouchous de l’opinion occidentale. Cannes n’est pas Ouagadougou.

Pour revenir à son histoire et à Kidane,  qui vivrait tranquillement avec sa femme, sa fille et un petit garçon qui garde son bétail – certainement un petit noir qui est leur esclave en réalité, mais comme cela n’arrangerait pas l’image du gentil touareg, pas de précisions !- aurait tué malencontreusement le pêcheur qui a tué une de ses vaches et tombe entre les mains des djihadistes. Je le dis haut, l’écris en gras : c’est faux ! Rien n’est vrai dans cette histoire !

Ce touareg qui a été  la seule personne exécutée par Ansardine à Tombouctou,  était un membre du mouvement, il n’était pas un habitant de la région et c’était une personne qui persécutait la population des villages des alentours de Tombouctou.  Son acte  était prémédité et il a déclaré au pécheur qui refusait d’exécuter ses ordres qu’il était venu spécialement pour lui avant de le tuer froidement de plusieurs coups de fusil.  Il est resté libre longtemps  et d’ailleurs anesardine a essayé de  donner le prix du sang à la famille de la victime qui a refusé et a exigé que  le coupable soit tué comme le veut la charia.

S’il y a un véritable buzz autour du film sur Grace de Monaco, c’est parce que l’histoire de la roturière devenue reine est bien connue, mais malheureusement, pendant l’occupation de Tombouctou, l’heure était à la débandade et au repli stratégique des militaires et des fonctionnaires de l’état qui étaient les ennemis des troupes de Touaregs chevelus qui sont entrés à Tombouctou en criant un Azawad que nous (habitants de la ville ) n’avions jamais réclamé. Les arabes les ont rapidement ralliés.

Je n’ai même pas vu le film et j’en crache pas terre,  je me demande si je pourrais le regarder un jour, tellement je suis dégoutée ! mais il  faut reconnaitre qu’il illustre parfaitement le hold-up dont nous faisons l’objet au nord du Mali :  les touaregs se révoltent, invitent tous les bandits du Sahara sur nos terres, des cheiks du Qatar prennent leurs pieds en  regardant des obscurantistes torturer d’innocentes populations, fouetter des femmes, en enlever pour des viols collectifs, détruire des mausolées millénaires, détruire tout ce qu’il y a comme infrastructure des écoles aux dispensaires, faire du bois de chauffe de nos bancs d’école – je me rappelle que l’ambulance de l’hôpital servait à amener leurs femmes au marché, quand elles concèdent à y aller- et ce sont eux qui deviennent les victimes de l’oppression, du racisme.

Quand l’histoire a pris une autre tournure et les troupes de serval sont intervenus pour chasser , ils sont devenus les victimes et la guitare a aussitôt remplacé la Kalach.

Heureusement qu’il utilise cet orthographe, TIMBUKTU, qui me permet de concrétiser cette différence.

Ce film est le fruit d’imagination fertile!

Il y a des choses qu’il faut oser dire…