Top 10 de mes questions sur le G5 Sahel

téléchargement (2).jpgLe G5 Sahel a été créé lors d’un sommet regroupant les présidents du Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad le 16 février 2014 à Nouakchott (Mauritanie). De cette date a juillet 2017 avec le sommet du G5 Sahel à Bamako présidé ( sans aucune surprise) par le jeune président français Emmanuel Macron( et non Manuel Valls😀)qui profita pour remonter les bretelles à certains de ses valets au Mali.

Avec la France, l’Union européenne ont apporté les premiers ronds pour la prétendue force frontalière qui devrait permettre à ces pays malmenés par les groupes armés dans une guerre asymétrique.

En bonne citoyenne d’un des pays les plus malmené par ces groupes prétendument terroristes, j’ai été submergée -pratiquement – par une multitude de questions à propos de cette force G5 Sahel.

Car le G5 Sahel est une idée qui ne vient pas des pays membres de la Force, du coup c’est une une solution qui a été trouvée par un acteur qui est visiblement impliqué dans l’origine de la déstabilisation militaire des états du G5 par des groupes armés qualifiés de djihadistes et de terroristes. Les pays membres du G5 Sahel partagent les frontières , Mais aussi les problèmes liés à certaines rébellions Touaregs .

1. Le G5 Sahel table sur la sécurisation des frontières par une force militaire qui sera financée dans son écrasante majorité par l’Union européenne et la France alors que ce pays possède une sérieuse présence militaire au Tchad, au Mali et au Niger donc 3/5.

2. Quelle sera la base de la coopération de ces militaires français avec les forces militaires du G5 Sahel et quel impact sur la mobilité des groupes armés qui maîtrisent le terrain (le désert) plus que les militaires de ces 5 pays ?
3. Comment la Force G5 Sahel va intervenir ou agira t-elle aux frontières des pays limitrophes qui ne sont pas membres du G5 Sahel ? (Algérie, Cameroun, Nigeria, Libye)
4. Comment le G5 Sahel fera pour résoudre le problème que le Mali connaît avec les groupes armés , les pseudo-djihadistes et le contrôle des frontières du nord alors que l’état et les militaires maliens sont encore indésirables vers Kidal et sont absents de ces territoires ?

5. Comment vont-ils dissocier ces groupes armés qui étaient associés à ceux qu’elle qualifie de terroristes maintenant avec de la déstabilisation de cette zone qui fait frontière avec le Niger et le Burkina Faso ?
6. Comment vont-ils s’en sortir avec déjà cette forte présence militaire au Mali qui est matérialisé par une mission des nations unies qui est une cible privilégiée pour des groupes  terroristes que la Force G5Sahel cible et qui n’a pas la lutte contre le terrorisme dans son cahier de charge ? Nous savons que le Tchad,le Burkina Faso et le Niger ont une grande présence militaire au sein des casques bleus de la MINUSMA. Vont-ils quitter la Minusma ou est-ce la Minusma qui vas revoir son mandat en juin prochain ?
7. Le G5 Sahel pense-t-il que Bobo Haram est une préoccupation secondaire ou laisse-elle le Nigeria et le Cameroun s’occuper de ce groupe armé qui est lié à ceux qu’ils ont ciblé (aqmi, Mujao, Ancardine…) ?
8. Comment le G5 Sahel compte ramener la paix en se basant sur une force militaire ? Quel est la marge de participation qu’ils accordent aux populations ? Quelle est la place du développement dans ce projet alors que nous savons que les 5 pays membres sont des pays sous-développés qui ont des parties abandonnées par certains états (cas du Mali) où les services sociaux de base n’existent plus et les populations font l’objet d’attaques et de viols dernièrement.
9. Les pays membres du G5 Sahel ne trahissent-ils pas les autres pays du Sahel en prétendant vouloir sécuriser militairement des frontières sans les consulter ?
10. Et la démocratie et la souveraineté des pays membres du G5 Sahel ? Cette force implique t-elle un accord militaire entre les pays membres ? le bloc et la France ? Est-ce la France qui va commander le G5 Sahel ? Quel est le cadre judiciaire de cette force G5Sahel ?

Sommet G5 Sahel à Bamako -juillet

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IBK, investi président du Mali pour 5 ans

credit photo: Moussa Kalapo
Crédit photo : Moussa Kalapo.

19 septembre 2013 : date importante dans l’histoire du Mali. Une vingtaine de présidents sont à Bamako pour  la cérémonie solennelle d’investiture de Ibrahim Boubacar Keita suite à son élection à la présidence de cet  Etat de l’Afrique de l’Ouest qui était devenu le sanctuaire de islamistes narcotrafiquants en avril 2012.

credit photo: Moussa Kalapo
Crédit photo : Moussa Kalapo.

Jamais le Mali n’a eu à accueillir autant de prestigieux hôtes : le roi du Maroc, une vingtaine de présidents africains et leur chef suprême (franchement), le président de la République française le socialiste François Hollande et un parterre de prestigieuses personnalités représentant toutes les organisations internationales imaginables. Bamako est devenue   «the  place be » to day.

Les sourires satisfaits étaient sur toutes les lèvres.  Et pas seulement sur les lèvres. Celui du président tchadien est bien excusable, car ce pays d’Afrique de l’Est qui est plutôt frontalier avec le Niger que le Mali n’a ménagé aucun effort dans la lutte pour chasser les occupants du Mali. Combien de Tchadiens ont perdu la vie dans ce grand désert que même nos soldats craignent (et ne connaissent pas en réalité, car délaissé aux trafiquants suite aux accords de « paix » précédents ?).

Je me demande si un culte du tchadien ne va pas naître au Mali. En tout cas il est naissant à Gao. Idriss Déby Itno, nous aurait insultés aujourd’hui, nous n’aurions rien dit je pense. D’ailleurs cela aurait bien étonné, car le président tchadien est à Bamako pour jouir des égards que lui a valu son intervention au côté de Serval  dans les montagnes des Ifoghas.  C’est bien que le rendez-vous du stade du 26 mars concorde avec la fronde de soldats tchadiens qui réclament soldes en retard et relève.  Quand les Tchadiens sauvaient la mise aux troupes en attente (un nom qui leur va bien !) de la Cédéao, la  Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (qui n’arrivaient pas à sortir des conférences des hauts gradés des armées pour intervenir concrètement, sans l’intervention, je ne veux pas dire l’aval de la France), ils applaudissaient à la ronde non ?

Maintenant, ce que tout le monde taisait saute à l’œil nu : les troupes de la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) laissent le plus dur du terrain (le désert) aux Tchadiens (qui en sont les connaisseurs) sans leur donner leur dû. Pendant que les troupes burkinabè, togolaises, nigériennes, sénégalaises sont dans les centres urbains et profitent des avantages de leur mission (femmes et alcool) les Tchadiens restent dans la poussière, la solitude, les scorpions et les belliqueux touaregs de l’Adrar des Ifoghas. Je me laisse aller à chanter l’éloge de cette armée comme leur première dame Hinda Déby, le 8 mars dernier :

Soldat du Tchad, enfant du Sahara
Soldat du Tchad, enfant des tropiques
Fier guerrier, même sur les terres étrangères
Le voilà présent à l’appel du secours

Au premier péril, il mit ses mains !
Au second, il posa ses pieds
Il confondit les balles aux gouttes de pluie
Il assimila les bombardiers aux corbeaux

Là où l’armée française hésita
L’armée tchadienne s’y engagea
Là où l’armée malienne recula
L’armée tchadienne avança

L’Adrar des Ifoghas vibra de peur
Les djinns d’Igharghar vidèrent les lieux
Le cri du guerrier tchadien y élut domicile
Le fracas de ses armes tétanisa les environs

Abou Zeid croisa son destin tragique
Belmokhtar ne put fuir le sien analogue
L’antre des djihadistes changea de maître
Le guerrier Tchad investit le sanctuaire

L’aura guerrière du Tchadien est séculaire
Ce fut le Tchadien qui libéra le camp Kouffra
Ce n’est pas le général Leclerc qui démentira
Car le Tchadien était aussi de la 2e division blindée

L’ANT à l’assaut de Ouaddi-Doum
L’ANT à l’attaque de Bir-Koran
L’ANT à la prise de Maten-El-Serra
L’ANT à la conquête d’Aouzou

Les Bambara retiendront un nom : Tchadien
Les Songhoï chanteront pour le Tchadien
Les Mandingue se souviendront du Tchadien
Les Touaregs s’inclineront devant son passage

La Cédéao deviendra humble devant le Tchad
Les Africains de lOuest liront nos leçons de guerre
Car le soldat tchadien n’est pas un bidasse de salon
Moins encore un brut de cabaret

Aujourd’hui, le Tchadien a défendu l’Afrique
Demain, il défendra le monde
En attendant, gloire à nos martyrs
Et bientôt, le retour triomphal au bercail

Par Djiddi Ali Sougoudi

Ce jeudi, les rues de Bamako sont plutôt désertes, fraichement toilettée pour ses illustres hôtes arborant des drapeaux vert,jaune, rouge (celui du Mali) dans les axes principaux et les grands monuments et cachant ses parties nauséabondes et ses rues impraticables.

La star était encore Hollande, le président français, même si la ferveur n’est plus au rendez-vous. Maintenant les Français ne sont plus perçus comme les sauveurs qui ont chassé l’ennemi, mais  nous assistons plutôt à un retour en arrière.  C’est cette France qui soutient les rebelles touaregs contre Nous (les Maliens en général) qui permet au MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) de se promener avec un drapeau séparateur et indépendantiste et poussant des enfants à caillasser les voitures de l’armée malienne sans mot dire). Ceux qui ont baptisé leurs enfants François Hollande ne les rebaptiseront pas, mais ils hésitent certainement quant au nom sur l’acte de naissance (au Mali, on met du temps pour l’établir quand on le fait).

Hollande a eu un discours plutôt apaisant, rassurant, qui a conforté mon premier sentiment quand je suis entrée à Gao : le nord du Mali ne nous appartient plus, les Français ont remplacé les pseudo-djihadistes et ne partiront pas d’aussitôt. L’inauguration d’un puits par Serval dans une mosquée à Gao a conforté ce sentiment. Aujourd’hui, Hollande nous a rassurés (si l’on veut)  en affirmant dans son discours « La France sera là pour vous accompagner, pour le développement, pour l’Etat, la démocratie, pour la réconciliation ». Bon j’en oublie certaines parties de son discours du genre « Nous avons gagné cette guerre, nous avons chassé les terroristes, nous avons sécurisé le Nord ».

Venant fraîchement de Gao, je vous dirais que ces propos sur la sécurisation du Nord  sont nettement du ressort du chauvinisme. Les postes de contrôle sont laissés aux troupes maliennes qui sont encore égales à elles-mêmes.  Ils oublient la situation et l’état de guerre pour la recherche du gain facile. Je déplore une fouille des passagers qui est plus qu’approximative. Pas de fouille réelle des bagages. Pas de vrais contrôle d’identité. Il suffit d’avoir une carte d’identité en règle pour passer quelle que en soit la nationalité. Même pas de regard inquisiteur.  Que de militaires  (en permission certainement) à la recherche d’occasions (gratuites) pour rentrer en famille. Peut-être prêtent-ils oreilles aux conversations ou espionnent-ils les passagers ? Moi je n’ai nullement été rassurée en tout cas !

IBK, habillé d’une veste (au détriment de ses traditionnels habits en bazin trois pièces qui portent son nom) nous a encore servi le même discours du Mali reconnaissant, qui est cette fois dûment tourné vers une démocratie véritable, qui luttera contre la corruption, même si, nous n’avons pas pu faire le constat du début. A Bamako, toutes les arnaques continuent…c’est encore le MÊME MALI jusqu’à présent, peut-être que je devrais attendre un peu…

La paix et la réconciliation ont occupé aussi une grande place. J’espère que pour la réconciliation, le script, que nous soupçonnions d’avantager les Touaregs  (minoritaires) et de leur accorder une autonomie malgré les affirmations insistant dans le sens contraire sera abandonné.

Les regards sont surtout focalisés sur ces Touaregs et leurs revendications au détriment des vouloirs des populations majoritaires du nord du pays qui ont été les victimes de choix pendant cette occupation. Je ne sais pas pourquoi je pense à un adage que ma maîtresse  disait au CM1  » ce sont les bidons vides qui font du bruit« .

crédit Photo: Moussa Kalapo
Crédit Photo: Moussa Kalapo.

La réconciliation dépasse le niveau de ces tractations politiciennes entre des leaders politiques. Il y a ceux qui sont restés ont été victimes de viol, vol, amputation, humiliation et les autres qui sont partis craignent la vengeance et l’amalgame (ils sont pour l’Azawad quand ils ont dans les camps de réfugiés, mais pour le Mali quand ils sont au Mali).