SankoreLabs aux consultations régionales Afrique de l’ouest et du centre sur  » Jeunes , paix et sécurité « 

FB_IMG_1506180043733Les 11,12 et 13 septembre 2017 nous avons participé aux consultations pour l’Afrique de l’ouest et du centre sur le thème  » Jeunes, paix et sécurité  » à Cotonou au Bénin sur invitation du PNUD.

IMG_20170911_083819.jpgDurant 3 jours, nous avons échangé avec les jeunes représentant 23 pays sur le rôle des organisations des jeunes dans la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation avec notamment notre compréhension et nos propositions pour une application de la Résolution 2250 du conseil de sécurité des Nations Unies.

IMG_20170913_121853.jpg
Travaux de groupes

La résolution 2250 adopte le 9 Decembre 2015 est une étape importante en ce qui concerne la lutte contre l’extrémisme violent, la résolution souligne l’importance de remédier aux conditions et facteurs menant à la montée de la radicalisation et à l’extrémisme violent chez les jeunes. Elle note également le rôle important que les jeunes hommes et femmes peuvent jouer en tant que modèles positifs dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.

IMG_20170913_121548.jpg
Kaboré du Burkina sur les défis des jeunes en Afrique concernant la paix et la sécurité

Au fil des dialogues de 3 Jours, SankoreLabs a exposé le travail de lutte contre la radicalisation que nous menons à travers plusieurs des programmes que nous avons élaboré et que nous sommes en train de réaliser.
Il y a notamment les actions de réorientation professionnelle de jeunes diplômés sans emplois et de coaching des jeunes qui sont placés avec des tuteurs dans le métier qu’ils ont choisis.
Il y a aussi la création d’emploi à travers nos projets qui touchent directement à la paix et à la sécurité comme le projet Acces A La Justice financé par IDLO ( international Développent Law Organisation) qui porte essentiellement sur la sensibilisation des populations d’une zone de conflit à faire recours à la justice.

A SankoréLabs , nous sommes convaincus que le sentiment d’un justice est un facteur de radicalisation des jeunes d’où notre action en faveur dune participation effective des jeunes à la réalisation des activités de sensibilisation des organisations de la société civile.
La lutte contre la facture numérique et l’accès à l’Internet, l’utilisation du numérique est entre autres l’un des objectifs de la Tech Hub sociale qui est une organisation créé par des jeunes.

Que nous soyons basés à Tombouctou, une zone du nord du Mali , qui est en proie à l’insécurité , où les attentats sont fréquents et un point important sur l’axe de l’immigration et du trafic de tout genre est déterminant .
La formation, le renforcement des capacités des jeunes, leur autonomisation par l’emploi et la promotion de nos cultures est un procédé encourageant de lutte contre l’extrémisme violent.

FB_IMG_1504473150383

Publicités

Mais qui protège les casques bleus à Tombouctou ?

Bamako, 22 juillet 2013 - Un Casque Bleu du Benin patrouille l'hôtel de El-Farouk lors de la première réunion du Comité de suivi et d'évaluation de l'accord préliminaire à l'élection présidentielle et aux pourparlers de paix au Mali. A Blue Helmet patrols the perimeter of El-Farouk Hotel during the Follow-up and evaluation Committee of the preliminary agreement meeting in Bamako. Photo MINUSMA/Marco Dormino
Bamako, 22/07/2013 – Un casque bleu du Bénin patrouille devant l’hôtel El-Farouk lors des pourparlers de paix au Mali.
Photo MINUSMA/Marco Dormino

Quelle question saugrenue penserait celui qui observe les incessantes missions des casques bleus entre le sud et le nord du Mali.  » Qu’ils sont ingrats , ces Maliens ! la communauté internationale leur offre une superbe mission de maintien de la paix , avec des casques bleus  épris  de justice et de bonne volonté – entre autres !-  qui se font tuer dans des attentats et sautent sur des mines , et les voici à les dénigrer. Qui protège les casques bleus ? Quelle question !

Pourtant cette question ne peut que vous venir en tête lorsque vous habitez une de ces zones « libérées » de l’occupation des « certains groupes armés », car il y a encore au nord du Mali , une zone qui reste aux mains des groupes armés remastérisés par la diplomatie internationale, suivez mon regard jusqu’à Kidal.

Les casques bleus, sont partout, représentant différents corps de l’armée, tout type de grade, de galon, de nationalité, de toute ethnie – j’ai vu un casque bleu hindou qui portait son turban traditionnel et une belle et longue barbe à la place du « joli » casque bleu-parlant toutes les langues imaginables – du français à l’anglais en passant par l’arabe, le néerlandais, le haoussa, le wolof…-

Mais, bien bizarrement, tu auras du mal à avoir une personne qui dira se sentir en sécurité à Tombouctou parce que les casques bleus sont là ! à y croire que l’ONU n’a pas demandé l’avis des habitants avant de renouveler le mandat.

Bon , il faut reconnaître que ce serait difficile de ne pas renouveler ce mandat, la nette impression est qu’ils n’ont pas fini de s’installer ici , à Tombouctou. Il suffit de se rendre au port de Koriomé – entrée des véhicules venant du sud qui traverse le fleuve Niger- Il y a toujours « du Minusma » qui entre. Et en quantité.

Mais PERSONNE ne se sent sécurisé par la Minusma.

Certes,’ils ont des missions en brousse et ils entreprennent des missions conjointes avec l’armée malienne pour éradiquer le mal – je parle des poseurs de bombes et des hommes aux ceintures d’explosifs-, mais dans la vie de tous les jours, en ville, le casque bleu se comporte comme une star hollywoodienne avec des groupies. Seulement les groupies ne s’intéressent pas à la star dans notre cas. Nous les ignorons comme ils nous ignorent, relation : néant ! ce sont les enfants qui parfois par curiosité leur parlent.

Notre impression ? Les casques bleus sont là pour se maintenir les uns les autres en vie. Quand ils descendent en ville pour un quelconque achat : des mangues aux couvertures, ils viennent nombreux. Certains font leurs achats et les autres montent la garde, armes braquées vers… nous !

Ils ont peur des attentats, je comprends, mais nous aussi… difficile d’avoir une toute petite discussion sur le sujet avec l’un d’entre eux. Mais, hier, le poisson a mordu à l’hameçon !

Je revenais d’Abaradjou, quartier au nord de Tombouctou. Un véhicule de casques bleus était stationné chez Madou secret – le marchand d’objets d’art dont les masques ont été saisis par « Ane-sardine » et brûlés comme nos dieux-. Deux casques bleuettes- c’est le féminin de casque bleu que j’ai trouvé- étaient arrêtées au bout de ma rue et des hommes au bout de l’autre rue.
Je me suis débrouillée pour passer juste à côté d’un d’entre eux pour dire assez haut pour qu’ils m’entendent :
-Qu’est qu’ils nous veulent encore ?
Le casque bleu n’est pas resté figé comme d’habitude.
-Nous ne vous voulons rien, nous sommes là pour vous !
– On n’a pas cette impression, vu la manière dont vous vous surveillez arme au point, on a l’impression que vous êtes là pour vous défendre ai-je répondu en m’éloignant.

Il faut reconnaître que 36 casques bleus ont été tués depuis juillet 2013 au Mali , il y a de quoi avoir peur. ils sont encore mieux que les soldats français qui nous obligent à quitter le semblant de bitume que nous avons à Tombouctou à chaque occasion. D’ailleurs, une fois ils voulaient m’empêcher de rentrer chez moi – toujours sur ma jakarta- parce qu’ils avaient quadrillé le secteur.  Ayant froncé les cils et montré mon intention de ne pas obéir, un autre soldat au regard vert est venu me demander doucement d’éteindre ma moto pour rentrer en la poussant « s’il vous plait madame ».

Non, mais nous sommes des maliens chez nous, ou nous sommes redevenus des indigènes de l’empire coloniale de la France?  THIS IS THE QUESTION!