Projet de protection des enfants en mobilité à Tombouctou : quel impact sur ces enfants et leurs familles ?

Lancé dans la ville de Tombouctou depuis septembre 2015, le Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité est à sa 3ième phase de mise en œuvre grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA, le bureau de l’USAID pour les secours d’urgence en cas de catastrophe à l’étranger.

Exécuté par Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) en partenariat avec Enda Mali, l’objectif de ce projet est d’apporter un appui personnalisé et collectif à 2.568 enfants victimes de la crise dans la ville de Tombouctou.

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Jeune fille bénéficiaire de la réinsertion socioprofessionnelle de Tdh Mali /enda Mali à Tombouctou

Pourquoi ce projet d’urgence à Tombouctou ?

A Tombouctou, la crise multidimensionnelle de 2012 a amplifié les mouvements de populations constitués de milliers d’enfants accompagnés et non accompagnés. Ces enfants et adolescents qui arrivent dans ces villes sont très souvent confrontés à des problèmes qui touchent leurs droits les plus fondamentaux. Finalement, ils se retrouvent dans des situations d’extrêmes vulnérabilités : déscolarisation ; exploitation par le travail ; mendicité ; violences (physiques, sexuelles, psychologiques) ; maltraitance ; utilisation des stupéfiants ; etc.

Selon les données du Rapport sur les mouvements de populations (CMP) d’Août 2018, les régions de Tombouctou et Gao comptent à elles seules 43% des personnes déplacées internes (PDI) dont 28% (19.696) à Tombouctou et 15% (9.754) à Gao. La plus grande majorité de ces PDI se trouvent dans les communes de Tombouctou, Gourma Rharous, Gao et Bourem. En outre, 53% des PDIs sont des enfants dont 30% de filles et 23% de garçons.

Quelles réponses sont apportées à ces enfants et aux communautés ?

Dans le but d’améliorer un environnement protecteur à ces enfants concernés par la mobilité, le projet intervient sur 3 axes.

  1. Amélioration de la réponse communautaire :

Le projet travaille avec huit (8) associations de femmes, d’enfants et de jeunes ainsi que les chefs de quartier, le réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE), les gouvernements d’enfants en milieu scolaire et les clubs au niveau communautaire.

Cette collaboration permet d’identifier les enfants victimes de violences, d’abus, d’exploitation et de négligence ; de les référer vers des structures de protection ; de faciliter leur prise en charge, leur accompagnement et leur suivi au sein des communautés.

Cette approche communautaire a permis de toucher et protéger 16.671 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité dans la ville de Tombouctou.

  1. Amélioration de la réponse institutionnelle :

Un comité local de pilotage des interventions du projet est très actif et fonctionnel. Il est présidé par la Mairie de la commune urbaine de Tombouctou. Ce comité regroupe les structures techniques de l’Etat concernées par la protection et la promotion de l’enfant dans la ville et la région (protection, santé, éducation, emploi et formation professionnelle, travail, sécurité et protection civile, etc.).

Ce comité regroupe aussi des acteurs communautaires afin de permettre une coordination efficace des réponses de protection. 571 acteurs ont bénéficié diverses sessions de renforcement de capacités sur la protection et l’approche mobilité ; l’Accompagnement Protecteur des Enfants (APE) ; l’Accompagnement Social Personnalisé (ASP) ; etc.

enfant en mobilité bénéficiaire du projet
Jeune fille en mobilité ayant bénéficié de la formation profesionnelle

Depuis mars dernier, les autorités communales de Tombouctou ont révisé le Plan de Développement Social, Economique et Culturel (PDSEC 2016-2020) et intégré les besoins et réponses des enfants vulnérables. L’objectif du PDSEC est d’apporter une réponse globale et cohérente à 3.250 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité dans la commune urbaine de Tombouctou prenant en compte l’ensemble de leurs besoins.

  1. Articulation entre la protection formelle et la protection non formelle :

A Tombouctou, l’insuffisance de cadre d’échanges entre acteurs communautaires et institutionnels constitue un frein à une protection efficace des enfants surtout des enfants victimes de violences, d’abus, d’exploitation et de négligence. Avec le projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans la ville de Tombouctou, il a été tenu 5 cadres d’échanges ayant mis en relation 159 acteurs.

Ces cadres sont des occasions pour favoriser la revalorisation et l’application des pratiques endogènes de protection autrefois utilisées par les communautés car elles sont de nos jours négligées et ou abandonnées.

Des actions directes ayant été apportées aux enfants concernés par la mobilité à Tombouctou

  • Des activités d’accueil, d’écoute et d’orientation en langues locales ;
  • Des activités psychosociales et de sensibilisation;
  • Des cours d’alphabétisation et en compétences de vie courante (santé, hygiène, protection, droits et devoirs de l’enfant) ;
  • L’apprentissage en 13 filières de métier librement choisies par les enfants et jeunes (coupe couture, teinture, coiffure, boulangerie, embouche, électricité solaire, maintenance informatique, mécanique moto, menuiserie métallique, restauration, etc.) ;
  • Les équipements d’installation dans chacune des filières de métier choisies ;
  • Le suivi continue des actions à travers des animateurs et le comité local de pilotage du projet présidé par la mairie et composé d’acteurs communautaires et institutionnels.

 

Du 07 au 08 juillet dernier, Tdh Mali et Enda ont organisé à Tombouctou, la Campagne « Talents d’enfants ». Cette campagne de protection et de promotion des droits de l’enfant a permis à 800 participants de voir et apprécier le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet. Ces deux jours de campagne ont proposé 20 stands pour l’exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (ayant été formés, dotés, installés à leur propre compte); des prestations de sketch et jeux éducatifs ; des débats communautaires pour l’amélioration d’un environnement protecteur des enfants dans cette ville affectée par la crise.

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Quelle place accorde le Plan de développement communal de Tombouctou à la protection des enfants ?

La réforme de la décentralisation au Mali confère aux Collectivités Territoriales des pouvoirs de décision en matière de programme du développement dans leurs domaines d’attributions respectifs (secteur de l’économie rurale, secteur secondaire, infrastructures et communication, ressources humaines et population).

C’est ainsi que  la Loi N° 93-008 du 11 Février 1993 déterminant les conditions de la libre administration des Collectivités Territoriales ; modifiée par la  Loi N° 2017-052 du 02 Octobre 2017 ; en leurs articles 3  respectifs,  stipulent : Les Collectivités Territoriales ont pour mission la conception, la programmation et la mise en œuvre des actions de développement économique, social et culturel d’intérêt régional ou local.

Le Plan de Développement Economique, Social et Culturel (PDESC) prend en compte le territoire, la commune, le cercle ou la région dans sa globalité. Le PDSEC se base sur un diagnostic de la situation à travers des enquêtes et des concertations avec les différentes couches de la société. Il devrait être toujours en adéquation avec les besoins sociaux.

Que dit le PDESC de la commune urbaine de Tombouctou ?

Depuis 2016, la commune urbaine de Tombouctou dispose de son Plan de Développement Economique, Social et Culturel. Ce plan de cinq (5) ans est tourné vers le développement des domaines de l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, le tourisme, le commerce, le travail et vers les domaines touchant aux droits humains (la santé, l’hygiène et  l’assainissement, l’éducation, le sport et la culture).

C’est depuis le 29 mars dernier que les autorités communales ont révisé et intégré la Protection des enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité. Cet engagement a été soutenu par l’ONG Terre des hommes Lausanne et Enda Mali dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité, lancé depuis septembre 2015 dans la ville de Tombouctou grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID. Pour la protection des enfants, ce PDSEC comprend sur sept (7) composantes.

Composante 1 : Objectif global de protection

L’objectif global du PDSEC de la commune urbaine de Tombouctou est d’apporter une réponse globale et cohérente à 3.250 enfants vulnérables y compris les enfants concernés par la mobilité dans la commune urbaine de Tombouctou prenant en compte l’ensemble de leurs besoins.

Composante 2 : Infrastructures

La réhabilitation de 2 centres d’accueil existants (Elija House et AEDT) ; la construction de trois (3) nouveaux centres d’accueil dans les quartiers de Bella farandi, Abaradjou et Kabara.

Composante 3 : Equipements

Ce plan prévoit de doter ces centres en 40 kits d’hébergements, en kits sanitaires, en kits éducatifs et récréatifs. En plus, 500 kits individuels de réinsertion socioéconomique pour  enfants vulnérables seront disponibles. Le plan prévoit des achats de motos, d’ordinateurs et accessoires, d’un véhicule de liaison, de moyens de communication pour les organisations communautaires de base impliquées dans l’identification et le référencement des enfants vulnérables y compris les enfants déplacés internes, les enfants migrants, les enfants à risque de mobilité.

 

Composante 4 : Offres de services aux enfants, aux familles et communautés

Dans le PDESC 2016-2020 de la commune urbaine de Tombouctou, il est prévu de la réinsertion scolaire à au moins 1.275 enfants déscolarisés. 975 enfants vulnérables seront alphabétisés et ou orientés sur le plan socio professionnel. Au moins, 500 enfants bénéficieront de la formation professionnelle et de la réinsertion économique (AGR).

Il sera mis en place un fonds communal de gestion de cas de protection en faveur des enfants victimes de violences, d’abus, d’exploitation et de négligence.

Des formations sont prévues aux acteurs institutionnels et communautaires, aux collectivités, aux groupements d’enfants et de jeunes. Des sensibilisations seront réalisées dans les quartiers, les écoles, les centres d’accueil sur la protection et les droits de l’enfant, l’accompagnement protecteur des enfants, les textes relatifs aux pires formes de travail des enfants, sur les risques liés à la sexualité précoce, aux IST/VIH/sida, aux mariages précoces, à la consommation de stupéfiants.

Composante 5 : Coordination et Participation

Le PDSEC de la commune urbaine de Tombouctou prévoit de redynamiser le cadre permanent de concertation et de coordination des acteurs de protection (communautaires, institutionnels et collectivités locales). Des collaborations et partenariats (publics, privés, associatifs et particuliers) seront développés afin d’améliorer l’environnement protecteur fragile à Tombouctou.

Composante 6 : Ressources Humaines et Emploi

Toutes les actions de protection des enfants initiées dans ce PDSEC, favoriseront le recrutement de 42 encadreurs pour animer les centres (éducateurs, psychologues, agents de santé). 28 agents de support seront aussi recrutés.

Composante 7 : Suivi & évaluation

Dans cette composante, il sera mise en place d‘un Comité de suivi & évaluation. Des outils seront crées, des réunions et missions de suivi & évaluation seront réalisées. Les résultats de toutes ces actions seront restituées aux acteurs et communautés dans un esprit de rédévabilité.

Aujourd’hui, il existe un grand défi pour les autorités communales et les acteurs de protection des enfants de la ville de Tombouctou, celui de réaliser toutes les actions et activités des 7 composantes traduisant les besoins et priorités de protection des enfants notamment les enfants vulnérables à Tombouctou.Session conseil communal mars 2018 - intégration Protection PDSEC n

Protection des Enfants Associés aux Forces et Groupes armés : problématique et état des lieux à Tombouctou

enfant soldatLe Mali a connu une crise sécuritaire en 2012 durant laquelle les 3 régions du nord étaient occupées par des groupes armés qui ont ouvertement utilisé des enfants comme combattants ; ont pratiqué le mariage forcé avec les enfants notamment les jeunes filles, les utilisant ainsi comme des esclaves sexuels. Ces enfants ont subi toutes les souffrances et violations de leurs droits les plus fondamentaux.

Le terme générique « enfant soldat » a évolué et donné lieu et place à « Enfants Associés aux Forces ou Groupes Armés (EAFGA) » selon le Droit Humanitaire International. « L’enfant soldat » est une personne âgée de moins de 18 ans enrôlée par une entité armée ou un groupe armé régulier ou irrégulier, quelle que soit la fonction exercée par l’enfant. Les « enfants soldats » peuvent être utilisés pour des travaux subalternes tels que la cuisine, porteur, messager.

C’est le fait que ces enfants ne sont pas dans une relation de famille et sont acteurs d’une situation de guerre qui fait d’eux des victimes d’abus, violant ainsi la Convention Internationale relative aux Droits de l’enfant (CDE). Selon les principes et meilleures pratiques du Cap (Afrique du Sud) de 1997[3], parlant des enfants soldat, « elle ne concerne donc pas uniquement les enfants qui sont armés ou qui ont porté des armes ».

Y-a-t-il des EAFGA à Tombouctou ?

Au cours des opérations du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) à Gao, la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations-Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) avait identifié quinze (15) enfants mineurs âgés de 14 à 17 ans parmi les combattants des groupes armés avant d’ordonner leur retrait des troupes. Heureusement à Tombouctou, il n’en a pas été cas dans le cadre du MOC de cette vielle ville.

Cependant, la présence d’enfants associés aux forces et groupes armés restent encore une réalité malheureuse dans la région de Tombouctou où les groupes armés prolifèrent, avec une grande présence des groupes terroristes qui font régner la terreur parmi les populations des zones rurales reculées où on ne voit pas de présence militaire.

Quelles sont les causes essentielles de l’utilisation des enfants dans le conflit malien ?

A cause de leur appartenance à une couche défavorisée, faible et influençable de la société, des enfants sont utilisés pour participer à des actions violentes et à des exactions militaires par les groupes terroristes ou les mouvements armés dans les conflits.

Ils sont facilement des butins de guerre (enlevés au cours des attaques contre les communautés) ou sont offerts par les chefs de famille en guise de contribution à l’effort de guerre ou pour prouver l’appartenance de la famille aux mouvements armés.  Ils peuvent également être simplement donnés ou vendus par les maitres coraniques auxquels ils sont confiés par leurs familles pour l’apprentissage coranique.

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un educateur expose le travail des enfants du projet de Tdh, OFDA/USAID, Enda

La pauvreté des familles, la méconnaissance des textes et droits de l’enfant et une fuite des responsabilités des parents expliquent aussi le phénomène des enfants associés aux forces et groupes armés à Tombouctou, ville complètement enclavée et victime des précarités avec une économie qui tourne autour de l’agriculture familiale, l’élevage et la pêche.

Quel dispositif de lutte contre le phénomène ?

Plusieurs mesures peuvent aider à lutter contre ce phénomène.

  1. La Prévention : il s’agit de la sensibilisation pour faire connaitre les textes juridiques internationaux protégeant les enfants (Convention Internationale contre les Pires formes de Travail des enfants ; Convention internationale relative aux Droits de l’Enfant ; la Charte Africaine des Droits et du Bien-Etre de l’Enfant, etc.) qui garantissent le respect de tous les droits de l’enfant partout dans le monde et sa dignité en tant qu’être humain.
  2. Le Retrait : celui-ci consiste à tout entreprendre pour que l’enfant victime soit retiré des forces et groupes armés. Ce retrait est possible au terme d’un long processus de négociation et de sensibilisation des groupes ou mouvements armés. Il est important de savoir que la négociation est surtout privilégiée par les organisations de protection de l’enfance avec les groupes armés réguliers.
  3. La Démobilisation ou (le retour à la vie civile) : Elle est considérée comme le moment où les enfants souffrent le plus des conséquences psychologiques de la guerre. Leurs traumatismes sont sévères et, malheureusement, durables. C’est pourquoi il est essentiel de leur fournir un soutien psychologique.
  4. La Réinsertion des enfants : elle est une étape importante dans le processus de lutte contre le phénomène des enfants associés aux forces et groupes armés.

A Tombouctou et Gao, l’ONG Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et Enda Mali exécutent avec d’autres partenaires locaux, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID (le Bureau de l’USAID pour les Secours d’Urgence en cas de Catastrophe à l’Etranger).

L’objectif de ce projet est de réduire les risques de vulnérabilités des enfants notamment des enfants déplacés internes, des enfants migrants travailleurs et des enfants à risque de mobilité.

Ce projet offre aux enfants, aux familles et aux communautés, un cadre de protection individuelle et collective. Il assure des actions de prévention et de réponses aux cas de protection en situation d’urgence. Le projet renforce la formation des acteurs locaux ; l’accompagnement socio-professionnel des enfants vulnérables. Il propose et ou améliore les réponses communautaire et institutionnelle de protection. Il favorise l’articulation entre la protection formelle et non formelle à travers l’appui à la mise en place et au fonctionnement de cadres de concertation des acteurs communautaires et institutionnels de protection à Tombouctou et Gao.

Grâce au projet à Tombouctou, 3 espaces communautaires de prévention et de protection appelés « Point Espoir » existent et fonctionnent en faveur des enfants vulnérables précisément dans les quartiers de Sareikeyna, Hammabangou et Abaradjou. Ces espaces constituent des lieux de rassemblement, d’information/expression et d’empowerment qui  redonnent  de l’espoir à des enfants partageant des conditions de vie similaires et difficiles notamment les enfants concernés par les mobilités (économiques, sécuritaires, apprentissage et des enfants à risque).

 

Le « Point Espoir » reste surtout un lieu de détection des enfants qui ont besoin de prise en charge spécifique et ou d’accompagnement spécialisé. Depuis septembre 2015 (démarrage du projet), 1.800 enfants vulnérables ont bénéficié d’activités psychosociales dans les trois Points Espoir à Tombouctou.

 

Quant à la réinsertion socio-économique, à Tombouctou, 220 enfants concernés par la mobilité ont été formés, dotés et installés à leur propre compte. Ils exercent aujourd’hui les métiers de leur choix ; subviennent à leurs besoins de façon autonome ; soutiennent leurs familles qui sont défavorisées et aident leurs pairs à apprendre et sortir des vulnérabilités actuelles.

 

Enfants et Risques Explosifs de Guerre à Tombouctou

La ville de Tombouctou fut occupée par des groupes armés d’avril 2012 à janvier 2013. En effet, les populations de la veille ville ont assisté à une prolifération des armes et risques explosifs de guerre qui restent dangereusement mortels.

A Tombouctou comme dans toutes les localités au nord du Mali, la présence des forces nationales et étrangères ; les mouvements des groupes armés ; la fréquence répétée des attaques en milieu urbain et rural ; ont hélas augmenté l’exposition des enfants et jeunes en particulier aux risques d’explosion et d’engins explosifs.

Les Restes explosifs de guerre restent mortels pour les enfants et les civils

Je me rappelle encore de ces deux premières victimes à Tombouctou. Ils étaient deux enfants « Talibés » ayant ramassé d’engins explosifs dans les alentours du camp militaire de la ville. Ils sont décédés des suites de blessures occasionnées par l’explosion.

D’autres cas ont survenu dans les villages environnants de la commune urbaine de Tombouctou et d’autres villes de la région.

sensibilisation d'enfants aux enfins explosifs
sensibilisation de jeunes enfants par la MINUSMA (c) MINUSMA

Depuis l’installation de la MINUSMA (mission des nations unies pour la stabilisation du Mali) en juillet 2013 au Mali, l’UNMAS (l’organisme des nations unies pour la lutte antimines) a répertorié 233 incidents provoqués par des engins explosifs improvisés. Ceux-ci ont occasionné la mort de 85 personnes dont 26 soldats de la MINUSMA et 348 blessés parmi lesquels figurent 153 casques bleus. Ces statistiques laissent comprendre que les populations civiles restent une part importante des victimes des engins explosifs.

Des acteurs de protection s’y intéressent…

Pour nettoyer et dépolluer les sites et terrains contaminés lors des opérations de combat; informer et former pour la protection contre les risques explosifs de guerre ; lutter contre les mines ; il existe l’UNMAS et ses partenaires, l’unité Cambodgienne de la MINUSMA, des ONG comme HUMANITE & INCLUSION (ex. Handicap International) ; Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et son partenaire local, Enda Mali.

L’UNMAS a fourni de grands efforts dans le nettoyage. Depuis 2013, avec ses partenaires humanitaires de l’action anti mines, ils ont dégagés plus de 4 millions mètres carrés de terrain au Mali contre les risques explosifs de guerre.

Ils se sont engagés dans la sensibilisation de masse notamment à l’endroit des enfants et jeunes scolarisés et non scolarisés.

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séance de sensibilisation par des boites d’image de Handicap International (C) Handicap International

 

 

Aussi, ces acteurs ont formé des animateurs et journalistes des régions de Tombouctou et Taoudénit sur l’identification et la déclaration des engins suspects qui seraient découverts par les communautés.

Un commandant de la section Cambodgienne a souligné que « c’est suite aux informations reçues que nous pouvons réagir. Nous agissons surtout en faveur de la population parce que n’importe qui peut être victimes d’une mine ou d’une munition non explosée ».

De la sensibilisation ponctuelle et continue auprès des enfants…

Des émissions radiophoniques ; des grandes affiches urbaines ; des affiches posters dans les lieux publics ; des sketchs par les enfants mêmes au niveau scolaire et communautaire sur les mines et les restes explosifs ; sur les bons et mauvais gestes ; ont été multipliées par UNMAS et ses partenaires.

Des causeries éducatives à travers des animateurs composés d’enfants et de jeunes et utilisant les boites à images ont été réalisées par des ONG comme HUMANITE & INCLUSION (ex. Handicap International). Les équipes de l’ONG se déplaçant de village en village, expliquent aux communautés les dangers liés aux restes explosifs de guerre et les gestes de base pour mieux se protéger. L’ONG contribue aussi à la prise en charge psychosociale et médicale des enfants victimes des restes explosifs de guerre.

Des clubs et gouvernements d’enfants encadrés par Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et son partenaire Enda Mali, animent régulièrement des causeries éducatives à leurs pairs dans les écoles et dans les quartiers afin qu’ils perçoivent largement les risques et dangers des restes explosifs de guerre et qu’ils deviennent les premiers acteurs de leur propre protection. Ces activités s’inscrivent dans le cadre des interventions du Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans la ville de Tombouctou lancé en septembre 2015 grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Tombouctou : lutte contre l’exploitation des enfants par la mendicité !

Tombouctou, comme toutes les régions du Mali, connait le problème de la mendicité des enfants. Provenant des localités rurales de la région et ou d’autres régions du Mali, ces mineurs sont exploités notamment par leurs maîtres à qui les parents confient les enfants pour acquérir un apprentissage coranique.

mendiant

Dans cet article, nous analyserons la situation de ces enfants victimes d’exploitation dans la ville de Tombouctou ainsi que les mesures de leur protection.

A Tombouctou, nombreux sont les jeunes enfants (5 à 16 ans) qui errent dans les rues et autres lieux publics (banques, centres de santé, écoles), faisant de la mendicité un véritable travail. Ces enfants appelés aussi « Garibou », sont confiés par leurs parents auprès de maitres coraniques pour un apprentissage du coran.

Ces enfants de sexe masculin en majorité, vivant loin de leurs parents vivent dans une situation de vulnérabilités et de difficultés en termes d’accueil et d’hébergement, d’alimentation, de santé et d’hygiène.

En effet, pour se nourrir, ces enfants font le tour des maisons pour mendier de la nourriture qui leur sert de repas.  Ils chercher aussi de l’argent auprès des habitants, souvent en exécutant des taches ménagères dans les familles. L’adage local « manger comme un mendiant » vient certainement du mauvais régime alimentaire de ces enfants qui, parfois, reçoivent de la nourriture avariée de la part des « bonnes volontés » qui leur donnent leurs restes de nourriture.

Quelles sont les mesures de protection de ces enfants à Tombouctou ?

Au Mali, grâce à un partenariat entre l’Etat et le Conseil Islamique, la réinsertion des enfants « talibés » à travers la création de centres d’alphabétisation ou/et de réinsertion socio professionnelle et la sensibilisation des populations ont été les premières solutions trouvées contre l’exploitation de ces enfants concernés par la mobilité. Dans toutes les régions, les autorités publiques disposent de ces centres d’éducation et de développement (CED) et de réinsertion socio professionnelle.

Quant à Tombouctou, en plus de l’information, la formation et l’appui aux maitres coraniques et associations de maitres sur la protection et les droits de l’enfant afin de créer un environnement plus protecteur pour les enfants qu’ils encadrent, les organisations non gouvernementales militent auprès des parents ; des associations de femmes et de jeunes ; des groupements et clubs d’enfants pour un changement de mentalités et de pratiques négatives à la condition de vie et d’apprentissage des enfants.

Ainsi, Enda Mali par son programme DENKO qui porte sur l’éducation (scolarisation et alphabétisation) et la formation d’enfants et de jeunes en situation difficile dans les milieux urbains du Mali a permis entre 2011 et 2013, la réinsertion de plusieurs centaines d’enfants et de jeunes talibés dans la commune urbaine de Tombouctou.

Depuis septembre 2015, Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) et Enda Mali exécutent le Projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité qui identifie, écoute, prend en charge et accompagne les enfants concernés par la mobilité y compris les enfants mendiants. Plus de 8533 enfants vulnérables y compris les enfants victimes de violences, d’abus, d’exploitation et de négligence, les enfants déplacés internes, les enfants migrants travailleurs ont été identifiés et protégés par le projet grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Avec les interventions de ce projet à Tombouctou, la Mairie de la commune urbaine de Tombouctou a révisé en mars dernier, son Plan de Développement Economique, Social et Culturel (PDSEC 2016-2020) et intégré les besoins et réponses de protection des enfants vulnérables y compris les enfants exploités par la mendicité et les enfants concernés par la mobilité dans la ville. L’objectif de protection de ce PDSEC est d’apporter une réponse globale et cohérente à 3.250 enfants vulnérables prenant en compte l’ensemble de leurs besoins d’ici fin décembre 2021.

Quelle place pour l’auto protection des enfants à Tombouctou ?

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« Point d’espoir  » de Tdh à Gao (c) Tdh

Connus sous le nom de « Point Espoir », il existe aujourd’hui trois (3) espaces communautaires de prevention et de protection des enfants y compris les enfants vulnérables dans la commune urbaine de Tombouctou (quartiers de Sareikeyna, Hammabangou et Abaradjou). Grâce aux interventions du projet exécuté par Terre des hommes Lausanne et Enda Mali, ces « Point Espoir » ont été mis en place avec la participation de la communauté, notamment l’implication des chefs des 3 quartiers cités. Ces chefs de quartiers sont représentés par la coordination des chefs de quartiers au sein du Comité local de pilotage des interventions de ce projet avec des organisations communautaires de base déjà actives dans la protection de l’enfant dans la ville.

Les « Points d’espoir » accueillent tous les enfants. Ils restent un lieu où les enfants des quartiers et les enfants vulnérables se rencontrent régulièrement (1 fois dans la semaine),  échangent et se forment. Des animateurs locaux animent ces espaces et apprennent aux enfants leurs droits et leurs devoirs, les risques et opportunités liés à la mobilité, les problématiques liées à leur environnement et leur protection.

Les enfants parlementaires et les gouvernements d’enfants y accompagnent les enfants. Aux « Point Espoir », les enfants vulnérables font l’objet d’écoute et de suivi permanent avec l’aide des acteurs institutionnels et communautaires. Ces espaces permettent aussi d’identifier les enfants qui ont un besoin spécifique et dont le cas nécessite un accompagnement personnalisé.

Depuis septembre 2015, 1.800 enfants vulnérables ont bénéficié d’activités psychosociales dans les 3 Points Espoir.

Exploitation des enfants par le travail: quel accompagnement dans la ville de Tombouctou ?

Le travail des enfants est un sujet délicat car lié à la protection et aux droits de l’enfant. A Tombouctou, bien que la ville eût un bon taux de scolarisation, les enfants apprennent à l’école coranique d’abord, ensuite à l’école publique, aussi ils travaillent !

enfant bénéficiaireLes enfants apprennent dans les centres d’apprentissage traditionnel appelés « tendé hou » quand ils ne vont pas à l’école. Ils y apprennent des petits métiers : couture, menuiserie, bijouterie… selon les traditions familiales.

De l’apprentissage, les enfants deviennent des mains-d’œuvre qui participent à la production dans les ateliers où ils sont en apprentissage et contribuent ainsi à la prise en charge de la famille. D’ailleurs, dans certains cas, la pauvreté de la famille ne permet pas aux enfants d’aller à l’école, ils travaillent pour aider ses parents.

Cependant, ne faudra-t-il pas faire la distinction entre la socialisation de l’enfant et son exploitation notamment par le travail au cours de ce processus de socialisation ?

La situation dans la ville de Tombouctou

Quand nous prenons le cas de Tombouctou, les enfants sont exposés à de multiples abus et à l’exploitation par le travail ou par des pratiques d’apprentissage qui vont se confondre avec le travail. Ils sont abusés par leurs parents, tuteurs, employeurs et même par des encadreurs.

Les enfants « talibé » qui sont en situation de mobilité car sont confiés à des maîtres coraniques qui les font pratiquer la mendicité ou les livrent comme travailleurs journaliers dans les champs.

  1. Traoré, exploitante agricole à Tonka, une ville de Tombouctou, nous confie « durant les récoltes, nous utilisons surtout les talibés qui viennent en nombre. Ils travaillent dur, mais c’est aux maitres que nous donnons leurs payes. Même quand ils tombent malades, ces derniers ne les soignent pas. Je les aide chaque fois que je peux car je sais que ce sont des enfants d’autres femmes comme moi et je sais que leurs mères sont démunies, raison pour laquelle, elles les laissent partir avec le marabout».

A Tombouctou, il existe aussi les filles migrantes domestiques qui travaillent comme bonne (aide-ménagères) ou comme ouvrières auprès des artisans. Depuis la crise de 2012, elles sont composées d’enfants déplacés internes suite à l’insécurité, la pauvrété de leurs familles ; d’autres sont victimes de mariage précoce/forcé ou de violations de leurs droits. Ces filles migrantes qui viennent dans la ville de Tombouctou, aident dans les familles et sont exploitées car elles ne sont pas régulièrement payées par leurs patronnes ; elles ne sont pas bien hébergées ; elles ne bénéficient pas de repos hebdomadaire à plus forte raison le repos annuel et le travail de nuit ne leur est pas interdit comme l’exige le code du travail au Mali.

Selon le Directeur régional adjoint du Travail, Bamoye DEMBELE « les enfants travaillent sous certaines conditions définit par le code du travail du Mali et la Convention 138 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Au Mali, l’âge légal d’admission de l’enfant au travail a été relevé à 15 ans par le Ministère du Travail et de la Fonction Publique depuis 2016».

Quel accompagnement pour ces enfants victimes d’exploitation à Tombouctou ?

Depuis septembre 2015, l’ONG Terre des hommes Lausanne (Tdh Mali) exécute avec Enda Mali et d’autres partenaires locaux, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID (le Bureau de l’USAID pour les secours d’urgence en cas de catastrophe à l’étranger).

Depuis le lancement de sa 3ième phase en septembre 2017, l’objectif de ce projet est d’apporter un appui personnalisé et collectif à 2.568 enfants victimes de la crise dans la ville de Tombouctou.

Quelles sont les réponses apportées aux enfants, à leurs familles et communautés ?

  • Des activités d’accueil, d’écoute et d’orientation en langues locales ;
  • Des activités psychosociales et de sensibilisation;
  • Des cours d’alphabétisation et en compétences de vie courante (santé, hygiène, protection, droits et devoirs de l’enfant, etc.) ;
  • L’apprentissage en 13 filières de métier librement choisies par les enfants et jeunes en âge légal d’exercer un métier (coupe couture, teinture, coiffure, boulangerie, embouche, électricité solaire, maintenance informatique, mécanique moto, ménuiserie métallique, restauration, etc.) ;
  • Les équipements d’installation dans chacune des filières de métier choisies par les enfants eux-mêmes.
  • Le suivi continue des actions à travers des animateurs et un comité local de pilotage du projet présidé par la mairie et composé d’acteurs communautaires et institutionnels.

Quels sont les résultats clés obtenus ?

Selon les données rapportées entre septembre 2017 et mai 2018, les interventions du projet ont enregistré :

  • 175 enfants victimes de la crise ont bénéficié d’appui psychosocial ;
  • 53% des enfants référés ont reçu de services adéquats de protection à Tombouctou ;
  • Les filles migrantes domestiques identifiées par le projet, jouissent toutes de leurs droits de repos hebdomadaire; bénéficient de salaire décent ; sont mieux soignées ; participent aux activités socio-éducatives ;
  • 220 enfants et jeunes ont bénéficié de la réinsertion socioprofessionnelle ;
  • 367 enfants fréquentent les espaces communautaires d’accueil et d’orientation des enfants appelés « Point Espoir » ;
  • 550 personnes sont sensibilisées sur les thématiques de protection, de droits et devoirs de l’enfant.
  • 8 projets communautaires existent et sont mis en œuvre par des organisations communautaires de base.
  • L’appui à la mairie de Tombouctou pour l’intégration des besoins de protection des enfants vulnérables dans son Programme de Développement Social, Economique et Culturel (PDESC).

stand talents d'enfantsDu 07 au 08 juillet 2018, Tdh Mali et Enda ont organisé à Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants ». Cette campagne de protection et de promotion des droits de l’enfant a permis à 800 participants de voir et apprécier le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet.

Ces deux jours de campagne ont proposé 20 stands / exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); des prestations de sketch et jeux éducatifs ; des débats communautaires sur la délinquance juvénile ; sur les limites de la socialisation et de l’exploitation des enfants par le travail.

 

 

 

Protection et accès des enfants aux structures et services sociaux de base au Mali

Le Mali est un pays de l’Afrique de l’Ouest qui accorde une attention particulière à la protection sociale avec un ministère dédié au développement social, à la solidarité, aux personnes âgées et un autre ministère dédié à la femme, à l’enfant et à la famille.

tdfCes ministères disposent de structures décentralisées dans toutes les régions du Mali. Dans les régions du nord, même si ces structures ont eu à fermer avec la crise socio politique de 2012 que le Mali a connue, la direction régionale du développement social et de l’économie solidaire est l’un des services qui a rapidement repris service à Tombouctou ; qui a apporté son soutien aux habitants meurtries par le conflit et qui a facilité le retour des enfants en mobilité et leur réintégration dans le système scolaire.

Pour une bonne protection sociale contre les risques et vulnérabilités, le Mali a institutionnalisé des mesures sociopolitiques et économiques en faveur de l’inclusion des couches sociales démunies ainsi que la protection des enfants et leurs familles notamment celles en situation difficile. Ces mesures les aident à couvrir les dépenses dans le cadre de l’éducation de leurs enfants ou leur permettent d’accéder aux services sociaux de base (l’école, la santé, l’alimentation).  Les acteurs de la protection sociale sont :

  • Ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire et ses structures régionales et locales ;
  • Ministère de la promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et ses structures régionales et locales ;
  • Ministères concernés par la Santé ; l’Education nationale.

L’appui d’assistance sociale, qui devrait être convenu par des commissions nationales ou régionales pour le développement social peut prendre l’une des formes suivantes:

  • Aide d’urgence, entre 50.000 FCFA et 100.000 FCFA peut être accordée en cas de catastrophe, accident ou pertes considérables.
  • Aide immédiate, jusqu’à 100.000 FCFA, attribuée dans les cas de besoin momentané et devant être approuvée par une commission nationale ou régionale.
  • Aide provisoire : en cas de situation qui perdure et s’étale sur une période allant jusqu’à trois ans, pour un montant ne dépassant pas 200,000 FCFA au total.
  • Aide maladie : remboursement des frais médicaux dans une mesure qui correspond aux besoins du bénéficiaire.
  • Depuis 2009, le RAMED ou le Régime d’Assistance Médicale pour assurer les populations démunies contre le risque maladie.

Il faut également signaler que la protection et l’accès des enfants aux structures et services sociaux de base est également la mission de plusieurs Agences des nations unies et Organisations Non Gouvernementales qui appuient très activement l’Etat du Mali et assistent ses populations vulnérables. Notons, l’Unicef ; l’UNHCR ; l’OIM ; Terre des hommes (Tdh Mali) ; Enda Mali ; ASMAE ; Ieda Relief ; Islamic relief ; Association humanitaire du Mali ; Plan Mali ; AMSS…

Leurs actions ont été salutaires pour les enfants et leurs familles qui ont été prises dans les mailles surtout depuis la crise de 2012. Certains ayant vécu la crise sur place alors que d’autres (enfants et familles) sont partis en mobilité temporaire ou plus longue (certains sont toujours dans les camps de réfugiés en Mauritanie, au Burkina Faso…)

DSCN0178Pour la protection et l’accompagnement des enfants affectés par la crise, Tdh Mali y accorde une attention particulière. Etant la plus grande organisation Suisse d’aide à l’enfance, Tdh a pour mission d’améliorer la condition de vie des enfants vulnérables. C’est ainsi qu’elle exécute depuis septembre 2015 avec Enda Mali, un projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Ce projet vise la protection individuelle et collective des enfants concernés par la mobilité et le respect de leurs droits.

 

Ce projet offre un cadre de formation et d’accompagnement socio professionnel; d’amélioration des réponses communautaire et institutionnelle de protection ; de renforcement  de capacité, de l’articulation entre la protection formelle et non formelle et favorise un meilleur accompagnement des  enfants concernés par la mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao.

 

Du 07 au 08 juillet 2018, Tdh Mali et Enda ont organisé à Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants ». Cette campagne de protection et de promotion des droits de l’enfant a permis à 800 participants de voir et apprécier le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet.

 

Ces deux jours de campagne ont proposé 20 stands / exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); des prestations de sketch et jeux éducatifs ; des débats communautaires.