Mobilité des enfants: quelles sont les risques et opportunités dans la ville de Tombouctou ?

Un jeune mendiant de Tombouctou

Les enfants constituent une partie importante des mouvements de population dans le monde. Selon les estimations faites par de nombreux organismes de protection de l’enfance, des millions d’enfants et de jeunes (filles et garçons de différents âges) seraient en mouvement au sein de leur pays ou entre les pays.

Les enfants concernés par la mobilité représentent un groupe très large, traversant et transcendant plusieurs catégories d’enfants :

  • Enfants en situation de pré mobilité (ou à risque de mobilité),
  • Enfants en situation de mobilité (déjà en cours de déplacement),
  • Enfants en situation de retour de mobilité,
  • Enfants victimes de mobilité de ses parents ayant migré.

La mobilité des enfants n’est pas toujours forcée. Elle peut se faire de manière volontaire, les enfants décidant, d’eux-mêmes ou poussés par leur famille, de partir à la quête d’une meilleure vie et d’opportunités leur permettant de construire leur futur.

Au Mali, les situations de mobilité des enfants se sont accrues avec la crise sécuritaire et politique que le pays a traversé en 2012. Cette crise n’ayant pas trouvé une résolution définitive, les enfants continuent à subir les conséquences avec une vie dans les camps de réfugiés pour certains depuis plus de 5 ans, et d’autres en transit ou à destination à l’intérieur du Mali.

Tous sont exposés à la violation de leurs droits les plus fondamentaux Tombouctou représente l’une des plus grandes villes de mobilité des enfants au nord du Mali. S.B, est une fille migrante domestique de 15 ans. Elle y vit depuis la crise, elle nous raconte sa situation « la pauvreté et le conflit armé sont les raisons pour lesquelles j’ai migré à Tombouctou. A mon arrivée, je suis employée comme fille domestique et ne bénéficiait pas de repos hebdomadaire ».

F.D est une mère enfant de 16 ans qui vit actuellement à Tombouctou. Originaire de Sevaré dans la région de Mopti, au centre du Mali, F.D a été abusée et victime de maltraitance par la femme de son oncle avec lesquels elle vivait après le décès de sa mère. « A Sevaré, j’étais chez mon oncle. J’étais énormément maltraitée par sa femme. Tôt le matin, je devais me lever pour faire toutes les tâches ménagères pendant que les enfants de mon oncle se préparaient pour aller à l’école. Ensuite, le petit soir, je partais vendre pour ma tante (vendeuse ambulante). Elle était trop méchante envers moi ». Dans cette situation de vulnérabilités, F.D ne se sentait plus protégée. Elle a ainsi quitté Sevaré pour venir s’installer chez sa grande sœur mariée dans la ville de Tombouctou. Là-bas, elle avait besoin de soutien pour être autonome et mieux accompagnée.

Même si ces cas décrivent des risques liés la mobilité des enfants, celle-ci comporte par ailleurs des opportunités pour les enfants. L’échec des politiques antérieures sur la gestion de la migration a montré que nul ne peut arrêter la mobilité mais elle peut être encadrée et les enfants qui s’y trouvent peuvent être mieux accompagnés. C’est pourquoi, les enfants concernés par la mobilité ont plus besoin d’accompagnement pour être mieux protégés et jouir de leurs droits les plus fondamentaux.

Tombouctou est une ville que nous pouvons définir comme un carrefour car se trouvant à la lisière du Sahara et les routes vers les pays comme la Mauritanie, l’Algérie et le Niger (donc la Libye).

Les enfants peuvent non seulement s’y déplacer avec leurs parents à la recherche d’une vie meilleure, mais peuvent aussi se retrouver à vivre de mendicité ou être victime de délinquance juvénile ou d’exploitation de toutes sortes dans ces pays étrangers. Ils deviennent ainsi des victimes de choix des représailles xénophobes de certains citoyens de ces pays qui les accueillent, notamment les témoignages sont surtout fréquents concernant ceux qui ont migré en Algérie et qui se font agresser et voler par des jeunes algériens.

L’état Algérien aussi a procédé à plusieurs reconduites aux frontières quand il ne les abandonne pas dans le désert, près de la ville de Tamanrasset, une ville proche de la ville de Gao.

L’un des  plus grands risques que courent les enfants concernés par la  mobilité dans la ville de Tombouctou est celui de la récupération par les groupes armés qui en font des enfants soldats. Ils peuvent ainsi faire l’objet d’une radicalisation extrémiste et devenir des djihadistes et de potentielles bombes humaines.

Aussi, les talibés font partie des enfants concernés par la mobilité. Ils sont soit confiés ou donnés aux marabouts par leurs parents pour un apprentissage  du Coran.  Ils deviennent une main d’œuvre que ces marabouts exploitent, les obligeant à apporter des revenus quotidiens ou à les exploiter comme main-d’œuvre dans les champs. Les enfants travaillent et ce sont les tuteurs qui encaissent les revenus. La majorité  ne fait pas  l’objet de prise en charge médicale et ont une alimentation déséquilibrée.  « La vulnérabilité des enfants talibés est très grande, ils ont une vie d’exploitation qui n’en finit pas. Une règlementation de cette pratique et une prise en charge des enfants qui se retrouvent dans une situation de mobilité et d’exploitation permanente est prioritaire » nous confie M. Maiga, un sociologue.

En outre, quand tu te déplaces dans la région de Tombouctou, tu deviens la cible de braquage, de vols à main armée, de violences sexuelles et autres attentats potentiels aux véhicules piégés ou mines sur les pistes de la région.

En  termes d’opportunités, à Tombouctou, la mobilité peut offrir des possibilités d’accès à l’éducation car il ne faut pas oublier le développement faible des centres de formation et de qualification pour les enfants dans les localités affectées par l’insécurité et la crise. D’ailleurs, nous avons vu plus de 1.000 écoles fermées au nord, obligeant élèves, parents et parfois enseignants à se déplacer vers des villes où ils peuvent continuer les études.

Les enfants peuvent ainsi contribuer aux revenus de leur famille, de développer de nouvelles compétences, suivre une formation appropriée qui va leur faciliter une vie d’adulte, disposant d’un métier et d’une source stable de revenus.

Depuis septembre 2015, l’ONG Terre des hommes Lausanne (Tdh) et Enda Mali exécutent le projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité qui vise la protection individuelle et collective des enfants et le respect de leurs droits grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

Ce projet, ayant pour objectif d’apporter une réponse cohérente et adaptée aux vulnérabilités des enfants concernés par la mobilité dans les villes de Tombouctou et de Gao,  offre un cadre de formation et d’accompagnement pour la formation professionnelle des enfants, l’amélioration de la réponse communautaire de protection ; l’amélioration de la réponse Institutionnelle de protection ; le renforcement de l’articulation entre la protection formelle et non formelle et un meilleur accompagnement des  enfants concernés par la mobilité dans les villes de Tombouctou et de Gao.

Du 07 au 08 juillet 2018, a eu lieu dans la ville de Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants » ayant permis à 800 participants de voir et apprécier le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet d’appui et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao.

sketch des enfants durant la  » campagne Talent d’enfant  » à Tombouctou 8/7/2018

Ces deux jours de campagne, proposant 20 stands / exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); des démonstrations d’enfants; des prestations de sketch et jeux éducatifs ; des débats communautaires, ont été un véritable succès pour l’amélioration de l’environnement protecteur des enfants dans la ville de Tombouctou.

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Quelle protection offrent les familles aux enfants dans la ville de Tombouctou ?

 

Un enfant formé par le projet montre une fenetre qu’il a confectionné

L’enfant joue un rôle important dans la communauté au Mali, plus précisément à Tombouctou, il est vu comme une bénédiction pour le couple. Il est également un bien communautaire et chacun participe à son éducation.

Chez le Tombouctien, l’enfant est « roi », il est fragile, une « graisse de poule » et il constitue une « richesse ». La communauté reconnait ainsi à travers ces termes, que nous avons recueillis en songhay, expriment une double attitude envers l’enfant. L’enfant a des besoins, des droits (droits) mais il a aussi des devoirs et la famille/communauté le prépare à cela (du sevrage à l’éducation traditionnelle). Il est à protéger, mais il est aussi appelé à « servir » la communauté, ce qui peut impliquer l’empiétement de ses « devoirs » sur ses « droits ».

La vulnérabilité de l’enfant n’a pas de critères bien définis au sein de la communauté, mais à travers des affirmations de sens commun, elle est identifiée comme un état qui a trait au rapport tripartite « enfant/famille/pauvreté ». Plusieurs facteurs sont indiqués comme étant à la base du concept de vulnérabilité de l’enfant:

  • La pauvreté de la famille (enfant adopté ou donné en apprentissage à un marabout)
  • Le rapport de l’enfant avec le milieu familial (séparé ou pas de la famille).
  • Le rapport avec la communauté et les institutions (école, medersa, école coranique, ONG, institutions sociales étatiques ou associations…)

La protection de l’enfant consisterait génériquement à garantir à l’enfant « des bonnes conditions », la santé, l’éducation, la sécurisation. Les aspects strictement liés à la protection contre la violence, les abus, l’exploitation des enfants ne sont pas pris en compte de manière explicite, au contraire ils sont « offusqués » par certaines normes sociales tacites qui tolèrent, au lieu de condamner, ces comportements néfastes.

 

Quand nous prenions l’éducation traditionnelle à Tombouctou, elle soumet l’enfant à la volonté du parent qui peut à la limite être maltraitant avec l’enfant ou le mettre dans un cadre d’apprentissage qui l’expose à la violence de son maitre.

Les parents qui sont tuteurs des enfants, leur garantissent ainsi la nourriture et la protection. Ils leurs fournissent les 3 repas pris en famille, l’habillement et une éducation qui commence dès le bas âge avec leur inscription à l’école coranique. Si certains sont inscrits à l’école coranique en même temps l’école publique, d’autres n’ont aucune de ces éducations quand les parents n’ont pas les moyens d’assurer les dépenses de ces types d’éducation. Les enfants vont très rapidement apprendre un métier dans un atelier pour contribuer aux dépenses de la famille et devenir indépendants.

 

Si certains enfants de fonctionnaires et autres personnes travaillant pour des institutions nationales ou internationales peuvent profiter de la protection sociale et maladie, les enfants démunies, issus de familles pauvres ou confiés, sont des laissés pour compte et leur situation est accentuée par la crise sécuritaire et politique que le Mali connait depuis 2012.

 

Heureusement, dans la ville de Tombouctou, plusieurs organisations non gouvernementales ont des projets d’assistance à ces enfants en situation de vulnérabilités, comme les enfants concernés par la mobilité qui sont très souvent sans protection.

un educateur expose le travail des enfants du projet de Tdh, OFDA/USAID, Enda

L’ONG Terre des hommes (Tdh) et Enda Mali exécutent le projet d’appui d’urgence et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité qui vise la protection individuelle et collective des enfants et le respect de leurs droits grâce au soutien généreux du peuple américain à travers OFDA/USAID.

 

  1. Le projet lutte contre les violences, les abus, l’exploitation et la négligence des enfants à travers l’accompagnement social personnalisé (ASP) ;
  2. Contribue à la réduction des vulnérabilités des enfants concernés par la migration à travers l’appui psychosocial dans des « Point Espoir » ou espaces communautaires de protection des enfants, l’alphabétisation, la formation socio professionnelle, le suivi des enfants par les animateurs du projet et des acteurs communautaires de base;
  3. Renforce les capacités des acteurs des structures techniques de l’Etat, des collectivités locales et des acteurs communautaires ;
  4. Facilite l’accès de l’information et sensibilise les enfants et les communautés sur la protection et les droits de l’enfant.

 

Du 07 au 08 juillet 2018, a eu lieu dans la ville de Tombouctou, la campagne « Talents d’enfants » destinée à promouvoir le savoir-faire des enfants vulnérables ayant été accompagnés par le projet d’appui et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao.

 

Ces deux jours de campagne : exposition du travail des enfants concernés par la mobilité (qui ont été formés, dotés, installés à leur propre compte); démonstrations des enfants; prestations de sketch et jeux éducatifs ; débats communautaires ; ont été un véritable succès pour  l’amélioration de l’environnement protecteur des enfants dans  la ville de Tombouctou.

 

 

 

 

L’importance du jeu dans le développement des enfants: regards croisés d’acteurs de la ville de Tombouctou

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Le jeu est un facteur important dans le développement psychique et moteur de l’enfant. Il permet non seulement à l’enfant de parachever le développement des capacités intellectuelles et psychique, mais aussi participe fortement à la socialisation de l’individu.

Le jeu une activité aimé des enfants qui leur facilite l’apprentissage.

Dans les premiers instants de la vie, les enfants découvrent leur environnement à travers les jeux qu’ils aiment répéter. Les bébés, par exemple, vont saisir des blocs, les manipuler et les porter à leur bouche. Les tout-petits vont construire des tours avec leurs blocs simplement pour les faire tomber. Les fillettes vont aimer jouer à la maman alors que les poupées et les dinettes. Le jeu permet aux enfants de développer leur confiance en eux et à maitriser leur environnement à travers cette interaction avec les objets qui les entourent.

Pour les tout-petits, le jeu est une façon naturelle d’apprendre. Il se rapproche de la manière dont nous apprenons dans la vie de tous les jours. Au lieu d’intégrer un concept à la fois, comme on le fait en classe, les enfants doivent apprendre et utiliser plusieurs idées et objets en même temps. Jouer, c’est aussi joindre l’utile à l’agréable.

Le jeu dans l’éducation à Tombouctou

Le jeu est important pour le Tombouctien, nous confie l’historien Salem OULD ELHADJ « Nous qui sommes les anciens avions eu nos instants de jeu, même si l’apprentissage commence très tôt chez nous avec l’école coranique. »

L’historien nous explique que les enfants avaient des moments de repris et de jeu entre l’école coranique et le «  tendé hou » l’atelier d’apprentissage et l’école.  Un programme qui n’a pas beaucoup changé, même si certains parents négligent l’école coranique de nos jours.

Le point espoir de TDH à Tombouctou

Le point espoir est une initiative de de Terres des hommes et ses partenaires (ENDA, OFDA/USAID) dans le cadre de son projet d’urgence d’appui et de renforcement de la résilience des enfants en mobilité dans les villes de Tombouctou et Gao » pour permettre aux enfants en mobilité de se retrouver, d’échanger, de s’appuyer mutuellement ; d’être suivis et aussi d’être orientés vers les acteurs étatiques et communautaires pour leur accompagnement et leur protection.

Le point espoir de Tombouctou est situé à Hamabangou, un quartier populaire de la cité des 333 saints.  Il a été mis dans un quartier où les enfants en situation précaire sont très nombreux. C’est quasiment le seul lieu où les enfants ont la possibilité de jouer et d’avoir accès à une écoute attentive, des conseils en matière de prévention et des activités récréatives.

Tombouctou : encore un attentat malgré les restrictions sécuritaires

les attentats avec cette méthode complexe qui consiste lancer des roquettes sur le camp des forces des Nations-Unies, à faire exploser des véhicules piégées et remplies d’explosif et  enfin à tirer sur  tout ce qui bouge, sont  malheureusement devenues presque une habitude pour les habitants de la vieille cité historique de Tombouctou.

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le dernier attentat avait meurtri la ville, 5 jeunes travaillant  à Securicom, une compagnie de gardiennage avaient trouvé la mort. Je me rappelle que même le jeudi dernier, vers 10h , quand je me laissais fouiller par un d’entre eux, je m’indignais de ne voir aucune arme sur eux,  ni de barrière qui pourrait les protéger d’une voiture piégée.

Les deux casques bleus sensés veiller au grain , sur le minaret qui a été dressé semblent encore plus distraits.  l’un regardait vers nous alors que l’ordre ne cessait de se retourner. je n’ai pu m’empêcher de les traiter de  » jitinté » une personne  paniquée dans ma langue maternelle ( le songhoï). quand un véhicule porte le sceau  » UN » des Nations-Unies, ils lui permettent de se diriger directement vers la grille alors que les véhicules étrangers se garent sur le coté droit, examiné avec l’engin surmonté de miroir.  Pas de fouille des cabines, ni des bagages.  Pas de fouille au corps, juste le détecteur de métal passé le long des corps des passants.  En plus , un arriéré mental , la bouche grande ouverte et baveuse , habillé d’une chemise militaire très sale semblait quitter les alentours.  Seydou, mon chauffeur du jour ( qui m’a  courtoisement amené à l’aéroport dans son véhicule) est entré dans une colère noire en voyant le petit:

– comment peuvent-il laisser une personne comme ça faire des aller-retours dans un endroit pareil? pourquoi n’arrivent-ils pas à prendre cette sécurité au sérieux alors qu’ils ont eu tellement de victimes parmi eux?

– wallahi bara habous  ( gratuitement) ! lui repondais-je , les casques

La sécurité et la fouille sont nettement plus sérieux à l’aéroport d’Adis Abeba me dis-je en me rappelle la manière dont les policières mes seins quand on débarque en Éthiopie.

je ne pouvais m’imaginer qu’un attentat d’une telle violence , si préparé allait se passer dans les mêmes lieux trois jours après.

Ce samedi 14 avril 2018, l’attaque a été très violente avec un bilan d’un casque bleu tué, deux autres blessés, ainsi que 7 blessés parmi les troupes de Barkhane qui sont les voisins de la MINUSMA dans le site de l’aéroport de Tombouctou.  6 civils ont été touchés de sources hospitalières.  15 terroristes  » neutralisés  » par la force Barkhane et la Minusma.

Les assayants etaient déguisés en casques bleus à  bord de véhicules  maquillés comme ceux de la Minusma et de l’armée  malienne.  Certainement décidés  à  prendre le contrôle du camp,  comme le suggère l’État  major français sur son site.

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Aujourd’hui le calme est revenu,  mais la population  a encore eu des frayeurs . la vie à  Tombouctou n’est plus tranquille car nul ne sait plus quand est-ce qu’il aura une attaque terroriste .

Mali, seules les élections présidentielles importent…

FB_IMG_1521992297034Donc tout est rose dans notre pays du nord au sud en finissant par le centre ?
On encaisse les  » gentils mots des femmes de Kidal », on donne des trucs aux patriotes de Gao, on se fait un méchoui de chameau à Timbuktu pour distribuer du mil à Mopti et revenir triomphant à Bamako ?
Tout va bien. Chers citoyens maliens le Mali va bien. Nous allons faire les élections.
Une fois mon oncle réélu, nous reprendrons les problèmes résiduels où nous les avons déposé.
Que les pseudo-djihadistes brûlent encore d’autres écoles.
Que les bandits armés continuent à continuer leur butin de guerre avec les biens de l’État et des pauvres citoyens.
Que les groupes armés continuent leurs Hohaho autour de l’application de l’accord pour la paix et la réconciliation. Qu’ils réclament le DDR, qu’ils crient azawad sur tous les toits… De Bamako à New York.
L’essentiel est que nous touchons juillet 2018.
Seule ces élections présidentielles.
Les hommes. Les femmes. Les enfants. Les chèvres pourront voter s’ils veulent, avec des cartes Nina, des cartes d’électeurs ou même des cartes de mouvements de soutien à mon oncle.
Faudra juste qu’ils votent.

Être une femme mariée au Mali: un supplice !

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le Mali est un pays bien bizarre. Incompréhensible.

Quand tu es étranger et que tu y arrives, tu te dis que les maliens sont des personnes bien gentilles, ouvertes, accueillantes. Surtout les maliennes. Ces mères de foyers qui accueillent tous les enfants comme les siennes.

Elles sont impressionnantes.

Extraordinaires.

Leurs filles te diront travailler pour mettre fin à leurs malheurs. Leurs fils aussi. Parfois. Quand ils ne travaillent pas à rendre leurs épouses aussi malheureuses que leurs pères se sont employés à rendre leurs mères malheureuses.

Je ne dis pas que le bonheur du foyer n’existe pas pour la femme malienne mariée.  Mais j’évoque seulement cette tradition qui veut qu’une personne qui a déjà vécu les violences dans son foyer s’occupe de l’éducation de sa fille et qu’elle ne fasse que la conditionner pour être le punching-ball de son futur époux.

Dans la majorité de nos sociétés, la femme est un être inférieur, qui est éduquée en prévision de son rôle de reproductrice et de bonne à tout faire.

D’ailleurs, chez certains, pire, ce n’est que de la main d’œuvre pour les cultures. Elle et ses enfants.

Le malien se dit moderne maintenant. Il va à l’école. Sait lire et écrire. Dispose d’une télévision [ et même d’un climatiseur] dan son salon, mais pourtant,  fait vivre sa famille dans des conditions plutôt abordables, mais , malheureusement, n’hésite pas à frapper la personne qu’il nomme compagne.

D’aucuns diront qu’il y a des circonstances atténuantes, le comportement de la femme qui n’est pas nette, trouveront la jalousie aussi comme alibi. Mais ne reprocheront jamais quelque chose à l’animal, qui oublie toute retenue, allant parfois jusqu’à tuer sa femme. Nous avons vu des cas tragiques provoquer l’émoi.

Mariam. Kamissa. Fanta dernièrement, assassinée jusqu’à Koulouba [ palais présidentiel], lieu de son travail. Tuée. Assassinées par leurs conjoints.

Certains, politiciens, parlent de la nécessité de s’émanciper pour la femme africaine, sans pour autant chercher à connaitre la vie de ces femmes. [Cc Macron]

On leur reproche les 6/7enfants par femmes. On ne cherche pas à connaitre les conditions dans lesquelles ces enfants sont faits.

Quand la femme se retrouve mariée à un bloc de muscles appelé  » HOMME » être suprême qui pense être le seul à avoir droit à des égards , au bonheur, au plaisir sexuel, elle se retrouve dans une prison, qui n’est même pas dorée.

Quand tu te maries, ces mêmes femmes qui étaient maltraitées, frappées par leur maris, te conseillent la patiente, t’enrobant dans cette chaine du silence dès que le prince charmant se transforme en tyran, violant.

Tu deviens la propriété de cette personne, qui peut te couper du , t’empêcher même d’exercer un métier si cela lui chante! Ton corps et même ton esprit lui appartiennent.

Tu veux planifier les naissances de tes enfants ?  Il faut qu’il soit d’accord !

Adhérer à une association ? Faut avoir son aval!

Un téléphone ? Son accord est requis même si tacite, car il se donne le droit de te le prendre, regarder ce que tu en fais, te demande des comptes quand des personnes qu’il ne connait pas t’appellent. D’ailleurs, tu ne seras pas étonnée qu’il exige que tu quittes les réseaux sociaux parce qu’il pense que des pervers ( qui te dragueront très certainement) s’y trouvent ou qu’il te fasse une scène parce qu’il t’a appelé et trouvé en conversation avec une autre personne  » pourquoi je t’appelle et je ne te trouve pas ! Tu parlais avec qui?  » te dira-t-il d’une voix courroucée !

Quand il n’estpas éduqué, c’est pire. Toutes les occasions sont bonnes pour te donner des coups. Comme à sa vieille moto qui refuse de démarrer.

D’ailleurs, le mari analphabète est encore pire! Il te fera  vivre dans des conditions difficiles, pour le mieux avoir le contrôle sur toi. Une femme sans pouvoir économique est une femme à la merci de son mari.

Beaucoup trouvent la malienne courageuse. Au four et au moulin. Qui n’est pas impressionné par ces bouts de femmes qui parcourent les foires des villages, toujours un enfant au dos, vendant ou achetant des marchandises… Se battant pour sa progéniture. Alors que monsieur s’enrichit en silence. femme-enfant

 

 

 

Le Mawlid en 10 images à Tombouctou

Tombouctou est une vieille ville qui a une culture islamique reconnue en Afrique pour son engagement en faveur de la sciences et de l’enseignement depuis des millénaires.

Le Mawlid , qui commémore la naissance du prophète de l’islam y est la première et la plus grande fête à Tombouctou. Hommes, femmes et enfants se parent de nouveaux avis , confectionnés pour l’occasion et se retrouvent à la place de Sankoré pour la grande fatiha ( prière) l’après-midi du baptême de Mohamed [paix et salut sur lui].

Les différentes communautés qui font des lectures de coran et des Madaha [ poème à la gloire du prophète Mohamed (PLS)] convergent tous vers la place de Sankoré après la prière du Asr. ( vers 16h GMT) , ainsi que les habitants qui exhibent leurs beaux habits.

Le Mawlid est une fête que nombre de Tombouctiens aiment passer en famille!

Voici 10 📸photos prises entre la soirée de la  » naissance  » au  » baptême  » du prophète Mohamed ( une semaine ) à Tombouctou 📷

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Être enseignant au nord du Mali

Tableau noir
credit photo: maliactu.com

Le Mali est un pays incroyable. Le ministère de l’éducation  est encore plus incroyable! Mais Il résume parfaitement cette chose à b laquelle je ne trouve pas de nom. Certains l’appellent  politique.
Quand tu es un jeune enseignant recruté par ce qui est devenu la fonction publique des collectivités, tu rentre s dans une zone de turbulence financiere qui est pire que le chômage. Ainsi, jeune enseignant tu peux faire au moins 5 mois sans recevoir ton premier salaire.
Quand tu décides ou que tu te retrouves contre ton gré, enseignant au nord du Mali, tu vas te retrouver dans une drôle de situation. Tu te retrouves subordonné d’une  administration scolaire qui devrait être décentralisée et déconcentrée, Mais qui est loin de l’être.
En plus de l’absence des services financiers dont le retour n’a pas été jugé primordial par l’état, tu te rendras compte que ceux qui sont sur place, sont là juste pour s’arranger  avec le système et l’utiliser d’abord  à leur avantage.
Donc , ne sois pas étonner qu’un d’entre  eux t’appelle et te menace. Et parce que tu traînes des pieds pour rejoindre ce post d’enseignant  qui t’expose , tu pourras  même  recevoir des coups de fils, des menaces de COUPER LES SALAIRES que tu n’as pas encore commencé à recevoir.
Oui.
Et mets-toi en lien avec les syndicalistes, car eux seuls défendrons tes droits et t’informerons quand il y aura des nouvelles pour toi. Je ne veux point te débaucher ou te faire peur, mais sache que tu peux faire une décennie  sans passer un seul test pédagogique si tu ne décides pas d’aller faire ces tests à  tes frais dans la capitale. C’est  mon cas. Mais je dois t’avouer  que je n’ai pas eu de chance car malgré ce test passé à Bamako, je suis toujours professeur titulaire, à un seul niveau au dessus de toi qui viens d’arriver. Pourtant j’y suis depuis 2007.

Si tu enseignes dans institut  de formation des maîtres comme moi, c’est  encore pire. Car tu te retrouves avec des élèves et  certains collègues ( quand ils ne sont pas originaire du territoire) qui sont là presque contre leurs gré ! Tu te retrouveras dans cette histoire de « nordistes » et « sudistes ».

Si tu es une femme et que tu enseignes dans cet institut-là qui devrait être bilingue est qui est aux mains de personnes qui pensent défendre l’islam et qui comme beaucoup de ces medersas  dont dont sortent enseignants arabophones et élèves, tu es mal barrée!

Mais tu peux t’imposer par le travail et la culture de l’excellence. Ta volonté.

Je te dis bienvenu! Dieu est grand.

L’enseignement, l’école est trop importante pour le développement de notre pays pour baisser les bras.

Faut se battre pour arriver quelque part au Mali.

Mali: campagne électorale avant l’heure

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Remercier le président de la république du Mali semble être la ligne éditoriale choisie par certains pour lancer  l’avant campagne électorale au Mali. Avant 2018.

Réception de ressortissants d’un cercle dans la salle de banquet de Koulouba. Des déclarations qui apportent le soutien des populations dudit cercle et surtout des  » chefs religieux »
Ils seraient content du programme d’urgence du président de la république.
Nous. Nous regardons. Même pas de question cette fois-ci. Que dire ?
Des ressortissants d’une partie du Mali sont reçus au palais présidentiel parce qu’ils viennent caresser les oreilles de notre monarque.
Parce que la campagne électorale est déjà lancée. Parce que ce qu’ils font est nettement malien. Les maliens aiment tirer profit des situations. Pourquoi ne pas prendre la parti de celui qui détient encore le le pouvoir pour continuer à profiter…
D’aucuns en oublient qu’ils ont essayé d’usurper le mouvement citoyen de la jeunesse.
Ils ont oublié avoir scandé  » an te a bana »
Ils sont dans la salle des banquet si richement décorée.
Ils chantent. Presque. Les visages graves.
Pourtant ce peuple malien pour lequel vous avez si peut de respect a changé. Il n’est plus dupe. Ils pourront agir. Accepter ou rejeter vos sales coups des périodes électorales.
Alors , chers griots électorales chantez donc à la gloire du roi !

 

SankoreLabs aux consultations régionales Afrique de l’ouest et du centre sur  » Jeunes , paix et sécurité « 

FB_IMG_1506180043733Les 11,12 et 13 septembre 2017 nous avons participé aux consultations pour l’Afrique de l’ouest et du centre sur le thème  » Jeunes, paix et sécurité  » à Cotonou au Bénin sur invitation du PNUD.

IMG_20170911_083819.jpgDurant 3 jours, nous avons échangé avec les jeunes représentant 23 pays sur le rôle des organisations des jeunes dans la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation avec notamment notre compréhension et nos propositions pour une application de la Résolution 2250 du conseil de sécurité des Nations Unies.

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Travaux de groupes

La résolution 2250 adopte le 9 Decembre 2015 est une étape importante en ce qui concerne la lutte contre l’extrémisme violent, la résolution souligne l’importance de remédier aux conditions et facteurs menant à la montée de la radicalisation et à l’extrémisme violent chez les jeunes. Elle note également le rôle important que les jeunes hommes et femmes peuvent jouer en tant que modèles positifs dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.

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Kaboré du Burkina sur les défis des jeunes en Afrique concernant la paix et la sécurité

Au fil des dialogues de 3 Jours, SankoreLabs a exposé le travail de lutte contre la radicalisation que nous menons à travers plusieurs des programmes que nous avons élaboré et que nous sommes en train de réaliser.
Il y a notamment les actions de réorientation professionnelle de jeunes diplômés sans emplois et de coaching des jeunes qui sont placés avec des tuteurs dans le métier qu’ils ont choisis.
Il y a aussi la création d’emploi à travers nos projets qui touchent directement à la paix et à la sécurité comme le projet Acces A La Justice financé par IDLO ( international Développent Law Organisation) qui porte essentiellement sur la sensibilisation des populations d’une zone de conflit à faire recours à la justice.

A SankoréLabs , nous sommes convaincus que le sentiment d’un justice est un facteur de radicalisation des jeunes d’où notre action en faveur dune participation effective des jeunes à la réalisation des activités de sensibilisation des organisations de la société civile.
La lutte contre la facture numérique et l’accès à l’Internet, l’utilisation du numérique est entre autres l’un des objectifs de la Tech Hub sociale qui est une organisation créé par des jeunes.

Que nous soyons basés à Tombouctou, une zone du nord du Mali , qui est en proie à l’insécurité , où les attentats sont fréquents et un point important sur l’axe de l’immigration et du trafic de tout genre est déterminant .
La formation, le renforcement des capacités des jeunes, leur autonomisation par l’emploi et la promotion de nos cultures est un procédé encourageant de lutte contre l’extrémisme violent.

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