Quelle place accorde le Plan de développement communal de Tombouctou à la protection des enfants ?

La réforme de la décentralisation au Mali confère aux Collectivités Territoriales des pouvoirs de décision en matière de programme du développement dans leurs domaines d’attributions respectifs (secteur de l’économie rurale, secteur secondaire, infrastructures et communication, ressources humaines et population).

C’est ainsi que  la Loi N° 93-008 du 11 Février 1993 déterminant les conditions de la libre administration des Collectivités Territoriales ; modifiée par la  Loi N° 2017-052 du 02 Octobre 2017 ; en leurs articles 3  respectifs,  stipulent : Les Collectivités Territoriales ont pour mission la conception, la programmation et la mise en œuvre des actions de développement économique, social et culturel d’intérêt régional ou local.

Le Plan de Développement Economique, Social et Culturel (PDESC) prend en compte le territoire, la commune, le cercle ou la région dans sa globalité. Le PDSEC se base sur un diagnostic de la situation à travers des enquêtes et des concertations avec les différentes couches de la société. Il devrait être toujours en adéquation avec les besoins sociaux.

Que dit le PDESC de la commune urbaine de Tombouctou ?

Depuis 2016, la commune urbaine de Tombouctou dispose de son Plan de Développement Economique, Social et Culturel. Ce plan de cinq (5) ans est tourné vers le développement des domaines de l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, le tourisme, le commerce, le travail et vers les domaines touchant aux droits humains (la santé, l’hygiène et  l’assainissement, l’éducation, le sport et la culture).

C’est depuis le 29 mars dernier que les autorités communales ont révisé et intégré la Protection des enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité. Cet engagement a été soutenu par l’ONG Terre des hommes Lausanne et Enda Mali dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité, lancé depuis septembre 2015 dans la ville de Tombouctou grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID. Pour la protection des enfants, ce PDSEC comprend sur sept (7) composantes.

Composante 1 : Objectif global de protection

L’objectif global du PDSEC de la commune urbaine de Tombouctou est d’apporter une réponse globale et cohérente à 3.250 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité dans la commune urbaine de Tombouctou prenant en compte l’ensemble de leurs besoins.

Composante 2 : Infrastructures

La réhabilitation de 2 centres d’accueil existants (Elija House et AEDT) ; la construction de trois (3) nouveaux centres d’accueil dans les quartiers de Bella farandi, Abaradjou et Kabara.

Composante 3 : Equipements

Ce plan prévoit de doter ces centres en 40 kits d’hébergements, en kits sanitaires, en kits éducatifs et récréatifs. En plus, 500 kits individuels de réinsertion socioéconomique pour  enfants vulnérables seront disponibles. Le plan prévoit des achats de motos, d’ordinateurs et accessoires, d’un véhicule de liaison, de moyens de communication pour les organisations communautaires de base impliquées dans l’identification et le référencement des enfants vulnérables y compris les enfants déplacés internes, les enfants migrants, les enfants à risque de mobilité.

 

Composante 4 : Offres de services aux enfants, aux familles et communautés

Dans le PDESC 2016-2020 de la commune urbaine de Tombouctou, il est prévu de la réinsertion scolaire à au moins 1.275 enfants déscolarisés. 975 enfants vulnérables seront alphabétisés et ou orientés sur le plan socio professionnel. Au moins, 500 enfants bénéficieront de la formation professionnelle et de la réinsertion économique (AGR).

Il sera mis en place un fonds communal de gestion de cas de protection en faveur des enfants victimes de violences, d’abus, d’exploitation et de négligence.

Des formations sont prévues aux acteurs institutionnels et communautaires, aux collectivités, aux groupements d’enfants et de jeunes. Des sensibilisations seront réalisées dans les quartiers, les écoles, les centres d’accueil sur la protection et les droits de l’enfant, l’accompagnement protecteur des enfants, les textes relatifs aux pires formes de travail des enfants, sur les risques liés à la sexualité précoce, aux IST/VIH/sida, aux mariages précoces, à la consommation de stupéfiants.

Composante 5 : Coordination et Participation

Le PDSEC de la commune urbaine de Tombouctou prévoit de redynamiser le cadre permanent de concertation et de coordination des acteurs de protection (communautaires, institutionnels et collectivités locales). Des collaborations et partenariats (publics, privés, associatifs et particuliers) seront développés afin d’améliorer l’environnement protecteur fragile à Tombouctou.

Composante 6 : Ressources Humaines et Emploi

Toutes les actions de protection des enfants initiées dans ce PDSEC, favoriseront le recrutement de 42 encadreurs pour animer les centres (éducateurs, psychologues, agents de santé). 28 agents de support seront aussi recrutés.

Composante 7 : Suivi & évaluation

Dans cette composante, il sera mise en place d‘un Comité de suivi & évaluation. Des outils seront crées, des réunions et missions de suivi & évaluation seront réalisées. Les résultats de toutes ces actions seront restituées aux acteurs et communautés dans un esprit de rédévabilité.

Aujourd’hui, il existe un grand défi pour les autorités communales et les acteurs de protection des enfants de la ville de Tombouctou, celui de réaliser toutes les actions et activités des 7 composantes traduisant les besoins et priorités de protection des enfants notamment les enfants vulnérables à Tombouctou.Session conseil communal mars 2018 - intégration Protection PDSEC n

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Enfants et Risques Explosifs de Guerre à Tombouctou

La ville de Tombouctou fut occupée par des groupes armés d’avril 2012 à janvier 2013. En effet, les populations de la veille ville ont assisté à une prolifération des armes et risques explosifs de guerre qui restent dangereusement mortels.

A Tombouctou comme dans toutes les localités au nord du Mali, la présence des forces nationales et étrangères ; les mouvements des groupes armés ; la fréquence répétée des attaques en milieu urbain et rural ; ont hélas augmenté l’exposition des enfants et jeunes en particulier aux risques d’explosion et d’engins explosifs.

Les Restes explosifs de guerre restent mortels pour les enfants et les civils

Je me rappelle encore de ces deux premières victimes à Tombouctou. Ils étaient deux enfants « Talibés » ayant ramassé d’engins explosifs dans les alentours du camp militaire de la ville. Ils sont décédés des suites de blessures occasionnées par l’explosion.

D’autres cas ont survenu dans les villages environnants de la commune urbaine de Tombouctou et d’autres villes de la région.

sensibilisation d'enfants aux enfins explosifs
sensibilisation de jeunes enfants par la MINUSMA (c) MINUSMA

Depuis l’installation de la MINUSMA (mission des nations unies pour la stabilisation du Mali) en juillet 2013 au Mali, l’UNMAS (l’organisme des nations unies pour la lutte antimines) a répertorié 233 incidents provoqués par des engins explosifs improvisés. Ceux-ci ont occasionné la mort de 85 personnes dont 26 soldats de la MINUSMA et 348 blessés parmi lesquels figurent 153 casques bleus. Ces statistiques laissent comprendre que les populations civiles restent une part importante des victimes des engins explosifs.

Des acteurs de protection s’y intéressent…

Pour nettoyer et dépolluer les sites et terrains contaminés lors des opérations de combat; informer et former pour la protection contre les risques explosifs de guerre ; lutter contre les mines ; il existe l’UNMAS et ses partenaires, l’unité Cambodgienne de la MINUSMA, des ONG comme HUMANITE & INCLUSION (ex. Handicap International) ; Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et son partenaire local, Enda Mali.

L’UNMAS a fourni de grands efforts dans le nettoyage. Depuis 2013, avec ses partenaires humanitaires de l’action anti mines, ils ont dégagés plus de 4 millions mètres carrés de terrain au Mali contre les risques explosifs de guerre.

Ils se sont engagés dans la sensibilisation de masse notamment à l’endroit des enfants et jeunes scolarisés et non scolarisés.

sensibilisation HI
séance de sensibilisation par des boites d’image de Handicap International (C) Handicap International

 

 

Aussi, ces acteurs ont formé des animateurs et journalistes des régions de Tombouctou et Taoudénit sur l’identification et la déclaration des engins suspects qui seraient découverts par les communautés.

Un commandant de la section Cambodgienne a souligné que « c’est suite aux informations reçues que nous pouvons réagir. Nous agissons surtout en faveur de la population parce que n’importe qui peut être victimes d’une mine ou d’une munition non explosée ».

De la sensibilisation ponctuelle et continue auprès des enfants…

Des émissions radiophoniques ; des grandes affiches urbaines ; des affiches posters dans les lieux publics ; des sketchs par les enfants mêmes au niveau scolaire et communautaire sur les mines et les restes explosifs ; sur les bons et mauvais gestes ; ont été multipliées par UNMAS et ses partenaires.

Des causeries éducatives à travers des animateurs composés d’enfants et de jeunes et utilisant les boites à images ont été réalisées par des ONG comme HUMANITE & INCLUSION (ex. Handicap International). Les équipes de l’ONG se déplaçant de village en village, expliquent aux communautés les dangers liés aux restes explosifs de guerre et les gestes de base pour mieux se protéger. L’ONG contribue aussi à la prise en charge psychosociale et médicale des enfants victimes des restes explosifs de guerre.

Des clubs et gouvernements d’enfants encadrés par Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et son partenaire Enda Mali, animent régulièrement des causeries éducatives à leurs pairs dans les écoles et dans les quartiers afin qu’ils perçoivent largement les risques et dangers des restes explosifs de guerre et qu’ils deviennent les premiers acteurs de leur propre protection. Ces activités s’inscrivent dans le cadre des interventions du Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans la ville de Tombouctou lancé en septembre 2015 grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Tombouctou : lutte contre l’exploitation des enfants par la mendicité !

Tombouctou, comme toutes les régions du Mali, connait le problème de la mendicité des enfants. Provenant des localités rurales de la région et ou d’autres régions du Mali, ces mineurs sont exploités notamment par leurs maîtres à qui les parents confient les enfants pour acquérir un apprentissage coranique.

mendiant

Dans cet article, nous analyserons la situation de ces enfants victimes d’exploitation dans la ville de Tombouctou ainsi que les mesures de leur protection.

A Tombouctou, nombreux sont les jeunes enfants (5 à 16 ans) qui errent dans les rues et autres lieux publics (banques, centres de santé, écoles), faisant de la mendicité un véritable travail. Ces enfants appelés aussi « Garibou », sont confiés par leurs parents auprès de maitres coraniques pour un apprentissage du coran.

Ces enfants de sexe masculin en majorité, vivant loin de leurs parents vivent dans une situation de vulnérabilités et de difficultés en termes d’accueil et d’hébergement, d’alimentation, de santé et d’hygiène.

En effet, pour se nourrir, ces enfants font le tour des maisons pour mendier de la nourriture qui leur sert de repas.  Ils chercher aussi de l’argent auprès des habitants, souvent en exécutant des taches ménagères dans les familles. L’adage local « manger comme un mendiant » vient certainement du mauvais régime alimentaire de ces enfants qui, parfois, reçoivent de la nourriture avariée de la part des « bonnes volontés » qui leur donnent leurs restes de nourriture.

Quelles sont les mesures de protection de ces enfants à Tombouctou ?

Au Mali, grâce à un partenariat entre l’Etat et le Conseil Islamique, la réinsertion des enfants « talibés » à travers la création de centres d’alphabétisation ou/et de réinsertion socio professionnelle et la sensibilisation des populations ont été les premières solutions trouvées contre l’exploitation de ces enfants concernés par la mobilité. Dans toutes les régions, les autorités publiques disposent de ces centres d’éducation et de développement (CED) et de réinsertion socio professionnelle.

Quant à Tombouctou, en plus de l’information, la formation et l’appui aux maitres coraniques et associations de maitres sur la protection et les droits de l’enfant afin de créer un environnement plus protecteur pour les enfants qu’ils encadrent, les organisations non gouvernementales militent auprès des parents ; des associations de femmes et de jeunes ; des groupements et clubs d’enfants pour un changement de mentalités et de pratiques négatives à la condition de vie et d’apprentissage des enfants.

Ainsi, Enda Mali par son programme DENKO qui porte sur l’éducation (scolarisation et alphabétisation) et la formation d’enfants et de jeunes en situation difficile dans les milieux urbains du Mali a permis entre 2011 et 2013, la réinsertion de plusieurs centaines d’enfants et de jeunes talibés dans la commune urbaine de Tombouctou.

Depuis septembre 2015, Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et Enda Mali exécutent le Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité qui identifie, écoute, prend en charge et accompagne les enfants concernés par la mobilité y compris les enfants mendiants. Plus de 8533 enfants vulnérables y compris les enfants victimes de violences, d’abus, d’exploitation et de négligence, les enfants déplacés internes, les enfants migrants travailleurs ont été identifiés et protégés par le projet grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Avec les interventions de ce projet à Tombouctou, la Mairie de la commune urbaine de Tombouctou a révisé en mars dernier, son Plan de Développement Economique, Social et Culturel (PDSEC 2016-2020) et intégré les besoins et réponses de protection des enfants vulnérables y compris les enfants exploités par la mendicité et les enfants concernés par la mobilité dans la ville. L’objectif de protection de ce PDSEC est d’apporter une réponse globale et cohérente à 3.250 enfants vulnérables prenant en compte l’ensemble de leurs besoins d’ici fin décembre 2021.

Quelle place pour l’auto protection des enfants à Tombouctou ?

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« Point d’espoir  » de Tdh à Gao (c) Tdh

Connus sous le nom de « Point Espoir », il existe aujourd’hui trois (3) espaces communautaires de prevention et de protection des enfants y compris les enfants vulnérables dans la commune urbaine de Tombouctou (quartiers de Sareikeyna, Hammabangou et Abaradjou). Grâce aux interventions du projet exécuté par Terre des hommes Lausanne et Enda Mali, ces « Point Espoir » ont été mis en place avec la participation de la communauté, notamment l’implication des chefs des 3 quartiers cités. Ces chefs de quartiers sont représentés par la coordination des chefs de quartiers au sein du Comité local de pilotage des interventions de ce projet avec des organisations communautaires de base déjà actives dans la protection de l’enfant dans la ville.

Les « Points d’espoir » accueillent tous les enfants. Ils restent un lieu où les enfants des quartiers et les enfants vulnérables se rencontrent régulièrement (1 fois dans la semaine),  échangent et se forment. Des animateurs locaux animent ces espaces et apprennent aux enfants leurs droits et leurs devoirs, les risques et opportunités liés à la mobilité, les problématiques liées à leur environnement et leur protection.

Les enfants parlementaires et les gouvernements d’enfants y accompagnent les enfants. Aux « Point Espoir », les enfants vulnérables font l’objet d’écoute et de suivi permanent avec l’aide des acteurs institutionnels et communautaires. Ces espaces permettent aussi d’identifier les enfants qui ont un besoin spécifique et dont le cas nécessite un accompagnement personnalisé.

Depuis septembre 2015, 1.800 enfants vulnérables ont bénéficié d’activités psychosociales dans les 3 Points Espoir.

Protection et accès des enfants aux structures et services sociaux de base au Mali

Le Mali est un pays de l’Afrique de l’Ouest qui accorde une attention particulière à la protection sociale avec un ministère dédié au développement social, à la solidarité, aux personnes âgées et un autre ministère dédié à la femme, à l’enfant et à la famille.

tdfCes ministères disposent de structures décentralisées dans toutes les régions du Mali. Dans les régions du nord, même si ces structures ont eu à fermer avec la crise socio politique de 2012 que le Mali a connue, la direction régionale du développement social et de l’économie solidaire est l’un des services qui a rapidement repris service à Tombouctou ; qui a apporté son soutien aux habitants meurtries par le conflit et qui a facilité le retour des enfants en mobilité et leur réintégration dans le système scolaire.

Pour une bonne protection sociale contre les risques et vulnérabilités, le Mali a institutionnalisé des mesures sociopolitiques et économiques en faveur de l’inclusion des couches sociales démunies ainsi que la protection des enfants et leurs familles notamment celles en situation difficile. Ces mesures les aident à couvrir les dépenses dans le cadre de l’éducation de leurs enfants ou leur permettent d’accéder aux services sociaux de base (l’école, la santé, l’alimentation).  Les acteurs de la protection sociale sont :

  • Ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire et ses structures régionales et locales ;
  • Ministère de la promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et ses structures régionales et locales ;
  • Ministères concernés par la Santé ; l’Education nationale.

L’appui d’assistance sociale, qui devrait être convenu par des commissions nationales ou régionales pour le développement social peut prendre l’une des formes suivantes:

  • Aide d’urgence, entre 50.000 FCFA et 100.000 FCFA peut être accordée en cas de catastrophe, accident ou pertes considérables.
  • Aide immédiate, jusqu’à 100.000 FCFA, attribuée dans les cas de besoin momentané et devant être approuvée par une commission nationale ou régionale.
  • Aide provisoire : en cas de situation qui perdure et s’étale sur une période allant jusqu’à trois ans, pour un montant ne dépassant pas 200,000 FCFA au total.
  • Aide maladie : remboursement des frais médicaux dans une mesure qui correspond aux besoins du bénéficiaire.
  • Depuis 2009, le RAMED ou le Régime d’Assistance Médicale pour assurer les populations démunies contre le risque maladie.

Il faut également signaler que la protection et l’accès des enfants aux structures et services sociaux de base est également la mission de plusieurs Agences des nations unies et Organisations Non Gouvernementales qui appuient très activement l’Etat du Mali et assistent ses populations vulnérables. Notons, l’Unicef ; l’UNHCR ; l’OIM ; Terre des hommes (Tdh Mali) ; Enda Mali ; ASMAE ; Ieda Relief ; Islamic relief ; Association humanitaire du Mali ; Plan Mali ; AMSS…

Leurs actions ont été salutaires pour les enfants et leurs familles qui ont été prises dans les mailles surtout depuis la crise de 2012. Certains ayant vécu la crise sur place alors que d’autres (enfants et familles) sont partis en mobilité temporaire ou plus longue (certains sont toujours dans les camps de réfugiés en Mauritanie, au Burkina Faso…)

DSCN0178Pour la protection et l’accompagnement des enfants affectés par la crise, Tdh Mali y accorde une attention particulière. Etant la plus grande organisation Suisse d’aide à l’enfance, Tdh a pour mission d’améliorer la condition de vie des enfants vulnérables. C’est ainsi qu’elle exécute depuis septembre 2015 avec Enda Mali, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Ce projet vise la protection individuelle et collective des enfants concernés par la mobilité et le respect de leurs droits.

 

Ce projet offre un cadre de formation et d’accompagnement socio professionnel; d’amélioration des réponses communautaire et institutionnelle de protection ; de renforcement  de capacité, de l’articulation entre la protection formelle et non formelle et favorise un meilleur accompagnement des  enfants concernés par la mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao.

 

Du 07 au 08 juillet 2018, Tdh Mali et Enda ont organisé à Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants ». Cette campagne de protection et de promotion des droits de l’enfant a permis à 800 participants de voir et apprécier le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet.

 

Ces deux jours de campagne ont proposé 20 stands / exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); des prestations de sketch et jeux éducatifs ; des débats communautaires.

Quelle protection offrent les familles aux enfants dans la ville de Tombouctou ?

 

Un enfant formé par le projet montre une fenetre qu’il a confectionné

L’enfant joue un rôle important dans la communauté au Mali, plus précisément à Tombouctou, il est vu comme une bénédiction pour le couple. Il est également un bien communautaire et chacun participe à son éducation.

Chez le Tombouctien, l’enfant est « roi », il est fragile, une « graisse de poule » et il constitue une « richesse ». La communauté reconnait ainsi à travers ces termes, que nous avons recueillis en songhay, expriment une double attitude envers l’enfant. L’enfant a des besoins, des droits (droits) mais il a aussi des devoirs et la famille/communauté le prépare à cela (du sevrage à l’éducation traditionnelle). Il est à protéger, mais il est aussi appelé à « servir » la communauté, ce qui peut impliquer l’empiétement de ses « devoirs » sur ses « droits ».

La vulnérabilité de l’enfant n’a pas de critères bien définis au sein de la communauté, mais à travers des affirmations de sens commun, elle est identifiée comme un état qui a trait au rapport tripartite « enfant/famille/pauvreté ». Plusieurs facteurs sont indiqués comme étant à la base du concept de vulnérabilité de l’enfant:

  • La pauvreté de la famille (enfant adopté ou donné en apprentissage à un marabout)
  • Le rapport de l’enfant avec le milieu familial (séparé ou pas de la famille).
  • Le rapport avec la communauté et les institutions (école, medersa, école coranique, ONG, institutions sociales étatiques ou associations…)

La protection de l’enfant consisterait génériquement à garantir à l’enfant « des bonnes conditions », la santé, l’éducation, la sécurisation. Les aspects strictement liés à la protection contre la violence, les abus, l’exploitation des enfants ne sont pas pris en compte de manière explicite, au contraire ils sont « offusqués » par certaines normes sociales tacites qui tolèrent, au lieu de condamner, ces comportements néfastes.

 

Quand nous prenions l’éducation traditionnelle à Tombouctou, elle soumet l’enfant à la volonté du parent qui peut à la limite être maltraitant avec l’enfant ou le mettre dans un cadre d’apprentissage qui l’expose à la violence de son maitre.

Les parents qui sont tuteurs des enfants, leur garantissent ainsi la nourriture et la protection. Ils leurs fournissent les 3 repas pris en famille, l’habillement et une éducation qui commence dès le bas âge avec leur inscription à l’école coranique. Si certains sont inscrits à l’école coranique en même temps l’école publique, d’autres n’ont aucune de ces éducations quand les parents n’ont pas les moyens d’assurer les dépenses de ces types d’éducation. Les enfants vont très rapidement apprendre un métier dans un atelier pour contribuer aux dépenses de la famille et devenir indépendants.

 

Si certains enfants de fonctionnaires et autres personnes travaillant pour des institutions nationales ou internationales peuvent profiter de la protection sociale et maladie, les enfants démunies, issus de familles pauvres ou confiés, sont des laissés pour compte et leur situation est accentuée par la crise sécuritaire et politique que le Mali connait depuis 2012.

 

Heureusement, dans la ville de Tombouctou, plusieurs organisations non gouvernementales ont des projets d’assistance à ces enfants en situation de vulnérabilités, comme les enfants concernés par la mobilité qui sont très souvent sans protection.

un educateur expose le travail des enfants du projet de Tdh, OFDA/USAID, Enda

L’ONG Terre des hommes (Tdh) et Enda Mali exécutent le projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité qui vise la protection individuelle et collective des enfants et le respect de leurs droits grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

 

  1. Le projet lutte contre les violences, les abus, l’exploitation et la négligence des enfants à travers l’accompagnement social personnalisé (ASP) ;
  2. Contribue à la réduction des vulnérabilités des enfants concernés par la migration à travers l’appui psychosocial dans des « Point Espoir » ou espaces communautaires de protection des enfants, l’alphabétisation, la formation socio professionnelle, le suivi des enfants par les animateurs du projet et des acteurs communautaires de base;
  3. Renforce les capacités des acteurs des structures techniques de l’Etat, des collectivités locales et des acteurs communautaires ;
  4. Facilite l’accès de l’information et sensibilise les enfants et les communautés sur la protection et les droits de l’enfant.

 

Du 07 au 08 juillet 2018, a eu lieu dans la ville de Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants » destinée à promouvoir le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet d’appui et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao.

 

Ces deux jours de campagne : exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); démonstrations des enfants; prestations de sketch et jeux éducatifs ; débats communautaires ; ont été un véritable succès pour  l’amélioration de l’environnement protecteur des enfants dans  la ville de Tombouctou.